Le Compostage : Un Guide Complet pour un Jardin Sain et Fertile

Le compostage, pratique ancestrale et vertueuse, consiste à transformer les déchets organiques d'origine végétale et/ou animale en un amendement organique riche, appelé compost. Ce processus de fermentation aérobie naturelle, c'est-à-dire en présence d'oxygène, enrichit le sol et favorise la croissance des plantes. Le mot « compost » trouve d’ailleurs son origine dans l’adjectif latin « compositus », signifiant « assembler » ou « mettre ensemble ». Alors que l’humus se crée naturellement, l’humain est activement impliqué dans la formation du compost.

Schéma explicatif du processus de compostage

L'Intérêt du Compost pour le Jardinier

Le compostage apporte de nombreux avantages, tant pour le jardinier que pour l'environnement. Il permet d'améliorer significativement la structure et les qualités microbiologiques du sol.

  • Amélioration de la structure du sol : Il augmente la cohésion des sols légers et sableux tout en allégeant les sols lourds et argileux, rendant la terre plus facile à travailler.
  • Augmentation de la capacité de rétention d'eau et des éléments fertilisants : Le compost aide le sol à mieux retenir l'humidité et les nutriments, réduisant ainsi le besoin d'arrosage et de fertilisation.
  • Favorisation de l'activité de la microfaune et microflore du sol : Il stimule la vie souterraine essentielle, composée de milliards d'habitants invisibles qui contribuent à la fertilité du sol.
  • Recyclage des déchets organiques ménagers et du jardin : Une grande partie de nos poubelles est composée de déchets de cuisine et de jardin, qui sont facilement valorisables par le compostage.
  • Alternative aux engrais synthétiques et à la tourbe : L'« humus de compost » fournit les nutriments essentiels, permettant de se passer des engrais synthétiques qui nuisent à la vie du sol et de renoncer à l’utilisation de la tourbe, une matière première rare. Cela contribue à la préservation des écosystèmes des tourbières.

Le compost agit comme un stimulant biologique qui nourrit la vie du sol et permet aux organismes d’aider les racines des plantes à retrouver nourriture et humidité. C’est un catalyseur, plutôt qu’une source principale de nourriture. Les substances nutritives du compost ne sont plus solubles dans l’eau, ce qui évite le lessivage des nitrates par les pluies, contrairement aux fumiers frais.

Matériel Nécessaire et Emplacement Idéal

Pour débuter, un composteur n'est pas indispensable ; un espace dédié dans votre jardin peut suffire.

  • Composteur ou espace dédié : Si vous n’avez pas de composteur, un espace à l'ombre, assez grand pour un tas où alterneront les couches sèches et humides, fera l'affaire.
  • Outils : Une fourche est utile pour retourner le compost et assurer son aération. Des outils de broyage sont recommandés pour les matériaux plus volumineux ou durs.
  • Emplacement : Choisissez un endroit à l'abri du vent et ombragé. Un compost laissé en plein soleil tout l'été risque de s'assécher rapidement. L'accès facile, y compris avec une brouette, est un plus.

Image d'un composteur en bois dans un jardin ombragé

Types de Compostage et Méthodes

Le compostage peut s'organiser de plusieurs façons, adaptées aux besoins et aux contraintes de chacun.

Compostage Individuel

C'est la méthode la plus courante pour les particuliers, offrant un chemin court pour l'apport des déchets et étant peu onéreuse.

  • Compostage en tas : La technique la plus simple, où les matières à composter sont empilées directement sur le sol, formant un tas d'une hauteur de 0,5 m à 1,5 m. Il doit être placé dans un endroit plutôt ombragé, bien à l’abri des vents desséchants et du détrempage dû à la pluie.
  • Compostage en bac : Un composteur peut être fabriqué avec des planches ou acheté. Privilégiez un modèle s'ouvrant totalement sur une face pour faciliter le retournement et le vidage. Le composteur doit être ouvert en bas pour permettre aux organismes du sol d'y pénétrer. Ses parois latérales doivent avoir de nombreuses ouvertures pour l'aération. Un couvercle est idéal pour protéger de la pluie et des graines de mauvaises herbes.

Photos de différents types de composteurs (en tas, en bois, en plastique)

Compostage en Appartement (Lombricompostage)

Cette méthode fait appel à des vers de compostage et se pratique grâce à la superposition de plateaux munis de trous, formant un lombricomposteur.

