L'Art de Cultiver des Tomates Savoureuses : Un Guide Complet pour des Récoltes Abondantes

L’été avance à grands pas, et avec lui, la promesse de tomates juteuses et savoureuses dans nos jardins. Que l'on soit un jardinier aguerri ou un novice enthousiaste, s'occuper de ses plants de tomates est une aventure enrichissante. Ces "petites merveilles colorées" apportent une explosion de saveurs dans nos cuisines et sont le fruit d'une attention méticuleuse et de pratiques culturales bien choisies. Originaire du Nord-Ouest de l’Amérique du Sud, la tomate est rapidement devenue l’un des légumes les plus importants de l’alimentation humaine. Son parcours jusqu'à nos assiettes est fascinant : elle fut découverte au XVIe siècle par les explorateurs des navires de Cortez et aurait d’abord gagné l’Italie via les monastères avant d’être introduite en France. Initialement perçue comme vénéneuse, Olivier de Serres préconisait sa culture pour l’ornement d’une tonnelle. Ce n'est qu'au milieu du XVIIIe siècle qu'elle commença à être consommée en Provence, avant de conquérir les tables parisiennes quelques années plus tard, grâce à la Révolution française.

Histoire de la tomate et sa diffusion en Europe

Cette plante herbacée ramifiée, cultivée en annuelle, dispose de feuilles et de tiges poilues, ses feuilles sont composées de folioles dentées et ses fleurs jaunes se présentent en bouquets. La tomate fait partie de la famille des solanacées et compte d’innombrables cultivars. Avec des milliers de variétés cultivées, des tomates rondes, aplaties, allongées, rouges, jaunes, vertes, blanches, etc., le choix est vaste. Pour l’apéro, pour les salades, pour les coulis, à farcir, variétés précoces ou hâtives… il est conseillé d'opter pour plusieurs variétés et de tester au fur et à mesure celles qui conviennent au potager et aux besoins spécifiques.

Le Choix de la Variété et la Préparation du Sol

Avant de se lancer, choisir un bon plant de tomate cerise, ou toute autre variété, permet de bien commencer. Il est judicieux de privilégier des variétés conçues pour les débutants et résistantes aux maladies fréquentes. La tomate demande du soleil et de la chaleur, il faut donc la placer à l’abri du vent, dans un sol riche, meuble et frais. Les tomates sont de véritables adoratrices du soleil : elles se réjouissent particulièrement d'un emplacement ensoleillé, chaud et surtout à l'abri du vent et de la pluie. Un sol riche en nutriments, perméable et meuble est idéal. Avant de planter, il est recommandé d'incorporer à la terre un engrais longue durée pour tomates, ou d'épandre du compost dans les carrés de légumes en automne ou au printemps.

Différentes variétés de tomates et leurs caractéristiques

En pot, un terreau mélangé à du compost fera très bien l'affaire. Si l'on utilise un terreau bas de gamme, il est important d'ajouter au moins 1/3 de compost. On peut aussi prendre de la terre de jardin et du compost (moitié-moitié), ou n’utiliser que du compost, bien que cela en demande une quantité importante. On sème la tomate en mars sous abri et on la plante (ou repique) en pleine terre entre six et huit semaines après le semis, après les saints de glace en mai, pour protéger les tomates des gelées nocturnes. Il est important d'installer la motte profondément, en enterrant le plant de tomate jusqu'aux premières feuilles afin de stimuler le développement des racines.

La Plantation et les Associations Bénéfiques

Pour la plantation en pleine terre, un travail minutieux du sol est essentiel. Il faut bien travailler la terre et l'affiner, et ne pas hésiter à passer du temps à parfaire les trous de plantation. Recouvrir de terre les différents apports organiques aura aussi pour effet de décompacter le sol. La profondeur de plantation est cruciale pour un bon enracinement.

Les tomates apprécient la proximité des fleurs en général, car elles sont des compagnes précieuses pour attirer les indispensables insectes pollinisateurs. En particulier, les œillets d’Inde, ou tagètes, ainsi que les soucis, sont recommandés : les deux sécrètent dans leurs racines des substances antagonistes aux nématodes, des vers microscopiques qui attaquent les racines des plants de tomates. Selon Jean-Paul Thorez, auteur du best-seller "Le guide du jardin bio", on peut aussi planter des capucines sur les lignes, ou de la moutarde. Le basilic est une autre excellente plante compagne qui renforce, paraît-il, le goût des tomates.

