Le compostage est une pratique fondamentale pour tout jardinier souhaitant transformer ses déchets organiques en une ressource précieuse. Bien des déchets végétaux en provenance du jardin comme de la cuisine s'avèrent précieux pour obtenir, une fois compostés efficacement, un terreau riche et gratuit. Ce recyclage sera pratiqué de diverses manières selon la configuration, les installations et espaces disponibles ainsi que les souhaits du jardinier.

Le compostage en tas : La méthode naturelle par excellence
Le compostage en tas représente la technique la plus simple et naturelle pour transformer vos déchets organiques en un amendement riche pour le jardin. Cette méthode, particulièrement adaptée aux grands espaces, permet de traiter gratuitement de grandes quantités de matières organiques sans nécessiter d'équipement spécialisé.
Il suffit de choisir un emplacement spacieux et reculé du jardin, plutôt à mi-ombre et bien drainé, puis d'y amonceler les déchets par petites couches successives. Réservez environ 2 m² dans le jardin, sur un sol légèrement travaillé et débarrassé des pierres ou racines gênantes. Un tas de compost efficace adopte une forme trapézoïdale ou conique de 1,5 à 2,2 mètres de côté pour une hauteur de 1 à 1,5 mètre.
Commencez par disposer une couche de branchages fins ou de matière carbonée grossière d’environ 10 à 15 centimètres au fond. Cette base assure l’aération par le bas et évite la putréfaction des matières en contact direct avec le sol. L'idéal est d'y déposer des matières organiques diverses et variées, avec toutefois quelques limitations : évitez les plantes traitées à l'herbicide ou tout autre produit chimique.
L'équilibre : La clé du succès microbien
Le succès du compostage en tas repose sur l’équilibre entre les matières riches en azote (déchets de cuisine, tontes de gazon fraîches) et la matière carbonée (paille, feuilles mortes, carton). Respectez une proportion d’environ deux tiers de matières fraîches et humides pour un tiers de matières sèches.
L’aération du tas de compost conditionne l’activité des micro-organismes aérobies responsables de la décomposition. Retournez le tas 2 à 3 fois pendant le processus. L’humidité idéale se situe autour de 40 %. Un tas trop sec arrête la décomposition, tandis qu’un excès d’eau provoque des odeurs désagréables et le lessivage des nutriments.

Les variantes techniques : Silo et compostage en surface
Le compostage en silo permet une accumulation plus propre et protégée. Qu'il s'agisse d'un bricolage avec des palettes récupérées, maintenues verticalement sur trois côtés grâce à des pieux, de grillage maintenu avec du fer à béton ou bien d'un appareil du commerce, vous y accumulerez vos déchets au fur et à mesure des disponibilités. Si vous manquez de place, optez pour un modèle à retournement du commerce qui permet d'obtenir aisément un bon compost en trois à quatre mois.
Le compostage en surface consiste à disperser les matières organiques sur une zone libre du jardin, idéalement un futur massif dont vous améliorerez ainsi la richesse. Ceci est particulièrement indispensable pour ce qui concerne les tontes de gazon qui pourrissent rapidement par tassement en donnant alors naissance à une substance gélatineuse.
Le compostage domestique : Bokashi et Lombricompostage
Pour les espaces réduits, notamment en appartement, le composteur de cuisine (Bokashi) est une solution efficace. Il s'agit d'un petit composteur muni d'un robinet permettant de recycler directement les déchets de cuisine en un terreau riche et en un "thé de compost", un engrais liquide maison.
Le lombricompostage utilise des vers de terre, comme les Eisenia, pour accélérer la décomposition. Ces vers brassent le compost, facilitant le processus, et produisent un excellent engrais solide. Il est conseillé de garder le bac à l’intérieur, les vers ayant des exigences précises en température (15-30°C) et en humidité (70-80 %).
Mon LOMBRICOMPOSTEUR: Installation, Fonctionnement, Règles à suivre
Stratégies avancées : La méthode en deux étapes
Une méthode efficace consiste à stocker séparément les composants du compost, puis à les mélanger en une seule fois dans un tas qui doit faire au moins un mètre cube. Le mélange étant effectué en une seule fois, le tas chauffe beaucoup (autour de 70°C), ce qui permet d’éliminer les sources pathogènes et les graines d'adventices.
La décomposition est très rapide avec cette technique : le compost est mûr en moins de 6 mois. Il est important de bien protéger le tas. En été, il faudra le protéger du dessèchement par une bonne couche de paille. Il est important de le protéger aussi de la pluie, qui peut stopper immédiatement le processus et lessiver une bonne partie de ses minéraux.
Gestion des paramètres et entretien du processus
Un tas qui ne chauffe pas révèle généralement une taille insuffisante, un manque d’humidité ou un déséquilibre des matières. Pour activer plus rapidement la décomposition, vous pouvez broyer menu les divers éléments autant que possible.
En automne, dispersez les feuilles mortes, idéalement broyées au préalable, uniformément sur votre tas. Ainsi, il sera protégé des grands froids et restera chaud et actif. Si vous disposez de grosses touffes de consoudes, scalpez-les de temps à autre et disposez-les sur le tas ; elles accéléreront sa décomposition tout en apportant de la potasse en quantité.

Utilisation du compost mûr
Le compost mûr présente une couleur sombre homogène et dégage une odeur agréable de sous-bois. Sa texture friable et l’absence de matières reconnaissables indiquent la fin du processus de décomposition. Pour les jardinières, mélangez 40 % de compost avec de la terre végétale. Au verger, apportez un seau au pied de chaque arbre à la plantation ou annuellement.
Le compostage à domicile est une pratique écologique accessible, adaptée à presque tous, en ville ou à la campagne. Il permet de réduire ses ordures ménagères et de lutter contre le changement climatique en évitant que les déchets de cuisine ne finissent dans les sites d’enfouissement, réduisant ainsi la production de méthane.