L'Harmonie des Assosociations : Poissons, Graines et Légumes, du Jardin à l'Assiette et au-delà

L'art d'associer les aliments et les cultures est une pratique ancestrale, redécouverte et valorisée aujourd'hui pour ses nombreux bénéfices. Que ce soit dans l'assiette, où les saveurs du poisson s'entremêlent avec la fraîcheur des légumes, au potager, où les plantes se soutiennent mutuellement, ou même dans les systèmes aquaponiques innovants, l'association intelligente des poissons, graines et légumes révèle une synergie fascinante. Cet article explore ces différentes dimensions, offrant un panorama complet des bonnes pratiques et des principes sous-jacents.

Les Mariages Gourmands : Poisson et Légumes en Cuisine

Associer le poisson à des légumes, parfois complétés par une poignée de féculents, permet de créer des repas à la fois complets et savoureux. La richesse des options est vaste, offrant une palette de couleurs, de textures et de saveurs pour ravir les papilles.

Plat de poisson et légumes colorés

Poissons Blancs et Légumes du Soleil : Une Alliance Estivale

Les poissons blancs, comme le colin d’Alaska ou le cabillaud, s'accordent merveilleusement avec les légumes du soleil. Les poivrons, courgettes et tomates ne se contentent pas d'apporter des saveurs estivales à votre plat, ils ajoutent aussi une touche de couleur dans l’assiette. Un filet de colin sur sa brunoise de poivron et cives représente une recette gourmande et colorée, parfaite pour les belles soirées d’été. Les poivrons verts, rouges et jaunes, ainsi que les olives et les oignons verts, mettent subtilement en valeur le goût délicat du poisson. Pour varier les plaisirs, les filets de colin d’Alaska peuvent être servis chauds sur des légumes tièdes, à température ambiante, offrant un contraste agréable.

Une autre idée est le dos de colin en croûte avec une crème de courgette à la menthe, où l'onctuosité des légumes contraste avec le croustillant de la chapelure et la chair ferme du poisson. Le tian de légumes, un classique des accompagnements de poisson dans le sud de la France, préparé à base d’aubergines, de poivrons, de courgettes, de tomates et d’herbes de Provence, se marie à la perfection avec un Colin d’Alaska façon Meunière Citron et Fines Herbes. La paëlla de poisson, utilisant des filets de colin d’Alaska, est également une excellente manière de faire voyager les papilles.

Saumon et Légumes Verts : Des Classiques Incontournables

Le mariage du saumon avec les légumes verts est un classique indémodable, souvent retrouvé à la carte des restaurants. Le pavé de saumon accompagné de haricots verts est un exemple éloquent de cette association réussie. Le Saumon Rose du Pacifique et ses épinards aux gnocchis est une combinaison bien connue où la chair ferme des filets de Saumon Rose du Pacifique Sauvage Findus tranche avec la texture onctueuse des épinards hachés à la crème fraîche, créant un mariage détonnant. Avec des gnocchis ou des pâtes, c'est encore meilleur.

Plat de saumon et épinards

L'audace du mélange sucré-salé est également possible avec des brochettes de saumon et une crème de poireaux aux deux pommes. La saveur légèrement acidulée des pommes Golden se marie très bien avec le saumon, offrant une expérience gustative surprenante. Le risotto au saumon et petits pois est une autre option réconfortante, où le poisson est poché dans un bouillon de légumes pour révéler toutes ses saveurs, puis mélangé avec des oignons, des petits pois et un peu de parmesan.

Les Bienfaits des Fruits et Légumes pour l'Homme et l'Animal

Les fruits et les légumes sont des piliers d'une alimentation saine, tant pour l'homme que pour certaines espèces animales, notamment les poissons d'aquarium. Ils sont indispensables pour la santé et le bien-être, offrant une multitude de nutriments essentiels.

