L'hiver, avec son apparent calme, masque une période cruciale pour la santé et la productivité de votre verger. Alors que les gros gels reculent peu à peu, le mois de février marque un moment clé, une fenêtre d'intervention décisive pour remettre le verger sur de bons rails. C'est le moment de préparer les arbres fruitiers pour les belles récoltes de l'été prochain. Si ce mois est négligé, une partie de vos pommes, cerises, prunes ou pêches pourrait être perdue avant même d’avoir fleuri. En février, vos fruitiers paraissent nus, mais sous l'écorce et dans les recoins du tronc, une véritable petite armée de nuisibles et de maladies se prépare à l'attaque.

Le grand nettoyage du verger en février : Éliminer les menaces hivernales
Le réveil de la Nature est aussi le réveil des insectes nuisibles au verger ! C'est le bon moment pour éradiquer les formes hivernantes des nuisibles et effectuer les traitements préventifs. À première vue, vos arbres fruitiers semblent inactifs. Pas de feuilles, pas de fleurs, pas de fruits. On pourrait croire qu’il ne se passe rien. En réalité, œufs de pucerons, cochenilles plaquées contre les branches, acariens bien cachés, spores de champignons dans les feuilles mortes attendent le redoux pour se réveiller d’un coup. Si vous n’intervenez pas en février, ces ravageurs vont profiter du premier beau temps pour se multiplier, entraînant des feuilles déformées, des fruits piqués et des maladies qui se propagent, affaiblissant la récolte. Février devient le mois de la dernière chance avant le débourrement, ce moment où les bourgeons s’ouvrent.
Le traitement d’hiver des fruitiers ne se fait ni trop tôt, ni trop tard. En plein gel, les produits adhèrent mal. Au printemps, quand les feuilles sont déjà sorties, certains traitements deviennent brûlants pour les jeunes tissus. Février est idéal. À cette période, la sève commence doucement à remonter, mais les bourgeons sont encore fermés. L’arbre supporte bien un “lavage” complet du tronc et des branches. Les œufs et larves sont présents, mais encore exposés. Un traitement maintenant permet de casser le cycle avant l’explosion de population au printemps. L’objectif n’est pas de tout stériliser, mais de réduire la pression des ravageurs pour que l’arbre démarre la saison avec un peu d’avance, plus fort et plus sain. Ce petit avantage se transformera en récolte d’été plus généreuse.

Avant même de penser au pulvérisateur, le nettoyage du sol est essentiel, car c’est là que se cache une grande partie des maladies. Ramassez soigneusement toutes les feuilles mortes sous l’arbre, mieux vaut les évacuer. Retirez les fruits momifiés restés accrochés aux branches, car ce sont de véritables nids à champignons. Grattez légèrement la surface du sol, surtout si de nombreuses feuilles ont pourri sur place. Examinez ensuite le tronc. Les mousses épaisses, les vieux lichens très denses et les petits abris dans les crevasses servent souvent de refuge aux insectes. Utilisez une brosse douce en plastique ou en fibres naturelles pour brosser le tronc et les charpentières du haut vers le bas, sans entamer l’écorce. Enlevez les écorces mortes qui se détachent toutes seules, mais ne forcez pas sur le bois vivant.
Si vous avez effectué une grosse taille, ou si certaines branches ont cassé, protégez les plaies les plus larges avec un mastic à cicatriser. Cela limite l’entrée de champignons responsables de moniliose et de pourritures. Cependant, il est important de noter que l'application d'un mastic cicatrisant sur les plus grosses plaies de taille, souvent recommandée dans les anciens manuels, n'est aujourd'hui plus vraiment conseillée. Autrefois, on pensait que le bourrelet produit par l'écorce autour de la plaie était un processus de cicatrisation. On sait aujourd'hui que l'arbre produit un renfort mécanique pour cette partie fragilisée et en parallèle, l'arbre émet des substances qui constituent une barrière chimique au niveau de la plaie. L'expérience a démontré l'inefficacité des cicatrisants qui ralentissent la formation naturelle des bourrelets de cicatrisation.
