Chenilles sur Arbres Fruitiers : Identifier et Comprendre ces Visiteurs Insaisissables

Chaque année, de nombreux jardiniers découvrent avec une certaine appréhension la présence de chenilles sur leurs arbres fruitiers tels que pommiers, poiriers, pruniers ou cerisiers. Ces larves, souvent regroupées et voraces, peuvent semer l'inquiétude quant à leur impact sur la santé des arbres et la future récolte. Il est donc essentiel de comprendre de quelles chenilles il s'agit, si elles représentent un danger et comment interagir avec elles de manière éclairée. Cet article se concentre particulièrement sur les espèces formant des "nids" ou des cocons sur les troncs et les branches, offrant une description détaillée pour faciliter leur identification et proposer des approches adaptées.

Arbre fruitier couvert de chenilles

Le Bombyx Cul-Brun : Une Espèce Urticante à Reconnaître

Le Bombyx cul-brun, scientifiquement connu sous le nom d' Euproctis chrysrrhoea, se distingue comme la seule espèce parmi celles fréquemment rencontrées sur les arbres fruitiers à être véritablement urticante. Sa présence en grand nombre peut susciter une inquiétude légitime. Pour l'identifier, observez attentivement son corps : deux points rouges distinctifs sur le dessus, visibles même chez les jeunes individus, et des lignes de courtes soies blanches sur les flancs. De plus, il arbore des soies orangées plus longues qui recouvrent son corps. Sa nature polyphage lui permet de s'établir sur une grande variété d'essences d'arbres, rendant sa présence potentiellement plus répandue. Ce lépidoptère polyphage des feuillus peut s'attaquer à de nombreuses espèces forestières, fruitières ou ornementales. On le retrouve principalement en lisières de forêts, dans les haies et sur les arbres isolés. Les jeunes chenilles passent l'hiver dans un petit nid de soie autour d'une ou deux feuilles séchées. Elles reprennent leur développement au printemps et sont alors essentiellement visibles d'avril à juin. Elle fait partie des chenilles urticantes, évitez donc tout contact avec elle ; les années où elle pullule, elle peut également être responsable de la défoliation de nombreux arbres. Le critère essentiel pour reconnaître cette chenille est la paire de points rouges qu’elle possède à l’arrière du corps, visible assez tôt au cours de son développement. Sa couleur générale est le brun sombre, et elle possède sur les côtés du corps une ligne de points blancs. Enfin, son corps est couvert de longs poils orange.

Chenille Bombyx Cul-Brun

La Livrée des Arbres : Inoffensive et Colorée

Contrairement au Bombyx cul-brun, la Livrée des arbres (Malacosoma neustria) est totalement inoffensive pour l'homme et les animaux domestiques, car elle ne possède pas de poils urticants. Son identification est relativement aisée grâce à sa tête bleue ornée de deux points noirs distinctifs, ainsi qu'aux lignes colorées qui parcourent le dessus de son corps. Ce papillon diurne est observable dans de nombreux arbres tels que les prunelliers, les aubépines et les arbres fruitiers. Les jeunes chenilles tissent une toile de soie dans laquelle elles restent groupées. En grandissant, elles se dispersent et peuvent alors être observées seules. Elles sont observables dès le mois d'avril et durant tout le printemps. Les Livrées sont totalement inoffensives : elles ne possèdent pas de poils urticants et sont même « toute douces » au toucher. Elles possèdent sur la face dorsale plusieurs lignes parallèles : la ligne centrale est blanche (pas forcément visible aux premiers stades larvaires), et les autres sont oranges et bleues. La tête est bleue, avec deux points noirs comme des yeux.

La Grande Tortue : Une Chenille Inoffensive sur les Cerisiers

Dans nos jardins, les chenilles de la Grande tortue (Nymphalis polychloros) sont principalement rencontrées sur les cerisiers. Bien qu'elles se déplacent en groupe sur les feuilles et les branches de leur arbre hôte, elles sont tout à fait inoffensives. Leur aspect est caractérisé par une couleur sombre et de petites soies épineuses oranges sur le dessus du corps, qui ne sont nullement urticantes. Elles possèdent également une petite tête noire et lisse, bien détachée du reste de leur corps. Au stade adulte, la Grande tortue se transforme en un joli papillon orangé. Ces chenilles sont observables dans les cerisiers, les saules, les peupliers, les ormes et certains arbres fruitiers, d'avril à juillet environ. Elles sont totalement inoffensives. Leur couleur générale est le noir. Leur dos est traversé d'une ligne brune et elles portent des rangées de soies épineuses de la même couleur. Leur tête est assez petite et bien détachée du reste de leur corps.

