Le monde des Rosacées recèle des trésors botaniques dont l'élégance ornementale n'a d'égal que la complexité taxonomique. Parmi eux, Pseudocydonia sinensis (Dum.Cours.) C.K.Schneid., souvent désigné sous le nom vernaculaire de cognassier de Chine, occupe une place de choix. Originaire de l'Est de la Chine, cet arbuste a longtemps suscité l'intérêt des botanistes, changeant fréquemment de nomenclature et étant parfois confondu avec son homologue iranien, Cydonia oblonga, ou avec Chaenomeles cathayensis.

Origines et Évolution Taxonomique
Pseudocydonia sinensis reste un arbuste remarquable dont les intérêts ornementaux se succèdent tout au long de l'année. Sa première introduction en Europe date probablement de la fin du 18ème siècle, mais c'est seulement dans la deuxième moitié du 19ème siècle que sa culture s'est popularisée. On retrouve un article très intéressant à son sujet dans la Revue Horticole de 1889 (p. 228) avec une magnifique planche réalisée à partir d'un fruit cultivé dans le midi.
Il est fréquent de le rencontrer sous l'étiquette Chaenomeles sinensis, témoignant de la parenté étroite entre ces genres. Pourtant, ses caractéristiques morphologiques, notamment la nature de son écorce et la disposition de ses fleurs, permettent de le distinguer nettement de ses cousins.
L'Écorce : Un Spectacle Permanent
Le principal attrait du Pseudocydonia sinensis est son écorce gris-marron qui se desquame en plaques, laissant apparaître de grandes taches oranges, décoratives toute l'année. La desquamation a lieu généralement en mai-juin. Au cours de cette "mue", de grandes parties d'écorce rougeâtre se détachent lentement avant de tomber au sol.
Ce phénomène confère au sujet un aspect graphique unique. Il est envisageable de dégager son ou ses tronc(s) afin de mieux apprécier cette écorce décorative. Le spectacle hivernal de cette espèce est particulièrement remarquable, avec l’écorce et les fruits qui se détachent sur les branches sinueuses et dénudées.

Caractéristiques du Feuillage et de la Floraison
Outre son écorce, il se fait remarquer par son feuillage vert-brillant, caduc à semi-persistant, qui prend de belles teintes rouge orangé en automne. Ses feuilles finement dentées le différencient très nettement d'un Cydonia oblonga. En situation protégée, certaines feuilles se maintiennent jusqu'au printemps.
La floraison, assez discrète, apparaît en avril-mai, à l'extrémité des pousses de l'année. Sa couleur varie du rose pâle au rose vif selon les spécimens. Les fleurs sont auto-fertiles, un seul pied suffit pour obtenir des fruits. Ses fleurs solitaires le distinguent d'un Chaenomeles dont les fleurs sont toujours groupées. En avril et en mai, le cognassier de Chine se couvre de fleurs roses de 2 à 3 cm, solitaires et légèrement parfumées qui, en s'ouvrant, dévoilent un cœur d'étamines jaunes.
Les Fruits : Les Coings de Chine
Les fruits, appelés coings de Chine, apparaissent dès le début de l'été et arriveront à maturité fin novembre voire en décembre, selon les régions. À maturité, ils sont jaunes et complètement lisses, contrairement à Cydonia oblonga dont les fruits sont recouverts d'un duvet beige. Certains atteignent 20 cm de long.
Ils sont agréablement parfumés et sont consommables une fois cuits. Pour en faire de la gelée, n'hésitez pas à rajouter de la pectine car les graines ne suffisent pas. Vous pourrez confectionner des compotes, des gelées ou des pâtes de fruits.
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Culture et Exigences de Plantation
Pour obtenir de belles colorations automnales, il est préférable de planter Pseudocydonia sinensis en plein soleil, mais il supporte aussi très bien la mi-ombre. Il apprécie un sol bien drainé et riche en humus. Il atteint généralement 4 à 6 m de haut pour 3 à 4 m de large, à condition d'être planté en isolé. Certains spécimens exceptionnels atteignent 10 m de haut.
Dans la nature, c'est un arbuste multicaule, mais il est possible de le conduire sur un tronc unique et lui donner un aspect de petit arbre. Il résiste à -25°C sans problème. Il a un temps été interdit à la vente à cause de sa sensibilité au feu bactérien, mais ce n'est plus le cas aujourd'hui.
Pour une culture en pot ou en bonsaï, il convient aux styles à tronc sinueux, à tronc double ou en plantation de groupe. Il nécessite un arrosage quotidien en saison de croissance ; en hiver, maintenez le mélange légèrement humide par des arrosages moins fréquents. Veillez notamment à fournir assez d’eau pendant la phase de maturation des fruits, pour éviter leur chute prématurée.
Comparaison avec Chaenomeles cathayensis
Il est instructif de comparer Pseudocydonia sinensis avec Chaenomeles cathayensis. Ce dernier est originaire de la moitié Est de la Chine, entre 900 et 2500 m d'altitude. Ses feuilles sont caduques, lancéolées, très finement dentées. Contrairement à son proche cousin Pseudocydonia sinensis, on ne remarque aucune coloration automnale chez Chaenomeles cathayensis.

Chaenomeles cathayensis possède des fleurs blanches, subtilement teintées de rose, qui apparaissent en fin d'hiver-début de printemps sur les bois de l'année précédente. Les fruits, de 10 à 15 cm de long, restent verts la majeure partie du temps. Enfin, Pseudocydonia sinensis est seul à avoir une écorce ornementale qui se desquame en plaques et à ne pas comporter de courts rameaux épineux, contrairement aux Chaenomeles qui présentent des épines acérées.
Identification des Taxons
Pour différencier Chaenomeles cathayensis, Chaenomeles speciosa et Pseudocydonia sinensis, plusieurs critères sont déterminants :
- Taille adulte : Chaenomeles speciosa (1,5-2 m), Chaenomeles cathayensis (3-6 m) et enfin Pseudocydonia sinensis (5-10 m).
- Feuillage juvénile : C. speciosa est glabre au revers alors que chez les deux autres, il est recouvert de poils doux (couleur rouille chez C. cathayensis, blanchâtre chez P. sinensis).
- Disposition des fleurs : Chez les deux Chaenomeles, les fleurs sont regroupées par 2 à 5, sur le bois de l'année précédente, alors qu'elles sont solitaires, à l'extrémité des pousses de l'année, chez P. sinensis.
- Sépales : Chez P. sinensis, les sépales sont recourbés vers le bas.
Usage dans la Pharmacopée
Dans la pharmacopée chinoise, on utilise principalement les fruits séchés de Chaenomeles speciosa, mais les fruits de C. cathayensis et de Pseudocydonia sinensis peuvent servir de substituts. Appelé "Mu Gua", ce remède est recommandé en cas de troubles musculosquelettiques, vomissements, diarrhées et indigestions.
Spécimens remarquables en culture
La culture de ces espèces est documentée dans plusieurs jardins botaniques et arboretums :
- Pseudocydonia sinensis : Jardin des Plantes de Nantes, Arboretum Cimetière Parc (Nantes), Jardin Botanique de Limoges, Arboretum Gaston-Allard (Angers), Arboretum Adeline (La Chapelle Montlinard), Arboretum de Balaine (Villeneuve-sur-Allier).
- Chaenomeles cathayensis : Jardin des Plantes de Paris, Arboretum de Huelgoat (Finistère), Château du Lude (Sarthe), Arboretum des Barres (Loiret), Jardin d'Agronomie Tropicale du Grand-Blottereau (Nantes), Arboretum de Wespelaar (Belgique).
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