Compost végétal : Guide complet sur l'utilisation et les applications

L'utilisation du compost est essentielle pour améliorer la fertilité du sol tout en valorisant les déchets biodégradables. Le compost est un amendement naturel qui permet de recycler les déchets organiques tout en enrichissant la terre de son jardin. Il représente la magie du recyclage naturel à portée de main. En transformant vos déchets organiques en un amendement riche et précieux pour votre jardin, vous donnez un vrai coup de pouce à la planète. Ce processus repose sur de petits alliés invisibles, des micro-organismes comme les bactéries et les champignons dégradants, qui décomposent les matières organiques en présence d’oxygène.

Schéma illustrant le cycle du compostage et la transformation de la matière organique

Le rôle du compost dans le fonctionnement du sol

Le sol est vivant. Il constitue la partie animée de la croûte terrestre et est peuplé par une grande diversité de microorganismes. Du point de vue agronomique, un bon sol doit être constitué d’au moins 3% à 5% de matière organique, c’est l’équivalent du taux d’humus, la couche supérieure du sol qui grouille d'activité biologique. Le compost apporte de la matière organique au sol, laquelle se dégrade d’abord lors du compostage en eau, en gaz, en chaleur, en minéraux et en compost. Le compost agit ensuite comme l’humus : il stocke le résidu de matière organique, d’eau et de nutriments qui n’ont pas été totalement décomposés lors du compostage et libère progressivement tous ces éléments dans le sol une fois épandu.

C’est la minéralisation ou transformation finale de la matière organique en éléments minéraux et inorganiques qui deviennent de nouveau disponibles pour les plantes. C’est pourquoi un sol perd naturellement de la matière organique au fil du temps. Cette perte doit être compensée par de nouveaux apports, sous forme de compost, de fumier ou de paillis de végétaux. Le compost améliore la structure du sol : il augmente la cohésion des sols légers et sableux, allège les sols lourds et argileux, et augmente la capacité de rétention d’eau et des éléments fertilisants.

Techniques d'organisation du compostage

Le compost est le produit issu de la fermentation aérobie naturelle de déchets biodégradables, principalement d’origine végétale, issus du jardin ou de la maison. Il existe plusieurs méthodes de compostage selon la configuration de votre logement.

Le compostage en tas est la technique la plus simple pour les jardins. Les matières à composter sont placées directement sur le sol afin de former un tas d’une hauteur allant de 0,5 m à 1,5 m. Ce tas doit être placé dans un endroit plutôt ombragé, bien à l’abri des vents desséchants et du détrempage dû à la pluie. Le compostage en bac est une alternative efficace ; vous pouvez le fabriquer avec quelques planches ou rondins, ou en acheter un. Privilégiez un composteur qui s’ouvre totalement sur une face pour retourner les déchets et vider le compost facilement.

Photo d'un composteur de jardin en bois avec couvercle

Le compostage en appartement est possible grâce au lombricompostage. Cette pratique se fait grâce à la superposition de plateaux munis de trous : le lombricomposteur. Les déchets de cuisine (épluchures, marc de café, sachets de thé, carton, papier) sont dégradés par des micro-organismes, puis des vers de compostage. Le lombricomposteur doit être placé dans une pièce aérée, une cave ou sur un balcon, dans un environnement avec une température ambiante comprise entre 15°C et 25°C.

Gestion des matières et équilibre du processus

Pour réussir votre compost, il suffit de trouver le bon équilibre entre matières sèches et humides, de bien aérer votre tas et de garder un taux d’humidité au top. Les matières vertes (matières humides) incluent les épluchures de fruits et légumes, le marc de café, les sachets de thé, le pain, les restes alimentaires cuits, les coquilles d’œufs broyées, les feuilles et la tonte fraîche d’herbe. Les matières brunes (matières sèches) comprennent les feuilles mortes, les tailles de haies, les petites branches broyées, les herbes sèches, les coquilles de noix, les papiers et le carton.

Les trois règles du compostage sont :

  1. Étaler et mélanger : Alterner matières sèches (1/2 à 3/4) et matières humides (1/4 à 1/2), sans apporter un même matériau en trop grande quantité.
  2. Vérifier l’humidité : Le compost doit toujours être légèrement humide, comme une éponge essorée, mais jamais détrempé.
  3. Aérer et décompacter : Mélanger les matières sèches et humides régulièrement soit par brassage, soit par retournement à l’aide d’une fourche.

