Tout savoir sur le compostage, la permaculture et l’agroécologie : L’art de fertiliser la vie

Le compostage est une technique cruciale en permaculture pour recycler les déchets organiques et enrichir le sol naturellement. Le compostage est une pratique fondamentale en permaculture, qui s’inscrit parfaitement dans les principes de cette approche écologique et durable. La permaculture vise à créer des écosystèmes harmonieux et résilients, où chaque élément joue un rôle essentiel dans le cycle de vie. Le compostage est un processus naturel de décomposition de la matière organique, qui se produit grâce à l’action de micro-organismes, de champignons et de petits invertébrés. En nourrissant le sol, le compost contribue à la santé globale de l’écosystème. Des plantes bien nourries sont plus résistantes aux maladies et aux ravageurs, ce qui réduit le besoin en traitements chimiques.

Schéma illustrant le cycle du compostage et la vie du sol

Les fondements du compostage en permaculture

En adoptant le compostage, les citoyens participent activement à la transition écologique et s’inscrivent dans une démarche de permaculture à l’échelle locale. Le compostage est une technique essentielle en permaculture, permettant de recycler les déchets organiques directement sur place et de produire un amendement naturel et gratuit pour enrichir le sol. Согласно l’ADEME (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie), le compostage permet de réduire de 30% le volume des déchets ménagers. La loi française relative à la lutte contre le gaspillage et à l’économie circulaire (loi AGEC) prévoit qu’à partir du 1er janvier 2024, tous les particuliers devront avoir accès à une solution de tri à la source de leurs biodéchets.

Le compostage s'intègre parfaitement dans une démarche de permaculture, en valorisant les ressources locales et en bouclant les cycles de la matière organique. Dans cette approche, chaque élément du jardin entre en interaction pour créer un système résilient et harmonieux.

Les différentes méthodes de compostage

Il existe de nombreuses façons de composter en permaculture, chacune avec ses avantages et ses contraintes. Le choix dépendra de l’espace disponible, du volume de déchets à traiter et des préférences de chacun.

Le compostage en tas (andain)

Le compostage en tas, aussi appelé andain, est particulièrement adapté aux grands jardins produisant beaucoup de matières à composter. Il suffit de former, à même le sol, un tas faisant entre 50 cm et 1,5 m de haut en moyenne en alternant les couches de matières vertes et de matières brunes. L’emplacement du tas doit être choisi avec soin selon la surface disponible, les synergies possibles avec les autres éléments du jardin et le zoning du lieu. Il est conseillé d’abriter le tas des pluies pour éviter les lessivages qui emmèneraient les précieux nutriments dans les eaux de ruissellement.

Le compostage en silo ou bac

L’utilisation d’un silo ou d’un bac à compost permet de contenir le compost dans un espace défini, facilitant ainsi la gestion de l’espace et la rotation du compost. Ces contenants accélèrent également le processus de décomposition grâce à une meilleure rétention de la chaleur. Il existe de nombreux modèles de composteurs en bois, en plastique ou même en métal. Certains sont équipés d’un système d’aération par le bas et d’un couvercle pour protéger des intempéries.

Le lombricompostage

Le lombricompostage utilise l’action des vers de compost, comme les vers rouges (Eisenia fetida), pour décomposer les déchets organiques. Cette technique se pratique généralement dans des bacs appelés lombricomposteurs, avec plusieurs plateaux pour séparer les différents stades de décomposition. Le lombricompostage produit à la fois du compost et du lombricompost, un amendement très riche issu des déjections des vers. Il génère peu d’odeurs, peut être installé même dans un garage ou sur un balcon.

Le Bokashi

Le bokashi est une technique de compostage anaérobie originaire du Japon. Les déchets organiques sont placés dans un seau hermétique en alternance avec du « bokashi », un mélange de son de blé ou de sciure ensemencé avec des micro-organismes efficaces (EM). L’avantage du bokashi est qu’il accepte tous les types de déchets alimentaires, y compris viande et produits laitiers, sans attirer les animaux. C’est une méthode rapide qui prend peu de place.

