
Christelle Lasme, en tant que responsable de la Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) de la Compagnie Fruitière, incarne une approche proactive et significative en matière de développement durable et d'accès à la santé en Afrique. L'engagement de la Compagnie Fruitière, à travers des initiatives privées audacieuses, vise à améliorer non seulement les conditions de vie de ses collaborateurs et de leurs familles, mais aussi celles des communautés au sein des territoires où elle est implantée. Cet engagement se manifeste par la construction et la gestion d'infrastructures de santé, ainsi que par une participation active à des discussions mondiales sur la durabilité économique de l'industrie bananière.
Un Engagement Historique pour l'Accès à la Santé
L'accès à la santé constitue une démarche forte du groupe. L'hôpital Saint-Jean-Baptiste de Bodo-Tiassalé, en Côte d’Ivoire, illustre parfaitement cette initiative. Cet établissement forme un ensemble complet, doté d’un pôle mère-enfant, d’une pharmacie, d’un laboratoire et d’un bloc opératoire. Son existence est directement attribuable à la Compagnie Fruitière, un groupe privé. Ce n'est pas le premier projet de cette envergure pour l'entreprise familiale marseillaise, qui est le premier producteur de fruits de la zone Afrique-Caraïbes-Pacifique. En effet, Saint-Jean-Baptiste est le deuxième établissement hospitalier financé par la compagnie, après celui construit en 1994 au Cameroun.
Outre ces deux hôpitaux, aujourd’hui gérés par l’Ordre de Malte, la Compagnie Fruitière a implanté trente-deux centres de santé dans les régions agricoles où elle est présente. Ces centres s'étendent du Cameroun à la Côte d’Ivoire, en passant par le Ghana et le Sénégal. Chaque année, 170 000 consultations gratuites sont réalisées par des professionnels de santé salariés de l’entreprise, et les médicaments y sont délivrés gratuitement. Cette approche démontre une volonté de la part du groupe de fournir des services essentiels et accessibles aux populations.

Les Motivations Profondes des Initiatives Privées
Cette initiative n’est pas uniquement guidée par la philanthropie. Dans des pays connus pour disposer de systèmes de santé encore peu performants, offrir des soins gratuits aux salariés relève de l’investissement pour la productivité et l’attractivité de l’entreprise. Bruno Boidin, professeur d’économie à l’université de Lille, souligne que « les groupes qui assurent leurs salariés et mettent en place des initiatives agissent avant tout dans leur intérêt économique. Et il n’y a rien à y redire. » Cette perspective met en lumière le double avantage des initiatives privées : elles contribuent au bien-être des employés tout en renforçant la compétitivité et la pérennité de l'entreprise.
Toutefois, la protection assurée par les entreprises privées, même si elle s’étend à leurs collaborateurs, leurs familles, voire à une plus large communauté, atteint rapidement ses limites. Elle ne couvre qu’une partie somme toute marginale de la population, sur un continent où le secteur informel représente entre 30 et 90 % de l’emploi non agricole. Ainsi, les familles supportent encore majoritairement les dépenses de santé. Entre 60 et 70 % des soins prodigués par les établissements de santé seraient réglés directement par les ménages, comme le rappelait la revue Secteur privé & développement, éditée par Proparco, en septembre 2016. Les auteures de l’article soulignaient d’ailleurs qu’un accident grave de santé peut entraîner des dépenses « catastrophiques », forçant ces ménages à vendre leurs biens, à s’endetter ou à déscolariser leurs enfants pour couvrir leurs frais médicaux. D’où l’enjeu immense de la mise en place d’une couverture santé universelle.
Communauté et couverture universelle en Afrique
Le Rôle Crucial de la Couverture Santé Universelle
Parvenir à la couverture santé universelle est un objectif majeur. Comme le rappelait Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), dans un entretien au journal Le Monde en mai 2017, « parvenir à la couverture santé universelle sera tout en haut de mon agenda. Pour ce qui est de la santé, il n’y a pas de différence. Quel que soit le type de régime d’un pays, tout le monde veut avoir accès à un système de santé de qualité, ce qui signifie avoir une couverture santé universelle ». Cette déclaration souligne l'universalité du besoin d'un accès équitable à des soins de qualité.
Cependant, les moyens de parvenir à cet objectif final ne peuvent être universels. Il est impossible de penser un modèle unique pour l’ensemble du continent ou de vouloir copier la France. Valéry Ridde, directeur de recherche à l’Institut de recherche pour le développement (IRD), explique par exemple que « les mutuelles de santé avec adhésion volontaire et gestion communautaire ne sont pas une solution applicable ». Au Rwanda, bien que le contrôle social et la volonté politique soient forts, rendant l'adhésion aux mutuelles communautaires quasi obligatoire et contribuant à une couverture universelle relativement importante, ce modèle est difficilement reproductible en Afrique de l’Ouest. Chaque pays devra donc trouver ses propres solutions et construire son modèle.

