Le jardinage est une activité passionnante, mais elle est très consommatrice de matières en plastique, qu'il s'agisse des bâches, des tunnels et serres, des récupérateurs d'eau, des jardinières, pots et godets. Faire ses propres semis de légumes et de fleurs suppose d'avoir de nombreux godets, pots, terrines, caissettes, plaques alvéolées, généralement en plastique. Bien que ces contenants soient réutilisables à condition de bien les nettoyer pour ne pas propager de maladies, ils ne sont pas recyclables et laissent donc une empreinte négative sur l'environnement. Les godets en plastique, comme les caissettes et alvéoles finissent souvent, après plusieurs utilisations, à se fendre, ce qui les rend inutilisables. Les plaques alvéolées à semis coûtent chacune entre 8 et 12 euros selon la dimension, donc quelques économies peuvent être faites.

L'alternative éco-responsable : le papier et le carton
Au revoir plastique - bonjour papier et carton ! Avec le journal de la veille, les rouleaux de papier toilette terminés ou une boîte à œufs, vous pouvez fabriquer en un rien de temps de superbes pots pour vos propres graines. Les pots à semis en matériau recyclé sont durables et protègent aussi bien l’environnement que votre porte-monnaie. Autre avantage : les jeunes plants peuvent ensuite être plantés avec le pot directement dans la plate-bande ou le bac à fleurs.
La technique du papier mâché pour des contenants sur mesure
En cherchant des idées pour en fabriquer moi-même, je suis tombée sur quelques tutoriels pour créer des pots biodégradables, à base de papier mâché. J’ai tenté l’expérience, et je valide totalement ce DIY ! Vous allez voir, les pots biodégradables ne sont pas compliqués à faire, il faut juste prévoir un peu de temps.
Première étape, créer du papier mâché. J’ai utilisé du carton, mais l’on peut aussi utiliser du papier. Faites-les tremper dans l’eau pendant 12 à 24 heures afin de les ramollir. Enlevez l’excédent d’eau à l’aide d’une passoire ou d’un collant. Vous pouvez ajouter de la farine à votre papier mâché pour servir de liant, mais ce n’est pas obligatoire. Répartissez votre papier mâché sur les parois des contenants de votre choix. Laissez bien sécher (cela peut prendre quelque temps en hiver). Les pots sont fragiles tant qu’ils sont humides, mais ils se solidifient bien en séchant.
Choisissez des contenants de différente taille, en fonction de ce que vous souhaitez faire pousser. Vos pots devront être suffisamment hauts pour que les racines aient la place de bien se développer. Les moules à muffin et cupcakes peuvent être pratiques pour faire plein de pots à la fois, mais ils sont un peu trop bas.
Utiliser les boîtes à œufs comme alvéoles naturelles
Si vous mangez des œufs, comme la plupart d'entre nous, vous pouvez conserver les boites en carton achetées régulièrement, ainsi lorsque la période des semis sera arrivée, vous ne manquerez pas d'alvéoles à semis. Pour commencer, munissez-vous de boîtes à œufs en carton. Découpez les pour enlever le couvercle et ne conserver que la partie alvéolée. Remplissez les alvéoles de terreau de semis et semez y vos graines.

