
Dans un monde où la réduction de notre empreinte écologique est devenue une priorité, des pratiques ancestrales retrouvent leurs lettres de noblesse. Le compostage et le paillage en sont de parfaits exemples. Ces gestes écocitoyens, simples à mettre en œuvre, transforment nos déchets organiques en ressources précieuses pour le jardin, protégeant le sol et limitant l'arrosage. En effet, de nombreux restes de repas, épluchures de fruits et légumes sont encore jetés alors qu'ils sont faciles à composter, et les déchets verts du jardin valorisables. Ce guide explore les différentes facettes de ces techniques, de leurs bienfaits à leurs applications, pour une approche holistique et durable du jardinage.
Le Compostage : Un Cycle Naturel au Service du Jardinier
Le compostage est l'art de transformer les déchets organiques en un amendement riche pour le sol, imitant les processus naturels de décomposition. C'est une excellente solution pour réduire le volume de la poubelle et enrichir la terre. Pour ceux qui ont un jardin et une grande envie de se lancer, deux solutions principales sont possibles : le compostage en tas ou en bac.
Comprendre l'Intérêt du Compostage
Bien comprendre l'intérêt et le principe du compostage est essentiel avant d'apprendre comment faire du compost. La réponse est simple : rendre à la terre ce qu’elle nous a donné. Les déchets organiques, appelés biodéchets, constituent aujourd’hui un tiers de nos poubelles. Le compostage, comment ça marche ? La clé réside dans le processus de décomposition auxquels sont soumis les déchets putrescibles, qu’il s’agisse de restes alimentaires ou de déchets verts et bruns. Sous l’action de la chaleur et avec un apport en oxygène suffisant, des micro-organismes et macro-organismes se développent au sein du composteur. Le compostage est d’autant plus important qu’une nouvelle réglementation, au 1er janvier 2024, impose à tous, professionnels, collectivités et particuliers, de trier leurs biodéchets à la source et de mettre en place une solution de valorisation. Recycler et composter ses déchets est un véritable geste écocitoyen permettant de diminuer son empreinte écologique. Composter à la maison fait partie des gestes écologiques qui aident à réduire le gaspillage des ressources naturelles et énergétiques.
Les Différentes Méthodes de Compostage
Transformer ses déchets alimentaires à la maison offre plusieurs options, chacune adaptée à des besoins et des espaces différents :
Le Compostage en Tas
Cette méthode consiste à entasser tous les déchets à un endroit choisi, facile. Adaptée pour les grands jardins, cette forme de compostage est simple à réaliser et ne nécessite pas beaucoup d’intervention. Le tas peut être agrandi autant que souhaité. En revanche, le temps de dégradation de la matière est long et irrégulier, car le tas est exposé aux intempéries.
Le Compostage en Bac
Méthode privilégiée pour les moyens et petits jardins, le compostage en bac s’avère plus esthétique qu’un simple tas trônant sur le gazon. À l’abri des aléas climatiques, les déchets se dégradent plus rapidement dans un composteur domestique. Cette technique de compostage requiert une surveillance régulière pour éviter tout risque de sécheresse ou d’humidité trop forte. La contrainte de place est aussi à prendre en compte.

Le Lombricompostage
Faire du compost en appartement, c’est possible grâce au lombricomposteur. Vous pouvez installer cette boîte à étages sur votre balcon ou terrasse, et même à l’intérieur du logement. Véritable écosystème, le vermicomposteur abrite des vers de terre inoffensifs qui se délectent de vos restes organiques. L’idéal pour valoriser vos biodéchets !
Le Composteur Rotatif et le Bokashi
D'autres systèmes comme le composteur rotatif ou le bokashi offrent des alternatives intéressantes. Le composteur rotatif permet un brassage facile et accélère la décomposition, tandis que le bokashi, une méthode de fermentation anaérobie, permet de composter presque tous les types de déchets alimentaires, y compris la viande et les produits laitiers, avant de les enfouir ou de les ajouter à un composteur traditionnel.