Étant donné que presque tous les pays africains ont des systèmes de santé mixtes, avec des biens et des services fournis par les secteurs public et privé, « par conséquent, les efforts en faveur de la couverture santé universelle ne peuvent ignorer le secteur privé », rappelle David Clarke, de l’OMS, dans une note récente, « Private Care Provision Sector and Universal Health Coverage ». Pour la Société financière internationale (IFC, filiale de la Banque mondiale dévolue au secteur privé), il existe même de formidables possibilités d’exploiter le système privé « pour améliorer l’accès des populations d’Afrique à des produits et à des services de santé de meilleure qualité ».
La Nécessité d'Encadrer le Secteur Privé dans la Santé
Dans un rapport sur le sujet, l’IFC estime que les patients préfèrent les prestataires privés à leurs homologues du public, notamment parce que les professionnels de santé exerçant dans un cadre privé ont plus d’autonomie et de souplesse. Ces qualités leur permettraient de répondre plus complètement aux besoins et aux demandes des patients. Elisabeth Paul, coordinatrice d’un projet de recherche sur la couverture santé universelle au Bénin et au Sénégal à l’université de Liège, nuance toutefois : « Il est vrai que les malades, lorsqu’ils le peuvent, choisissent souvent le privé. Mais le pire y côtoie le meilleur. » Si, au Ghana, 20 % des soins primaires sont assurés par une organisation chrétienne à but non lucratif dans de bonnes conditions, cela reste une exception. Généralement, l’accueil est meilleur dans le privé, mais la qualité des soins reste à démontrer, et pour les traitements lourds, les hôpitaux publics demeurent mieux équipés.
S’il n’est pas discutable, le rôle du secteur privé dans la mise en place de la couverture santé mérite d’être encadré. Comme le note David Clarke, « les gouvernements devraient prendre les devants et formuler les objectifs et priorités en matière de santé nationale. Sur la base de ces objectifs, les gouvernements peuvent ensuite formuler des politiques publiques sur le rôle du secteur privé pour la CSU, orientant les systèmes de santé vers la réalisation de la CSU ». Cela garantit que les initiatives privées s'alignent sur les stratégies nationales de santé, contribuant ainsi de manière plus cohérente et efficace à l'objectif de la couverture santé universelle.
Christelle Lasme et les Efforts pour la Durabilité Économique dans l'Industrie Bananière
La Compagnie Fruitière, à travers des figures comme Christelle Lasme, s'engage également activement dans la durabilité économique de l'industrie bananière. Le Forum Mondial de la Banane (FMB) fournit une occasion importante pour le FMB de mettre en évidence certaines de ses principales activités et réalisations. Le panel multipartite discutera des efforts de l'industrie bananière pour une coopération mondiale préconcurrentielle afin d'atteindre la durabilité économique. Le FMB tiendra une série de panels tout au long de la journée pour aborder les principaux problèmes rencontrés par l'industrie et les solutions apportées par le Forum et les collaborations multipartites. Christelle Lasme, en tant que Corporate Social Responsibility Manager de la Compagnie Fruitière, a participé à des ateliers cruciaux dans ce domaine.
Des ateliers ont été organisés en réponse aux conclusions de recherches indépendantes sur les obstacles à l'emploi des femmes et les défis auxquels sont confrontées les femmes déjà employées chez GEL (une entité de la Compagnie Fruitière). Le premier de ces ateliers était destiné à la direction de GEL, y compris leur directeur général, Olivier Chassang, et à Christelle Lasme. Le second atelier était destiné aux représentants des travailleurs. GEL est actuellement en pleine expansion de sa production de bananes biologiques, ce qui, en raison de l'absence de produits agrochimiques, présente moins de risques pour la santé des femmes, en particulier les nouvelles et futures mères. Cette expansion offre une opportunité d'attirer davantage de femmes à travailler sur la plantation. De plus, GEL a déjà amélioré les conditions de travail pour les femmes, notamment par la mise à disposition de vestiaires séparés. Ces efforts soulignent l'engagement de la Compagnie Fruitière envers l'équité des sexes et le bien-être de ses employés, contribuant ainsi à une industrie bananière plus durable et socialement responsable.

Les Avancées de la Compagnie Fruitière en Matière de RSE
Les initiatives de la Compagnie Fruitière, sous la direction de Christelle Lasme, vont au-delà de la simple conformité et visent à créer un impact positif tangible sur les communautés et l'environnement. L'accent mis sur la production de bananes biologiques chez GEL est un exemple concret de cette orientation. L'absence d'agrochimiques dans la production réduit non seulement les risques pour la santé des travailleurs, mais contribue également à la préservation de l'environnement.
La fourniture de vestiaires séparés pour les travailleuses sur les plantations de GEL illustre l'attention portée aux conditions de travail spécifiques aux femmes. Ces mesures, bien que semblant simples, sont essentielles pour créer un environnement de travail respectueux et inclusif. Elles reflètent une compréhension des défis uniques auxquels les femmes peuvent être confrontées dans le milieu agricole et une volonté de les surmonter.
L'engagement de la Compagnie Fruitière dans les discussions multipartites sur la durabilité de l'industrie bananière, comme celles organisées par le FMB, démontre une reconnaissance de la nécessité d'une collaboration à l'échelle mondiale pour aborder les problèmes complexes. La coopération préconcurrentielle est cruciale pour élaborer des solutions qui profitent à l'ensemble de l'industrie, tout en garantissant une durabilité économique, sociale et environnementale. Christelle Lasme, par son rôle, contribue à positionner la Compagnie Fruitière comme un acteur clé dans ces dialogues, partageant les meilleures pratiques et cherchant des voies innovantes pour un avenir plus durable.
Communauté et couverture universelle en Afrique
L'ensemble de ces actions, allant des infrastructures de santé aux améliorations des conditions de travail et à la participation aux forums internationaux, met en évidence la vision holistique de la RSE adoptée par la Compagnie Fruitière. Sous l'impulsion de Christelle Lasme, le groupe continue de démontrer qu'une entreprise privée peut jouer un rôle majeur dans la promotion du développement durable et l'amélioration de la qualité de vie dans les régions où elle opère, tout en reconnaissant les limites et les défis inhérents à ces initiatives.
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