Les lichens et les mousses ne sont pas dangereux pour vos arbres, contrairement à ce que l’on croit. Ils ne parasitent pas vos arbres et ne détériorent pas l’écorce. Les spécialistes considèrent aujourd’hui ces végétaux comme d’intéressants indicateurs de pollution. Il n'est donc pas indispensable de les brosser, mais cette action peut contribuer à déloger des œufs ou des insectes hivernants.
La taille des arbres fruitiers en février : Un art pour la fructification
L’hiver est la saison idéale pour la taille des fruitiers, particulièrement pour les arbres à pépins (pommiers, poiriers). Pour les arbres fruitiers à noyaux (cerisiers, pruniers, abricotiers), une taille d’entretien est généralement réalisée au tout début de l’automne. En février, terminez les tailles des arbres fruitiers, arbustes et petits fruits. La taille hivernale permet de structurer les arbres, de stimuler la fructification et de limiter les maladies. Les interventions sont moins stressantes pour la plante et la structure de l’arbre est plus facile à observer. La taille hivernale permet d’aérer la ramure, de favoriser la formation de nouveaux rameaux fructifères et de maintenir un équilibre entre croissance et production. Une taille bien réalisée améliore également la pénétration de la lumière et de l’air au cœur de l’arbre.

Lors de la taille, vous allez nettoyer, éclaircir et rabattre votre arbre. Dans un premier temps, supprimez les branches mortes, abîmées, trop basses ou qui se croisent, ainsi que les gourmands situés à la base du tronc. Délestez-le également de tous les fruits momifiés encore présents sur ses branches. Cette opération terminée, engagez l’éclaircissement de l’arbre, l’enjeu étant de permettre à l’air et à la lumière de circuler au mieux en son centre. Supprimez donc tout ce qui pousse vers l’intérieur ! Enfin, il est temps de raccourcir les branches restantes. Coupez nettement, en biais, environ un tiers de leur longueur. Procédez par étape en contemplant régulièrement la silhouette, réajustez si nécessaire.
L’hiver est également la saison de la taille de formation pour les sujets les plus jeunes. Durant les trois premières années, il s’agit de former leur charpente, c’est-à-dire d’éliminer les branches indésirables pour ne garder que les plus solides. Ces branches charpentières sont alors raccourcies, pour ne conserver que 15 ou 20 cm de la pousse de l’année. Tuteur et liens (pour les sujets palissés) sont réajustés en fonction. Le succès de la taille dépend également de la qualité de vos équipements. Munissez-vous d’outils adaptés au diamètre des branches - sécateur, coupe-branches, scie d’élagage - que vous ne manquerez pas de désinfecter entre chaque utilisation et entre chaque arbre avec de l'alcool à brûler ou la flamme d'un briquet.
Pour finir, nettoyez les abords en ramassant tous les déchets verts générés. Si vous êtes équipé d'un broyeur de végétaux, vous pourrez réduire considérablement votre volume de déchets et produire un broyat de qualité, précieux paillage pour le jardin.
Spécificités de taille par espèce
Arbres à pépins (pommier, poirier) : Ces fruitiers bénéficient le plus d’une taille hivernale. Supprimez le bois mort, les branches malades ou cassées, puis retirez les rameaux qui se croisent ou qui poussent vers l’intérieur afin d’ouvrir le centre de l’arbre. Le pommier et le poirier produisent leurs fruits principalement sur des rameaux courts appelés coursonnes. Il est important de les conserver et de renouveler progressivement les branches les plus âgées. Une taille modérée mais régulière permet d’obtenir des arbres équilibrés, productifs et faciles à entretenir. Taillez en dernier lieu les poiriers les plus vigoureux et les pommiers.
Cerisier : Plus sensible que les autres fruitiers à la taille hivernale. En février, il faut se limiter à une taille d’entretien légère. Les grosses coupes sont à éviter car elles cicatrisent mal et peuvent favoriser les maladies.
