Techniques et conseils pour réussir le bouturage des groseilliers

Les groseilliers sont des arbustes de la famille des Grossulariaceae bien connus pour leurs baies délicieuses, mais il existe aussi des espèces qui produisent des fruits non comestibles (dont les oiseaux sont toutefois friands) et sont cultivées pour leur abondante floraison très décorative. Ce sont en tout cas des arbustes qui présentent un intérêt au jardin gourmand comme au jardin d’ornement, et tous les groseilliers, à fruits ou à fleurs, peuvent être multipliés même par un jardinier débutant.

Schéma illustrant les différentes parties d'un rameau de groseillier : bois de l'année vs bois ancien

Comprendre le matériel végétal : bois de l'année et bois ancien

Il est préférable de distinguer le bois de l’année du bois plus ancien avant de faire des boutures de groseillier. Le bois de l’année présente de longs entre-nœuds et les rameaux, encore jeunes, sont bruns et lisses car ils ne sont pas encore lignifiés. Le bois plus vieux se caractérise par une écorce plus sombre et des entrenœuds courts. Il faut sélectionner des rameaux sains et vigoureux de l’année précédente. Le cassissier se reconnaît à ses rameaux gris clair et ses bourgeons globuleux qui dégagent un parfum de cassis quand on les écrase. Le groseillier présente un bois plus foncé et moins régulier, sans odeur particulière.

Le bouturage hivernal sur bois lignifié

La période hivernale, de décembre à février hors gel, convient parfaitement pour bouturer des groseilliers sur bois lignifié. Le bouturage est une technique de multiplication qui utilise la capacité de certains végétaux à produire des racines à partir d’un rameau. Il faut sélectionner des rameaux sains et vigoureux de l’année précédente, longs de 30 à 40 centimètres. Le rameau doit être sectionné proprement juste sous un œil, perpendiculairement au sens du rameau, avec un sécateur bien affûté. Il est important de désinfecter le sécateur à l’alcool à 90° avant chaque coupe pour éviter la transmission de maladies.

Il est conseillé de supprimer les feuilles basses et de couper les feuilles restantes en deux pour limiter l’évaporation, bien qu'elles tomberont de toute façon. L’étêtage de l’extrémité de la tige complète la préparation. Il est possible de regrouper les boutures de groseilliers en fagots et de les enterrer dans du sable ou de la terre travaillée à l’ombre. Cette technique de mise en jauge protège les boutures du froid et favorise la formation du cal cicatriciel.

Photo montrant des fagots de boutures de groseilliers en jauge

La technique du bouturage estival sur bois semi-aoûté

La période estivale, de juin à septembre, permet de réaliser des boutures de groseillier sur bois semi-aoûté. Il faut choisir l’extrémité des rameaux de l’année, entre le stade herbacé et le stade lignifié. Chaque section prélevée sur un rameau semi-aoûté doit mesurer une trentaine de centimètres de longueur et être bien feuillue. On procède tout d’abord à un léger étêtage. Il faut ensuite ôter les feuilles à partir de la base des pousses, en prenant soin de conserver celles qui se situent au sommet. Les feuilles du tiers inférieur se suppriment pour éviter la concurrence hydrique.

Le trempage de la base dans une hormone de bouturage reste optionnel mais peut faciliter l’enracinement. Une décoction maison s’obtient en laissant tremper des branches de saule dans l’eau de pluie pendant 24 à 48 heures. Les pots se placent dans un endroit lumineux sans soleil direct, à l’ombre légère pendant 2 à 3 mois. Il faut maintenir le terreau légèrement humide sans excès pour éviter la pourriture des radicelles naissantes.

Préparation du substrat et conditions de plantation

Le jardinier peut tout à fait constituer lui-même son support de culture pour boutures de groseilliers avec 70 % de terreau et 30 % de sable de rivière. Cela constitue un substrat fertile, léger, meuble et drainant. La plantation s’effectue directement en pleine terre ou en pot rempli d’un mélange de terreau universel et de sable fin à parts égales. Le choix d’un substrat léger, composé de terreau de semis et de sable fin, facilite l’enracinement.