Fibres et Vitamines : Les Atouts des Légumes

Les légumes, qui font partie de la famille des plantes potagères comme la courgette, le chou-fleur, le brocoli ou la carotte, sont d'excellentes sources de fibres et de vitamines. En France, la consommation de fibres est souvent insuffisante, alors qu'elles sont cruciales pour la digestion et la santé générale. Les légumes apportent également des vitamines essentielles, comme le bêta-carotène (pro-vitamine A) retrouvé dans les carottes et la salade. Les légumineuses, cultivées pour leurs grains secs, sont également bénéfiques, étant sources de glucides complexes (amidon) et de fibres.

Alimentation des Poissons d'Aquarium : Variété et Précautions

Une alimentation variée et équilibrée est la base de l'aquariophilie pour des poissons sains et en bonne santé. De nombreux fruits et légumes peuvent être proposés aux poissons d'aquarium, mais il est crucial de connaître les bonnes pratiques.

Légumes pour poissons :

  • Petits pois : Mettre les petits pois dans un verre d’eau, les passer 30 secondes au micro-ondes à puissance maximale. Cela les ramollit et permet de retirer la peau, indigeste pour les poissons.
  • Dés de carotte ou rondelles : Le format doit être adapté à la taille des poissons. Aliment de prédilection de nombreux poissons d'aquarium, les guppys, platys, corydoras et ancistrus en raffolent particulièrement. La version cuite est préférable car elle purifie l'aliment et le fait couler naturellement.
  • Haricots frais : Déposer les haricots 15 minutes à l'eau bouillante non salée ou 10 minutes à la vapeur avant de les distribuer.
  • Algue de nori : Couper un morceau d'algue de nori et le bloquer sous le décor pour qu'il reste au fond.

Fruits pour poissons :

Une liste détaillée de fruits vérifiés et validés peut être proposée, car les poissons les adorent. Pour tous les fruits, il est impératif de couper une petite rondelle de 1 à 2 centimètres et d'enlever les petits pépins. L'ingestion de pépins peut entraîner des problèmes de digestion, potentiellement mortels. La tomate, par exemple, a tendance à faire légèrement gonfler le ventre des loricariidés comme les ancistrus.

L'alimentation des poissons. #2. Des légumes pour vos poissons !

Précautions importantes :

  • Tous les fruits et légumes ne sont pas bons et certains peuvent être mortels.
  • Les épinards, bien que souvent utilisés, sont sujets à polémique car ils pourraient freiner la croissance des jeunes poissons.
  • Sélectionner ce que les poissons aiment le plus ou le moins, car chaque poisson a ses propres goûts.
  • Au départ, les poissons peuvent ne pas être intéressés par ce type de nourriture par manque d'habitude ; un petit temps d'adaptation peut être nécessaire.
  • Pour les aliments qui ne coulent pas d'eux-mêmes (généralement les fruits et légumes crus), des astuces de lestage existent, comme les fixer à une racine ou les glisser entre le sol et une pierre.

L'Aquaponie : Une Symbiose Innovante entre Poissons et Légumes

Cultiver des légumes en symbiose avec l'élevage de poissons, tel est le concept fondamental de l'aquaponie. Ce néologisme, contraction d'aquaculture (élevage en milieu aquatique) et d'hydroponie (culture des plantes hors sol), décrit un système où les excréments des poissons servent d'alimentation aux plantes cultivées. C'est un système à la fois ancestral et innovant, aux promesses écologiques significatives.

Schéma de fonctionnement d'un système aquaponique

Un Système Ancestral en Plein Essor

Le principe de l'aquaponie a été utilisé, parfois inconsciemment, depuis l'Antiquité. Des exemples se trouvent dans les chinampas mésoaméricaines, des hortillonnages sur lesquels étaient déposées les boues des canaux riches en excréments de poisson, et dans les rizières asiatiques. Aujourd'hui, ce mode de culture se développe, particulièrement dans les pays anglo-saxons, où des fermes aquaponiques à grande échelle émergent. L'aquaponie condense de grosses productions sur de petites surfaces, ce qui la rend particulièrement adaptée aux enjeux de l'agriculture urbaine. L'économie d'eau qu'elle procure est également un avantage séduisant pour les zones désertiques et les pays en développement.

Comment Fonctionne l'Aquaponie ?