Un compost trop humide ou trop sec peut dégager de mauvaises odeurs. Si le compost est trop humide, étalez-le pour que le surplus d’eau s’évacue plus rapidement. À l’inverse, si le compost devient trop sec, arrosez-le un peu, idéalement avec de l’eau de pluie.

Précautions et erreurs à éviter

Certains déchets ménagers et agrumes sont à éviter. Il est important de ne pas mettre trop de déchets d’origine animale car ils fournissent surtout de l’azote organique. Les produits laitiers, la viande et le poisson sont à proscrire, tout comme les coquillages, le charbon de bois, les litières et les matières plastiques. Si les feuilles, herbes, plantes, branches sont malades, elles peuvent contaminer votre compost, et donc par la suite vos plantations. Pour les cartons et papiers, faites attention aux encres et colles utilisées.

Composter c'est facile !

Concernant la présence de nuisibles, un compost bien géré, équilibré et couvert n’attirera pas de rats. Vous pouvez également installer un grillage fin sous votre composteur pour empêcher tout passage depuis le sol.

Maturité et utilisation du compost

Le compost peut être utilisé à mi-décomposition (demi-mûr) ou quand il est suffisamment décomposé (mûr). Cela peut prendre entre 6 et 9 mois, selon le type de déchets et la température. Le compost jeune, partiellement décomposé, est idéal en paillis pour protéger le sol nu et limiter la croissance des mauvaises herbes. Lorsqu’il est mûr, il prend l’aspect d’un matériau sombre, meuble, et sans odeur désagréable.

Pour les plantations en pleine terre, le compost mûr peut être apporté en surface et mélangé avec les 5 à 10 premiers centimètres du sol. Il est inutile d’enfouir le compost, c’est le travail des vers de terre et autres organismes du sol ! Pour les plantes d’intérieur, le compost bien mûr peut s’utiliser en surface, en remplaçant par du compost les 2 à 3 centimètres de la couche supérieure du pot.

Illustration montrant l'application du compost au pied d'un arbre

Pour la plantation d’arbres, arbustes ou rosiers, vous pouvez ajouter à la terre extraite 10 à 20% de compost. Dans le cas des plantations en racines nues, la technique du pralinage est très efficace : elle consiste à tremper les racines dans un mélange d’eau, de compost mûr et de terre fine pour former une boue qui adhère aux racines, favorisant la reprise.

Le compost de déchetterie et ses spécificités

Le compost de déchetterie est constitué avec tous les déchets verts apportés par les usagers et les collectivités. Il est aujourd’hui très réglementé et doit suivre la norme NF U 44-051. Les déchèteries sont tenues de fournir les analyses du compost qu’elles fabriquent, incluant les taux de métaux lourds, de minéraux et de résidus.

Ce compost est traité par fermentation en andains pendant 3 à 4 mois, avec des montées en température atteignant au moins 60°C, ce qui permet de détruire les graines et les germes de maladies. Utilisez-le pour pailler les cultures ou comme amendement en couche sur le sol. Veillez à ne pas utiliser le compost pour vos plantations tant qu’il n’est pas totalement mûr, il pourrait brûler les racines.

Avantages agronomiques et environnementaux

L'utilisation du compost présente quatre actions positives majeures :

  1. Augmenter la teneur en matière organique : Il en résulte une meilleure stabilité structurale du sol, une meilleure capacité de rétention d’eau et un taux d’infiltration plus élevé.
  2. Stimuler l’activité microbienne : Le compost contient une vaste gamme de bactéries, d’archées et de protozoaires.
  3. Réduire la pression des maladies du sol : Beaucoup de composts ont la capacité de réprimer l’activité des agents pathogènes.
  4. Améliorer la disponibilité des nutriments : Les micro-organismes qu’il contient rendent les éléments nutritifs du sol assimilables par les plantes.

Depuis le 1er janvier 2024, le tri des biodéchets à la source est devenu obligatoire pour tous. Cette mesure vise à réduire le volume des ordures ménagères et à encourager une gestion plus responsable des déchets organiques. Le compostage permet de recycler jusqu’à 40% des déchets ménagers tout en créant un fertilisant 100% naturel, participant ainsi à la régénération des sols et à leur rôle de puits de carbone.

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