Prunier : Peut être taillé légèrement en fin d’hiver, notamment pour l’entretien courant. En février, on se contente de supprimer le bois mort, les branches abîmées et celles qui se croisent. L’objectif est d’aérer la ramure et de maintenir une forme équilibrée. Les rameaux d’un an de prunier sont en hiver taillés à 8 ou 10 centimètres de longueur, de façon à leur conserver 5 ou 6 yeux. Le ou les bourgeons supérieurs nés de ces yeux, sont pincés en été de façon à provoquer la formation. Sur les yeux de base conservés, de bouquets de mai analogues à ceux du pêcher. Les bourgeons nés des uns ou deux bouquets de mai supérieurs seront à leur tour pincés très courts, tandis que celui provenant du bouquet de mai inférieur, ne sera pincé qu’à 5 ou 6 feuilles.
Pêcher, nectarinier et abricotier : Dans les régions au climat doux ou en fin de mois de février, ces arbres peuvent être taillés pour préparer la fructification. La taille consiste à supprimer le bois mort, à éliminer les rameaux trop faibles et à aérer le centre de l’arbre. On sélectionne ensuite les branches bien orientées qui porteront les fruits.
Figuier : Arbre généreux mais souvent très vigoureux. En février, une taille d’entretien permet de maintenir une forme harmonieuse et d’encourager la production. On commence par supprimer les branches mortes, abîmées ou mal orientées. Les branches trop longues peuvent être raccourcies pour contenir le développement de l’arbre et stimuler la formation de nouveaux rameaux fructifères. Si votre figuier a triste mine, ou au contraire qu'il a pris trop d'ampleur, ou qu'il n'a plus de forme, vous pouvez le recéper. Cette opération radicale doit être faite en fin d'hiver, avant le démarrage de la végétation. La taille est pratiquée à la base du tronc 3-4 cm au dessus du sol. Dès le printemps, des rejets apparaîtront sur la souche. Il vous faudra en sélectionner au moins 3 ou 5 parmi les plus vigoureux.
Agrumes (citronnier, clémentinier, mandarinier) : Taillez le citronnier sous climat doux.
Petits fruits (groseillier, framboisier, cassissier, mûre) : Finissez la taille d'hiver, par beau temps. C'est le dernier mois pour le faire. Les arbustes à petits fruits demandent une taille annuelle pour rester productifs.
Groseillier et cassissier : Fructifient mieux sur du bois jeune. L’objectif est de conserver une dizaine de branches principales bien réparties et d’aérer le centre de l’arbuste. Le groseillier à maquereau requerra un apport en potassium en plus de compost bien mûr ou de fumier décomposé.
Framboisier : Nécessite une attention particulière car la taille dépend de sa variété. Les framboisiers non remontants produisent sur les tiges de l’année précédente : celles qui ont fructifié doivent être coupées au ras du sol en hiver. Les jeunes pousses sont conservées pour la récolte estivale. Les variétés remontantes peuvent être rabattues entièrement pour privilégier une grosse récolte d’automne, ou taillées plus légèrement pour obtenir deux récoltes dans l’année. Pour toutes les variétés de framboisiers, ne conservez que les 5 ou 6 plus belles branches. La fructification a lieu sur les jeunes rameaux, donc la taille aura pour but de rajeunir l'arbuste, d'enlever le vieux bois qui ne produit plus, les branches blessées ou malades. Le but est de garder une forme de buisson constitué de 6 à 8 branches partant de la base. Les coupes des branches de plus de 2 ans sont à faire juste au dessus d'une ramification; la pousse conservée qui portera les fruits, doit être orientée vers l'extérieur de l'arbuste.
Mûriers : Bénéficient d’une taille hivernale comparable à celle du framboisier. On conserve les nouvelles pousses apparues durant l’année et on les raccourcit si nécessaire pour maîtriser leur développement.
Myrtillier : Pousse lentement et ne supporte pas les tailles sévères. L’intervention de février consiste surtout à nettoyer l’arbuste. Il est important de conserver une structure équilibrée et aérée.
Vigne et kiwi : Doivent impérativement être taillés avant la reprise de végétation. Pour la vigne, on conserve un ou deux sarments principaux et on raccourcit les autres à quelques yeux afin de maîtriser la production et la vigueur. Le kiwi, très vigoureux, nécessite une taille plus marquée pour contenir son développement. Pour le kiwi, taillez, par beau temps, en ne gardant que les jeunes tiges de l’an dernier, coupez-les à 1 m du sol. Vous pouvez également bouturer le kiwi pour multiplier vos pieds sous climat doux.
