Le persil est une herbe aromatique incontournable dans de nombreuses cuisines. Facile à cultiver, il pousse aussi bien en pot qu’au jardin, et se renouvelle généralement par semis. Pourtant, de nombreuses personnes se demandent s’il est possible de bouturer le persil, comme on le ferait avec d’autres plantes aromatiques comme le basilic ou la menthe. L’idée de multiplier une plante à partir d’une simple tige peut sembler pratique, surtout lorsqu’on souhaite conserver un pied vigoureux ou éviter de racheter des graines chaque saison.

La réalité scientifique du bouturage du persil
Contrairement à certaines herbes qui s’enracinent très facilement dans l’eau ou la terre, le persil n’est pas une plante qui se multiplie naturellement par bouturage. En effet, cette plante bisannuelle, qu’elle soit plate (persil commun) ou frisée, développe une racine pivotante, profonde et fragile, ce qui rend sa division ou son bouturage particulièrement délicats. Ses tiges, assez fines, ne sont pas conçues pour produire facilement des racines secondaires une fois coupées.
Cela dit, il est techniquement possible de tenter le bouturage, mais le taux de réussite reste très faible. Certaines tiges fraîches, bien choisies, peuvent dans de rares cas développer des racines si elles sont placées dans l’eau et maintenues dans de bonnes conditions (température, humidité, lumière indirecte). Cependant, ces racines sont souvent trop fragiles pour permettre une vraie reprise une fois en terre.
Si vous souhaitez tenter le bouturage du persil malgré tout, voici une méthode qui donne parfois des résultats, bien que limités. Il faut commencer par prélever une tige saine, non fleurie, idéalement d’une dizaine de centimètres, avec plusieurs feuilles. Coupez-la juste sous un nœud, là où les feuilles rejoignent la tige. Placez ensuite la tige dans un petit récipient d’eau propre, sans l’immerger complètement. Le niveau d’eau doit couvrir uniquement la base, là où les racines pourraient apparaître. Il faut changer l’eau tous les deux jours pour éviter la pourriture. Avec un peu de chance, de petites racines blanches peuvent apparaître. Si c’est le cas, vous pouvez transplanter délicatement la tige dans un pot rempli de terreau léger, en maintenant une bonne humidité les premiers jours.
Histoire et caractéristiques botaniques
Le persil pousse à l’état sauvage dans les régions à climat tempéré du pourtour méditerranéen et est cultivé à peu près partout dans le monde. Il était connu et cultivé déjà par les Grecs et les Romains 3000 ans avant notre ère, introduit en France par Charlemagne. Son nom vient du grec “petroselinos” : “petros” pour rocher et ”selinon” pour céleri, donc céleri des rochers car il pousse dans les terrains rocailleux et était considéré comme une forme particulière de céleri.
Il s’agit d’une plante herbacée qui appartient à la famille des Apiacées (ou Ombellifères), comme la carotte, le panais, le cerfeuil, notamment. Comme ces derniers, il s’agit d’une bisannuelle, dont le cycle de croissance se fait en 2 ans (il fleurit donc tous les 2 ans). Pourtant il est communément cultivé comme une annuelle bien que relativement rustique (sa racine résiste jusqu’à -10°). Ses tiges d’une trentaine de centimètres sont striées et elles portent des feuilles très divisées et aromatiques. Les fleurs, groupées en ombelles au sommet d’une tige de 60 cm, sont d’un jaune vert pâle. Elles apparaissent la deuxième année de culture, tandis que les feuilles affichent une teinte plus pâle que la première année et sont également plus coriaces. La racine, pivotante et charnue comme chez nombre de ses cousins, est jaunâtre et également aromatique.
On distingue trois espèces de persils cultivés :
- Le persil frisé, Petroselinum crispum, a un goût assez doux et est souvent utilisé pour décorer les assiettes.
- Le persil plat ou persil de Naples, Petroselinum sativum, a une saveur plus typée, plus parfumée.
- Le persil tubéreux, Petroselinum crispum radicosum, dont on consomme la racine comme les feuilles, se cultive comme la carotte.

