Assurer la Stabilité et l'Épanouissement de Votre Bonsaï : Techniques Avancées de Fixation dans le Pot

Bonsaï avec des racines exposées dans un pot, illustrant l'importance de la fixation

La culture du bonsaï est un art qui exige patience, précision et une compréhension approfondie des besoins de l'arbre. Au-delà de l'esthétique et de la taille, une étape fondamentale, souvent sous-estimée, est la fixation correcte du bonsaï dans son pot. Cette étape revêt une importance capitale, car elle vise à protéger les racines délicates des mouvements indésirables, comme les secousses dues au vent, qui pourraient compromettre leur santé. Au moment du rempotage, les racines plus épaisses, qui jouent un rôle de soutien dans la nature, sont généralement éliminées, laissant l’arbre sans cette stabilité naturelle. Attacher correctement un bonsaï au pot est essentiel, et pour ce faire, il faut prendre en compte plusieurs aspects. Un bonsaï, bien que semblant simplement planté, est en réalité solidement attaché, et c'est d'une importance capitale pour assurer un bon développement racinaire. L'arbre ne doit pas bouger au moindre coup de vent, ou pire si un chat passe à côté.

Le Choix du Pot et l'Importance des Trous d'Ancrage

La stabilité de votre bonsaï commence avant même la fixation, avec le choix judicieux du pot. Premièrement, optez pour un pot qui est muni de trous d’ancrage. Il est préférable d’éviter les pots bon marché qui pourraient manquer de ces trous, car ils sont essentiels pour fixer solidement l’arbre. Certaines poteries industrielles ne possèdent pas ces trous de fixation, car cela réduit la complexité de fabrication et donc le prix. Mais cela complique la tâche du bonsaïka. La clé de la stabilité réside dans l’utilisation d’un pot de haute qualité. Un pot de bonne qualité résistera à la pression exercée lors du serrage des fils pour stabiliser l’arbre.

Idéalement, un pot à bonsaï devrait comporter au moins quatre (4) trous d’ancrage, en fonction de sa taille. Cependant, il est possible d’utiliser certains pots comportant seulement deux (2) trous d’ancrage pour les bonsaïs. Toutefois, il faut noter qu’ils seront plus difficiles à stabiliser en raison des options limitées en termes de fixation. Ces pots sont davantage adaptés aux plantes compagnes telles que les « Shitakusa » ou les « Kusamono ». De plus, il est important de souligner que certaines plantes nécessitent également d’être fixées.

Au fond des poteries bonsaï, vous verrez des trous de drainage ainsi que des trous plus petits. Les gros trous servent à éliminer le surplus d'eau dans le pot suite aux arrosages. Sur une petite poterie, il n'y en a généralement qu'un seul, qui est suffisant. Mais sur une grosse, notamment les ovales et rectangulaires, il devrait y en avoir plusieurs. Malheureusement, beaucoup de grosses poteries industrielles n'ont qu'un seul gros trou, ce qui ne permet pas toujours un bon drainage. Il est crucial de placer une grille sur les trous de drainage et de la maintenir en place avec du fil d'aluminium.

Le Fil d'Ancrage : Un Choix Déterminant

Le choix du fil d’ancrage est également crucial. Il est recommandé de privilégier des fils de haute qualité, évitant ainsi des désagréments comme la casse pendant le serrage. L’aluminium, souvent utilisé pour attacher les branches, peut se fragiliser et casser lorsqu’il est tordu et serré. Opter pour un fil de cuivre (recuit) spécialement conçu pour les bonsaïs est une meilleure option. D’après mon expérience, l’utilisation d’un fil en acier galvanisé de 1 mm de diamètre s’est avérée être une méthode très efficace pour ancrer mes arbres. Ce type de fil présente plusieurs avantages notables. Tout d’abord, il offre une traction et une résistance à la torsion exceptionnelle. De plus, sa capacité à résister à l’oxydation est un atout important. Ce fil spécifique est généralement disponible dans les quincailleries de qualité, ce qui en facilite l’approvisionnement. Un point à souligner est sa résistance en relation avec son diamètre fin, ainsi que sa capacité à se fondre discrètement dans le substrat.

Différents types de fils d'ancrage pour bonsaï (cuivre recuit, acier galvanisé, aluminium)

Techniques de Fixation en Fonction du Type de Pot

La méthode de fixation varie considérablement selon que le pot dispose ou non de trous d'ancrage dédiés, ou selon le nombre de trous de drainage disponibles.

