La gestion des déchets, et en particulier le compostage, représente un défi majeur et une opportunité significative pour de nombreuses régions, de l'Oise à la Seine-et-Marne. Face à la problématique des friches industrielles, des terres artificialisées et de la préservation des milieux naturels, des solutions innovantes émergent, combinant technologies de pointe et pratiques respectueuses de l'environnement.
L'Impératif de la Durabilité et la Préservation des Milieux Naturels
Le département de l’Oise, à l'instar du reste de la Picardie, est confronté à la présence de dizaines d’hectares de friches industrielles et de terres artificialisées. C'est dans ce contexte que l'autorisation d'installations de traitement des déchets par l’État et les collectivités revêt une importance cruciale. Cependant, cette démarche doit être menée avec une attention particulière à la protection de la biodiversité.
En 1999, le schéma directeur du Valois avait déjà classé un site en espace à dominante boisée, signalant l’objectif de perpétuer l’affectation dominante boisée et la qualité des milieux naturels qui s’y développent. Il est essentiel que toute nouvelle infrastructure, y compris les centres d’enfouissement technique, démontre sa compatibilité avec la sensibilité des milieux naturels environnants. Des espèces remarquables, telles que la Véronique en épi, sont identifiées comme exceptionnelles et menacées d’extinction en Picardie. La destruction d’une seule station de cette espèce est susceptible de porter atteinte au bon état de conservation de l’espèce. Ainsi, le Plan Local d'Urbanisme (PLU) doit fournir des preuves suffisantes de cette compatibilité pour garantir la protection de ces écosystèmes fragiles.
Les Plateformes de Compostage : Transformer les Déchets Verts en Ressource
Le compostage joue un rôle pivot dans la valorisation des déchets organiques. Des plateformes dédiées permettent de transformer de grandes quantités de déchets verts en compost de qualité, s'inscrivant dans une démarche d'économie circulaire.
Le Modèle du SMITOM-LOMBRIC : Réau et Samoreau
Le SMITOM-LOMBRIC illustre cette approche avec ses deux sites de compostage. L'un est situé à Réau, avec une capacité de traitement de 30 000 tonnes de déchets verts par an, tandis que le second se trouve à Samoreau et peut traiter jusqu'à 8 500 tonnes de déchets verts annuellement. Ces plateformes accueillent les déchets verts de deux provenances différentes : ceux collectés auprès des particuliers (en porte-à-porte, en point d’apport volontaire et en déchèterie) et ceux apportés directement par les professionnels. Cette diversification des sources d'approvisionnement assure un apport local constant et efficace.

Le Processus de Fabrication du Compost à Réau
La fabrication du compost suit un processus rigoureux et optimisé. Pour favoriser le processus naturel de compostage, les déchets verts sont broyés, ce qui accélère la décomposition, la rend uniforme et assure un réchauffement plus homogène. Le broyat est ensuite humidifié par du lixiviat, un liquide issu de la décomposition des végétaux et de l’eau de pluie. Il est ensuite stocké dans une alvéole fermée où de l'air est insufflé pour accélérer sa fermentation durant 28 jours. Après cette étape, le compost est criblé, affiné, puis mis en andains durant 6 semaines pour maturation à l’extérieur.
IDELUX Environnement : Le compostage déchets verts à Habay
Un Cercle Vertueux au Service de l'Agriculture et des Habitants
Le compost produit, atteignant 10 000 tonnes par an, est ensuite vendu aux agriculteurs Seine-et-Marnais, contribuant ainsi à l'enrichissement des sols locaux. Il est également distribué aux habitants du territoire, notamment lors de la Journée Portes Ouvertes annuelle du syndicat, ou à l’occasion de journées de distribution de compost ponctuelles. Cette démarche crée un véritable cercle vertueux : les déchets organiques sont transformés en une ressource précieuse, réduisant la quantité de déchets enfouis et soutenant l'agriculture locale.
