Chevalier et Laspalès : L'Art de l'Hospitalité Revisité et les Chemins de la France Profonde

L'invitation chez des amis, loin d'être un simple moment de partage, se révèle, sous le regard acéré et humoristique de Chevalier et Laspalès, un véritable champ de bataille où les convenances sont mises à l'épreuve et les intérêts personnels priment. Leur vision décalée offre une perspective rafraîchissante sur les dynamiques sociales, les attentes mutuelles et les petites mesquineries qui peuvent émailler ces rencontres. Au-delà de l'anecdote, leurs échanges nous transportent également à travers la richesse toponymique de la France et de la Belgique, explorant des lieux parfois méconnus, dont l'héraldique révèle des histoires insoupçonnées.

Chevalier et Laspalès sur scène

La Philosophie de l'Invité Idéal : Entre Détachement et Profite

Pour Chevalier et Laspalès, le week-end idéal chez des amis est avant tout synonyme de « se détendre mieux quand c'est pas à tes frais ». Cette approche pragmatique repose sur l'absence de « responsabilités ». Si un incendie ou un dégât des eaux survient, « tu t'en fous, t'es pas chez toi ! ». Cette libération des contraintes matérielles permet un repos total. Chevalier insiste sur cette indépendance, déclarant à ses amis : « je vous préviens, je suis invité, j'aiderai pas ! ». Laspalès renchérit, soulignant les risques : « Si tu casses un truc, ça te retombe dessus, eh oui ». L'aide, une fois accordée, devient une obligation, transformant l'invité en « piégé » et exposant à l'abus, une « erreur ! ». Même les tâches les plus triviales, comme « déplier une chaise », sont perçues comme une tentative d'exploitation.

Le respect de soi est primordial dès le départ. Chevalier affirme : « si à table on me demande de découper le poulet, je dis : « excusez-moi, je ne suis pas cuisinier. » Une règle d'or est de ne jamais déboucher une bouteille, sous peine de « péter une vertèbre » sans que l'assurance ne fonctionne. Cette posture, bien que caricaturale, met en lumière le désir de préserver son statut d'invité, sans se laisser entraîner dans les corvées domestiques.

Stratagèmes pour Tirer Parti de l'Hospitalité

L'ingéniosité des deux compères ne s'arrête pas à la simple passivité. Laspalès propose une astuce audacieuse avec une voiture déjà « bigornée ». En simulant un accident le matin, on peut accuser les hôtes et « faire un constat ! ». Chevalier suggère même d'« obliger à donner du liquide », rappelant que « ce n'est pas parce qu'on est entre amis qu'il faut se laisser faire, hein ! ». L'invitation n'est pas toujours perçue comme un geste désintéressé, mais parfois comme une tentative de rompre l'ennui des hôtes, car « ils s'emmerdent dans leur trou ».

La Question Épineuse des Cadeaux d'Invités

La tradition d'apporter un cadeau est également mise à mal par leur vision cynique. Laspalès a cessé d'en faire, estimant que « ce n'est pas apprécié » et « ça sert à rien ». Il raconte l'expérience décevante d'avoir apporté de « bons » « petits-beurre » au beurre, présentés dans un « coffret allongé ». L'accueil fut mitigé : « ils n'ont pas eu l'air d'y faire attention, hein… Comme si ils en mangeaient tous les jours ». Les invités les ont « avalés en 5 minutes, pas un merci, pas un compliment ». Chevalier confirme ce sentiment de blasement généralisé : « les gens sont blasés de tout aujourd'hui ».

L'anecdote de Simone, la femme de Chevalier, illustre une autre tentative de cadeau original, mais mal reçue. Lors d'un séjour de « 3 semaines en Suisse, chez des amis qui ont un très joli chalet », Simone, travaillant dans l'hôtellerie, avait confectionné un « joli assortiment » d'échantillons de savonnettes et de shampoing non utilisés, agrémenté de « 2 ou 3 serviettes citronnées rafraîchissantes du restaurant d'en bas ». Bien que « l'idée était originale », elle n'a pas été « appréciée à sa juste valeur ». Laspalès suggère avec ironie : « Il aurait peut-être fallu rajouter la bonnette de douche ? ». Chevalier rejette cette idée, ne voulant pas « avoir l'air de les écraser sous prétexte qu'ils n'habitent pas Paris », sous-entendant un complexe de la province par rapport à la capitale, une notion que Laspalès confirme par une différence de « niveau culturel ».

