Le Guide Complet du Compostage Domestique : Transformer ses Déchets en Or pour le Jardin

Le compostage est bien plus qu'une simple pratique ; c'est une philosophie, un engagement envers un mode de vie plus durable et une manière de rendre à la terre ce qu'elle nous a généreusement donné. Alors que les restes de repas, les épluchures de fruits et légumes, et les déchets de jardin composent environ un tiers de notre poubelle, il est surprenant de constater qu'ils sont encore trop souvent jetés, alors qu'ils sont faciles à composter. Cette transformation des biodéchets en un fertilisant riche et naturel, le compost, est un geste écocitoyen majeur, d'autant plus pertinent avec l'obligation de trier les biodéchets à la source pour tous dès le 1er janvier 2024.

Composter, c'est adopter un véritable amendement organique pour son jardin, permettant d'alléger la terre, d'économiser sur les engrais et le terreau, et même de réduire sa consommation d'eau. C'est aussi une manière efficace de diminuer son empreinte écologique en réduisant le volume des ordures ménagères et le nombre de transports jusqu'à la déchetterie. Que vous soyez un jardinier aguerri, un citadin avec un balcon, ou simplement désireux de faire un pas vers un avenir plus vert, ce guide vous accompagnera à travers les différentes facettes du compostage domestique.

Pourquoi composter : avantages pour l'environnement et le jardin

1. Pourquoi Composter : Un Geste Écologique et Économique

Comprendre l'intérêt et le principe du compostage est essentiel avant d'apprendre comment faire du compost. La réponse est simple : pour rendre à la terre ce qu’elle nous a donné. Les déchets organiques, appelés biodéchets, constituent aujourd’hui un tiers de nos poubelles.

Le compostage est un processus de transformation des déchets organiques (déchets de cuisine, déchets verts et de bois) par des micro-organismes et petits animaux (bactéries, vers de terre) en un produit comparable au terreau : le compost. C’est un amendement organique naturel à utiliser directement dans son jardin, un fertilisant d'excellente qualité et 100 % naturel. Ce processus de décomposition est la clé, soumettant les déchets putrescibles - restes alimentaires ou déchets verts et bruns - à l’action de la chaleur et à un apport suffisant en oxygène, favorisant le développement d’une multitude de micro-organismes et macro-organismes au sein du composteur.

Composter permet de réduire ses déchets (de cuisine et de jardin) et d'éviter les transports jusqu'à la déchetterie pour s'en débarrasser. C'est également un geste économique significatif. En utilisant un engrais naturel et non polluant, vos plantes évitent les produits chimiques, et vous aussi. Recycler ses déchets végétaux est aussi une source d'économie, car le compost remplace les engrais souvent coûteux.

Le compost, cet engrais naturel et biologique, est utilisé pour nourrir et fertiliser le jardin en douceur. Équilibré et sans teneur excessive en azote, il favorise le développement des plantes et des arbustes, apporte des éléments nutritifs de qualité aux végétaux, entretient l’activité biologique et améliore aussi la qualité du sol. C’est donc l’ingrédient indispensable à la formation de l’humus, le pilier de tout jardin naturel et bio !

Le compostage est d'autant plus important qu'au 1er janvier 2024, tout le monde, professionnels, collectivités et particuliers, sera dans l'obligation de trier leurs biodéchets à la source et de mettre en place une solution de valorisation. Recycler et composter ses déchets est un véritable geste écocitoyen permettant de diminuer son empreinte écologique.

2. Choisir sa Méthode de Compostage : Adaptez-vous à Votre Espace

Une fois convaincu par les bienfaits du compostage, la première étape pratique est de choisir le type de compostage qui vous convient le mieux, en fonction de votre espace et de vos préférences. Faire son compost maison n’est pas bien compliqué, à condition toutefois de respecter certaines techniques de base.