Le Compostage de Surface : La Nature comme Modèle
Le compostage de surface est une façon rapide d’optimiser presque toute la matière organique en la mettant directement à la disposition des légumes. Un gain en temps et en fertilité, alors pourquoi s’en priver ? Le compostage de surface consiste à venir directement déposer les déchets organiques sur les planches de cultures. Cela revient à reproduire un cycle bien connu de la nature, celui de la matière organique : une plante pousse, meurt, et tombe au sol. Puis elle se décompose, améliorant ce dernier au passage. Le compostage de surface consiste à reproduire cela au potager : vos déchets organiques sont déposés à même le sol du potager et recouverts (dans la majorité des cas) par un paillage pour garder un côté esthétique.
Cette pratique s'inspire directement de l'observation de la nature. En effet, dans la nature, le compostage par la chaleur n’existe pas ou quasiment pas. La quasi-totalité des matières organiques sont transformées dans les litières et subissent donc un compostage de surface. Si l’on regarde l’énergie contenue dans les matières organiques, on tient là un argument plus solide. En effet, les végétaux captent l’énergie solaire via la photosynthèse et la stockent sous forme chimique dans leurs composés organiques (sucres notamment mais aussi lignine, protéines…). Cette énergie transite alors le long des chaînes trophiques… Et permet rien moins que l’existence des formes de vie terrestre autres que les végétaux ! Cette énergie se trouve dans les matériaux que vous compostez, qu’ils soient d’origine végétale ou animale. Si vous compostez en tas, cette énergie est en grande partie transformée en chaleur et est donc dissipée et perdue pour la vie du sol. Si le matériau est apporté frais au sol, cette énergie sera alors mise à disposition de l’activité biologique du sol (vers de terres, micro-organismes, larves d’insectes…). Et même si l’on considère uniquement la nature des matières organiques, sans tenir compte de cet aspect énergétique, on se rend compte que les matières non compostées sont composées de sucres, de protéines, de cellulose… Qui sont là encore des composés qui participent à nourrir directement la vie du sol. Plus un compost est mûr, moins il contient de tels composés. Un autre avantage est la simplicité de mise en œuvre. En effet, ici, pas besoin de faire un tas dans les règles de l’art. Non, tout cela devient inutile, il suffit de déposer les matières compostables au contact du sol.
Mettre en Place le Compostage de Surface
Si vous paillez au jardin, vous pratiquez déjà une forme de compostage de surface. N’hésitez pas à hacher vos restes de cultures. Généralement et même si ce n’est pas obligé, les jardiniers déposent ces déchets là sous un paillage déjà présent.
Pourquoi recouvrir les déchets ?
Pour plusieurs raisons, explique Gilles Domenech. Tout d’abord cela évite certaines nuisances visuelles. Et dans une moindre mesure olfactive (notamment s’il y a des résidus d’origine animale dans des déchets de cuisine). Le compostage de surface est à considérer à mi-chemin entre un paillage et un compost. Certains vont même jusqu’à nettoyer et préparer les légumes dès la cueillette. Cela permet par exemple de laisser les fanes de betteraves ou de carottes pour ceux qui ne les cuisinent pas. Ou encore les queues de haricots. Du temps de gagné et moins de saletés ramenées à la maison !
Comment réaliser du Compost de surface? Une recette merveilleuse pour votre sol.
Quels déchets pour le compostage de surface ?
- Déchets de cuisine : Tous les déchets de cuisine peuvent être épandus au potager sous le paillage au fil des mois. Évitez tout de même la viande, le poisson et les produits laitiers qui peuvent devenir embêtants en attirant les rats. Préférez les composter dans votre silo. Pour l’anecdote, il est possible de composter un gros fromage fait-maison sous un paillage, qui était plein de vers (si l'on a raté son fromage…).
- Déchets du jardin : Tout ce que votre terrain produit ! Des feuilles, des restes de tailles bien hachées. Il est souvent déconseillé de composter les légumes atteints de maladie. Certains recommandent de brûler les tomates pour éviter toute propagation du mildiou par exemple. Brûler de la matière organique…? Quelle hérésie quand on connaît la richesse qu’elle représente ! De plus, les spores des champignons restent dans le sol d’une année sur l’autre et sont présents partout dans l’environnement. Vous ne risquez donc pas grand-chose en les mettant en compostage de surface… Et si vous y tenez, vous pouvez toujours les mettre sur une planche de culture où vous n’implanterez pas de tomates la prochaine saison pour reprendre cet exemple.