Un système aquaponique fonctionne en circuit fermé, reposant sur l'interaction des plantes et des poissons. Les plantes purifient l'eau des poissons, et les poissons nourrissent les plantes grâce à leurs déjections. Plus précisément, les excréments des poissons sont transformés en nitrites, puis en nitrates, par l'action de bactéries. L'eau des bassins est ensuite pompée et acheminée jusqu'aux bacs de culture des plantes, qui se nourrissent des nutriments contenus dans l'eau. Les plantes épurées l'eau de l'aquarium par l'assimilation des racines. L'eau purifiée et chargée d'oxygène retourne ensuite au bac d'élevage des poissons.

L'enjeu principal de ce système est de trouver le juste équilibre entre la population de poissons, la nourriture apportée, la population bactérienne et la végétation cultivée. Une carence en azote (jaunissement des feuilles, partant du bas des plantes) indique une sous-population de poissons ou un manque de nourriture. À l'inverse, des taux de nitrites et de nitrates trop élevés signalent un filtre sur plante inefficace ou un métabolisme végétal insuffisant pour dépolluer l'eau des déjections.

Avantages Écologiques de l'Aquaponie

Fonctionnant en circuit fermé, l'aquaponie permet d'importantes économies d'eau, jusqu'à 90 % de moins que les systèmes de culture conventionnels. L'eau n'est pas gaspillée, et seule la part évaporée par les plantes doit être remplacée. C'est également un système de culture à la portée de tous, la fabrication pouvant revenir à presque rien avec des matériaux de récupération et un peu d'ingéniosité. En France, bien que son développement soit lent, des projets à petite échelle comme l'Aquaponie Valley à Beauchastel, en Ardèche, visent une production durable de truites Arc-en-Ciel et de spiruline.

L'Art du Compagnonnage Végétal : Associations au Potager

Au potager, toutes les plantes ne s’entendent pas aussi bien. Certaines se stimulent mutuellement, d’autres se gênent, voire se nuisent. L’association de cultures, ou compagnonnage, repose sur un principe d’observation simple : certaines combinaisons de légumes, d’aromatiques ou de fleurs profitent à la santé des plantes, à la qualité du sol et à la prévention des maladies.

Principes et Bénéfices du Compagnonnage

Cette pratique ancienne, redevenue populaire avec l’essor du jardinage biologique, permet d’optimiser l’espace, de réduire les traitements et d’améliorer les rendements, sans produits chimiques. Elle s'inscrit dans le concept plus global de permaculture, une approche de culture alternative visant à respecter l’environnement tout en proposant des produits sains pour l’homme, en écartant notamment les pesticides. Les associations culturales sont une aide précieuse pour y parvenir. Certaines plantes repoussent les nuisibles, d’autres limitent l’apparition de maladies, et il existe même des végétaux qui enrichissent le sol, idéal pour les plantes potagères les plus gourmandes.

Exemple de compagnonnage végétal au potager

Le célèbre exemple de la Milpa, ou « les 3 sœurs », traditionnellement utilisée par les Aztèques, marie le maïs, le haricot et la courge (uniquement Cucurbita maxima). Le maïs sert de support au haricot grimpant, lequel a la capacité de fixer l’azote de l’air pour le restituer dans le sol. Enfin, la courge garde le sol frais grâce à ses grandes feuilles.

Clés pour un Potager Harmonieusement Associé

Pour composer habilement votre potager, trois priorités sont à prendre en compte : la place, l’eau et la lumière. Plus vous cultivez de variétés, plus vous réduisez les risques de maladies, favorisant ainsi la biodiversité. Le temps d’occupation par variété de légumes est également crucial : combinez sans hésiter les variétés à cycle long et à cycle court sur une même rangée pour optimiser la rotation des cultures. Associez également les plantes aux racines et aux feuillages semblables, les plus grandes faisant de l’ombre aux plus petites, souvent moins gourmandes en soleil et en eau. En résumé, il est essentiel de connaître les variétés qui se stimulent entre elles.