  • Fournitures : Un bac à vers et des vers à compost.
  • Processus : Les déchets de cuisine (épluchures, marc de café, sachets de thé, carton, papier) sont dégradés par des micro-organismes, puis par les vers de compostage. Ces animaux utiles transforment les déchets en un précieux améliorant du sol appelé vermicompost.
  • Conditions : Le lombricomposteur doit être placé dans une pièce aérée, une cave ou un balcon, avec une température ambiante comprise entre 15°C et 25°C. Les vers tigres aiment les endroits riches en humidité où il ne fait certainement pas trop chaud.
  • Avantages : Un bac à vers prêt à l'emploi ne prend pas beaucoup de place et permet un processus sans odeur, même à l'intérieur. Il est possible de récolter du thé à vers, un engrais liquide très nutritif.
  • Limitations : Cette méthode ne convient qu'aux quantités limitées de déchets et le processus est plus lent pendant les mois froids d'hiver. Anubis requiert l'utilisation de fonctionnalités JavaScript modernes que des plugins comme JShelter peuvent désactiver.

Infographie sur le lombricompostage et les vers de compost

Fermentation (Bokashi)

Le bokashi est un processus de fermentation complètement anaérobie, c'est-à-dire sans oxygène.

  • Fournitures : Un seau Bokashi et un starter Bokashi (branles de blé greffés avec des micro-organismes).
  • Processus : Les déchets à composter sont alternés avec une couche de levain bokashi dans un seau scellé. Un seau plein est scellé hermétiquement et rangé pendant quelques semaines pendant qu'un second seau est rempli.
  • Avantages : Cette méthode japonaise peut parfaitement se faire à la maison, et même les restes de nourriture cuite peuvent y être utilisés. Un compost bokashi ne sent rien s’il est bien fermé. Le jus, un fertilisant, est extrait régulièrement.
  • Limitations : L’idée est que, à des échelles individuelles, la charge supplémentaire est négligeable, mais à des niveaux de racleurs de masse, elle s'accumule et rend le raclage beaucoup plus cher.

Compostage à Froid ou à Chaud

Ces méthodes se distinguent par la gestion de la température du tas.

  • Compostage à froid : C'est l'une des méthodes les plus couramment utilisées. Le tas de compost est un mélange de déchets frais de cuisine et de jardin avec des tailles déchiquetées, des feuilles sèches et possiblement du carton. L'équilibre entre déchets verts et bruns est moins crucial qu'avec le compostage à chaud. Cela prend peu de temps et l'approvisionnement en matière de compost peut être irrégulier.
  • Compostage à chaud : C'est une branche du compostage à froid où l'on s'assure que le tas de compost reste constamment chaud (jusqu'à environ 60°C) pour accélérer le processus. Cette température élevée provoque la mort des germes et des graines de mauvaises herbes. Si la température baisse, le compost est retourné pour que les couches extérieures finissent au cœur et inversement. Ce processus laborieux est répété jusqu'à ce que la température ne monte plus. La température d'un grand compost peut augmenter jusqu'à atteindre des valeurs entre 60 et 70 °C et retenir la chaleur pendant plusieurs semaines. Dans de nombreux petits jardins privés, trop peu de matières organiques sont produites en une fois, de sorte que le compost s’accumule lentement couche par couche. Les températures montent habituellement seulement jusqu’à 40 °C.

Compostage à chaud... LA méthode complète !

Que Mettre dans Votre Compost ?

Pour nourrir votre compost, de nombreuses matières premières peuvent être utilisées.

Venant de la Cuisine (Matières Vertes/Humides)

  • Recommandé : Filtres à café, mouchoirs en papier, thé, marc de café, pain, coquilles d’œufs (broyées), épluchures de fruits et légumes, restes alimentaires cuits. Les coquilles d'œufs et les coquillages, bien qu'ils ne se décomposent pas, peuvent être placés en petite quantité car ils apportent des éléments minéraux et facilitent l'aération.
  • À éviter : Viande, poissons, crustacés, produits laitiers, ail, agrumes (en grande quantité, à cause des pesticides potentiels), résidus alimentaires cuits, huiles comestibles, os (attirent les rats et les souris, favorisent la propagation des salmonelles).