Chenille Grande Tortue

La Laineuse du Cerisier : Attention aux Réactions Cutanées Légères

En raison des grands cocons de soie qu'elles tissent dans les arbres, les chenilles de la Laineuse du cerisier (Eriogaster lanestris) sont parfois confondues avec les chenilles processionnaires. Elles se reconnaissent à leur couleur gris-bleuté et à leurs petits motifs blancs sur le corps. Les individus plus âgés présentent des touffes de soies orangées assez courtes sur le dessus du corps, et de plus longues soies blanches éparses. Chez les personnes à la peau sensible, le contact avec ces chenilles peut provoquer des réactions cutanées légères et sans gravité. Il est donc préférable d'éviter de les manipuler à main nue, bien qu'il n'y ait aucun risque à les observer. Il est important de noter qu'il existe une espèce très proche, la Laineuse du prunellier, qui est rare et protégée sur tout le territoire français. Les chenilles de la Laineuse du cerisier tissent très tôt un grand nid de soie. Elles sont d'un gris bleuté très sombre et possèdent des lignes latérales de petits motifs blancs formant des U ou des O. En grandissant, elles développent de petites touffes de poils oranges courts disposés le long du corps, au-dessus des motifs blancs. Ces chenilles vivent dans une grande toile de soie durant les premiers stades. Les chenilles de la Laineuse du prunellier se rencontrent plus tôt dans l'année, dès le mois de mars jusqu'à fin avril. Elles ne présentent pas de danger particulier, mais il faut éviter de les manipuler car c'est une espèce protégée.

Le Gazé : Une Espèce en Déclin, Totalement Inoffensive

Les chenilles du Gazé (Aporia crataegi) sont plus rarement observées dans nos jardins. Autrefois très répandue, cette espèce souffre de la disparition progressive de son habitat naturel due à l'agriculture intensive et a disparu de Grande-Bretagne. Elle est protégée en Île-de-France. Les chenilles du Gazé sont reconnaissables à leur dessous gris clair et leur dessus orangé, avec des lignes latérales plus sombres. Elles sont couvertes de soies non urticantes et sont donc inoffensives. Elles se nourrissent sur les arbres de la famille des Rosacées : prunellier, aubépine, prunier, sorbier des oiseleurs, arbres fruitiers… Elles sont généralement observables en avril-mai, parfois juin. Elles sont totalement inoffensives. La chenille vit en groupe dans un nid de soie. Elle est légèrement poilue, gris clair à foncé sur les côtés et orange sur le dessus, avec une ligne médiane plus sombre. Autrefois commun, le Gazé a connu un fort déclin en France, en particulier dans le Nord où il a disparu de certains départements.

Attaques de chenilles : comment les éliminer naturellement et facilement 🍃🐛

Les Hyponomeutes : Petits Dévoreurs de Feuillage

Dans les pommiers et les poiriers, on peut parfois trouver de petits "nids" de chenilles blanc crème ou jaunâtres, couvertes de points noirs : ce sont les Hyponomeutes (Yponomeuta malinella et Y. padella dans le cas des fruitiers). Dépourvues de poils, elles ne sont pas du tout urticantes. Cependant, malgré leur petite taille, elles peuvent défolier très rapidement des branches d'arbre. Il existe plusieurs espèces d'Hyponomeutes. Les espèces qui se nourrissent de fusains (Yponomeuta cagnagella, Y. irorrela et Y. plumbella) sont monophages et ne se nourrissent pas d'autres arbustes. Par conséquent, si vous trouvez des hyponomeutes dans un fusain et que vous avez des fruitiers à côté, il n'y a a priori pas de raison de s'inquiéter pour ces derniers car les hyponomeutes du fusain ne se nourrissent que de fusain. On remarque surtout la présence d'Hyponomeutes aux énormes tentes de soies qu'elles tissent, dans lesquelles elles passent la totalité de leur stade larvaire. Elles peuvent défolier sévèrement les fusains, mais ils s'en remettent généralement assez bien, et de nouvelles feuilles repoussent en été après leur passage. Ce sont des chenilles totalement inoffensives pour l'homme. On les rencontre souvent sur les fusains, mais certaines espèces peuvent consommer le sorbier des oiseleurs, le cerisier de Sainte-Lucie, les saules, ou certains arbres fruitiers. On peut les observer aux alentours des mois de mai et juin.