Pots avec Trous d'Ancrage Dédicacés

L'attache sécurisée d'un bonsaï dans un pot doté de trous d'ancrage est essentielle pour assurer sa stabilité et son épanouissement. Lorsque vous serrez les fils pour stabiliser l’arbre, le fond du pot doit rester intact. Dans le cas d’un pot avec quatre trous ou plus, la méthode de croisement des fils sous le pot est préférable. Elle implique l’utilisation de chaque fil pour fixer l’arbre, assurant ainsi une fixation solide. Cette technique a l’avantage de créer deux points de stabilisation au niveau de la motte de l’arbre. Pour protéger quelques racines, il peut être nécessaire de placer un morceau de caoutchouc entre elles et le fil pour ne pas les « étrangler ». Il est très important que les fils soient bien serrés, l’arbre ne doit pas bouger.

Schéma montrant le croisement des fils sous un pot à quatre trous d'ancrage

Pots avec un Seul Trou de Drainage

Lorsqu’un pot ne dispose pas de trous d’ancrage, certains recommandent simplement d’utiliser les trous de drainage existants pour passer le fil. Bien que cela puisse fonctionner, il est crucial d’examiner les défis sous-jacents. Si le pot ne comporte qu’un seul trou de drainage, fixer un fil pour attacher l’arbre peut sembler complexe. Une solution pratique consiste à utiliser un morceau de fil de gros calibre, dont la longueur dépasse le diamètre du trou de drainage. Toutefois, cette solution présente des limitations. Même si vous placez l’attache correctement pour sécuriser l’arbre, il peut y avoir un effet d’étranglement sur les racines du bonsaï lorsque vous serrez le fil. Pour résoudre cette situation, optez pour l’utilisation de bâtonnets en bambou afin d’éloigner les fils d’ancrage du centre du pot. Ensuite, fixez le bâtonnet en utilisant la même attache employée pour votre fil d’ancrage initial.

Pots avec Deux Trous de Drainage

Si vous avez un pot muni de deux trous de drainage, faciliter la stabilisation de votre arbre devient plus aisé. Cependant, il existe la possibilité que seule une partie de la masse racinaire soit stabilisée, ce qui engendre un risque de déplacement de l’arbre en cas de secousse. Pour remédier à cela, il est recommandé d’utiliser deux fils d’ancrage positionnés de manière parallèle. De cette manière, les deux côtés de la masse racinaire seront stabilisés. Le recours au bambou s’avère pertinent. Cette matière offre une résistance élevée à la traction et tolère l’humidité. Bien qu’elle ne soit pas inaltérable, le bambou restera presque intact jusqu’à ce que les racines se développent suffisamment dans le substrat. Pour bien maintenir les bonsaïs dans des pots sans trous, on doit trouver des solutions astucieuses. Utilisez des fils de calibres adaptés, des bâtonnets de bambou, et planifiez avec soin.

Fixation Spécifique pour les Forêts de Bonsaï

Comment créer une forêt de bonsaïs inclinée

Lorsque l'on attache solidement l'arbre à son pot, c'est très important. Mais comment faire lorsqu'il s'agit d'une forêt composée parfois d'une dizaine d'arbres ? La solution est de créer un treillis sur lequel seront fixés des fils servant à attacher les arbres. On voit là tout l'intérêt d'avoir un maximum de trous dans la poterie afin de créer un réseau de fils important. Plus il y aura de possibilités d'attacher les arbres, mieux ce sera.

Pour créer une forêt de bonsaï qui trouve sa place dans un pot, plusieurs étapes sont à suivre. Les arbres ne se positionnent pas toujours parfaitement en alignement avec les trous prévus pour leur fixation. De plus, ces arbres sont souvent disposés en petits groupes, ce qui laisse peu d’emplacements disponibles pour les fixer ultérieurement une fois qu’un ou deux arbres sont déjà en place.

Pour commencer, procurez-vous des tiges de bambou et taillez-les pour qu’elles correspondent parfaitement à la taille de votre pot. Ces tiges serviront de base à votre structure. Dans cet exemple, nous utiliserons trois tiges horizontales aux emplacements des trous de fixation, puis nous répéterons cette étape avec des tiges verticales aux mêmes endroits (indiqués par des cercles rouges). Ce quadrillage forme un schéma. La prochaine étape implique l’attache des intersections des tiges de bambou avec un fil (représenté par des cercles noirs). Une fois terminée cette phase, ancrez solidement vos arbres en enroulant le fil autour des tiges de bambou, selon leur disposition. Cette opération ne vaut que lors de la création de la forêt de bonsaïs. Au rempotage suivant, les racines seront toutes solidarisées, formant un pain racinaire compact. Vous ne séparerez pas tous les arbres mais au rempotage, vous considérerez qu'il s'agit d'un arbre unique.