- Adventices : Bien sûr ! Elles sont pleines de minéraux. Lors du désherbage, laissez les adventices sécher, racines à l’air libre, durant quelques jours. En particulier les plus problématiques comme le chiendent. Pour les annuelles peu problématiques, vous pouvez les laisser croître jusqu’à ce qu’elles gênent les cultures. Par la suite, vous les coupez au collet avec un opinel par exemple. C’est tout ! Toutes ces adventices relâcheront des minéraux dans le sol après leur décomposition.
- Tonte de pelouse : La tonte peut aussi être utilisée en compostage de surface et faire office de paillage par la même occasion.
Équilibrer les apports : Azote et Carbone
Pour bien maîtriser ce paramètre qui ne semble pas forcément évident, il suffit de regarder la consistance de ce que l’on met en paillage. Tout ce qui est tendre et humide contient majoritairement de l’azote (tonte, déchets de cuisine, reste de cultures …). À l’opposé, tout ce qui est sec, dur et ligneux contient du carbone (bois, broyat, paille, …). Retenez simplement qu’il est optimal de mélanger à la fois des déchets carbonés et azotés pour qu’ils se bonifient les uns les autres. Un apporte de l’eau, de l’azote, pendant que l’autre apporte du carbone et aère l’ensemble. Généralement le compostage de surface se fait en présence d’un paillage (qui reste aussi une forme de compostage de surface). Au-dessus ou en dessous, cela dépendra surtout de ce que l’on épand. Généralement, les déchets de cuisine sont enfouis sous le paillage pour des raisons esthétiques. La tonte quant à elle peut tout à fait être posée sur le paillage. En pratique, évitez les matériaux trop ligneux non broyés ou non hachés comme les branchages de grosse section que vous devrez déplacer et écarter à chaque plantation.
Les Bénéfices du Compostage de Surface
- Nourrit la vie du sol : Le compostage de surface nourrit directement toute la petite faune qui grouille sous nos pieds. Dans un mètre cube de sol, on peut compter jusqu’à huit cents lombrics ! (Ils sont nettement plus nombreux dans un sol argileux qu’un sol sableux et drainant). Tous ces êtres vivants décomposent la matière et rejettent dans le sol la nourriture indispensable aux végétaux que nous cultivons. En les nourrissant, on alimente donc directement nos futurs légumes et indirectement nos estomacs ! Les vers de terre sont friands du compostage de surface : ils finiront par s’en nourrir.
- Amélioration de la structure du sol : À moyen terme, le compostage de surface permet aussi une amélioration de la structure du sol. Ces derniers permettent de structurer les particules de terre entre elles. Au bout de quelques années de compostage de surface, la texture du sol devient souvent très intéressante. On la compare à du couscous !
- Gain de temps : Le compostage de surface fait effectivement gagner beaucoup de temps ! Une fois la vie du sol bien installée, les décomposeurs travaillent vite et bien. Vous pourrez directement planter dedans en veillant à écarter un peu les résidus des anciennes cultures et déchets de cuisine. Par exemple, des laitues peuvent être repiquées à l’ancien emplacement de choux-fleurs qui ont été coupés et découpés sur place.
- Maintien de l'humidité du sol : L’apport de déchets de cuisine au potager permet aussi d’augmenter l’humidité dans le sol. Ils sont constitués de 40 à 95 % d’eau. Cette économie peut sembler négligeable. Mais à l’abri sous le paillage en été, ils délivreront au final une belle humidité au sol, lentement, et maintiendront la terre humide plus longtemps. Pratique pour limiter les effets d’une sécheresse. Les plantes, et en particulier les légumes, ont besoin d’eau pour pousser.
Précautions et Inconvénients du Compostage de Surface
Malheureusement, cela ne fonctionne pas partout. Il faut prendre des précautions avec certaines cultures en particulier qui n’apprécient pas les sols trop humides. C’est notamment le cas avec l’ail ou l’oignon. Évitez donc le compostage de surface avec ces cultures.
Il est vrai que cette nourriture et cette humidité disponible en attire plus d’un. C’est surtout le cas pour les restes de cuisine que l’on composte en surface. Vous aurez peut-être affaire occasionnellement à des ravageurs mais le potager les attire dans tous les cas, compostage de surface ou non. Alors il serait dommage d’abandonner l’idée avant même d’avoir essayé : si vous avez l’envie, lancez-vous dans le compostage de surface. Vous pourrez toujours vous arrêter en cas de problèmes avec des ravageurs.