Le Compostage en Tas : Simplicité pour les Grands Jardins

Le compostage en tas consiste à entasser tous les déchets à un endroit choisi, directement sur le sol. Adaptée pour les grands jardins, cette forme de compostage est simple à réaliser et ne nécessite pas beaucoup d’intervention. Le tas peut être agrandi autant que souhaité. Pour que la magie opère, vous avez besoin d’organiser votre tas. Cependant, le temps de dégradation de la matière est long et irrégulier, car le tas est exposé aux intempéries. Un bon emplacement pour un tas de compost est à l’ombre car une situation trop chaude le dessèche. Cette zone sera de préférence à l'ombre, et assez grande pour pouvoir faire un tas où seront alternées les couches sèches et humides.

Compostage en tas dans un grand jardin

Le Compostage en Bac ou Silo : Esthétique et Efficace

Méthode privilégiée pour les moyens et petits jardins, le compostage en bac s’avère plus esthétique qu’un simple tas trônant sur le gazon. À l’abri des aléas climatiques, les déchets se dégradent plus rapidement dans un composteur domestique. Cette technique de compostage requiert une surveillance régulière pour éviter tout risque de sécheresse ou d’humidité trop forte. La contrainte de place est aussi à prendre en compte.

Comme composteur, vous pouvez utiliser les silos du commerce ou le construire vous-même avec des planches de bois ou du grillage. Un composteur en bois, non traité de préférence, se fondera bien dans votre jardin grâce à son rendu naturel et authentique. Il possède une bonne isolation thermique, un bon point pour faire du compost. Toutefois, il aura tendance à pourrir et à s’abîmer plus vite qu’un bac à compost en plastique. Ce dernier présente l’avantage d’être résistant dans la durée et de transformer plus rapidement la matière en compost homogène. Par contre, son aspect poubelle peut rebuter.

Que vous achetiez un composteur ou que vous le fabriquiez vous-même, n’installez pas votre bac à compost au hasard. Privilégiez un emplacement à la fois ombragé et ensoleillé, si possible à l’abri des intempéries. Le composteur doit être facile d’accès, ni trop loin ni trop près de la maison. Il est important de bien laisser le fond de votre bac à compost en contact avec le sol car c’est une source directe de micro-organismes (comme les lombrics) indispensables à la réussite de votre compost. L’idéal est d’avoir au moins deux compartiments à compost afin de pouvoir le retourner aisément. Pendant que vous laissez un bac terminer sa fermentation en compost, remplissez le second et ainsi de suite !

Différents modèles de composteurs en bac

Le Lombricompostage : La Solution pour l'Appartement

Faire du compost en appartement, c’est possible grâce au lombricomposteur. Vous pouvez installer cette boîte à étages sur votre balcon ou terrasse, et même à l’intérieur du logement. Véritable écosystème, le vermicomposteur abrite des vers de terre inoffensifs qui se délectent de vos restes organiques. L’idéal pour valoriser vos biodéchets !

Le système fonctionne grâce à l’action de vers qui se nourrissent de matières organiques et les digèrent sous forme de compost. Deux espèces de vers retiennent particulièrement notre attention pour ce travail : le ver tigré (Eisenia foetidia) et le ver rouge de Californie (Eisenia andrei). Leur atout : ces vers peuvent manger jusqu’à un tiers de leur poids en déchets chaque jour.

Un lombricomposteur en plastique recyclé est idéal pour composter en appartement. Facile à utiliser et à entretenir, il garantit une bonne étanchéité. Attention néanmoins aux écarts de température si le vermicomposteur est placé en extérieur sur un balcon. Les vers supportent mal la surchauffe et le froid ! On retrouve de jolis modèles de lombricomposteurs en bois, qui offrent une meilleure protection thermique pour nos amis les vers. Quelques inconvénients cependant : plus lourds et moins maniables, ils ne produisent pas non plus de lombrithé. Car le bois est un matériau vivant qui absorbe l’humidité. Difficile donc de récolter du thé de compost, ce liquide produit lors du processus de décomposition des déchets organiques.

Le lombricomposteur doit être placé à l’abri à une température entre 15 et 25 °C pour que les vers soient actifs. En dessous de 5 °C et au-dessus de 30 °C, c’est risqué pour eux, car ils ne supportent pas le gel ni les fortes chaleurs. Placez donc vos bacs de préférence à l’intérieur. Autre élément important : l’humidité. Au démarrage, il accueille les vers dans une litière que l’on peut fabriquer soi-même. Pour cela, mélangez un peu de compost mûr ou du terreau de rempotage, et du carton humide déchiqueté en petits morceaux. Avec un premier apport de déchets de cuisine, et une couverture en carton humide, les vers sont prêts pour une période d’acclimatation qui dure environ un mois.