Le Rempotage : Une Étape Clé pour la Fixation

Le rempotage d'un bonsaï ne se limite pas uniquement à la taille des racines. Le pot joue un rôle important et il est important de bien le préparer pour assurer la reprise et permettre également une bonne croissance de votre bonsaï. Lors du rempotage, une partie des racines est coupée, et du substrat neuf est rajouté. Celui-ci n'a pas encore été colonisé par les racines, il n'est pas assez compact pour empêcher que l'arbre ne bouge. Pour éviter que l’arbre ne se retrouve à l’étroit dans son pot et finalement qu’il ne meure, un rempotage régulier est nécessaire. La fréquence de rempotage dépend de la taille du contenant/pot et de l’espèce de l’arbre bonsaï. Les arbres à croissance rapide ont besoin d’être rempotés tous les deux ans (parfois même chaque année). Les arbres plus âgés et matures n’en ont besoin que tous les 3 à 5 ans. Il ne faut pas rempoter systématiquement, mais plutôt contrôler chaque arbre au tout début du printemps en le retirant délicatement de son pot. Un bonsaï a besoin d’être rempoté lorsque des racines s’enroulent autour du pain racinaire.

Quand Rempoter ?

Le travail de rempotage doit être effectué en général au début du printemps, alors que l’arbre est encore en dormance. Ainsi, les effets sur l’arbre des éventuels dommages du rempotage sont réduits au minimum, puisque l’arbre ne doit pas encore garantir l’approvisionnement d’un feuillage en pleine croissance. En règle générale, le rempotage est réalisé à la fin de la période de repos de l’arbre. Il est recommandé de rempoter juste avant le réveil de l’arbre pour profiter du « démarrage de printemps », de préférence en fin d’hiver/début de printemps, entre le moment où les bourgeons gonflent et celui où ils s’ouvrent (débourrement) pour les feuillus. Pour les conifères, c’est au moment où les aiguilles commencent à se former sur les chandelles. Ce moment dépend bien sûr des conditions climatiques des régions et sera déterminé par observation. Il est impératif de tenir compte des prévisions météo afin de ne pas rempoter juste avant une grosse vague de froid.

L’opération est également possible durant une autre période de repos, en fin d’été/début d’automne, à la condition de les mettre à l’abri durant l’hiver pour les arbres installés à l’extérieur car ils sont fragilisés et plus vulnérables au gel. Pour les tropicaux et sub-tropicaux, il est préférable de rempoter en fin de printemps, voire au début de la période chaude de l’été. La fréquence est fonction de la pousse de l’arbre liée en général à l’âge. En dehors de toutes règles, il est parfois nécessaire d’agir en urgence quand le diagnostic vital de votre bonsaï est engagé.

Préparation et Processus du Rempotage

Avant le rempotage, il faut s’organiser pour raccourcir la durée de mise à nue des racines et garder à l’esprit que les racines nues doivent impérativement rester humides constamment (pulvérisation indispensable). Préparer les fils assurant la fixation correcte de l’arbre dans la poterie. Prévoir un volume suffisant de substrat pour terminer le remplissage et la granulométrie requise à l’étape de culture de l’arbre. On aura pris soin de ne pas arroser le bonsaï à rempoter pendant les 2-3 jours précédant le rempotage, car le substrat sec (s’il n’est pas argileux) est plus friable.

Sur les feuillus qui acceptent de passer par la mise à nu des racines, on pourra passer la motte sous un jet d’eau, particulièrement quand le substrat est très compact. Mais il est impossible de ne casser aucune racine (les plus fines sont très fragiles). Après avoir sorti le bonsaï de son ancien pot, faites tomber un maximum de l'ancien substrat sans trop défaire le pain racinaire.

Choisir le mélange de substrat adéquat est primordial pour la santé de l’arbre. Il doit être suffisamment drainant pour éviter que les racines ne pourrissent, et en même temps absorber assez d’eau pour subvenir aux besoins de l’arbre. Mélanger l'akadama, la pumice et la pouzzolane ensemble pour un ratio de 2/1/1. Quand vous n'avez pas le temps d'arroser régulièrement, choisissez un mélange plus absorbant (utiliser plus d'akadama) et un mélange plus drainant (plus de pouzzolane) quand vous avez un climat plus humide.

