Guide complet : Comment fertiliser les arbres fruitiers avec du fumier et des amendements organiques

Les engrais pour arbres fruitiers sont indispensables au développement et à la santé des pommiers, abricotiers, cerisiers, poiriers, citronniers, et à la plupart des variétés d'arbres du verger ! Les substrats adaptés aux fruitiers nourrissent la terre et donnent de la vigueur aux arbres et arbustes. En leur apportant le bon engrais (en fonction du type d’arbre et de la structure du sol), et aux bonnes périodes, les fruits seront plus résistants aux parasites et aux maladies de plante, et de meilleure qualité.

Schéma illustrant le cycle de nutrition des arbres fruitiers et l'importance de l'amendement organique au pied

Principes fondamentaux de la fertilisation des arbres fruitiers

La fertilisation biologique des arbres fruitiers au sens large ne consiste pas seulement à « gaver » vos fruitiers d’engrais, mais bien à nourrir le sol pour qu’il reste vivant, équilibré et capable de porter un verger productif pendant de longues années. Les éléments nutritifs sont multiples et complémentaires.

L’azote (N) constitue l’élément de base pour la formation des parties vertes de la plante (rameaux et feuilles) mais également des bourgeons et boutons floraux. L’azote est également essentiel pour le grossissement des fruits. Le phosphore (P) joue un rôle majeur dans le processus de mise à fruit (nouaison). Il est aussi important pour une bonne maturité et assure la saveur du fruit. La potasse (K) permet l’aoûtement des rameaux et la formation des fleurs. La richesse en sucre du fruit dépend également de la potasse. Le calcium (Ca) agit sur la vie physique du sol et est un élément majeur pour l’équilibre d’un verger.

Enfin, les éléments secondaires (soufre, magnésium, sodium) et les oligo-éléments (fer, cuivre, zinc, bore, manganèse, molybdène, chlore, cobalt) sont indispensables au bon équilibre du verger. La même dose de compost n’aura pas le même effet dans un sol sableux pauvre que dans une bonne terre limono-argileuse. Prenez le temps d’observer votre sol avant de multiplier les apports.

Utilisation et gestion du fumier au verger

Le fumier est un apport particulièrement intéressant pour le sol. Bien que riche en éléments fertilisants, il ne s’utilise pas comme engrais mais plutôt comme amendement, améliorant les propriétés du sol. Constitué pour une part de déjections animales et pour l’autre de paille (ou autre élément végétal utilisé comme litière), il est riche en oligo-éléments et minéraux ainsi qu’en carbone, ce dernier étant le composant principal de l’humus.

C’est une fois bien décomposé que le fumier affiche un rendement humique particulièrement élevé. Son vieillissement ou son compostage est donc primordial pour le sol et il évite aussi au fumier de brûler les végétaux comme peut il peut le faire lorsqu’il est trop frais. Cette maturation peut être réalisée de diverses manières mais vise toujours à détruire les organismes pathogènes et à décomposer les matières organiques.

Sélectionner le fumier selon le sol

Les fumiers, bien que tous formés de déjections et de litière végétale, sont assez différents et seront sélectionnés selon la nature du sol :

  • Fumier de cheval : C'est un matériau léger et chaud. Il est donc parfait pour les sols argileux, compacts et humides, qu’il va alléger et réchauffer. Les fumiers d’ovins et de caprins ont ces mêmes caractéristiques.
  • Fumier de vache : Il est lourd, froid, humide.

Techniques d'épandage et précautions

Pour être bénéfique à l’arbre, le fumier doit être mûr (minimum 6 mois). L’idéal est de l’incorporer à une très faible profondeur (5 cm) sous l’arbre et en quantité raisonnable. En verger biologique, le fumier s’apporte de préférence à l’automne ou en fin d’hiver, sur sol ressuyé, en couche modérée au pied de l’arbre. Inutile d’en mettre chaque année : un apport tous les 3 à 5 ans suffit souvent pour un arbre bien installé.

Photo montrant l'épandage de fumier composté au pied d'un arbre fruitier en respectant la zone d'aplomb des branches

Fertilisation biologique : le rôle central du compost

Moins concentré en azote mais très riche en matières organiques, le compost est l’alimentation par excellence de l’arbre. Il favorise le développement des micro-organismes contribuant à l’équilibre de la vie du sol, offrant ainsi un terrain propice à l’épanouissement du végétal.