Le Remboursement des "Frais de Déplacement" : Une Vitrine de Souvenirs et un Coup de Canif

Pour compenser les « frais de déplacement », les deux amis ont des méthodes bien à eux. Laspalès aime « ramener quelque chose de chez eux ! Pour avoir un souvenir ». Chevalier avoue même que sa « vitrine qui est dans l'entrée, chez moi, c'est que des objets qu'on a pris chez des amis ». Mais Laspalès est allé plus loin dans la récupération : il ne prend « plus de bibelots, ça m'encombre ! Je donne direct un coup de canif dans le matelas, pour voir si il y a pas du liquide ». Cette pratique, bien que comique, souligne une vision où l'hospitalité doit être profitable, surtout face aux coûts du voyage. Le carburant pour se rendre « à 45 bornes de Paris » est une dépense que « qui c'est qui paye ??? ». Sans compter « l'obsolescence de la voiture ». Même si Chevalier a un diesel, « si tu veux arriver à l'heure, faut quand même y mettre du super ! », sous peine de « rater l'apéro ».

Les Règles d'Arrivée et les Astuces de Séjour

Arriver à l'heure est une « question de savoir vivre », mais les deux compères déploient des stratégies pour optimiser leur séjour. Chevalier et sa femme « arrivent la veille, on pique nique devant l'entrée ou sur la pelouse, ils voient qu'on est déjà là, ils nous font rentrer ». Cela leur permet de « gagner une nuit » et d'avoir leurs « aises ». Chevalier en profite pour vérifier l'état sanitaire des lieux, tandis que Laspalès demande « toujours la clef de la salle de bain en arrivant », pour que « il y a que ma femme et moi qui pouvons l'utiliser », une mesure d'hygiène à leurs yeux.

Le bagage est inexistant, car Laspalès, en tant qu'invité, « exige tout fourni, tout. Dentifrice, brosse à dents, savonnette, tout ! ». L'hospitalité est aussi une opportunité de « réduire les frais considérablement » en utilisant le téléphone de leurs hôtes. Chevalier rappelle tous ses clients et Laspalès sa famille, notamment celle de sa femme dans les DOM-TOM, faisant l'étonnement de leurs amis devant la clarté de la communication avec Tahiti, leur promettant de le constater sur leur prochaine facture. La durée idéale du séjour est de « pas plus de 3 semaines » pour « rester discret » et ne pas « passer pour un goujat auprès de ces cons là, sinon ils te réinvitent pas ».

Le Périple Toponymique : Quand l'Humour Révèle la Géographie

Au-delà de l'humour potache, les dialogues de Chevalier et Laspalès sont parsemés de références toponymiques, parfois légèrement écorchées, qui nous invitent à un voyage inattendu à travers la France et la Belgique. Ces noms de lieux, souvent de petits villages, donnent une dimension concrète et enracinée à leurs facéties.

L'histoire débute en Sologne, avec un "gars" de Nouan-le-Fuzelier. Cependant, Laspalès confond Ménin, une ville belge, avec Méhun-sur-Yèvre, plus proche de Nouan-le-Fuzelier. Le blason de Nouan-le-Fuzelier est "D'or à trois chevrons de gueules". La route les mène ensuite vers Souesmes et Mennetou. Parmi les plusieurs communes nommées Mennetou, Mennetou-sur-Cher est la plus plausible, située non loin de Souesmes.

Carte de France avec les localités mentionnées par Chevalier et Laspalès

Leur périple les transporte ensuite en Bresse, où Laspalès évoque le "Métabio" qu'il confond avec le "Brico-Caro" de Montpont sur la route de Cuisery. Chevalier rectifie, mentionnant le "Jardinex" à "Souilly-sur-Marolles", en allant à Faucogney. Il est intéressant de noter que "Souilly-sur-Marolles" n'existe pas, mais un Souilly se trouve dans la Meuse, en Lorraine. Par défaut, c'est cette dernière qui est retenue, avant un retour en Franche-Comté.