Bonnes Associations de Légumes

En raisonnant par famille, trois s’entendent à merveille :

  • Les ombellifères (carottes, fenouil, persil)
  • Les crucifères (cresson, chou, navet)
  • Les légumineuses (haricots, pois, lentilles)

Par variété, voici quelques combinaisons profitables :

  • Tomate avec l’ail, l’asperge, la carotte, le céleri, l’oignon, le persil et le poireau.
  • Cornichon avec le basilic, le chou, l’épinard, la laitue, l’oignon, le poireau, le pois, la sarriette et la tomate.
  • Pois avec le cerfeuil, l’oseille, le concombre et la carotte.
  • Courge ou courgette avec la laitue et le maïs.
  • Échalote avec la betterave rouge, la laitue et la tomate.
  • Endive avec le panais et les betteraves rouges.
  • Épinards avec la laitue, les fraises, les fèves, les navets, les carottes, l’estragon avec le thym, la sarriette et la citronnelle.
  • Fève avec la laitue et les épinards.
  • Fraise avec l’épinard, les fèves, la laitue et la tomate.
  • Haricot avec la laitue, la tomate, les fraises, le chou, la pomme de terre, la carotte, le céleri, le concombre et l’épinard.
  • Laitue avec la carotte, les épinards, le fenouil, les fraises, le haricot, le poireau, le radis.
  • Mâche avec le chou et les laitues d’hiver.
  • Maïs avec la courge et le haricot à rame.
  • Navet avec la laitue et la carotte.
  • Oignon avec la betterave, la carotte, le concombre, le cornichon, le fraisier, la laitue et la tomate.
  • Petit pois avec la carotte, le céleri, le chou, le concombre, le cornichon, le navet, la pomme de terre et le radis.

Associations à Éviter Absolument

Certaines associations sont à proscrire, car elles se parasitent, sans que les raisons exactes de cette mésentente ne soient toujours évidentes :

  • Les légumineuses, les liliacées (oignon, ail et asperges) et les solanacées (tomate, pomme de terre, poivron) ne peuvent pas cohabiter.
  • Ail avec le chou, le haricot et le pois.
  • Laitue avec le céleri et le persil.
  • Maïs avec la betterave et le céleri.
  • Pois avec l’ail, l’échalote, l’oignon, le persil et la tomate.
  • Pomme de terre avec le cornichon, le concombre et la tomate.
  • Tomate avec le concombre, le cornichon, le petit pois et la pomme de terre.
  • Chou avec l’ail, la chicorée, l’échalote, le fraisier, le poireau et le radis.

Jérôme, jardinier et géographe, un fervent défenseur d’un jardinage en accord avec la nature, témoigne de l'efficacité de densifier les cultures pour maintenir et même augmenter la production totale. Il propose une association favorite : carottes, radis, tomates et salades pour une butte de culture très productive. Il conseille également de récolter ses propres graines pour tester les associations d’une année sur l’autre sans racheter de semences. L'astuce pratique est de prendre en compte la taille de la plante et sa vitesse de croissance pour créer ses propres associations, comme dans un mini jardin-forêt où les radis occupent l'étage du bas et les tomates les étages supérieurs.

L'Évolution de l'Alimentation Piscicole : Vers des Sources Végétales et Innovantes

La recherche en aquaculture s'oriente de plus en plus vers des sources protéiques alternatives aux farines et huiles de poisson, privilégiant les matières premières végétales tout en conservant les qualités nutritionnelles et organoleptiques des poissons d'élevage.

Les Matières Premières d'Origine Végétale

Les matières premières d’origine végétale sont nombreuses, bien que moins adaptées aux besoins des poissons que la farine de poisson en termes de valeurs nutritionnelles et d'appétence. Elles possèdent cependant un pouvoir liant qui favorise la cohérence des granulés. La fabrication des farines végétales est soumise à une réglementation stricte pour préserver des risques de contaminants et assurer la traçabilité des constituants, y compris la maîtrise du risque OGM. L'utilisation des végétaux dans les aliments aquacoles prend également en compte les conséquences environnementales liées aux rejets de matières non assimilées, comme le phosphore. La recherche vise à rendre le phosphore lié au phytate des produits végétaux plus disponible pour les poissons, réduisant ainsi son excrétion, par l'ajout de phytases ou la sélection de végétaux riches en phytase.