La fumure de fond à la plantation

En début de vie, les arbres fruitiers ont des besoins particulièrement importants en azote. Lors de la plantation, recouvrez les racines avec de la terre de profondeur mélangée avec du compost, et comblez avec de la terre de surface également mélangée à du compost. Si le sol est carencé en azote, on pourra compléter cette fumure de fond par un engrais organique azoté.

L’entretien régulier

En pleine production, les besoins en azote diminuent, tandis que les besoins en potasse et phosphore deviennent plus conséquents. Tous les 2 à 5 ans, selon la richesse du sol, apportez à l’automne du compost ou du fumier en quantité suffisante (une brouette par arbre) au pied de l’arbre, après avoir désherbé. Les vers de terre se chargeront de l’enfouir progressivement. Évitez d’apporter du compost tous les ans, ce qui aurait pour conséquence un enracinement peu profond.

Techniques complémentaires : paillage et engrais verts

Plutôt que de travailler le sol du verger, on préférera laisser la végétation spontanée couvrir le sol. Il est également possible de faire une culture d’engrais verts. L’idéal est un mélange comportant notamment quelques fleurs printanières pour une bonne pollinisation de vos arbres fruitiers. Ces techniques auront pour avantages de limiter l’érosion, d’augmenter le taux d’humus du sol et d’augmenter ainsi l’assimilabilité des oligo-éléments.

Le mulching consiste en une couverture permanente du sol avec de la paille ou autres résidus végétaux. Après un apport de compost, disposez le mulch en couche de 15 à 20 cm sous la couronne de l’arbre. En se décomposant, le mulch complétera les apports de compost, tout en le protégeant. De plus, les copeaux de bois répartis autour du pied sur une épaisseur de trois ou quatre centimètres vont, en se dégradant, nourrir votre fruitier. Les champignons en venant désagréger le bois vont libérer les éléments nécessaires à la nutrition de l’arbre.

Fertilisation des arbres (mettre de l’engrais aux arbres fruitiers)

Identification et traitement des carences

L'observation permet de déterminer les carences éventuelles. En sol carencé en azote, la croissance de l’arbre sera très faible, voire stoppée, avec des feuilles petites et des taches orangées le long des nervures. Des apports importants et réguliers de compost suffiront en général à combler ce type de carence. On pourra également arroser au pied avec du purin d’ortie ou du purin de consoude dilué à 10 %.

En cas de carence en phosphore (nervure pourpre sur la face inférieure des feuilles), des apports réguliers de compost suffisent. En cas de carence en potasse (bords des feuilles brun foncé), il peut être utile d’apporter de la potasse sous forme organique : cendres de bois, vinasse de betteraves. Le purin de consoude fait là aussi des miracles. Enfin, pour les carences en magnésium, fréquentes sur les pommiers et poiriers, maintenez un bon taux d’humus.

Précautions et erreurs à éviter

En matière de fertilisation des arbres fruitiers, les excès sont souvent plus problématiques que les manques. En verger biologique, la clé n’est pas d’apporter beaucoup, mais de trouver un rythme adapté à la vigueur des arbres et à la richesse du sol.

  • Ne pas laisser le sol nu : Utilisez des copeaux de bois pour éviter de laisser le sol nu autour du tronc.
  • Attention aux racines : Si des racines sont visibles en surface, mieux vaut juste épandre le fumier en surface, sans remuer la terre, puis le couvrir de tonte de gazon et arroser.
  • Distance du tronc : Le fumier et le paillage ne doivent pas coller le tronc pour éviter les risques de pourriture ou de nuisibles.
  • Éviter l'excès d'azote sur arbres adultes : Un excès de fumier de cheval, par exemple, peut favoriser la pousse du bois au détriment de la fructification.

Il est aussi important de noter que les engrais chimiques apportent à l’arbre tous les éléments nécessaires sous une forme trop facile à assimiler, contrairement aux engrais naturels dont la libération lente favorise l’action des bactéries et champignons. En prenant le temps d’adapter le type d’apport, la quantité et le rythme à votre sol et à la vigueur de vos fruitiers, vous évitez les excès, limitez les maladies et gagnez en autonomie.

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