Les boîtes à œufs sont les pots à semis idéaux pour toutes les plantes qui doivent être transférées dans la plate-bande après quelques semaines seulement. Les petites cavités offrent suffisamment d’espace pour les jeunes plants. Remplissez les différentes cavités de la boîte à œufs avec du terreau à semis. Secouez un peu la boîte à œufs d’avant en arrière afin de bien répartir la terre. Lorsque vos plantules apparaitront, il vous suffira de découper les alvéoles et de les mettre en terre : vos plants se développeront et les contenants en boite à oeufs se dégraderont rapidement.
Création de godets avec du papier journal
Une alternative existe également pour remplacer les godets de plantation traditionnellement en plastique. Si vous ne lisez le journal, notamment les quotidiens nationaux ou la PQR (presse quotidienne régionale) seulement sur votre smartphone ou votre ordinateur, vous allez être embêté… Demandez à un voisin ou un ami abonné à ces journaux de vous les garder durant quelque temps afin de vous constituer un petit stock. Pour cette utilisation, il ne faut absolument pas avoir recours aux magazines en papier glacé, ni aux journaux portant des agrafes, à moins de les enlever.
Méthode avec un pressoir ou un objet cylindrique
Ce petit ustensile qu’est le pressoir est très utile et simplifie énormément la tâche. Mais si vous n’avez pas de pressoir comme préconisé, utiliser un petit verre ou tout autre objet cylindrique pour former votre pot semis.
Pour commencer la fabrication de pot semis, il faut découper des bandes de papier journal (ou de papier kraft non traité à défaut). Donc prendre une feuille de papier journal et couper des bandes de 8 cm sur 60 cm environ. Bien évidemment, il ne s’agit pas d’un travail de précision, donc si les mesures diffèrent un peu, ce n’est pas grave. Ensuite, enrouler la bande autour du cylindre en bois et rabattre l’excédent de papier sur la base du pressoir à pot semis. Maintenant, poser le futur pot semis sur la base du pressoir et appuyer fermement. Désormais, il ne reste plus qu’à dégager le pot en papier de l’outil.
Divisez une page de journal en deux. Vous pourrez ainsi faire deux pots à semis à partir d’une seule page. Prenez un moulin à épices vide ou un verre étroit et enroulez la bande de papier journal autour. Maintenant, repliez le journal restant et appuyez fermement. Cela permet au pot à semis et à la plante de bien rester en place. Sur le fond de la bouteille, repliez le journal qui dépasse pour former le fond du godet.
✿ Fabriquer un godet à semis en papier journal | Version cylindrique
Utilisation des rouleaux de papier hygiénique
Le papier journal peut être remplacé par des rouleaux de papier hygiénique qui feront aussi des godets adaptés, avec davantage de rigidité, donc à réserver à des semis ou transplantations qui demandent plus de temps dans ce contenant. Faites quatre incisions à l’extrémité du rouleau de papier toilette vide. Les incisions doivent mesurer environ deux à trois centimètres de long. Maintenant, repliez les rectangles vers l’intérieur. Remplissez de terreau les pots à semis fabriqués à partir de rouleaux de papier toilette. Secouez un peu le pot afin de bien répartir la terre. Pour une bonne stabilité, mettez les pots dans une caissette ou un récipient.
Gestion des semis et bonnes pratiques
Semez vos graines dans vos nouveaux pots biodégradables. Étant perméables, pensez à les installer sur un petit plateau pour l’arrosage. Évitez de trop les manipuler lorsqu’ils sont humides (ils deviennent plus fragiles). Ils sont suffisamment résistants pour accompagner vos plants le temps qu’ils grandissent !
Arrosage et surveillance des plantules
Arrosez bien en pluie fine ou avec un vaporisateur car le secret d’un semis réussi est de veiller à conserver une terre humide et chaude. Certains privilégient ensuite un arrosage par le dessous pour éviter le développement de mousses à la surface du pot, mais d'autres préfèrent continuer les brumisations. N’oubliez pas d’arroser les pots après les semis. Maintenez les graines bien humides dans les pots à semis, mais pas trop. Les pots en papier ou en carton sont sujets à la moisissure.
D’une part, étant perméables, ils favorisent la circulation de l’air et de l’eau. D’autre part, les pots biodégradables permettent de surveiller l’humidité du terreau grâce à leur changement de couleur. Ils sont marron foncé lorsqu’ils sont humides, et marron clair lorsqu’ils sont secs. Enfin, ils sont très utiles pour les semis fragiles, qui supportent mal les transplantations.
Étiquetage créatif et recyclage
Rien ne ressemble plus à une plaque alvéolée ensemencée qu'une autre plaque alvéolée ensemencée ! Pareil pour des plateaux de godets, d'où l'importance d'étiqueter toutes ces plantes en devenir. Vous pouvez également fabriquer vos propres étiquettes pour vos semis ! Plutôt que d’acheter des étiquettes, faites du recyclage : découpez-en dans des pots de yaourt, des bouteilles plastique ou des pots ou conteneurs en plastique noir destinés à être jetés. Vous pourrez écrire dessus avec un feutre noir indélébile ou du blanco selon la couleur de l'étiquette. Coupez-la en biseau pour faciliter son insertion en bordure intérieure du godet. Et voilà, le tour est joué. Rien n'empêche de varier les couleurs pour les faire correspondre à chaque semis et vous ne devriez pas trop peiner tant nos poubelles regorgent de matières plastiques.

Une approche philosophique du jardinage
Avant j’avais l’habitude d’acheter des plants de légumes ou de fleurs en godet. Mais cela implique d’utiliser, donc d’encourager, le plastique. Par contre, vous pouvez aussi acheter du matériel de jardinage comme le pot semis en matière totalement naturelle. Quoique cela ne soit pas certain car le pot semis reçoit le terreau et la graine, mais l’eau d’arrosage aussi. À propos d’inutilité, l’inutile ne l’est plus quand il rejoint le domaine de l’art. Ou alors quand il nous fait du bien. Bref, revenons à notre sujet, le pot semis. Bien utile quant à lui. Voilà comment une activité basique devient un moment de partage. Alors je vous dis juste : Passez un très bon moment à créer un pot semis, deux, trois, cinquante. Amusez-vous. Chaque petit don compte ! Si mes articles vous sont utiles, n’hésitez pas à me soutenir via ma cagnotte Ulule.