En revanche, certains légumes font mauvais voisinage avec les tomates, notamment la betterave et le fenouil. Il est également préférable de tenir les pommes de terre à distance. Les pommes de terre atteintes de mildiou peuvent contaminer les tomates voisines, et les champignons (Phytophthora infestans) peuvent passer l'hiver dans le sol, attaquant ainsi les tomates directement au printemps. Il est donc recommandé de planter les plants de tomate sur une plate-bande où il n’y a pas eu de culture de pomme de terre. Pour les balcons ou les terrasses, les tomates suspendues ou buissonnantes peu encombrantes conviennent parfaitement. Les plants de tomates se sentent particulièrement bien sous le toit protecteur d'une serre. Lors de la culture sous serre, il faut veiller à une aération suffisante, de préférence quotidienne, afin d'éviter une trop forte humidité de l'air.

La Taille des Plants : Une Question de Choix

La question de la suppression des gourmands est un débat récurrent chez les jardiniers. Un gourmand est, par définition, une tige qui ne produit pas de fruits. Or, les gourmands des tomates peuvent produire fleurs et fruits. Ces "gourmands" poussent à l’aisselle des feuilles et sont en fait des tiges secondaires.

Quand on tuteure un plant de tomates pour l’élever du sol, on choisit habituellement une seule tige et on coupe les autres pour faciliter la tâche. Cependant, si l'on utilise des cages à tomates, il n’y a pas besoin de supprimer les gourmands. La réponse est donc NON, il n’y a pas besoin de supprimer les gourmands des tomates. Cependant, certains jardiniers en enlèvent quelques-uns lorsque les plants deviennent un peu trop larges et envahissent l'espace.

Il y a quand même un avantage à supprimer les "gourmands des tomates" : comme la plante produit moins de fruits, elle mettra un peu plus d’énergie dans sa récolte réduite et les fruits seront légèrement plus gros. Il y a plusieurs écoles à ce sujet : certains enlèvent les gourmands pour avancer la maturité des fruits, tandis que d'autres les laissent car ils rendraient les plants plus résistants au mildiou et produiraient plus de photosynthèse. N’hésitez pas à essayer les deux techniques pour voir celle qui vous convient le mieux. Si l'on choisit de tailler, il faut procéder durant tout l’été.

L'épamprage, opération qui consiste à supprimer les gourmands, est indispensable pour hâter la production. Chaque semaine, il est recommandé de passer dans les rangs et de couper délicatement, en les pinçant entre le pouce et l’index, les pousses secondaires démarrant de la tige centrale. La culture traditionnelle des tomates préconise de faire pousser le plant avec une tige unique, ce qui peut donner des plants très hauts, jusqu'à 2m50 ! Une approche alternative est de laisser les plants se développer sur 2 ou 3 tiges, les rendant plus forts pour résister au vent. Tous les 2 ou 3 jours, il faut faire le tour de ses pieds de tomates pour éliminer les gourmands qui poussent parfois de façon spectaculaire. À la fin de l'été, il est inutile d'enlever les feuilles pour faire mûrir les tomates, car c'est la chaleur et non la lumière qui les fait mûrir. Les tomates cerises ne se taillent pas moins car elles sont très vigoureuses. Il est également possible d'étêter la tige principale lorsque l'on a 4 ou 5 bouquets de fleurs en dessous, afin de permettre aux fruits d’atteindre la maturité plus facilement.

Comment tailler les gourmands de tomates

Le Tuteurage : Un Soutien Essentiel

Les plants de tomates cerises ont parfois besoin d'un petit coup de pouce pour rester droits. C'est pourquoi il est important de s'occuper d'elles ! Pour attacher les plants de tomates, plusieurs produits existent. Les bandes élastiques qui se coupent facilement sans ciseaux et que l'on peut attacher solidement sans risquer de blesser la plante sont très appréciées. Le velcro est aussi très intéressant et les morceaux peuvent être réutilisés d’une année à l’autre. Finalement, les tiges de plastique avec un fil de métal à l’intérieur sont intéressantes, mais elles risquent de briser les tiges si l'on serre trop fort, il faut donc être prudent.

