La réussite d'un jardin repose souvent sur la capacité à créer des unions végétales aussi esthétiques que fonctionnelles. Parmi les mariages les plus plébiscités par les jardiniers, celui de la clématite et du rosier grimpant occupe une place de choix. Cette combinaison, véritable classique de l'horticulture, permet de transformer une simple structure en un spectacle floral vibrant. Cependant, pour que cette association perdure, il est essentiel de comprendre les besoins physiologiques spécifiques de la clématite, notamment son impératif biologique : « avoir la tête au soleil et le pied à l’ombre ».

Les impératifs biologiques de la clématite
La clématite est une plante grimpante à la floraison particulièrement abondante et colorée, qui s’accroche à son support grâce à ses tiges volubiles. Ses racines peu profondes permettent de facilement la cultiver en bac et elle peut servir de couvre-sol. Il en existe un très grand nombre de variétés, regroupées dans 3 types : les type 1 fleurissent au début du printemps, les type 2 au printemps puis en fin d’été, les type 3 durant tout l’été.
La clématite aime les sols similaires aux sols des bois : riches en humus, frais et drainants. Une clématite bien épanouie doit avoir le pied bien protégé des rigueurs du soleil et de la sécheresse sur environ 30 cm tandis que ses parties aériennes veulent au contraire en profiter au maximum. Ce sont les conditions naturelles de la clématite, qui pousse dans les bois clairs. Reproduire ces conditions est tout à fait possible en installant directement la clématite dans un endroit toujours ombragé au sol, ou bien en protégeant ce pied par un paillis ou encore par des plantes.
L’installation d’autres végétaux au pied de la clématite a un autre avantage que celui de lui apporter de l’ombre : il y a moins de risque d’excès d’eau, excès qui nuiraient considérablement à la clématite en entraînant le développement d’un champignon au niveau des racines et le pourrissement de la plante. Cette association n’est donc que bénéfique, en plus d’être décorative !
La complémentarité esthétique et pratique avec le rosier
Oh, comme ils sont beaux ensemble ! Un rosier grimpant et une clématite. Une association en or dans n'importe quel jardin. Non seulement parce que ces plantes grimpantes font de magnifiques fleurs de toutes sortes, tailles et couleurs, pour lesquelles toutes les âmes romantiques succombent. Mais également parce que les rosiers grimpants et les clématites forment, d'un point de vue pratique, un couple parfait.
En fait, le choix est infini. Vous pouvez opter pour des rosiers grimpants et des clématites qui fleurissent en temps, ou dont le fleurissement s'alterne. Un certain nombre de rosiers grimpants terminent leur floraison assez rapidement, permettant à la clématite de continuer à donner de la couleur pour le reste de l'été. Et vice-versa. Optez pour des formes, des tailles ou des couleurs de fleurs contrastés, ou au contraire dans des teintes, des dimensions et des formes harmonieuses.
Lorsque vous fixez le rosier, la plupart des clématites s'accrochent toutes seules à leur partenaire-rosier à l'aide de leurs pétioles. Un mariage heureux donc. Tant les rosiers grimpants que les clématites aiment recevoir de préférence le soleil pendant 4 à 5 heures par jour sur leurs branches fleuries.
Associer rosiers et plantes grimpantes - Truffaut
Sélection de compagnons pour protéger le pied
Si le rosier est le compagnon idéal dans les airs, d'autres végétaux peuvent assurer la protection du système racinaire au sol.
- Les arbustes : Les petits fusains forment une bonne protection contre le soleil avec leur feuillage luisant, serré et un peu coriace. La variété 'Harlequin' est un joli petit arbuste qui ne dépassera pas 30 cm de hauteur et dont les jeunes feuilles entièrement crème deviennent peu à peu vert marbré de crème. Il illuminera le bas d’une clématite rose ou blanche.
- Les vivaces : Le géranium vivace offre la même palette de coloris que les clématites, ces géraniums sont un compagnon courant de ces grimpantes. Vous obtiendrez une belle harmonie entre la clématite armandii 'Hundersonii Rubra' dont les boutons printaniers rose saumon s’ouvrent sur de belles étoiles d’un blanc rosé et le géranium 'Wargrave Pink' aux petites fleurs saumon.