Noisetier : Février est une excellente période pour tailler le noisetier. Naturellement très vigoureux, il forme rapidement une touffe dense composée de nombreuses tiges. La taille consiste principalement à renouveler les branches. On supprime à la base les tiges les plus âgées, reconnaissables à leur écorce plus sombre et à leur faible vigueur. L’objectif est de conserver entre six et dix troncs principaux bien répartis. On profite de cette taille pour retirer les rejets en excès et limiter l’expansion du noisetier.
Traitements d'hiver des arbres fruitiers : Prévention et protection
Après le grand nettoyage et la taille, vient le temps des soins plus spécifiques, car l'hiver est la bonne période pour traiter les arbres fruitiers. Il s'agit de soigner les blessures et de prévenir les maladies. Appliquez sur les plaies les plus grosses repérées lors du nettoyage et sur les zones de coupe générées par la taille un baume ou un mastic cicatrisant.
Si ce n’est pas déjà fait et que les feuilles de votre fruitier tombent à peine, c'est également le moment de mettre de la bouillie bordelaise. Elle est efficace en prévention de l’installation de champignons et donc du développement d’une maladie cryptogamique (tavelure, oïdium ou moniliose). Procédez par pulvérisation en suivant à la lettre les instructions du fabricant pour le dosage et l’application. La bouillie bordelaise s’utilise en dehors des périodes végétatives car le cuivre qu’elle contient fait tomber la sève et un surdosage peut être néfaste pour la plante.

Le tronc à présent propre, débarrassé des mousses et lichens indésirables, peut recevoir son traitement hivernal : le chaulage. Cette opération permet à la fois d’éradiquer champignons et larves de parasites et d’empêcher ainsi la survenue de maladies cryptogamiques redoutables pour les fruitiers comme la cloque du pêcher, la moniliose ou encore la tavelure. Il s’agit donc, en prévention, de badigeonner le tronc avec du lait de chaux - aussi appelé blanc arboricole ou chaux vive agricole - disponible en poudre à diluer ou prêt à l’emploi en jardinerie. Le blanc arboricole est un bon moyen contre maladies et parasites car il provoque l’asphyxie des larves cachées sur le tronc. On applique le blanc horticole sur les troncs entre septembre et avril. Assurez-vous d’effectuer cette tâche hors pluie et hors gel.
Un autre traitement d’hiver des arbres fruitiers est l’huile blanche (ou huile de colza insecticide, ou huile de paraffine). Pour mettre cette huile d'hiver, vous la diluerez précautionneusement en respectant scrupuleusement les doses, puis vous procèderez par pulvérisation sur l’écorce. Il s’agit d’un antiparasitaire puissant à utiliser tant en prévention qu’en traitement curatif. Le mois de décembre est idéal pour cette application, et une deuxième fois en février.
Ces traitements d'hiver des arbres fruitiers ne sont toutefois pas anodins. En brossant le tronc et en traitant l’ensemble, vous ciblez sans distinction le microcosme à l’œuvre sur les arbres. Ceci peut participer à la perturbation et à l’appauvrissement de la biodiversité ainsi qu’à la destruction d’insectes auxiliaires bien utiles. Agissez avec modération.
Travail du sol et fertilisation : Une terre nourricière pour des fruits abondants
Une fois le traitement préventif des arbres fruitiers effectué et les arbres et leurs abords bien nettoyés, il est temps de passer au travail du sol. Au pied de l’arbre, à l’aplomb des branches, la terre est ameublie pour lui permettre de respirer. Procédez avec une bêche mais n’allez toutefois pas trop en profondeur pour ne pas abîmer les racines, une quinzaine de centimètres suffiront. Arrachez lors de cette étape toutes les mauvaises herbes présentes.
C’est également à ce stade, lorsque la surface est travaillée, que vous pouvez procéder à quelques apports. Tous les arbres fruitiers ne requièrent cependant pas le même rythme et le même type de fertilisation. Le plus souvent réalisé au début du printemps ou à l’automne après la fructification, un amendement peut également survenir en hiver, à l’occasion de la plantation ou sur de jeunes sujets.