Le lombricompostage peut être pratiqué toute l’année et est trois fois plus rapide (deux à trois mois) qu’un compostage normal, et a l’avantage de ne pas être trop odorant. Les lombrics suppriment l’odeur de décomposition des déchets en les digérant.

Lombricomposteur pour l'appartement

Le Bokashi : La Fermentation sans Oxygène

L’idée d’avoir un lombricomposteur dans votre cuisine ne vous réjouit pas ? Contrairement au compostage traditionnel et au lombricompostage qui fonctionnent grâce à la dégradation des déchets en milieux aérobie, le bokashi, lui, fonctionne par fermentation, en milieu anaérobie (sans oxygène). La transformation des déchets se fait dans un contenant hermétique muni d’un robinet. Le bokashi va vous séduire pour la diversité des déchets qu’il peut accueillir. En plus des déchets de cuisine habituels tels que les épluchures, le marc de café, les coquilles d’œufs, il transforme aussi les restes de poisson, viande et fromage.

Le bokashi fonctionnant sans air, il faut être vigilant à ne pas ouvrir le seau trop souvent. Ici, les matières ne sont pas dégradées. Elles ont donc le même aspect que lorsque vous les avez déposées dans le bokashi. Soit vous laissez les matières fermentées revenir à un PH plus neutre avant de les intégrer comme engrais au jardin. Le jus de fermentation est quant à lui utilisable dès récupération pour l’arrosage des plantes. Diluez-le à hauteur d’une cuillère à café pour 0,5 L d’eau. Si vous en avez trop, vous pouvez aussi le verser dans vos canalisations. Un compost bokashi ne sent donc rien s’il est bien fermé !

Fonctionnement du Bokashi

3. Les Ingrédients du Compost : Ce qu'il Faut Mettre et Éviter

Recycler les déchets putrescibles vous permettra de faire dégonfler vos ordures ménagères d’un tiers ! Mais pas question de trier n’importe comment. Bien composter, ça s’apprend : il y a certaines techniques et savoir-faire à respecter pour obtenir un bon compost. N’est pas maître composteur qui veut ! Trier ses déchets à la source diminuera les risques de compost raté. Un bon compost, c’est un compost équilibré qui a un bon ratio d’azote et de carbone. Il faut respecter une proportion entre : les déchets équilibrés, ⅓ de déchets bruns et ⅔ de déchets verts. En théorie, aucun déchet biodégradable et non polluant n’est interdit dans le compost, c’est simplement l’équilibre des différents déchets qui compte.

Équilibre des matières dans le compost

Matières Compostables Essentielles

Pour un compost 100% naturel, utilisez des déchets variés et broyés (les micro-organismes seront plus efficaces si les déchets sont en petits morceaux) en mélange équitable secs (bois, rameaux, feuilles mortes) et humides (encore verts). La diversité des déchets utilisés fait du compost le meilleur engrais organique.

Venant de la cuisine :

  • Déchets équilibrés : Marc de café et filtre en papier, thé et sachets de thé.
  • Déchets verts, tendres et humides (riches en azote) : Épluchures de fruits et légumes (si non bio, les laver avant), dont bananes et agrumes. Restes de repas (sans viande, ni graisse).
  • Déchets bruns, durs et secs (riches en carbone) : Papiers, cartons et tissus cellulosiques (mouchoirs en papier, essuie-tout, papier journal… mais on évite les parties coloriées parfois chargées en métaux lourds). Croûtes de fromage, couenne de jambon. Coquilles d’œufs, de noix, de moules broyées. Pomme de terre flétrie broyées. Graisses, huiles de cuisine (peu).

Venant du jardin :

  • Déchets équilibrés : Plantes, fleurs, herbes sèches et foin (sans traitement), fumier avec paille.
  • Déchets verts, tendres et humides (riches en azote) : Tonte d'herbe fraîche, fleurs fanées (même celles du fleuriste), plantes d'appartement. Mauvaises herbes non grainées, dont les orties entières avant floraison.
  • Déchets bruns, durs et secs (riches en carbone) : Feuilles mortes broyées, tailles de haies, petites branches broyées, sciures et copeaux. Aiguilles de conifères.