Ingrédients d'aliments pour poissons, dont des céréales et légumineuses

Les aliments aquacoles occupent une place croissante dans l'alimentation animale, mais leur dépendance au marché mondial des ingrédients est forte.

Sources de Protéines Végétales

Une large gamme d’ingrédients végétaux est explorée pour remplacer la farine de poisson. Les aliments commerciaux actuels contiennent de 30 à 40 % de produits d'origine végétale. En Europe, il s'agit principalement d'oléagineux comme le colza, le tournesol et le soja, ou de protéagineux tels que le pois, la féverole ou le lupin, ainsi que des coproduits de céréales comme le gluten. Le potentiel des fourrages déshydratés (luzerne) est également exploré.

La teneur en protéines de ces végétaux est généralement plus faible que celle de la farine de poisson (60 à 75 %), atteignant 60 % pour le gluten, 45 % pour le soja, et 26-30 % pour le pois et le lupin. Les protéines végétales sont aussi un peu moins digestes, et certains acides aminés essentiels (lysine, méthionine) sont faiblement présents. Cependant, les végétaux sont riches en vitamines. Pour accroître la digestibilité et limiter les effets négatifs de certains constituants, les farines végétales sont souvent traitées par la chaleur à forte pression (extrusion) ou débarrassées de l'enveloppe des graines (dépelliculage). Ces propriétés négatives sont compensées par le mélange de plusieurs ingrédients dans la formulation, adaptée à l'espèce de poisson ciblée.

Chez les salmonidés, les meilleurs résultats de substitution de la farine de poisson ont été obtenus avec le soja. Pour la truite et la daurade, des progrès ont été réalisés en combinant les protéines de différentes sources végétales. Il est possible de remplacer 75 % de la farine de poisson par un mélange de céréales, protéagineux et oléagineux (gluten de maïs ou de blé, pois extrudé, lupin et colza) sans altérer la croissance, le métabolisme et le système immunitaire des poissons, ni les qualités organoleptiques et nutritionnelles de leur chair.

Des taux d'incorporation élevés ont été atteints chez différentes espèces d'élevage :

  • Saumon : Farine de poisson (Burel et al., 1998)
  • Truite : Farine de poisson (Kaushik et al., 2004)
  • Daurade : Farine de poisson (Sitja-Bobadilla et al., 2005)
  • Bar : Farine de poisson (Sanchez Lozano et al., 2007)

Pour certaines espèces de poissons herbivores et omnivores (carpe, tilapia, poisson-chat) et de crustacés (crevette du Pacifique), des sources protéiques peu conventionnelles et de faible coût de production, comme les tourteaux de coton, sésame, lin, copra ou les fèves, ont déjà donné de bons résultats en termes de croissance et de digestibilité. L'utilisation d'algues ou de bactéries comme sources de protéines est également explorée, avec un succès limité jusqu'à présent.

Les produits d'algues sont employés comme liants (alginate, carraghénane, agar), appétants alimentaires, sources de minéraux essentiels (notamment pour la crevette), pour leurs propriétés immunostimulantes potentielles et comme source de pigment (spiruline). Les farines d'algues et leurs extraits sont relativement nouveaux sur le marché des ingrédients alimentaires et nécessitent davantage de recherche pour établir leur véritable potentiel. Les coproduits issus de la fabrication de bioéthanol, riches en protéines, contribuent également à réduire les importations de tourteaux de soja.