- Les limaces : Les voraces gastéropodes dévorent les plantules dès le début du printemps. Chez certaines personnes les limaces se nourrissent du compostage de surface et épargnent les plants. Les déchets végétaux attirent les limaces.
- Les rongeurs : Ils trouvent souvent cachette sous les paillages, bien à l’abri des rapaces et autres prédateurs. En faisant du compostage de surface sous le paillage, on leur offre donc le gîte et le couvert au potager. Ils ne sont pourtant pas les bienvenus dans les cultures, en particulier pour les légumes racines qu’ils apprécient particulièrement. Pour limiter au maximum d’attirer les rats, excluez les déchets d’origine animale (viande, poisson, produits laitiers) à proximité des plantes cultivées. Vous pouvez les composter dans un massif d’ornement par exemple ou au compost. Pour ce qui est des campagnols et autres rongeurs souterrains, le paillage est dans tous les cas attractif pour eux.
- Les oiseaux : Les oiseaux, et en particulier les merles raffolent des vers de compost. Pour se servir, rien de plus simple.
Compostage de Surface vs. Compost en Tas : Complémentarité des Approches
Le compost de surface génère moins de chaleur, de vapeur d’eau et de gaz que le compost en tas. Ainsi, il est possible de ne pas composter dans un tas séparé. Toutes les matières organiques (déchets de cuisine, restes de culture non malades, feuilles mortes, tontes, broyat) partent directement dans les plates-bandes. Il est conseillé de casser et couper un peu les déchets les plus gros comme les restes de plants, mais à peine. Cette méthode a le mérite de la simplicité : vous minimisez les interventions et retirez un maximum de votre matière organique. En effet, les éléments compostent alors directement en place en nourrissant directement la vie du sol là où je cultive. Les jus de compost très riches en éléments partent bien dans les zones de culture. En revanche, forcément, on n’a pas d’hygiénisation du tas de compost par cette montée en température. À noter aussi que si vous avez des problèmes de rongeurs, c’est une pratique à éviter car vous nourrissez le problème.
Il est donc intéressant de faire un compost en tas ou en silo pour produire beaucoup de compost d’un coup. Il permet aussi de faire un substrat riche lors du repiquage des plants. Par ailleurs, contrairement à un bon compostage en tas, le compostage de surface ne détruit pas les adventices et leurs graines. Il ne subit pas de montée en chaleur qui permet de « nettoyer » le compost plus classique. Le climat peut aussi parfois vous inciter à mieux valoriser vos déchets en tas où vous pourrez gérer aux petits soins le taux d’humidité.
Pour faire un mix entre les deux, il existe aussi le compostage en tranchée. Il suffit de creuser une petite tranchée entre deux rangs de culture et de venir le remplir de matière organique. Cela permet d’enrichir un rang de légume disposé à côté par exemple, c’est une méthode éprouvée. Le compostage de surface est donc complémentaire avec un compost en tas ou en silo. Il fonctionne très bien… mais à condition d'en avoir deux ! Le compost a besoin d'un temps de maturation pour que les décomposeurs fassent leur travail jusqu'au bout.
Le Paillage : Une Couverture Protectrice pour le Sol
Incroyable ce qu’un jardin produit de déchets verts ! Compostage et paillage sont les deux principales voies du recyclage des déchets organiques. Pailler consiste à étaler sur la terre un matériau couvrant, le paillis - ou mulch en anglais - destiné à protéger la terre et à empêcher le développement des herbes indésirables. Dans la forêt, les feuilles mortes agissent comme un paillis. Les premières tombées en automne se dégradent vite en humus au contact de la terre humide et chaude, tandis que les dernières tombées forment une couche protectrice qui recouvre les premières et les protège du dessèchement. Elles se dégradent plus lentement et conservent leur efficacité protectrice jusqu’à l’automne suivant. L’ensemble du jardin peut être paillé de la sorte. C’est le paillage le plus simple et le plus naturel qui soit.
Les Différents Types de Paillis Naturels
Il n’y a pas de feuilles bonnes ou mauvaises : la nature les recycle toutes, plus ou moins vite !