La Zeuzère du Poirier : Une Menace pour la Survie de l'Arbre

Parmi les chenilles qui s'attaquent au poirier, la zeuzère (Zeuzera pyrina) est particulièrement dangereuse pour la survie de l'arbre. Il s'agit d'un lépidoptère polyphage, très dangereux pour ces fruitiers. Le papillon est assez grand, environ 5 cm d'envergure, avec des ailes blanches tachées de points noirs. Il vole entre juin et août. La femelle pond plusieurs centaines d'œufs dans l'écorce du poirier. Une fois nées, les chenilles tissent un nid dans lequel elles vont rester jusqu'à ce que les conditions leurs soient favorables. Elles se déplacent ensuite à l'extrémité des jeunes rameaux dont elles vont se nourrir, puis se déplacent de rameaux en branches, y pénètrent et creusent des galeries, provoquant l'assèchement des parties attaquées et la fragilisation de l'arbre tout entier. On peut distinguer au niveau des trous d'entrée les excréments et la poussière de bois rejetés par la chenille. La grande chenille orange clair pointillée de noir sur le poirier est une zeuzère du poirier.

Les Chenilles Tordeuses : Dégâts Souvent Limités

Les chenilles tordeuses sont nombreuses, mais trois espèces s'attaquent principalement aux arbres fruitiers. La tordeuse des buissons (Archips rosana) est celle que l'on trouve principalement sur le poirier. Le papillon d'environ 2 cm est brun gris et vole entre la fin du mois de mai et la fin du mois de juillet. La femelle pond jusqu'à 150 œufs sur l'écorce des poiriers. Les petites chenilles tordeuses du poirier mesurent jusqu'à 2 cm, elles sont vert olive avec une tête brune. Elles commencent par pénétrer dans les bourgeons, puis font des toiles qui relient les feuilles entre elles. Celles-ci prennent une forme de cigare enroulé et seront grignotées, ne restent que les nervures. Les fruits se trouvant au contact des feuilles peuvent également être grignotés. L'attaque des bourgeons provoque la chute prématurée des fruits. Les dégâts causés par les chenilles tordeuses sont somme toute assez limités, d'autant plus si une attention est portée aux arbres fruitiers pour pouvoir agir rapidement.

Le Carpocapse : Un Ravageur des Fruits

Le carpocapse est un petit papillon, moins de 2 cm, de teinte grisâtre, qui vole au crépuscule de fin avril à fin mai, à une température minimale de 15°. La femelle pond une quarantaine d'œufs sur l'arbre (feuilles, fruits, rameaux). Une fois les œufs éclos, vers la fin du mois de mai, les chenilles se "baladent" avant de pénétrer dans les fruits. Elles mesurent 2 cm maximum et sont de teinte rose pâle, parfois tirant sur le rouge, avec une tête brun foncé. Elles passent toute leur vie dans les fruits, n'en sortant que pour le stade de la nymphose qui se passe dans l'écorce du poirier ou du pommier. Les fruits attaqués peuvent pourrir ou chuter. S'ils ne sont pas ainsi abîmés, ils peuvent être consommés en ayant soin d'ôter les galeries des chenilles.

L'Hyponomeute du Poirier : Pas d'Urtication

L'hyponomeute du poirier (Yponomeuta malinellus) est un petit papillon dont les plantes hôtes sont les poiriers et les pommiers. Les femelles pondent quelques dizaines d'œufs à l'extrémité de rameaux du poirier, regroupés en ooplaques. L'éclosion a lieu à la fin du mois de septembre, après laquelle les jeunes chenilles entrent en repos jusqu'au mois de mai suivant. Au réveil, elles mesurent environ 1 cm de long et sont de teinte beige jaune pâle toujours tachetée de noir. Elles vont se diriger vers les feuilles dans lesquelles elles vont creuser des tunnels pour se nourrir. Les feuilles peuvent alors présenter des déformations et des galeries, ces dernières étant plus difficiles à distinguer. Après la floraison du poirier, elles se regroupent en nids autour des rameaux et en dévorent les feuilles. Après ce second stade larvaire, elles entrent en nymphose, le papillon prenant son vol en juillet. Elles laissent des rameaux défoliés ou habillés de feuilles percées et desséchées. Il est à noter qu'elles ne sont pas urticantes.