L’exposition joue un rôle déterminant dans la réussite du bouturage. Il faut éviter le plein soleil qui dessèche rapidement les boutures et privilégier une ombre légère. Vous planterez les boutures en terre, dans un coin du jardin, exposé au Nord, à l'ombre et à l'abri du vent. Il est admis que les boutures développent un système racinaire plus superficiel que celui du pied mère. Cela peut rendre les nouveaux sujets moins résistants aux vents forts. Il est donc conseillé de les planter dans une zone du jardin assez bien abritée.

[TUTO] Comment bouturer les groseilliers et cassissiers ? – Jardinerie Gamm vert

Suivi et entretien des jeunes boutures

Le jardinier doit se montrer patient jusqu’au printemps, le temps que les boutures de groseilliers forment suffisamment de racines. En hiver, il est généralement inutile d’arroser ses boutures de groseilliers. Vous devrez veiller à conserver le substrat légèrement humide en arrosant régulièrement jusqu'à l'hiver. Au printemps suivant, les jeunes pousses indiquent la reprise des boutures de groseilliers. Le repiquage s’effectue en pépinière ou directement en place selon la taille des plants.

Les sujets installés provisoirement en pépinière pourront, l’année suivante, lorsqu’elles auront gagné en vigueur, être plantées à leur place définitive. L’écartement recommandé entre les groseilliers atteint 1 mètre à 1,20 mètre pour permettre un bon développement. L’ajout de compost mûr au pied des jeunes plants favorise leur installation. Une taille de formation après la plantation structure la future charpente de l’arbuste. Il faut prévoir un arrosage régulier pendant les deux premières années, particulièrement en cas de sécheresse ou de canicule.

Variétés de groseilliers et caractéristiques botaniques

Le Groseillier à maquereau (Ribes uva crispa), dont les baies en grappes, assez grosses, sont tout d’abord vert clair puis deviennent blancs translucides, roses ou rouge foncé. Ces fruits sont très appréciés pour leur saveur douce et sucrée. Le Groseillier à grappes (Ribes rubrum) produit une multitude de petits fruits roses, blancs ou rouges plus ou moins acidulés selon la variété. Le Cassissier (R. nigrum) est également très prisé.

Les groseilliers à fleurs qui produisent aussi des baies, mais celles-ci ne sont pas comestibles pour les humains. En revanche, les oiseaux sont très friands de ces petits fruits. Cultiver quelques groseilliers à fleurs est donc important pour attirer les oiseaux. Parmi les variétés de groseillers à fleurs, on peut citer Ribes odoratum à fleurs dorées, R. gordonianum à fleurs blanches ou jaune pâle, et R. sanguineum. Appelé caseille, casseille ou casseillier, cet hybride est issu d'un croisement entre le groseillier à maquereau et le cassisier. Ses feuilles trilobées d'un vert sombre se répartissent sur des rameaux non épineux.

Avantages du bouturage pour le jardinier

On peut constater que multiplier ses groseilliers par bouture est extrêmement facile, et c’est une méthode qui donne d’excellents résultats. C’est donc très encourageant pour le jardinier qui souhaite profiter de leurs petits fruits succulents et très intéressants sur le plan nutritionnel, et agrémenter son jardin de groseilliers à fleurs qui forment rapidement des buissons colorés. Le bouturage permet une reproduction des plantes fidèle, c’est-à-dire que les nouvelles plantes sont des clones exacts de la mère. Plutôt que d’acheter des plants neufs à prix parfois élevé, le jardinier récupère une partie des branches taillées lors de l’entretien régulier pour créer de nouveaux plants à moindre coût. Contrairement à une culture à partir de graines qui nécessite souvent plusieurs années avant qu’un plant ne produise des fruits, les boutures, en partant d’un végétal déjà adulte, s’enracinent et fructifient plus rapidement. Les premiers fruits apparaissent généralement 2 à 3 ans après le bouturage.

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