- Feuilles mortes : Celles des châtaigniers, chênes, grands érables, platanes…, dures et coriaces, sont parfaites en paillis de longue durée. De façon générale, les feuilles ne doivent pas être enfouies dans la terre, mais simplement laissées à la surface du sol, comme dans la nature. Commencez par laisser sur place les feuilles tombées au pied des arbustes. Si elles ne suffisent pas pour former une litière assez épaisse pour durer un an, ajoutez les feuilles mortes ratissées sur la pelouse et dans les allées. Les petites feuilles, comme celles du chêne ou du saule, conviennent bien pour pailler entre les fleurs vivaces et les bisannuelles. Elles peuvent être étalées dès l’automne, en couche peu épaisse pour ne pas asphyxier les plantations. Les plantes délicates et celles dont les parties aériennes disparaissent totalement au cours de l’hiver préfèrent être paillées au printemps, lorsque leur croissance redémarre : utilisez les feuilles stockées en tas au cours de l’hiver, qui auront subi un précompostage favorable (terreau de feuilles de six mois). Les petits fruits apprécient beaucoup le paillis de feuilles. En automne, épandez du compost jeune puis paillez avec des feuilles qui se décomposent lentement (chêne, châtaignier…). Sous les pommiers et autres arbres fruitiers, attendez la chute de leurs feuilles, puis couvrez celles-ci avec les dernières tontes de pelouse et éventuellement un peu de compost. Elles se décomposeront très vite et les lombrics les entraîneront en profondeur.
- Tonte de pelouse : À condition de les faire d’abord sécher au soleil pendant quelques jours, pour éviter qu’elles ne se tassent en formant une pellicule imperméable et putride, on peut en disposer une couche épaisse (8 à 10 centimètres) au pied de toutes les plantes du jardin. Si elles sont étalées juste après la tonte, la couche devra alors être peu épaisse (3 centimètres maximum) et son effet protecteur sera moins efficace et moins durable.
- Autres déchets du jardin : De nombreux autres déchets du jardin peuvent être recyclés sous forme de paillis : tiges sèches et souples des montbrétias et des hémérocalles, tiges sèches broyées des cosmos, des asters… et surtout, branches des haies et arbustes taillés : celles-ci forment, après les tontes, le deuxième volume le plus important des déchets verts ! Le broyat d’hiver convient mieux que celui de printemps, car il est plus sec et ne risque pas de chauffer. Même les tailles des thuyas et autres cyprès, inaptes à l’utilisation en compost, forment un excellent paillis une fois broyées. Étalées à la surface du sol, elles inhibent la germination et la croissance des herbes indésirables. Cette action est durable, gratuite et sans danger pour l’environnement. En définitive, tous les déchets du jardin peuvent être récupérés et recyclés sur place.

Le Processus de Compostage en Profondeur
Le compostage, qu'il soit en tas, en bac ou en lombricomposteur, repose sur un processus de décomposition orchestré par une multitude d'organismes vivants.
Choisir et Installer son Composteur
Une fois que vous avez sélectionné la méthode de compostage adaptée à vos soins, place à l’achat ou la fabrication du composteur ! Un lombricomposteur en plastique recyclé est idéal pour composter en appartement. Facile à utiliser et à entretenir, il garantit une bonne étanchéité. Attention néanmoins aux écarts de température si le vermicomposteur est placé en extérieur sur un balcon. Les vers supportent mal la surchauffe et le froid ! On retrouve de jolis modèles de lombricomposteurs en bois, qui offrent une meilleure protection thermique pour nos amis les vers. Quelques inconvénients cependant : plus lourds et moins maniables, ils ne produisent pas non plus de lombrithé. Car le bois est un matériau vivant qui absorbe l’humidité. Difficile donc de récolter du thé de compost, ce liquide produit lors du processus de décomposition des déchets organiques. Un composteur en bois, non traité de préférence, se fondra bien dans votre jardin grâce à son rendu naturel et authentique. Il possède une bonne isolation thermique, un bon point pour faire du compost. Toutefois, il aura tendance à pourrir et à s’abîmer plus vite qu’un bac à compost en plastique. Ce dernier présente l’avantage d’être résistant dans la durée et de transformer plus rapidement la matière en compost homogène. Par contre, son aspect poubelle peut rebuter.