Le traitement fertilisant d'hiver dépend des arbres fruitiers en place :
- Pour l’abricotier : Apportez sur une surface légèrement griffée du compost bien mûr et du fumier.
- Pour des agrumes comme le clémentinier, le citronnier ou le mandarinier : Griffez le sol sous la couronne de l’arbre et épandez un peu de cendres de cheminée. Assurez-vous qu’elle pénètre bien et ne forme pas une croûte avec l’humidité. Très efficace pour son apport très varié en nutriment, la cendre de cheminée doit être utilisée en quantité raisonnable car elle modifie le pH du sol.
- Pour le noyer : Ajoutez du compost à la plantation et, pour les noyers adultes, faites un apport de poudre d’os marine en toute fin d’hiver.
- Le cognassier : Appréciera un apport de poudre d’os ou de corne broyée.
- Le groseillier à maquereau : Requerra un apport en potassium en plus de compost bien mûr ou de fumier décomposé.
- En février : Achevez les labours et les fumures de fond à l’aide du patenkhali (apport de 50 à 100 gr / m2) et corne torréfiée ou corne broyée (30 à 50 gr/ m2). Dans les cultures ayant déjà reçu au début de l’hiver les fumures de fonds, on peut, à la fin de février, commencer à répandre au pied des arbres, le guano. Cet engrais, très concentré et rapidement assimilable, s’épand à raison de 30 à 50 gr / m2 et s’enfouit par un griffage.
- Engrais riche en potasse : Épandez un engrais riche en potasse comme les cendres de bois au pied des petits fruits et arbres fruitiers.
- Biofertil : Par simple griffage, ajoutez du Biofertil autour du tronc de votre arbre (prévoyez 2 à 3 kg par m²). Cet apport permet de développer la vie microbienne et le drainage du sol.
Vous trouverez également, dans votre jardinerie, toute une gamme d’engrais pour arbres fruitiers. Et pour une meilleure production, pensez à apporter un engrais fruitier à la plante. Pour les grands arbres, on installe l’engrais à l’aplomb des branches. Un petit trou dans le gazon avec une bêche permet de placer une petite poignée d’engrais qui nourrira votre arbre tout au long de l’année. Un trou tous les mètres en suivant la circonférence de l’arbre fera l’affaire.
Plantation des arbres fruitiers en février : Dernier appel pour les racines nues
En hiver, et en dehors des périodes de gel, les plantations d’arbres fruitiers sont possibles. Terminez les plantations d'arbres et arbustes à racines nues, c'est le dernier mois pour le faire. En février, il est encore parfaitement possible de planter un arbre fruitier.

Deux semaines avant la plantation, il faudra préparer les trous de plantation (40-50cm de profondeur selon la taille des spécimens), et y ajouter au fond une couche de drainage (graviers, tuiles cassées, etc…). Le jour J, placer l’arbre au centre du trou et assurez-vous que le point de greffe arrive juste au niveau ou légèrement au-dessus du sol (2 cm environ). Une fois l’arbre fruitier correctement positionné, vous pouvez refermer le trou avec la terre extraite mélangée à du bon fumier. Pour les sujets en racines nues, c'est le dernier mois pour les planter. Pour les figuiers, plantez-les sous climat doux. Pour un figuier, un carré surélevé d'environ 60 cm aide l'eau à s'évacuer.
Protection contre le froid et les intempéries : Préserver les bourgeons naissants
Il est nécessaire de rappeler que non seulement le froid hivernal n’est pas dangereux pour les arbres fruitiers mais qu’il leur est en plus nécessaire car il incite ceux-ci à un repos végétatif essentiel à une bonne reprise au printemps. Froid, neige, givre sont autant d’encouragement à une mise en veille régénératrice et autant de moyens de lutter contre les infestations en favorisant la mort naturelle des parasites.

Cela étant dit, un climat trop doux et une apparition précoce des bourgeons appellent à la plus grande vigilance en fin d’hiver. La survenue de gelées à ce moment précis pourrait être fatale à l’arbre ou tout du moins grever largement la fructification annuelle. C’est donc au terme de la saison hivernale que vous serez vigilant quant au froid et au gel.