Venant du Jardin (Matières Vertes/Humides et Brunes/Sèches)

  • Recommandé : Fleurs fanées, feuilles, herbe coupée (verte), fines branches, bois de taille une fois broyé, tailles de haies, petites branches broyées, herbes sèches, coquilles de noix, paille.
  • À éviter : Végétaux malades ou traités (si pas de compostage à chaud), plantes en graines (leurs graines résistent au compostage et peuvent germer), plantes malades et infestées de parasites, mauvaises herbes (si pas de compostage à chaud), néobiotes (espèces végétales invasives comme l'Ambroisie à feuilles d'armoise ou la Berce du Caucase).

Autres Matières

  • Recommandé : Papier (froissé), carton (en gros morceaux), cendre de bois (jusqu'à 10% en hiver), terre.
  • À éviter absolument : Coquillages (en grandes quantités), charbon de bois, litières synthétiques, matières plastiques, verre, métaux, tissus synthétiques, contenu des sacs d’aspirateur, couches-culottes (non entièrement biodégradables), bois vernis ou peints (traités chimiquement), produits chimiques (huile de vidange).

Infographie listant les matériaux compostables et non compostables

Les Trois Règles du Compostage

Pour un compostage réussi, trois principes fondamentaux doivent être respectés.

1. Étaler et Mélanger

Alternez les couches de matières sèches (1/2 à 3/4) et humides (1/4 à 1/2), sans apporter une même matière en trop grande quantité. Un bon équilibre est d'environ 50:50, ou un peu plus de vert que de brun. Les ingrédients verts sont mous, feuillus, riches en azote, généralement humides et pauvres en fibres. Ils génèrent des températures élevées. Les ingrédients bruns sont fibreux, plus secs et plutôt ligneux. Par exemple, une couche de feuilles vertes d'environ 7 cm équivaut à une couche de matériaux bruns de 2,5 cm tels que la sciure de bois et le carton.

Les éléments riches en azote (fumier, plantes fermentées) activent le processus de compostage. Un rapport Carbone (C) - Azote (N) d'environ 20:1 est idéal. Si la matière a trop peu d'azote, le compostage est très lent. S'il y a trop d'azote (matière trop fraîche et trop humide), le compostage ne démarre pas et peut même pourrir.

2. Vérifier l'Humidité

Le compost doit toujours être légèrement humide, mais jamais détrempé. L'humidité est difficile à estimer.

  • Trop sec : Arrosez un peu le compost avec de l'eau ordinaire ou de l'urine diluée (proportion 1:4). Le processus de décomposition s'arrête si les micro-organismes meurent.
  • Trop humide : Si le compost est trop humide, étalez-le quelques heures au soleil ou mélangez-le avec du compost sec ou de la terre sèche. Une mauvaise odeur révèle un problème de fermentation dû à un manque d'aération.

3. Aérer et Décompacter

Mélangez régulièrement les matières sèches et humides, soit par brassage, soit par retournement à l'aide d'une fourche. Les micro-organismes utiles au compostage ont besoin d’oxygène.

  • Retourner : Une fois par mois, retournez votre compost pour que l'air pénètre dans toutes les couches. Sa décomposition sera plus rapide et homogène.
  • Broyage : Broyez les matières organiques dures, longues et encombrantes pour faciliter l'action des micro-organismes et accélérer le processus.
  • Structure : Entassez le compost de manière un peu grossière en mélangeant les matières à textures grossières avec des textures fines. C'est seulement dans ces conditions que les micro-organismes peuvent bien faire leur travail et se multiplier suffisamment.

Illustration montrant les étapes d'aération et de retournement du compost

Quand et Comment Utiliser Son Compost ?

Le compost peut être utilisé à différents stades de décomposition.

Compost Demi-Mûr

  • Aspect : Le compost est déjà décomposé mais on distingue encore la forme des végétaux. Il se tient en galette lorsqu'on le manipule à la fourche.
  • Utilisation (après 2 à 3 mois) : Très utile pour pailler vos plantes, en paillage de sol au pied des arbustes ou en couverture de sol nu après récolte à l'automne. Il peut prendre entre 6 et 9 mois pour arriver à maturité, selon le type de déchets et la température.
  • Semis directs : Il est possible de semer directement sur un tas de compost déjà mi-mûr, notamment les courges et potirons.