Pour un arbre en formation, privilégier une grosse granulométrie qui favorisera le développement des radicelles. Plus l’arbre sera avancé en âge et dans sa construction, plus on diminuera la granulométrie du substrat. Il est recommandé d'utiliser un pulvérisateur contenant de l’eau tempérée afin d’éviter le dessèchement de la motte et des racines.

Créer des incisions dans la zone sans racines, les enduire d’hormones et buter le collet avec un tampon de sphaigne. Poser l’arbre puis le fixer avec les fils qui passeront sur des tiges de bois entrelacées horizontalement dans les racines (ceci évite d’étrangler les nouvelles racines). Il est très important que les fils soient bien serrés, l’arbre ne doit pas bouger. S’assurer que les racines ne soient pas en contact avec la poterie. Rajouter du substrat et l’insérer dans les racines en s’aidant de la baguette bois qui, sous un air anodin, s’avère très pratique ; en piquant autour de la motte, on s’assure qu’il ne reste pas de vide. S’assurer que l’arbre est bien fixé. Un moyen de tester la résistance de l’ancrage est de soulever doucement l’arbre par le tronc. Si le pot reste bien en place et suit le mouvement sans descendre, l’ancrage est adéquat. En cas de problème de reprise, possibilité d’utiliser la technique dite du « sac plastique », pour obtenir l’atmosphère confinée d’une serre.

Le Transpotage : Une Solution d'Urgence

Le transpotage est pratiqué quand la saison ne permet pas un rempotage dans les règles, il se pratique donc du mois de juillet au mois de mars, suivant les espèces. Après avoir sorti le bonsaï de son ancien pot, faites tomber un maximum de l'ancien substrat sans trop défaire le pain racinaire. Si votre arbre présentait des signes de faiblesses avant transpotage, évitez de donner de l’engrais durant un mois. L’utilisation de tonus V, ou HB-101 dilué dans l’eau d’arrosage pourra, éventuellement, donner un petit coup de pouce à votre bonsaï. Dans tous les cas, le transpotage ne remplace pas un rempotage dans les règles.

Positionnement du Bonsaï dans le Pot

Illustration montrant le positionnement décentré d'un bonsaï pour accentuer son mouvement

Lors du rempotage d'un bonsaï, vous devez le replacer dans son pot, mais encore faut-il savoir le positionner correctement. Faut-il le mettre au milieu ? Légèrement décentré ? Nous sommes dans le cas d'un pot de forme allongée ; le bonsaï ne doit jamais être placé au centre. Pour déterminer la bonne position de l'arbre, il faut prendre en compte son mouvement. Un bonsaï est rarement symétrique (sauf dans la forme balai ou Hokidachi), il donne l'impression d'aller vers la gauche ou vers la droite. Afin d'accentuer ce mouvement, il faut positionner l'arbre légèrement du côté opposé. La raison pour laquelle il faut laisser de l'espace du côté du mouvement du bonsaï est que cela crée une dynamique, une ligne directrice que l’œil et le cerveau vont s’empresser de suivre. Le cerveau accompagne le mouvement qu'il perçoit sur le bonsaï, le prolonge, laisser un espace vide permet de ne pas bloquer le regard. C'est le même principe qu'en photographie, lorsque vous shootez un sujet en mouvement, il faut toujours laisser de l'espace devant lui. De la même façon, si le bonsaï a été formé correctement, la tête revient légèrement vers l'observateur.

Et que faire lorsque le bonsaï n'a pas de mouvement ? C'est le cas du style en balai (ou Hokidachi), dans ce cas, l'arbre est placé au centre du pot. Ce cas est plus simple : l'arbre est positionné strictement au centre du pot.

En effet, les poteries rondes ont très souvent des pieds. Ils peuvent être soit des petits pieds, soit des larges pieds créant de petites ouvertures. Ce choix va dépendre du bonsaï, de sa forme, de son esthétique. Là aussi, l'arbre devra être placé au centre du pot, mais comment orienter celui-ci ? Qu'est-ce que cela change ? Le pot paraît plus large (la diagonale étant plus grande que le côté), et cela accentue l'impression de puissance.

Au-delà des formes traditionnelles, il y a également des poteries plus atypiques, telles que les coques (ou demi-lune). Il faut garder en tête les principes généraux qui ont été abordés. Un pot coque donne l'image d'un arbre accroché à une falaise, avec un mouvement qui l'en éloigne. Choisir un pot qui convient à son bonsaï, tant en taille qu’en forme, est fondamental pour la qualité de la composition dans son ensemble.

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