Si les prévisions météorologiques vont dans le sens de fortes gelées, toute une série de matériel de protection des végétaux sera à votre disposition. Protégez impérativement vos fruitiers avec un voile d'hivernage. Veillez à ce que ceux-ci n’abîment pas les bourgeons et soient suffisamment harnachés pour résister aux vents. Installez un paillage en couche épaisse au pied que vous pouvez stabiliser au sol avec du grillage. Pour les plus jeunes sujets, buttez le pied (amenez de la terre en monticule à la base du pied) ou couvrez le point de greffe avec un manchon de paille par exemple.
Ces précautions seront particulièrement primordiales dans le cas des agrumes qui ont une rusticité assez faible, la plupart d'entre eux ne résistant pas en-deçà de -5°C. Pour eux, doublez les couches de voilage, épaississez le paillage. En cas de neige, pensez à dégager celle-ci avec précaution et régulièrement non pas par crainte du froid mais plutôt en raison de son poids qui pourrait endommager le branchage. S'ils sont cultivés en pot de fleur, placez celui-ci à l'abri des vents froids et de la pluie verglaçante. Mieux encore, remisez vos fruitiers dans une pièce lumineuse et fraîche. Attention, les agrumes ne supporteront pas l'atmosphère sèche et surchauffée de nos intérieurs. Préférez une véranda hors gel dans laquelle la température n'excèdera pas 13°C. Une serre de jardin pourra convenir mais celle-ci devra être maintenue hors gel. Pensez aussi à protéger les pêchers en fleurs.
Autres travaux importants au verger en février : Des gestes pour la biodiversité et la santé des arbres
En février, le verger ne se limite pas à la taille et aux traitements. D'autres gestes simples peuvent faire une grande différence pour la santé de vos arbres et la biodiversité de votre jardin.

Nourrir les oiseaux : Continuez à remplir les mangeoires des oiseaux, afin de détourner leur appétit des bourgeons naissants ! En hiver, il faut également prendre soin des oiseaux. Il ne faut pas oublier la nourriture destinée aux oiseaux sauvages. L’intention de cette activité est de suppléer le manque de nourriture pendant la saison hivernale.
Lutter contre les nuisibles naturellement : Laissez les poules se dégourdir les pattes entre les fruitiers : elles vont se régaler des larves et autres insectes nuisibles passant l'hiver dans le sol. Une belle manière de prévenir leurs attaques au retour du printemps.
Gérer les déchets de taille : Brûlez les déchets de taille suspectés de maladie. Passez au broyeur les déchets de taille sains, et utilisez ce broyat en paillis dans votre potager et dans les massifs. En hiver, le bon entretien d'une plante d'extérieur est l'assurance d'un printemps prometteur. Pour vos arbres fruitiers, c'est la promesse d'une récolte à venir généreuse.
Surveillance du verger : Pendant l’hiver, vérifiez le contenu de vos cagettes à fruits de garde dans votre cave ou chambre froide. Durant cette période, faites un bilan de l’année précédente, notamment pour identifier les arbres ayant souffert des conditions climatiques ou environnementales. L’excès d’humidité du sol provoque l’asphyxie radiculaire. L’eau en excès envahit les pores du sol en chassant les gaz, y compris l’oxygène, ce qui entraîne le dépérissement et la mort des racines.
Attaches pour arbres : Utilisez un lien souple pour attacher vos plants de tomates, fleurs, arbres fruitiers et palmettes en formation. Ce lien, d'une durée de vie de 4 à 5 ans, est idéal pour éviter un étranglement ou une blessure par frottement. Ce scoubidou est indispensable pour la formation des arbres fruitiers, de vos palmettes et vos espaliers. Cette gaine est réutilisable pendant plusieurs années, car elle se laisse défaire facilement.
En somme, février n’est pas un mois vide au jardin. C’est une courte fenêtre, discrète, mais décisive. En prenant ce réflexe chaque fin d’hiver, vous cassez chaque année une partie du cycle des ravageurs. Votre arbre n’a plus à se battre en permanence. Il peut concentrer son énergie sur la floraison, la mise à fruits et la qualité de ses récoltes.