Pour ne pas entraver le grossissement des tiges, il y a une façon spéciale d'attacher les liens au tuteur : faire un "huit" et laisser du mou autour de la tige. Utiliser des outils comme des tuteurs en bambou pour les soutenir permet d'éviter que les branches ne touchent le sol. S'occuper du tressage des branches est une astuce souvent négligée ; elle offre un support supplémentaire tout en stimulant la croissance.

L'Arrosage et le Paillage : Clés de l'Hydratation

L’arrosage des plants est crucial car les tomates sont sensibles aux stress hydriques. Il faut s'assurer de bien les irriguer. Des apports d'eau pas assez réguliers peuvent provoquer la maladie du "cul-noir", où le dessous de la tomate est noir comme du charbon. Trop d'eau peut aussi faire éclater les tomates. Il est important que les arrosages soient réguliers, sinon le cul noir risque de s’installer. Il est impératif que le feuillage reste sec. Si l'on n'a pas de goutte-à-goutte, l’astuce consiste à planter une bouteille, goulot en bas, puis à la remplir régulièrement. Les tomates cerises adorent être bien hydratées. Il faut arroser régulièrement, en veillant à maintenir une humidité constante.

Schéma d'arrosage des tomates

Au besoin, on peut mettre un paillis de feuillus (BRF) au pied des plants pour conserver un bon taux d’humidité. Pour garder la terre humide en permanence, un paillis épais (5 à 10 cm) sera étalé au pied des plants de tomates et tout autour. Toutes sortes de mulchs peuvent convenir : tontes de gazon séchées, foin, paille, etc. Un autre avantage de pailler est que les feuilles du bas (et parfois les premiers fruits) ne seront plus en contact direct avec le sol et ne risqueront pas d'attraper la pourriture. Le paillage doit être épais.

La Fertilisation : Nourrir pour la Fructification

Les sols auront été enrichis préalablement, car la tomate est gourmande en compost. Quand les fruits font leur apparition, c’est le temps d’utiliser un engrais plus riche en potassium, le 3e chiffre sur les contenants. Un engrais granulaire à base de fumier de poules pondeuses peut être utilisé toutes les 4 semaines. Si l'on préfère un engrais liquide qui fera effet immédiatement, l’engrais à base d’algues, utilisé pour les semis, est une bonne option.

En complément, l’hydrolysat de poisson est une excellente proposition. C’est un engrais obtenu à partir de carcasses de poissons et hydrolysé à froid, ce qui fait qu’il est très riche en oligo-éléments, minéraux, vitamines, enzymes et hormones. Cet engrais dégage une certaine odeur à l’application, mais elle disparaît très rapidement et n’attire pas les rongeurs au jardin. En plus, l’hydrolysat de poisson augmente le taux de Brix (sucre) contenu dans les fruits, ce qui rend les tomates encore plus savoureuses ! Un apport d'engrais une à deux fois par mois en respectant les doses d’utilisation est conseillé, sauf si le sol est riche au départ.

Renforcer les Défenses Naturelles

Des préparations à base de plantes, comme les purins, ont une action à plusieurs niveaux. Ni engrais (elles ne contiennent pas suffisamment d'éléments minéraux), ni pesticides (elles ne tuent pas les parasites), il s'agit d'éliciteurs qui renforcent l'immunité des plantes, stimulent leur croissance, et les aident à mobiliser leurs défenses naturelles contre les agressions. Le plus célèbre est le purin d’ortie, ou plutôt l’extrait fermenté d’ortie, qui est préparé en laissant tremper des orties fraîches dans de l’eau. De même, il existe l’extrait fermenté de consoude, la consoude produisant le purin le plus équilibré. Ces "purins" sont recommandés en préventif, c'est-à-dire avant qu'une maladie n'apparaisse. Durant toute la durée de culture, on pourra donc faire une ou deux pulvérisations par mois d’un mélange d’extrait fermenté d’ortie et de consoude (dilués chacun à 5%).