- La campanule des murs : Très tapissante, avec un feuillage semi-persistant dense et une floraison qui dure du printemps à la fin de l’automne, la campanule des murs se marie fort bien à la clématite dont elle protègera idéalement le pied.
Méthodologie de plantation et soins associés
La clématite peut être plantée aussi bien en pleine terre qu’en pot. La plantation se fait au printemps ou à l’automne de préférence, mais à condition d’éviter les périodes de sécheresse, de gel ou de fortes pluies elle pourra être mise en place tout au long de l’année.
Il convient de préparer soigneusement l’emplacement avant la plantation. Creuser une fosse de 60 cm de côté et 50 cm de profondeur pour chaque plante, en respectant un espacement de 1 mètre entre le rosier et la clématite. Le drainage revêt une importance capitale pour ces plantes grimpantes. Disposer une couche de graviers au fond de chaque trou de plantation et s’assurer que l’eau ne stagne pas.
Planter le rosier grimpant en inclinant légèrement la motte vers le support. Enterrer le point de greffe de 2 à 3 cm sous le niveau du sol pour favoriser l’émission de nouvelles pousses. Pour la clématite, incliner davantage la motte vers le support et enterrer la base de la tige sur 8 cm de profondeur. Installer immédiatement les supports provisoires (tuteurs, fils tendus) pour guider les premières pousses vers la structure définitive.
L’ajout d’un paillis pourra dans les 2 cas participer au maintien d’une bonne fraîcheur au pied de la clématite : tontes de gazon, BRF, paillettes de lin, feuilles mortes… De plus, la présence d’un paillis, si la couche en est suffisamment épaisse, limitera les besoins de sarclage ou de binage, ce qui n’est pas pour déplaire à la clématite qui n’apprécie pas trop d’être dérangée.

Gestion de la croissance et entretien courant
Le rosier et la clématite puisent dans le même sol, nécessitant des apports d’eau et de nutriments supplémentaires. Arroser régulièrement la première année pour favoriser l’enracinement, puis adapter la fréquence selon les conditions climatiques. Apporter chaque printemps un engrais organique complet (corne broyée, sang desséché, compost) en l’enfouissant légèrement autour des pieds.
La taille du rosier grimpant s’effectue en fin d’hiver, en supprimant le bois mort et en raccourcissant les rameaux latéraux. Palisser les branches charpentières horizontalement pour favoriser la floraison sur toute leur longueur. La taille de la clématite dépend de son groupe de floraison. Les clématites montana se taillent légèrement après floraison, une année sur deux. Les variétés estivales se rabattent à 40 cm du sol en février-mars.
Il est également beaucoup plus difficile de procéder à une taille adaptée pour chaque espèce de plante lorsque toutes les pousses sont entremêlées. Néanmoins, de nombreuses combinaisons sont possibles. Surveiller les signes de concurrence entre les deux plantes : jaunissement du feuillage, diminution de la floraison, croissance ralentie.
Prévention des maladies et équilibre végétal
Le flétrissement de la clématite (Ascochyta clematidea) constitue la maladie la plus redoutable. Ce champignon bloque la circulation de la sève, provoquant un dessèchement brutal des tiges. Les rosiers grimpants peuvent souffrir de maladies cryptogamiques (oïdium, marsonia, rouille) favorisées par l’humidité stagnante. Privilégier les variétés résistantes et assurer une bonne circulation de l’air autour des plantes.
Les pucerons s’installent fréquemment sur les jeunes pousses des rosiers au printemps. Favoriser la présence d’auxiliaires (coccinelles, syrphe) en plantant des fleurs mellifères à proximité. Une croissance déséquilibrée entre le rosier et la clématite peut poser problème. Un manque de floraison indique souvent un excès d’azote ou une exposition insuffisante. Le dégarni de la base constitue un défaut esthétique fréquent.
En somme, l'association réussie repose sur une planification minutieuse, un respect des besoins en eau et une protection constante du pied de la clématite. Que ce soit sur une pergola, une arche ou un simple treillage, ce duo offre une longévité et une richesse florale incomparables à tout espace extérieur.