Vous aimez bricoler ? Pourquoi ne pas fabriquer un bac à compost vous-même ? Rien de plus simple que de construire un composteur en bois. Enfilez votre plus belle salopette, récupérez des palettes ou des planches de bois et prévoyez des piquets. Que vous achetiez un composteur ou que vous le fabriquiez vous-même, n’installez pas votre bac à compost au hasard. Privilégiez un emplacement à la fois ombragé et ensoleillé, si possible à l’abri des intempéries. Le composteur doit être facile d’accès, ni trop loin ni trop près de la maison.
Les Déchets à Composter et Ceux à Éviter
Recycler les déchets putrescibles vous permettra de faire dégonfler vos ordures ménagères d’un tiers ! Mais pas question de trier n’importe comment. Bien composter, ça s’apprend : il y a certaines techniques et savoir-faire à respecter pour obtenir un bon compost. N’est pas maître composteur qui veut ! Trier ses déchets à la source diminuera les risques de compost raté. Alors que mettre dans le compost ? Quels déchets organiques sont recyclables pour faire du compost ?
- Déchets verts (riches en azote et humides) : épluchures de fruits et légumes, marc de café, sachets de thé, restes de repas (sans viande ni poisson), tontes de pelouse fraîches, fanes de légumes, herbes coupées.
- Déchets bruns (riches en carbone et secs) : feuilles mortes, paille, broyat de branches, carton non imprimé, sciure de bois, copeaux, coquilles d'œufs écrasées.
Certains déchets sont à éviter : les os, les restes de viande et de poisson, les corps gras, les sacs biodégradables des supermarchés ou encore l’ail et l’échalote qui sont vermifuges. Dans tous les cas, veillez à broyer ou couper en petits morceaux les biodéchets à composter pour faciliter leur décomposition.
➔ Astuce : rassemblez tous vos déchets alimentaires dans un bioseau stocké dans la cuisine pour éviter de multiplier les allers-retours au composteur.
L'Entretien du Compost : Les Clés de la Réussite
Vous pensiez que pour faire du compost il fallait juste empiler vos déchets organiques dans le bac à compost ? Détrompez-vous. L’amas en décomposition est un véritable écosystème dont vous devez prendre soin. Il faut le chérir et lui donner un peu d’amour.
Équilibre des Matières
Pour réussir son compost, il convient de varier les apports de biodéchets. Un mélange équilibré se compose généralement d’environ deux tiers de matière humide riche en azote (les déchets verts), pour un tiers de matière sèche carbonée (les déchets bruns). Pensez donc à alterner les couches de déchets verts et de déchets bruns. Évitez également les apports uniques en grande quantité. Tout est question de dosage.
Humidité
La deuxième règle d’or consiste à garantir une humidité suffisante à l’intérieur du composteur. Faire du compost est un art, il faut savoir jongler entre sécheresse et humidité. Un contenu trop sec et c’est le processus de transformation des déchets ménagers qui s’arrête. Trop humide, le compost pourrira et dégagera des mauvaises odeurs : pas très agréable pour soi-même et les voisins. C’est pour cela qu’il est important de contrôler régulièrement l’état du mélange afin de le réguler. S’il vous paraît desséché, arrosez le compost. Ayez la main légère pour ne pas noyer la matière.
Aération
Aérez votre compost ! Il abrite tout un écosystème de bactéries, champignons, vers de terre, cloportes, insectes, bref, des êtres vivants qui ont besoin de respirer. Mélanger le compost permet d’apporter l’oxygène nécessaire et participe à l’oxydation de la matière organique. L’idéal est de retourner le compost à chaque apport : un brassage en surface suffit pour incorporer les déchets frais à la couche inférieure. Effectuez également un retournement en profondeur de manière ponctuelle afin de garantir une belle aération.
La Maturité du Compost et son Utilisation
Comptez plusieurs mois pour obtenir un compost à maturité. Le compost mûr se caractérise par sa structure granuleuse, et sa texture fine et homogène qui ressemble à du terreau. De couleur sombre, il dégage une délicieuse odeur de sous-bois, de humus forestier. Lorsque votre compost est prêt à l’emploi et sent la bonne terre, épandez-le sur votre potager ou vos plantes. Plus qu’un engrais naturel, c’est un véritable amendement riche en éléments nutritifs qui booste la fertilité des sols. Comment faire du compost n’a maintenant plus de secrets pour vous.