Le Bombyx du Chêne et la Processionnaire : Distinguer le Danger

Il est crucial de distinguer les chenilles urticantes des espèces inoffensives, surtout lorsqu'il s'agit de celles qui ressemblent aux chenilles processionnaires du pin et du chêne. Le Bombyx du chêne (Lasiocampa quercus L.) est un lépidoptère polyphage qui se retrouve sur diverses espèces de feuillus et les callunes. Ses larves sont brunes avec des bandes noires, poilues (pilosité rousse), avec des motifs latéraux blancs.

Les chenilles processionnaires, quant à elles, présentent un risque sanitaire. La Processionnaire du pin (Thaumetopoea pityocampa) vit exclusivement dans les pins, cèdres ou sapins Douglas. Les chenilles tissent des nids de soie à l'extrémité des branches, visibles tout au long de l'hiver. Au début du printemps, elles descendent au sol en procession pour s'enfouir. Leur contact peut provoquer de vives réactions allergiques et elles ne doivent pas être manipulées ni approchées. Elles s'observent très rarement seules. Leur face dorsale est orange barrée de noir. Sur le côté, elles possèdent de longs poils gris clair.

La Processionnaire du chêne (Thaumeotopoea processionea) vit exclusivement dans les chênes. On l'observe de mai à juillet. Comme la Processionnaire du pin, son contact peut provoquer des réactions allergiques et des irritations. Sa face dorsale est noire et ses côtés sont gris. Elle possède de longs poils blancs partant d'un petit point orange. Il est important de noter que si vous trouvez un groupe de chenilles se nourrissant de plantes autres que celles mentionnées pour les processionnaires (arbres fruitiers, plantes basses…), il ne peut pas s'agir de processionnaires.

La Bucéphale et la Petite Tortue : Inoffensives et Visuellement Distinctes

La Bucéphale (Phalera bucephala) se rencontre dans les saules, aulnes, tilleuls, peupliers, ormes, chênes… Ses chenilles sont grégaires, surtout aux premiers stades larvaires, et peuvent former d'impressionnants rassemblements. Elles sont jaunes avec des motifs noirs et blancs. Leur tête est noire avec une tache jaune en forme de Y inversé. Elles sont inoffensives, leurs poils n'étant pas urticants.

La Grande tortue (Nymphalis polychloros) se retrouve dans les cerisiers, ormes, saules, peupliers, certains arbres fruitiers… Sa couleur générale est le noir. Son dos est traversé d'une ligne brune et elle porte des rangées de soies épineuses de la même couleur. Sa tête est assez petite et bien détachée du reste de son corps. Elle est également totalement inoffensive.

Les Tenthrèdes : Pas des Lépidoptères, mais Similaires

Il est important de noter que les Tenthrèdes ne sont pas des Lépidoptères (comme les chenilles), mais des Hyménoptères (l'ordre des abeilles, guêpes, bourdons, fourmis). Les espèces grégaires se rencontrent généralement dans diverses essences de ligneux. Dans les jardins, on peut en observer sur les rosiers et les saules. Elles sont totalement inoffensives. Ces larves ressemblent à des chenilles, mais possèdent une seule paire d'yeux et au moins 6 paires de fausses-pattes abdominales. Leurs couleurs et motifs varient selon les espèces.

Le Paon du Jour et la Petite Tortue : Exclusivement sur les Orties

Le Paon du Jour (Aglais io) et la Petite Tortue (Aglais urticae) ont pour plante hôte exclusive les Orties. Leurs chenilles sont observables au printemps et en été. Le corps de la chenille du Paon du Jour est d'un noir profond, constellé de petites taches blanches, avec des fausses pattes orangées. Il est totalement inoffensif. Le corps de la chenille de la Petite Tortue est gris avec plusieurs lignes dorsales et latérales jaunâtres. Il est également inoffensif.

La Mélitée du Plantain : Sur les Plantes Basses

La Mélitée du plantain (Melitaea cinxia) vit dans les plantains et les véroniques, parfois aussi d'autres plantes basses. Elle est observable au tout début du printemps et en été. Son corps est noir, avec de petites soies épineuses de la même couleur. Elle est inoffensive.