Compost Mûr

  • Aspect : Le compost prend l'aspect d'un matériau sombre, meuble, et sans odeur désagréable. La chaleur d'un tas est pratiquement disparue, car la décomposition est terminée. Les vers rouges de compost arrivent souvent à ce stade.
  • Prélèvement : Il doit être prélevé dans la partie basse du composteur, la plus décomposée.
  • Utilisation :
    • Dans le sol : Incorporez-le par griffage/binage dans les 5-10 premiers centimètres du sol.
    • Pour les pots, jardinières ou semis : Utilisez-le dans une proportion maximale d'1/3 pour améliorer les mélanges terreux de plantation. Ne plantez pas directement une plante dans le compost, mais plutôt dans un mélange enrichi avec des minéraux complémentaires, car la minéralisation n'est pas suffisamment rapide pour satisfaire les besoins des plantes dans un petit volume.
    • Pour la plantation d'arbres, arbustes, rosiers : Ajoutez 10 à 20% de compost à la terre extraite, mélangez de façon homogène et utilisez ce mélange pour reboucher le trou de plantation.
    • Pralinage : Pour les plantations en racines nues, trempez les racines dans un mélange d'eau, de compost mûr et de terre fine pour former une boue qui adhère aux racines, favorisant la reprise.

Photo d'un compost mûr, noir et friable

Activateurs et Additifs

Les activateurs de compost contiennent en règle générale de l'azote organique, des bactéries et des champignons. Ils deviennent actifs dans le compost humide et participent au processus de compostage, mais uniquement si les conditions de compostage sont optimales (bon mélange de matières organiques, aération, oxygène).

Certains additifs peuvent aider à réguler le compost :

  • Chaux : Si votre compost contient beaucoup de gazon coupé, de bois de conifères et d'aiguilles, il peut être utile d'ajouter de la chaux (jusqu'à 2 kg/m³) pour contrer l'acidification due à la libération d'acide tannique par certaines feuilles (chênes, châtaigniers, peupliers, bouleaux, platanes, hêtres, noisetiers, épicéas et acacias).

Considérations Pratiques et Astuces

  • Volume minimal : Une taille minimale de compost d'environ 1 m³ (1000 litres) est nécessaire pour que le processus de compostage passe par toutes ses étapes de dégradation, transformation, création, stabilisation et maturité.
  • Stock hivernal : Constituez un stock de feuilles et de sciure de bois pour l'hiver afin de pouvoir ajouter de la matière sèche aux déchets de cuisine humides et éviter que le compost ne devienne trop humide.
  • Qualité du compost municipal : Le compost municipal, bien que d'apparence "fini" et noir, peut atteindre des températures très élevées (jusqu'à 80°C) en quelques semaines, favorisant la carbonisation. Un compost fait maison, laissé fermenter plus longtemps, peut être de meilleure qualité.
  • Protection contre la pluie : Au Royaume-Uni, l'eau change souvent le compostage aérobique en compostage anaérobique, par exclusion d'air. Une feuille de polyéthylène sur les tas est utile pour empêcher la pluie et maintenir l'air à l'intérieur. Le compost anaérobie est noir, plus malodorant et moins friable.
  • Surveiller son compost : Lors de l'apport de déchets frais, vérifiez l'humidité, les zones mal décomposées et les odeurs pour ajuster si nécessaire.
  • Broyage des végétaux ligneux : Les matériaux déchiquetés sont souvent ligneux (bruns). Leur vitesse de compostage dépend de leur taille et du fait qu'ils soient écrasés ou simplement coupés ; il est préférable de les écraser.
  • Fumier frais : Le fumier frais des animaux est vert et excellent pour accélérer la décomposition. Attention aux ajouts massifs de litière avec sciure de bois, souvent très sèche et très lente à se décomposer.
  • Thermometre : Un thermomètre de 12 pouces peut indiquer une bonne décomposition et aider à surveiller la température.

Photo d'un thermomètre à compost inséré dans un tas

Finalement, le compostage est un passe-temps fascinant et une excellente manière de contribuer activement à la préservation de notre environnement tout en produisant un amendement précieux pour votre jardin.

tags: #compost #methode #guernevets