Vers d'Autres Sources Naturelles

De nouvelles sources naturelles, marines ou terrestres, sont explorées dans les pays nordiques comme ingrédients de substitution de la farine de poisson. Le krill de l'Antarctique (Euphausia superba), avec 56 à 76 % de protéines, est un excellent ingrédient naturel. Son incorporation jusqu'à 30 % favorise la prise alimentaire et la croissance chez le saumon, la truite, la morue et le flétan. Le krill présente un grand potentiel, sa biomasse étant estimée à 44 millions de tonnes en 2003/2004, avec moins de 120 000 tonnes exploitées. Une autre source naturelle de protéines, issue de la classe des insectes, fournit une protéine de haute qualité appelée « ento-protéine », qui pourrait constituer un marché important pour les élevages labellisés « bio ».

Sources d'Acides Gras Essentiels

Outre les protéines, les poissons requièrent pour leur développement et leur croissance des vitamines, des minéraux et des acides gras essentiels, notamment les acides gras longs polyinsaturés de la série n-3 (oméga-3). Les poissons ayant de très faibles capacités à les synthétiser à partir d'autres éléments lipidiques précurseurs comme l'acide linolénique (abondant dans les huiles végétales), l'aliment doit en contenir environ 1 % de la ration alimentaire. Ce besoin peut être couvert par l'apport d'huile de poisson en fin de cycle d'élevage ou par la farine de poisson si elle est incorporée en quantité suffisante. Dans ce dernier cas, l'huile de poisson peut être totalement remplacée par un mélange d'huiles végétales.

L'alimentation des poissons. #2. Des légumes pour vos poissons !

Substitution de l’huile de poisson par différentes sources d’huiles végétales testées avec succès :

Espèces d’élevageHuile de poisson témoinTaux maximal possible de substitution de l’huile de poissonSources d’huile végétale (proportion de chaque ingrédient)
SaumonCapelan100%Colza, ou colza-olive (50/50) (Bell, et al., 2003 ; Torstensen, et al., 2004)
TruiteCapelan100%Mélange colza, palme, lin (55 / 30 / 15) (Richard, et al., 2006)
Poisson-chatMenhaden100%Palme (Ng, et al., 2004)
TurbotCapelan100%Soja ou lin (Regost, et al., 2003)
BarAnchois60%Soja ou lin ou olive (Mourente, et al., 2003) ; mélange colza, palme, lin (Montero, et al., 2005 ; Richard, et al., 2006)
DauradeAnchois60%Soja ou lin ou colza ou mélange des 3 huiles (Cabellero, et al., 2004)

Le remplacement total de l’huile de poisson par un mélange d’huiles végétales, élaboré pour obtenir une proportion d’acides gras similaire à celle de l’huile de poisson, est possible chez certaines espèces sans modifier la croissance, tout en minimisant les variations de composition en acides gras de la chair. Une diminution du taux de cholestérol est également observée avec les régimes à base d’huiles végétales. Le maintien de la richesse en acides gras longs polyinsaturés de la série n-3 dans le muscle des poissons est important pour le consommateur humain, car ces composés lipidiques interviennent dans la prévention des risques liés aux maladies cardiovasculaires. La recherche menée par l’Unité Mixte de Recherche (UMR 1067) INRA-Ifremer s’inscrit dans un réseau thématique européen pour trouver des aliments de substitution aux farines de poissons, garantissant un produit d’élevage sain, de bonne qualité organoleptique et nutritionnelle dans des conditions de bien-être optimal.

Des Légumes Spécifiques et leurs Propriétés

Au-delà des associations générales, il est intéressant de se pencher sur les propriétés spécifiques de certains légumes, tant pour l'homme que pour les animaux.

Tableau des propriétés des légumes

Légumes Feuillus

  • Cru : Batavia, Cresson (action anti-anémique, stimule les fonctions digestives, dépurative générale), Épinards (riche en acide oxalique, à donner en petite quantité et jamais seul, éviter chez les chiots, riche en fibres, antioxydants, anti-inflammatoires), Laitue, Mâche (riche en antioxydant, comparable à la clémentine en vitamine C), Ortie, Roquette (riche en acide oxalique, attention troubles rénaux), Pissenlit.
  • Cuit : Bette (petite quantité car diurétique, laxatif, émollient), Asperge (diurétique, riche en antioxydants, prébiotique).
  • Céleri branche (cru) : Riche en antioxydants, anti-inflammatoires, antibactériens.
  • Chou chinois (cru) : Riche en antioxydants, diurétique (petite quantité), fermentiscible.
  • Choux de Bruxelles (cuits) : Fermentiscible (petite quantité).
  • Chou vert/rouge (cuit) : Fermentiscible (petite quantité), riche en antioxydants.
  • Endive, Chicorée (crue) : Diurétique, prudence en cas d'insuffisance rénale.
  • Salades Vertes (Laitue, Frisée, Romaine, Iceberg) (crue) : Riches en antioxydants et fibres.