Les végétaux durs, longs et encombrants sont plus difficiles à composter. En sectionnant, fragmentant, écrasant ou broyant ces déchets, vous facilitez l’action des micro-organismes. Ces déchets favorisent l’aération des matières en compostage. Les déchets très ligneux ou durs (tailles, branches, os, noyaux, trognons de chou…) : parce qu’ils se dégradent plus difficilement, ils peuvent être broyés au préalable.

Les coquillages et les coquilles d’œufs ne se décomposent pas mais ils peuvent être placés dans le compost en petite quantité car en se désagrégeant en petits morceaux, cela apporte des éléments minéraux au compost et cela facilite l’aération du compost. Les orties et la consoude sont de bons activateurs de compost. Toutes les algues marines sont compostables en mélange avec les déchets organiques et donnent un très bon compost à condition de les avoir dessalé avant (soit en les laissant en couches minces (20-30 cm maxi) aux pluies d'hiver qui vont les lessiver ou soit en les lavant à l'eau douce si vous êtes pressée…). Un compost trop riche en sel marin entraîne des problèmes agronomiques sur les plantes sensibles (excès de chlorures et de sodium).

RÉALISER SON COMPOST EN 5 MOIS - Déchets de cuisine, déchets végétaux, etc...

Ce qu'il Faut Éviter ou Mettre avec Précaution

Certains déchets sont à éviter : les os, les restes de viande et de poisson, les corps gras, les sacs biodégradables des supermarchés ou encore l’ail et l’échalote qui sont vermifuges. Les produits synthétiques non biodégradables : verre, métaux, plastiques, tissus synthétiques, contenu des sacs d’aspirateur… Les couches-culottes : elles ne sont pas entièrement biodégradables. Les bois vernis ou peints : les bois de menuiserie ou de charpente, presque toujours traités chimiquement. Les produits chimiques (huile de vidange…) de façon générale. N’oubliez pas que nombre de ces déchets peuvent être recyclés.

Au jardin :

  • À éviter : Terre, sable et cendre de charbon. Gros bois, bois traité, bois exotique. Plantes malades, tailles de thuyas et autres conifères. Cendres de bois. Toutes plantes grainées. Litières non biodégradables.
  • Avec précaution : Les mauvaises herbes : leurs graines résistent au compostage et peuvent germer. Si les feuilles, herbes, plantes, branches… sont malades, elles peuvent contaminer votre compost, et donc par la suite vos plantations. S’il n’y a pas une élévation de température de l’ordre de 70°C pendant plusieurs jours, il n’y aura pas de destruction des agents contaminant (ces conditions sont rarement atteintes chez le jardinier amateur). Les plantes susceptibles de porter des maladies (rosiers et arbres fruitiers). Les fumiers doivent être utilisés bien décomposés, car frais, ils sont riches en éléments solubles trop concentrés pour la croissance des plantes. Arbres forestiers riches en matières résineuses, en petites quantités.

À la maison :

  • À éviter : Viandes, poissons, produits laitiers. Plastiques, métaux, verres (utilisez vos poubelles de tri). Papier glacé, imprimé ou coloré. Langes jetables. Poussières de sac d’aspirateur et balayures. Tissus synthétiques tel le nylon et le lycra. Tous les produits chimiques. Huile de vidange. Ail et échalotes, sacs biodégradables. Rongeurs, ratons laveurs et moufettes sont attirés surtout par les résidus de viande et de matières grasses comme le fromage et autres produits laitiers. Attention ! Les résidus de source animale contribuent à la formation de pathogènes néfastes pour la santé humaine tels que la salmonelle et l’E. coli. Contrairement au compostage industriel des matières organiques collectées par la plupart des municipalités, le compostage domestique ne permet pas d’atteindre des températures suffisantes pour détruire ces pathogènes.
  • Avec précaution : Coquilles d’œuf : elles se décomposent lentement, donc on évite les trop grandes quantités et on les concasse avant ! Restes d’aliments cuits : en petite quantité, au centre du compost et sans sauce. Pain et produits à base de pâtes (sans sauce ni beurre) : en quantité réduite, et on les humidifie avant. Cendres de feu de bois. Terre et sable : en très petites quantités. Pour les cartons et papiers, faire attention aux encres et colles utilisées.