C'est là qu'ils atteignent le "sommet du spectacle" avec La Cluse-et-Mijoux, un nom qui, bien que non spécialement comique, provoque un rire général. Le voyage se poursuit vers le "Bâtigros" de Trélon dans le Nord, puis Laspalès, n'ayant rien trouvé à Trélon, pousse jusqu'à Mazières-en-Gâtine dans le Poitou. Le blason de Mazières-en-Gâtine est "De gueules aux deux fasces contre-bretessées d'argent, au franc-canton senestre du même chargé de cinq mouchetures d'hermine de sable en sautoir".

Le parcours s'étend ensuite en Vendée, dans le Midi, puis dans les Pays de Loire et à nouveau le Languedoc. Le blason mentionné, "D'or au léopard lionné de gueules accompagné de cinq coquilles d'azur rangées en orle, au chef de gueules chargé d'un rameau d'olivier d'argent", pourrait correspondre à plusieurs localités du Sud de la France.

De l'évocation du "Père Faux-Chambranle" de Montbazin (et non Montbazens), la direction est prise vers la Belgique et le Nord-Est de la France, avec une curieuse mention d'Azay-le-Ferron. La question se pose : pourquoi passer par Azay-le-Ferron pour aller à Durbuy en Belgique ? Chevalier rappelle alors le point de départ de l'histoire, Nouan-le-Fuzelier, qui est cité deux fois.

La discussion autour de Saint-Dizier soulève une hésitation, car c'est une ville et non un "patelin", et il existe Saint-Dizier-l'Évêque non loin de Rougemont-le-Château. Cependant, l'expression de Laspalès, "c'est pas la porte à côté !", suggère une distance plus importante, impliquant un passage par Champlitte, Spincourt, etc. Le blason associé est "Gironné d'or et d'azur de douze pièces, sur le tout parti d'argent et de gueules".

Le périple se termine à Bretenoux, avec son "blason très compliqué". Cette exploration géographique, bien que fantaisiste par moments, offre une occasion de découvrir ou de redécouvrir des noms de lieux, et pour les plus curieux, de se pencher sur l'art de l'héraldique, qui confère une identité visuelle unique à chaque village.

Une Réflexion sur la Propriété Intellectuelle

En dehors des tribulations humoristiques de Chevalier et Laspalès, il est important de noter le témoignage de l'auteur original du sujet, qui dénonce un plagiat manifeste de son travail par "Héraldique Européene.. le Blog". Ce sujet, qui lui a demandé un "temps à mettre en forme", avec l'idée de le "concrétiser et la rendre attractive", a été "totalement copié" et "pillé". Cette "pillage manifeste de références ou de propriété intellectuelles, totalement inamical", malgré une ancienne collaboration, est perçu comme un signe de "désir de 'suprématie' intellectuelle et sans doute commerciale". L'auteur exprime sa déception face au déni et aux "prétextes pour dévier de l'évidence du copié-collé", tout en étant "pris en flagrant délit !". Il espère que les lecteurs fidèles "auront noté par eux-mêmes le délit, en tout cas la malhonnêteté du geste, et sauront désormais qui se cache derrière son écran d'ordinateur." Cette section met en lumière les défis de la protection de la propriété intellectuelle dans le monde numérique et l'importance de reconnaître le travail original.

L'auteur précise également que, contrairement à d'autres, il n'y a "aucun désir de se moquer des habitants de ces petits villages", ni de faire des évocations "graveleuses et lourdingues" comme pour Montcuq, Lombez ou Mézidon. Sa passion pour la toponymie et l'héraldique l'a poussé à en faire un "exercice de style", en recherchant les blasons de ces "fameux 'patelins' cités" et en les remettant dans l'ordre d'apparition, rectifiant les noms écorchés par les deux humoristes. Cette démarche souligne une approche respectueuse et érudite, contrastant avec l'humour décapant des dialogues, et offrant une richesse culturelle supplémentaire à l'ensemble.

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