Légumes Racines & Autres

  • Cru : Brocolis, Carottes (riches en antioxydants et fibres), Concombre (riche en eau, favorise la satiété), Citrouille (riche en fibres, graines utilisées comme vermifuge), Courge (riche en antioxydants et fibres), Courgette et Pâtisson (favorise la satiété, riche en antioxydants), Potiron, Fenouil (antibactérien, anti-inflammatoire, digestif, anti-flatulences), Chou-rave (feuilles riches en vitamines, antioxydant, fermentiscible), Gingembre (très riche en antioxydants, utile pour troubles digestifs), Navet et Rutabaga (diurétique, fermentiscible), Panais (deux fois plus sucré que la carotte, riche en antioxydants et fibres), Radis (très petite quantité, peut irriter système digestif), Salsifis et Scorsonère (riches en fibres, prébiotiques, diurétiques).
  • Cuit : Haricots verts (phytohémagglutinine toxique, toujours cuire, petite quantité risque ballonnements), Céleri-rave (diurétique, très riche en sodium), Artichaut (cœur uniquement, très petite quantité, riche en fibres, prébiotiques), Aubergine (diurétique, solanacées toxiques crues), Chou-Fleur (antioxydant, diurétique, fermentiscible), Poireau (riche en acide oxalique, ne pas donner seul, éviter chez les chiots).

Fruits

Retirer noyaux et pépins avant de mixer.

  • Abricot (cru) : Riche en antioxydants et fibres.
  • Ananas (cru) : Petite quantité car acide.
  • Banane (crue) : Riche en antioxydants, à donner bien mûre.
  • Canneberge (crue) : Pouvoir antioxydant très élevé.
  • Cerise (crue) : Riche en antioxydants.
  • Datte (crue ou séchée) : Riche en fibres et antioxydants.
  • Figue (crue ou séchée) : Très riche en antioxydants et fibres, petite quantité.
  • Framboise, Mûre (crue) : Très riches en antioxydants.
  • Kiwi (cru) : Riche en fibres et antioxydants.
  • Mangue (crue) : Riche en fibres et antioxydants.
  • Melon et Melon d'eau (Pastèque) (crus) : Vitamines C et A.
  • Papayes (crue) : Riches en fibres et antioxydants.
  • Pêche (crue) : Riche en fibres et antioxydants (surtout la peau).
  • Poire (crue) : Très riche en antioxydants, petite quantité occasionnellement.
  • Pomme (crue) : Effet purgatif, diurétique, riche en fibres et antioxydants.
  • Prune (crue) : Petite quantité, retirer la peau.

Aliments à Éviter Absolument

Pour les carnivores, notamment chats et furets, certains aliments sont toxiques ou indigestes :

  • Les agrumes et raisins.
  • Les haricots crus, coings et baies de sureau.
  • Les solanacées crues (tomates, aubergines) en raison de leur teneur en alcaloïdes toxiques.
  • La rhubarbe, très forte teneur en acide oxalique.
  • Les alliacées (oignon, échalote).
  • Les pommes de terre et les légumineuses crues (petit pois, pois, maïs) à cause de leur teneur en amidon. La pomme de terre crue est toxique par sa solanine.

Pour la préparation, un blender ou un robot mixeur est nécessaire. Après lavage et découpe, passer les fruits et légumes avec un filet d’huile pour faciliter l’absorption des vitamines liposolubles. Pour la conservation, faire des petits glaçons ou des gobelets et congeler le tout.

tags: #comment #associer #graines #a #certains #poissons