4. Les Clés d'un Compost Réussi : Humidité, Aération et Équilibre

Vous pensiez que pour faire du compost il fallait juste empiler vos déchets organiques dans le bac à compost ? Détrompez-vous. L’amas en décomposition est un véritable écosystème dont vous devez prendre soin. Il faut le chérir et lui donner un peu d’amour. Pour réussir son compost, il convient de varier les apports de biodéchets. Bien composter, ça s’apprend : il y a certaines techniques et savoir-faire à respecter pour obtenir un bon compost.

Entretenir son compost

L'Équilibre des Matières : Verts et Bruns

Un mélange équilibré se compose généralement d’environ deux tiers de matière humide riche en azote (les déchets verts), pour un tiers de matière sèche carbonée (les déchets bruns). Pensez donc à alterner les couches de déchets verts et de déchets bruns. Évitez également les apports uniques en grande quantité. Tout est question de dosage.

Les micro-organismes utiles au compostage ont besoin d’oxygène. Les déchets de cuisine et les déchets de jardin composent environ 1/3 de notre poubelle. Les déchets très ligneux ou durs (tailles, branches, os, noyaux, trognons de chou…) : parce qu’ils se dégradent plus difficilement, ils peuvent être broyés au préalable.

Lorsque vous ajoutez une couche sur votre compost, pensez à les alterner ! Après des déchets humides comme les épluchures, le thé, les résidus de plantes fraîchement coupés, le marc de café, etc., mettez une couche de matériaux secs. Celle-ci pourra être composée de cartons, foin, mouchoirs, bois sec, etc. Une autre méthode existe sinon : chaque couche peut être constituée à 2/3 de matières humides, pour 1/3 de matières sèches.

L'Humidité : Ni Trop, Ni Trop Peu

La deuxième règle d’or consiste à garantir une humidité suffisante à l’intérieur du composteur. Faire du compost est un art, il faut savoir jongler entre sécheresse et humidité. Un contenu trop sec et c’est le processus de transformation des déchets ménagers qui s’arrête. Trop humide, le compost pourrira et dégagera des mauvaises odeurs : pas très agréable pour soi-même et les voisins. C’est pour cela qu’il est important de contrôler régulièrement l’état du mélange afin de le réguler.

Pour vérifier qu’il est satisfaisant, comprimez une poignée de compost dans votre main. Si le compost n’est pas assez humide, les déchets deviennent secs, les micro-organismes meurent et le processus de décomposition s’arrête. Vous pouvez remédier facilement à ce problème en arrosant un peu le compost. Ayez la main légère pour ne pas noyer la matière. Si le compost est trop sec et que l'apport de déchets humides n'est pas suffisant, les bactéries meurent et seuls les champignons continuent à travailler. Vous verrez alors apparaître des filaments mycéliens blancs. Dans ce cas arrosez votre compost.

Attention à l’inverse de ne pas trop humidifier votre compost. Un excès d'eau diminue la quantité d'air disponible dans le volume de compost. Les bactéries aérobies (qui ont besoins d’oxygène) sont remplacées par des bactéries anaérobies (qui n’ont pas besoins d’oxygène) qui dégagent des gaz et engendrent des odeurs désagréables. Trop d’humidité empêche l’aération : le compostage est freiné et des odeurs désagréables se dégagent. Si c’est le cas, on peut étaler le compost quelques heures au soleil ou le mélanger avec du compost sec ou de la terre sèche. Dans ce cas, pensez à bien le mélanger pour éviter que certaines zones à l’intérieur ne soient trop humides. Pensez également à découvrir votre tas par temps sec pour augmenter l’aération. Si le taux d’humidité est vraiment trop important étalez (par temps sec) sur le sol une partie du compost durant quelques heures afin de l'aérer, puis remettez le dans le bac à compost. Pour garantir une bonne humidité dans le compost, nous vous conseillons de choisir un emplacement qui pourra bénéficier à la fois d’ombre et de soleil. Un compost laissé en plein soleil tout l’été risque de s’assécher assez vite.