Comparaison visuelle entre compost en tas, lombricomposteur et Bokashi

La gestion des matières : le secret de l'équilibre

Un bon compost nécessite un équilibre entre les matières carbonées et azotées. La proportion idéale est de 50/50, c’est-à-dire un volume de matières vertes humides (riches en azote) pour un volume de matières brunes sèches (riches en carbone).

  • Matières brunes (Carbone) : Broyat de bois, feuilles mortes, paille, troncs de légumes. Elles sont indispensables à la structure.
  • Matières vertes (Azote) : Tontes de pelouse, restes de cuisine, résidus de culture. Elles apportent l'humidité et l'énergie.

Si vous avez un bac à compost chez vous et que vous apportez uniquement vos restes de cuisine, le tas ne semble pas beaucoup grossir car ces matières se décomposent très vite sans produire beaucoup d'humus. Il faut donc impérativement ajouter des matières brunes.

Le compostage de surface : une approche permacole directe

Le compostage de surface consiste simplement à déposer la matière organique directement sur le sol, éventuellement sous un paillage. C’est une technique simple qui imite les processus naturels de décomposition. Faire du compostage de surface revient tout simplement à déposer les matières organiques compostables en surface du sol !

Pourquoi composter en surface ?

  1. Gain de temps et d'énergie : Pas besoin de retourner un tas, la nature travaille pour vous.
  2. Nourriture directe : L'énergie contenue dans les déchets (sucres, protéines) est mise à disposition immédiate de la vie du sol.
  3. Humidité : Sous un paillage, les déchets de cuisine délivrent une humidité lente et constante au sol.

[TUTO] Comment faire du compostage de surface ? – Jardinerie Gamm vert

L'importance de la vie du sol et de l'aération

Les micro-organismes qui décomposent les matières organiques ont besoin d’oxygène pour vivre. Il est donc crucial de brasser régulièrement votre compost pour l’aérer. Un compost bien aéré, c'est l'assurance d'une montée en température idéale pour hygiéniser le tas.

Dans un tas de compost, ce sont des milliers de petits ouvriers qui s’activent à transformer la matière brute en compost, riche en humus et en minéraux : bactéries, champignons, collemboles, cloportes et vers de terre. Un composteur de jardin n'a pas de fond pour permettre à cette vie d'aller et venir et de s'autoréguler.

Les erreurs à éviter et les bonnes pratiques

  • Excès d'humidité : Si du liquide s’échappe en serrant une poignée de compost, il est trop humide.
  • Sécheresse : Un compost trop sec se décomposera très lentement.
  • Déchets indésirables : Évitez les plantes invasives montées en graines, les ronces ou les végétaux malades en grande quantité. Les produits d'origine animale (viande, poisson) sont déconseillés hors Bokashi ou compostage industriel, car ils attirent les nuisibles.
  • Emplacement : Placez le composteur près de la zone de production intensive (potager, verger) pour faciliter son utilisation.

Utilisation du compost au potager

Le compost est prêt à l’emploi lorsqu’il est sombre, friable et sent la terre forestière, sans traces visibles de déchets d’origine.

  • Incorporation légère : Étalez le compost en surface (2 à 5 cm).
  • Paillage : Déposez le compost autour des plantes comme paillis nutritif.
  • Godets : Un compost bien mûr peut être tamisé pour remplir vos godets à semis au printemps.

En compostant ses déchets organiques, un foyer de 4 personnes peut réduire le volume de sa poubelle de 30 à 40%. Cela représente une économie significative sur la taxe d’enlèvement des ordures ménagères. Le compost est vraiment l’or noir du jardinier. En valorisant les ressources locales, vous bouclez les cycles de la matière organique et offrez à votre jardin la fertilité nécessaire pour produire des légumes sains toute l’année.

Photo d'un compost mûr prêt à être épandu sur une planche de culture

Ne jardinez plus au hasard. En observant le sol et vos plantes, vous apprendrez à ajuster vos apports. La fertilité ne s'achète pas en sac, elle se cultive au quotidien à travers les gestes simples du compostage, transformant ainsi chaque déchet en une ressource précieuse pour la résilience de votre écosystème.

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