Les refus issus du criblage, environ 3 500 tonnes par an, ne sont pas perdus. Ils rejoignent la filière bois énergie pour alimenter les chaudières d’équipements collectifs, optimisant ainsi la valorisation de l'ensemble des matériaux.
Technologies Innovantes pour Minimiser les Nuisances
Pour éviter les possibles nuisances olfactives, un aspect souvent préoccupant pour les riverains des sites de traitement des déchets, l’air du bâtiment de Réau est traité par des bio-filtres. Cette technologie permet de purifier l'air avant son rejet dans l'atmosphère, garantissant ainsi une meilleure acceptation sociale de l'installation.
Dans le cadre de la compétence « traitement des déchets », l’exploitation du site de Réau a été transférée à VALCOR le 1er juillet 2020, suite à l’adhésion de la CCPBS qui en conserve la propriété et demeure porteur de l’arrêté d’autorisation. Cette organisation assure une gestion continue et réglementée du site.
Le Traitement Mécano-Biologique (TMB) : Une Approche Globale des Déchets
Au-delà du compostage des déchets verts, le Traitement Mécano-Biologique (TMB) représente une approche plus globale pour la gestion des déchets. Ce processus combine des étapes mécaniques et biologiques pour séparer les matières recyclables des déchets résiduels, tout en favorisant la dégradation biologique des composants organiques.
La Diversité du Compost Produit sur le Site de Lézinadou
Le site de Lézinadou, un exemple éloquent d'unité TMB, fabrique trois types de composts, chacun adapté à des besoins spécifiques et issu de différentes sources de déchets :
Le compost dit « urbain » : Ce type de compost est réalisé à partir des ordures ménagères brutes. Le processus commence par la séparation des matières plastiques et des autres matières indésirables (métaux, verres et autres déchets inertes).La fabrication de compost « Urbain » nécessite plusieurs étapes :
- Dilacération des sacs, pré-fermentation - séchage.
- Criblage et extraction des gros plastiques et inertes dans le tube BRS (Bio-Réacteur Stabilisateur).
- Criblage et tri densimétrique pour la séparation des plastiques de petit diamètre et l'extraction des inertes.
- Extraction des métaux ferreux.
- Mélange avec des déchets verts broyés et mise en compostage dans des tunnels d’aération forcée avec contrôle de la température.
- Criblage.
- Mise en maturation.
Le compost composé uniquement de déchets végétaux : Ce compost est issu exclusivement de broyats de déchets végétaux. Le processus est plus direct :
- Les broyats de déchets végétaux sont mis à composter dans les tunnels d’aération forcée.
- Criblage.
- Mise en maturation.
Le compost composé de boues d’épuration et de végétaux : Bien que le traitement des boues par compostage ne relève pas de la compétence de VALCOR, le processus requiert une part de broyats de déchets végétaux produits par VALCOR pour optimiser la dégradation et la qualité du compost final.
Le temps de fabrication du compost urbain et du compost de végétaux est de 13 semaines, dont 5 semaines de fermentation et 8 semaines de maturation. Le suivi rigoureux de la température de chaque lot est crucial pour vérifier la montée en température et l’hygiénisation des composts. Les températures minimales à atteindre sont de 55° pendant 72 heures ou de 70° pendant une heure. Ces couples temps/température sont systématiquement atteints pour garantir la conformité sanitaire des produits.
Le Fonctionnement de l’Unité de Traitement Mécano-Biologique de Lézinadou
L'Unité de Traitement Mécano-Biologique (UTMB) de Lézinadou est un exemple de l'ingénierie moderne de gestion des déchets. Le processus débute par le déversement des ordures ménagères par les camions de collecte dans une fosse de réception de 500 m³. Un grappin achemine ensuite les déchets sur des tapis, les orientant vers un grand tube de 40 m de long et de 4 m de diamètre : le Bio-Réacteur Stabilisateur (BRS). Ce tube est le lieu de la pré-fermentation des déchets, où l’humidité et le renouvellement d’air sont maîtrisés pour permettre une activité bactérienne optimale et une bonne dégradation des déchets.