L'Aération : Le Souffle du Compost

Aérez votre compost ! Il abrite tout un écosystème de bactéries, champignons, vers de terre, cloportes, insectes, bref, des êtres vivants qui ont besoin de respirer. L’aération est un facteur essentiel puisque le compostage est un processus aérobie. La mauvaise aération du tas de compost est la principale raison d’un compostage lent, partiel, hétérogène ou mal odorant. On estime que l'air devrait occuper au moins 50% du volume du tas.

Mélanger le compost permet d’apporter l’oxygène nécessaire et participe à l’oxydation de la matière organique. Les bactéries responsables de la dégradation du compost doivent être dans des conditions aérobies, c'est-à-dire en présence d’oxygène pour pouvoir respirer. En dégradant, elles produisent de la chaleur. Il est important de bien aérer le tas de compost pour apporter l’oxygène aux bactéries et pour maintenir une température autour de 70°C.

L’idéal est de retourner le compost à chaque apport : un brassage en surface suffit pour incorporer les déchets frais à la couche inférieure. Effectuez également un retournement en profondeur de manière ponctuelle afin de garantir une belle aération. Une fois par mois, utilisez une fourche et retournez votre compost. Cela permettra à l’air de venir pénétrer dans toutes les couches. Attention, le premier mélange ne doit être réalisé que 2 à 4 semaines après la mise en tas des déchets. Avec un outil adapté comme l'aérocompost, formez des puits d'air dans le compost. Vous pouvez aussi en profiter pour y incorporer des activateurs naturels (urine, fumier de volaille, poudre d’algue, poudre d’os marine) qui stimulent l’activité.

Outil d'aération du compost

5. La Maturité du Compost et ses Utilisations

Comptez plusieurs mois pour obtenir un compost à maturité. Un suivi tout au long de l’année est nécessaire pour vérifier que les conditions favorisant la décomposition sont toujours réunies. Il peut être mûr au bout de 3 à 6 mois au printemps/été ou 6 à 9 mois en automne/hiver s’il est bien isolé et retourné régulièrement. Certains composteurs permettent même la réalisation d’un compost de qualité en 4 à 6 semaines seulement !

Reconnaître un Compost Mûr

Le compost mûr se caractérise par sa structure granuleuse, et sa texture fine et homogène qui ressemble à du terreau. De couleur sombre, il dégage une délicieuse odeur de sous-bois, de humus forestier. Si on attend que le compost mûrisse davantage, il est alors moins riche en azote, et devient un excellent terreau pour faire vos semis. Dans un compost mûr, on n’arrive pas à identifier les déchets de départ, sauf les plus difficiles à se dégrader comme les coquilles d’œuf ou les morceaux de bois. On peut tester son compost en semant des graines de cresson dans des petits pots de compost ; ils germeront dans un compost bien mûr.

Lorsque votre compost est prêt, il reste toujours quelques fragments non décomposés. Vous pouvez les récupérer en tamisant votre compost. Réincorporez-les ainsi dans le prochain tas que vous ferez.

Les Différentes Utilisations du Compost

Le compost est utilisable à différentes étapes :