La Piéride du Chou : Un Ravageur des Légumes

La Piéride du chou (Pieris brassicae) vit dans les choux et autres Brassicacées, parfois aussi dans les capucines. On l'observe surtout en été. Ces chenilles sont d'un jaune verdâtre, couvertes de taches noires. Elles ne sont pas dangereuses pour l'homme.

Le Bombyx de la Ronce : Végétation Basse et Ligneux

Le Bombyx de la ronce (Macrothylacia rubi) se rencontre plutôt dans la végétation basse, se nourrissant de nombreuses plantes herbacées et de certains petits ligneux comme les ronces ou les chèvrefeuilles. Ses larves présentent une épaisse pilosité noire sur le dessous et les côtés, et rousse vive sur le dessus. Des bandes oranges entre les segments abdominaux et une tête noire la caractérisent. Bien que le contact avec le cocon de soie puisse provoquer des démangeaisons temporaires, la chenille elle-même n'est pas dangereuse, bien que les personnes à la peau sensible doivent éviter le contact.

Stratégies de Gestion des Chenilles sur Arbres Fruitiers

Face à la présence de chenilles sur vos arbres fruitiers, plusieurs approches sont possibles, allant de l'observation passive à des interventions ciblées.

Déplacer les Nids : Une Solution Douce

Il est souvent possible de déplacer le nid de chenilles vers un autre arbre si vous souhaitez préserver à la fois l'arbre hôte et les chenilles. Pour le Bombyx cul-brun, qui est urticant, il faut prendre des précautions particulières : portez des gants et évitez tout contact direct. Pour les autres espèces non urticantes, la méthode est simple : coupez l'extrémité de la branche sur laquelle se trouve le nid et déposez-la ailleurs. Un simple sécateur et un récipient suffisent. Si vous ne souhaitez pas toucher les chenilles, vous pouvez les faire tomber dans le récipient à l'aide d'un pinceau.

Observation et Tolérance : Une Approche Naturelle

Toutes les chenilles évoquées ont un point commun : elles sont grégaires. La femelle adulte pond ses œufs au même endroit, et les jeunes chenilles naissantes tissent une toile de soie pour y passer une partie de leur vie larvaire. Cependant, beaucoup d'entre elles ne deviendront pas des papillons. Elles ont de nombreux prédateurs, et certaines sont parasitées par des guêpes ou des mouches parasitoïdes. Si l'arbre est âgé et que vous ne comptez pas récolter les fruits, ou si vous avez suffisamment d'arbres pour "sacrifier" une partie de votre récolte, vous pouvez choisir de ne pas intervenir et simplement observer leur développement.

Lutte Contre l'Hyponomeute : Prévention et Traitement

Pendant l'hiver, il est conseillé de badigeonner les arbres avec une bouillie à base d'argile ou avec du lait de chaux. L'installation de pièges à phéromones peut également être efficace. En début d'attaque, un traitement curatif peut être réalisé en pulvérisant du Bacillus thuringiensis. Plus les feuilles sont jeunes, plus le résultat est satisfaisant.

Méthodes Spécifiques : Zeuzère et Tenthrèdes

Pour la zeuzère, qui creuse des galeries dans le bois, il est possible d'introduire un fil de fer dans les galeries visibles pour la tuer, puis de reboucher la galerie au mastic. La taille des parties atteintes est également une option.

Pour lutter contre les chenilles en général, favoriser la présence d'oiseaux dans votre jardin est une méthode naturelle efficace, car ils sont de grands prédateurs d'insectes.

Bandes de Glu et Autres Méthodes : Efficacité Limitée ou Risquée

L'idée de poser des bandes de glu autour des troncs pour empêcher la progression des chenilles est une fausse bonne idée. Bien qu'efficace contre les fourmis, cette méthode est inutile pour les chenilles qui naissent sur les branches. Pire encore, les bandes de glu peuvent se révéler être de véritables pièges pour la faune, notamment pour les oiseaux et mammifères qui pourraient se retrouver englués. La destruction des nids par le feu est une méthode parfois évoquée, mais elle doit être réalisée avec une extrême prudence, surtout si les chenilles ne sont pas urticantes.

En conclusion, une observation attentive et une identification précise des chenilles présentes sur vos arbres fruitiers sont les clés pour adopter la stratégie la plus appropriée, qu'il s'agisse de préservation, de déplacement ou d'intervention ciblée, tout en minimisant les risques pour vous-même et pour la faune auxiliaire de votre jardin.

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