La Lutte Contre les Maladies et Ravageurs

La tomate fait partie de ces légumes qui demandent de l’attention. Un entretien hebdomadaire des plants favorisera la fructification. Éliminer les "gourmands" se développant à la jonction entre une feuille et la tige est une pratique courante.

Le mildiou est le champignon le plus redouté lors de la culture de la tomate. Ses symptômes sont l’apparition de taches brunes sur la face supérieure des feuilles accompagnées d’un feutrage gris sur la face inférieure. Un traitement fongicide en prévention si la période est humide est à prévoir. Il est impératif d'éliminer rapidement les parties atteintes pour éviter que la maladie se propage. En cas d’attaque, il faut éliminer les parties malades et désinfecter les outils.

Symptômes du mildiou sur les feuilles de tomate

Si l'on habite une région avec des étés humides, il est déconseillé de traiter à la bouillie bordelaise, car le cuivre qu'elle contient finit à la longue par empoisonner les sols. À la place, on peut se tourner vers le bicarbonate de soude, que beaucoup de jardiniers trouvent efficace. Une solution testée et qui donne d'excellents résultats est d'installer des abris qui protègent les tomates de la pluie. Il faut que l'air circule, donc ces abris sont faits d'une paroi verticale (orientée pour abriter des vents dominants) et d'un "toit". Dans les régions où les étés sont plus secs, aucun traitement n'est nécessaire, et si le mildiou apparaît (ce qui est rare), arracher les quelques feuilles atteintes. Le plus souvent, la maladie s'arrêtera là.

Outre ces trois maladies principales (mildiou, cul noir), les tomates peuvent être victimes d’attaques de noctuelles (chenilles polyphages), pucerons, oïdium ou autres.

La Récolte et la Conservation

Le moment tant attendu de la récolte arrive lorsque les tomates sont d'une couleur vive et prêtes à être cueillies. La coloration de la peau et la souplesse du fruit au toucher indiquent s’il est temps de récolter. On peut récolter les tomates au fur et à mesure qu’elles mûrissent à partir de mi-août jusqu’à la fin de l’automne selon le climat.

Tomates mûres prêtes à être récoltées

La tomate est un fruit dit "climactérique", qui continue à mûrir et à s’enrichir en vitamines et autres antioxydants une fois cueilli. Mieux vaut donc la conserver à température ambiante, ce qui préservera également sa saveur.

La Récupération des Graines

Pour récupérer les graines de la tomate, c’est très simple ! Il suffit de couper le fruit en deux et de récupérer les graines au cœur. La première étape consiste à bien retirer toute la pulpe qui englobe la graine. Pour cela, faites-les tremper dans un récipient rempli d’eau pendant deux à trois jours. Retirez l’eau et rincez les graines à nouveau dans une passoire. Placez-les sur un papier essuie-tout et laissez-les sécher pendant trois semaines dans une pièce sombre, fraîche et aérée. Il ne vous reste plus qu’à les mettre dans un sachet et étiqueter ce dernier en indiquant la variété et la date. Les graines de tomate ont une durée germinative d’environ quatre ans.

Protéger les Plants du Froid

Les tomates détestent les températures basses. Au nord de la Loire, tout est bon pour les protéger, et particulièrement au démarrage. Les classiques châssis, les mini-tunnels en plastique souple ou rigide, les cloches, quelques tuiles bien disposées afin de les abriter du vent, ou plus simplement une plantation contre un mur bien exposé sont très efficaces. De nombreuses variétés sont sensibles aux gelées et au froid, il est donc préférable de privilégier la culture sous abris ou d’utiliser des variétés rustiques.

Pour une Famille Moyenne

La tomate est le légume le plus consommé par les Français. Un plant de tomate mesure entre 40 cm et 2 m de hauteur. Pour nourrir une famille moyenne, la quantité de pieds de tomates à planter dépendra de la consommation, de la variété choisie et de la productivité des plants. Il est souvent conseillé de commencer avec quelques plants et d'ajuster l'année suivante en fonction des besoins réels.

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