  • Avant maturité (6 à 8 mois) : Le compost est déjà décomposé mais on distingue encore la forme des végétaux. Lorsqu’on le manipule à la fourche, il se tient en galette. Dans cet état, il peut être utilisé sur des cultures déjà avancées, au pied des arbres, en couverture des sols à l’automne. Il protège ainsi la terre du soleil, de la pluie et du vent, et limite la prolifération des mauvaises herbes. Un jeune compost de 2 à 3 mois peut être fort utile pour pailler vos plantes.
  • À maturité (10 à 12 mois) : Le compost prend l’aspect d’un matériau sombre, meuble, et sans odeur désagréable. Il doit être prélevé dans la partie basse du composteur, la plus décomposée. Incorporez-le par griffage/binage dans les 5-10 premiers centimètres du sol. Plus qu’un engrais naturel, c’est un véritable amendement riche en éléments nutritifs qui booste la fertilité des sols.
    • Pour le potager : (sur 5 à 15 cm au sol au moment des semis ou repiquage).
    • Dans le jardin : Superficiellement sur le gazon ou dans le trou des plantations.
    • Dans les jardinières et plantes d’intérieur : (en mélangeant le compost à la terre).
    • Pour améliorer les sols : (tous les 3 à 5 ans). Épandre 30 à 70kg de compost pour une surface de 100m², trois fois par an.
    • Pour les pots, jardinière ou semis : Vous pouvez l’utiliser dans une proportion maximale d’1/3, pour améliorer les mélanges terreux de plantation, pour les cultures en jardinière, en pot, ou pour les semis. Cependant, ne pas planter directement la plante dans le compost, mais plutôt dans un mélange enrichi avec des minéraux complémentaires. En effet, la minéralisation n’est sinon pas suffisamment rapide pour satisfaire les besoins des plantes dans un petit volume.
    • Pour la plantation d’arbres, arbustes, rosiers : Vous pouvez ajouter à la terre extraite, 10 à 20% de compost, mélangez de façon homogène et utilisez ce mélange pour reboucher le trou de plantation. Dans le cas des plantations en racines nues, la technique du pralinage est très efficace. Elle consiste à tremper les racines nues, dans un mélange d’eau, de compost mur et de terre fine de façon à former une boue qui adhère aux racines, favorisant la reprise.

Avec le lombricomposteur, vous obtenez un compost mûr en 6 mois environ. Ce compost est idéal pour fertiliser vos plantes en pots ou jardinières. Mais ce n’est pas tout ! Tout au long du processus, vous récupérez du thé ou jus de compost à utiliser comme engrais lors de l’arrosage de vos plantes. Pour cela, il faut absolument diluer ce jus à hauteur d’1 volume de jus pour 10 volumes d’eau. Le jus de fermentation du Bokashi est quant à lui utilisable dès récupération pour l’arrosage des plantes. Diluez-le à hauteur d’une cuillère à café pour 0,5 L d’eau. Si vous en avez trop, vous pouvez aussi le verser dans vos canalisations.

Utilisation du compost mûr dans le jardin

6. Le Matériel Indispensable pour un Bon Compostage

Pour vous lancer dans la fabrication de votre compost, un équipement de base vous sera utile. Que vous optiez pour un tas, un bac ou un lombricomposteur, certains outils facilitent grandement le processus et assurent la qualité de votre amendement.

  • Un composteur ou un espace dédié : Si vous n’en avez pas, pas de panique, un espace dans un jardin prévu à cet effet sera suffisant ! Cette zone sera de préférence à l'ombre, et assez grande pour pouvoir faire un tas où seront alternées les couches sèches et humides. Pour les jardins, les silos du commerce ou un composteur fabriqué maison avec des planches ou du grillage sont d'excellentes options. Pour l'appartement, un lombricomposteur compact et pratique, ou un seau à compost Bokashi, sont nécessaires.
  • Un récipient de petite taille : Pour récupérer les déchets de la maison et les transporter facilement jusqu'au composteur. Un bioseau stocké dans la cuisine est idéal pour éviter de multiplier les allers-retours.
  • Une brouette : Pour transporter les déchets plus volumineux du jardin jusqu'au tas de compost.
  • Un broyeur : Pour couper les déchets durs, longs et encombrants en petits morceaux. Cela facilite grandement l'action des micro-organismes et accélère la décomposition.
  • Une fourche ou un aérateur de compost : Pour remuer et aérer régulièrement le tas de fumier. Un aérateur de compost ou brass compost est d’ailleurs bien utile pour réaliser la manipulation, notamment dans les composteurs en bacs. Cela permet d’apporter l’oxygène nécessaire aux bactéries et de maintenir une température optimale.
  • Un thermomètre de couche : Pour observer l’évolution de la température au cœur du compost. Des thermomètres spécialisés vous indiquent la température au centre de votre tas de compost, traduisant ainsi l’activité qui y règne. Si la température est trop élevée, n’hésitez pas à aérer votre compost.