Les clés d'une culture réussie
Le semis reste la solution la plus fiable pour cultiver du persil facilement. Il suffit de semer les graines à faible profondeur, dans une terre humide et meuble, puis de maintenir une bonne humidité jusqu’à la levée, qui prend généralement deux à trois semaines. En pleine terre ou en pot, le persil pousse lentement mais sûr.
Pour le semer, il est conseillé de faire tremper les graines durant la nuit précédente, ce qui favorise la germination. Il est conseillé de semer directement en place, que ce soit en pot ou en pleine terre, pour éviter les repiquages que le persil accepte difficilement. Utilisez des graines fraîches, car la durée germinative du persil est courte, pas plus de 3 ans.
Pour ceux qui n’ont pas envie d’attendre plusieurs semaines, l’achat de jeunes plants en godet est une excellente alternative. Ces pieds de persil, déjà bien formés, sont disponibles en jardinerie ou en grande surface au printemps et en été. Ils peuvent être repiqués directement dans un bac, un pot ou au jardin. Il faut simplement veiller à bien arroser les premiers jours pour faciliter l’enracinement.
Comment semer le persil en bac ? - Monjardindansleslandes
Entretien et gestion des conditions de culture
Le persil est une plante qui apprécie les terrains frais, riches et légers et une exposition non brûlante. Plus précisément, il aime la chaleur tant qu’il ne fait pas trop sec et a besoin de beaucoup de lumière. Son sol de prédilection est chargé en nutriments mais pauvre en matières organiques non ou mal décomposées, bien drainé et fin, neutre ou légèrement calcaire.
Pour cultiver le persil en pot, vous privilégierez un substrat composé d’un mélange de terreau et de sable et un pot assez profond pour accueillir ses grandes racines. Vous placerez au fond une couche de drainage composée de gravier calcaire. Le persil peut très bien être planté en pot, d’autant plus que cela rend facile sa culture à l’intérieur, notamment en hiver.
Tant qu’il est jeune, le persil doit être arrosé régulièrement, mais sa racine pivotante est profonde et il aura moins besoin d’eau au fil de sa croissance. Le paillage est un bon moyen pour garder la fraîcheur nécessaire au persil. Lorsque la mauvaise saison revient, protégez vos pieds avec un tunnel ou des cloches individuelles, vous les garderez plus longtemps.
Gestion des nuisibles et récolte
Le persil n’est pas très sensible aux maladies et parasites mais il peut quand même subir quelques agressions. La mouche de la carotte, Psila rosae, apprécie tout autant de pondre ses œufs à proximité du persil que des habituelles carottes. Les larves creusent des galeries dans les racines et provoquent un jaunissement des feuilles. Comme cette mouche est particulièrement virulente en avril, les semis plus tardifs sont à privilégier. La plantation de poireaux et autres alliacées ou bien de tanaisie et d’absinthe est réputée éloigner ce parasite.
Le persil peut commencer à être récolté 3 à 4 mois après le semis, quand le pied fait au moins 15 centimètres de haut. Il se récolte au fur et à mesure des besoins du printemps jusqu’à l’hiver, mais gardez toujours suffisamment de feuilles sur le pied pour qu’il puisse continuer à croître. Récoltez la tige en même temps que les feuilles, tout aussi aromatique que celles-ci. Et vous éviterez de vous retrouver avec des tiges nues ! En plus, cela favorisera le développement de nouvelles tiges.

Il est préférable de récolter avant la floraison, les feuilles durcissent une fois qu’elle est passée. Dès que vous voyez apparaître les tiges florales, supprimez-les à la base. Vous pouvez très facilement obtenir vos propres graines de persil. Il vous suffit de laisser monter quelques pieds préservés pendant l'hiver. C’est à la fin de l’été que les graines sont mûres, il suffit alors de frotter les ombelles au-dessus d’un plateau pour les récupérer.
Bienfaits et utilisations culinaires
Les feuilles du persil sont très riches en vitamine C (plus que le citron ou le kiwi…) et en vitamine A. Bien sûr la cuisson va détruire ces vitamines, pour un bon apport il est conseillé de l’ajouter en fin de cuisson. Cette plante aromatique est également reconnue en tant que plante médicinale. Sa racine est diurétique et ses feuilles et graines sont stimulantes et sont aussi utilisées pour les règles irrégulières. Les romains en étaient friands car il assainissait leur haleine après les repas copieux dont ils étaient coutumiers. Le persil est couramment utilisé pour parfumer viandes ou poissons, pour compléter un bouquet garni ou pour faire un assaisonnement haché avec de l’ail. Vous l’emploierez plutôt frais, il perd beaucoup de ses arômes une fois séché. Par contre, il se conserve très bien au congélateur et peut être gardé quelques jours dans la cuisine placé dans un verre d’eau.