À la sortie du BRS, les déchets sont triés via un crible, une opération essentielle qui permet de retirer les gros déchets non fermentescibles, tels que les plastiques et les tissus. Ensuite, trois opérations d’affinage ont lieu pour maximiser la séparation des différents composants :
- Un déferraillage : les boîtes de conserve et autres ferrailles sont récupérées et destinées au recyclage.
- Un criblage : il permet d’extraire les petits morceaux de plastique et autres déchets non fermentescibles de taille supérieure à 10 mm, désignés comme les « refus légers ».
- Un tri balistique : réalisé sur une table à rebonds, il permet de retirer les petits cailloux, les morceaux de verre et de plastiques durs, constituant les « refus lourds ».

Les différents flux ainsi séparés suivent des chemins distincts :
- Les refus grossiers et légers sont compactés en mélange dans des bennes et transportés vers les Unités de Valorisation Énergétique (UVE) de Concarneau et/ou de Briec.
- Les refus lourds sont chargés en bennes et transportés vers le centre d’enfouissement de Gueltas.
- La ferraille est revendue et valorisée, contribuant à l'économie circulaire.
- Le pré-compost continue son chemin sur le site de Lézinadou pour les étapes suivantes du compostage.
Compostage : Fermentation et Maturation Optimisées
Sur le site de Lézinadou, le pré-compost est mélangé à du broyat de déchets verts frais, issus des déchèteries exploitées par la CCPBS et broyés sur place au fur et à mesure des apports. Ce mélange est ensuite disposé dans de grands tunnels fermés où la ventilation est forcée, avec insufflation d’air sous les andains et aspiration de l’air sur le dessus. Ce système favorise l’oxygénation dans le massif de déchets, améliorant ainsi l’activité des bactéries et la rapidité du processus. Cette phase, d’une durée de cinq semaines, est celle qui produit le plus d’odeurs, ce qui justifie le traitement de l’air vicié extrait sur le site.
Une fois cette phase de fermentation achevée, le produit est criblé et déposé en andains sur la plateforme extérieure pour la phase de maturation, qui dure 8 semaines. À l'issue de cette période, un prélèvement est effectué dans le compost et analysé dans un laboratoire accrédité. Si le résultat est conforme à la norme NF U44-051 en vigueur, le compost peut être commercialisé en tant que produit, prêt à être utilisé pour l'agriculture ou le jardinage.
La Gestion des Encombrants : Le Cas de Péroy-les-Gombries
À Péroy-les-Gombries, comme dans de nombreuses villes des Hauts-de-France, la question de la gestion des vieux objets volumineux, ou encombrants, se pose fréquemment. La façon dont ces déchets sont gérés dépend de l'organisation locale et peut changer en fonction du moment, des règles ou de qui s'en occupe (la ville elle-même ou les organismes dont elle fait partie). Il n'y a pas toujours une seule façon de faire enlever les objets encombrants à Péroy-les-Gombries. Des solutions peuvent être possibles, mais elles sont soumises à des conditions précises et peuvent changer.
S'il y a des options, elles peuvent demander des démarches à faire avant, des règles à suivre ou des contraintes liées aux objets concernés. Il est donc fortement recommandé de se renseigner auprès des services municipaux ou des organismes compétents avant d'entreprendre toute action, afin d'éviter des problèmes et des amendes.

L’autre option pour les habitants consiste à se rendre directement à la déchetterie de Péroy-les-Gombries pour déposer personnellement leurs déchets encombrants. Cela est particulièrement pertinent pour ceux qui ne souhaitent pas les laisser traîner devant chez eux. Il est crucial de savoir qu’un tri s’impose avant de laisser la collecte des gros déchets aux services de la municipalité. Certains encombrants peuvent être refusés en fonction de leur nature ou de leur taille. En tout état de cause, le dépôt sauvage de déchets sur la voie publique est sanctionné par une amende forfaitaire allant de 68 € à 450 €, voire plus, soulignant l'importance de suivre les procédures établies pour une gestion responsable des déchets.
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