Équipements pour le compostage domestique

7. Les Problèmes Courants du Compostage et Leurs Solutions

Bien surveiller son compost, par exemple au moment de l’apport de déchets frais, permet de déceler un excès ou un déficit d’humidité, des zones mal décomposées, des odeurs… Même les composteurs les plus expérimentés rencontrent parfois des défis. Reconnaître les signes de problèmes courants et savoir y remédier est essentiel pour maintenir un compost sain et efficace.

Compost Trop Sec

  • Signes : Les déchets deviennent secs, les micro-organismes meurent, le processus de décomposition s’arrête. Vous verrez apparaître des filaments mycéliens blancs.
  • Solution : Arrosez un peu le compost avec de l’eau. Ayez la main légère pour ne pas noyer la matière. Vérifiez également que l’aération n’est pas trop importante (espace entre les planches,…), que l’emplacement n’est pas trop venteux. Vous pouvez couvrir votre tas de compost avec une bâche après l’avoir arrosé, elle gardera l’humidité.

Compost Trop Humide ou Dégageant de Mauvaises Odeurs

  • Signes : Le compost pourrit, dégage des odeurs désagréables (ammoniac ou œufs pourris), ce qui indique un manque d'oxygène et la présence de bactéries anaérobies. Trop d’humidité empêche l’aération : le compostage est freiné.
  • Solution : Mélangez bien le compost pour l'aérer et incorporer de l'oxygène. Ajoutez des matières sèches carbonées (carton, feuilles mortes, petites branches broyées) pour absorber l'excès d'humidité. Si c’est le cas, on peut étaler le compost quelques heures au soleil ou le mélanger avec du compost sec ou de la terre sèche. Pensez à découvrir votre tas par temps sec pour augmenter l’aération. Si le taux d’humidité est vraiment trop important étalez (par temps sec) sur le sol une partie du compost durant quelques heures afin de l'aérer, puis remettez le dans le bac à compost. Une mauvaise odeur révèle un problème de fermentation. Il faut dans ce cas aérer le compost, voire ajouter des matières sèches.

Compost Compact et Lent

  • Signes : Le tas est dense, la décomposition est ralentie, les températures sont basses.
  • Solution : Aérez le compost plus fréquemment avec une fourche ou un aérateur. Assurez-vous d'avoir un bon équilibre entre matières vertes et brunes pour maintenir une structure aérée. Les végétaux durs, longs et encombrants sont plus difficiles à composter. En sectionnant, fragmentant, écrasant ou broyant ces déchets, vous facilitez l’action des micro-organismes. Ces déchets favorisent l’aération des matières en compostage. Les micro-organismes utiles au compostage ont besoin d’oxygène.

Présence d'Animaux Indésirables (Rongeurs, Insectes)

  • Signes : Présence de rongeurs, ratons laveurs, moufettes ou une quantité excessive de mouches.
  • Solution : Les rongeurs, ratons laveurs et moufettes sont attirés surtout par les résidus de viande et de matières grasses comme le fromage et autres produits laitiers. Évitez de composter la viande, les produits laitiers, les corps gras et les restes d'aliments cuits en grande quantité dans un composteur domestique, car il ne permet pas d'atteindre des températures suffisantes pour détruire ces pathogènes. Pour la viande, il est préférable de la placer en petits morceaux au centre du tas, hors d’atteinte des animaux. Assurez-vous que votre composteur est bien fermé. Les mouches peuvent être un signe d'un compost trop humide ou d'un apport excessif de déchets frais non recouverts.

Compost Manquant de Vers (Lombricompostage)

  • Signes : Absence de vers ou activité très faible dans le lombricomposteur.
  • Solution : Le lombricomposteur doit être placé à l’abri à une température entre 15 et 25 °C pour que les vers soient actifs. En dessous de 5 °C et au-dessus de 30 °C, c’est risqué pour eux, car ils ne supportent pas le gel ni les fortes chaleurs. Placez donc vos bacs de préférence à l’intérieur. Assurez-vous d'un bon équilibre humidité/séchage et d'un apport constant de nourriture adaptée (épluchures de fruits et légumes, marc de café, thé, coquilles d’œufs broyées).

Conseils pour un compost sain

tags: #composition #compost #maison