Le compostage de surface est une façon rapide d’optimiser presque toute la matière organique en la mettant directement à la disposition des légumes. Un gain en temps et en fertilité, alors pourquoi s’en priver ? Le compostage de surface consiste à venir directement déposer les déchets organiques sur les planches de cultures. Cela revient à reproduire un cycle bien connu de la nature, celui de la matière organique : une plante pousse, meurt, et tombe au sol. Puis elle se décompose, améliorant ce dernier au passage. Le compostage de surface consiste à reproduire cela au potager : vos déchets organiques sont déposés à même le sol du potager et recouverts (dans la majorité des cas) par un paillage pour garder un côté esthétique.

Les fondements biologiques et énergétiques du compostage de surface
Tout d’abord par observation de la nature. En effet dans la nature, le compostage par la chaleur n’existe pas ou quasiment pas. La quasi totalité des matières organiques sont transformées dans les litières et subissent donc un compostage de surface. Si l’on regarde l’énergie contenue dans les matières organiques, on tient là un argument plus solide. En effet, les végétaux captent l’énergie solaire via la photosynthèse et la stockent sous forme chimique dans leurs composés organiques (sucres notamment mais aussi lignine, protéines…). Cette énergie transite alors le long des chaînes trophiques… Et permet rien moins que l’existence des formes de vie terrestre autres que les végétaux !
Mais quel rapport avec votre jardin me direz-vous ? Eh bien tout simplement que cette énergie se trouve dans les matériaux que vous compostez. Qu’ils soient d’origine végétale ou animale. Si vous compostez en tas, cette énergie est en grande partie transformée en chaleur et est donc dissipée et perdue pour la vie du sol. Si le matériau est apporté frais au sol, cette énergie sera alors mise à disposition de l’activité biologique du sol (vers de terres, micro-organismes, larves d’insectes…). Et même si l’on considère uniquement la nature des matières organiques, sans tenir compte de cet aspect énergétique, on se rend compte que les matières non compostées sont composées de sucres, de protéines, de cellulose… Qui sont là encore des composés qui participent à nourrir directement la vie du sol. Plus un compost est mûr, moins il contient de tels composés. Et enfin un autre avantage est la simplicité de mise en œuvre. En effet, ici, pas besoin de faire un tas dans les règles de l’art. Non, tout cela devient inutile, il suffit de déposer les matières compostables au contact du sol.
Mise en place pratique au potager
Vous êtes convaincu et souhaitez vous lancer dans le compostage de surface ? Pour mettre en place du compostage de surface, rien de plus simple, vous le faites même déjà sûrement. Si vous paillez au jardin, vous pratiquez déjà une forme de compostage de surface. Cet article est davantage axé sur ces déchets-là en particulier. N’hésitez pas à hacher vos restes de cultures. Généralement et même si ce n’est pas obligé, les jardiniers déposent ces déchets là sous un paillage déjà présent. Pourquoi recouvrir les déchets ? Pour plusieurs raisons, explique Gilles Domenech. “tout d’abord cela évite certaines nuisances visuelles. Et dans une moindre mesure olfactive (notamment s’il y a des résidus d’origine animale dans des déchets de cuisine). Le compostage de surface est à considérer à mi-chemin entre un paillage et un compost.

Certains vont même jusqu’à nettoyer et préparer les légumes dès la cueillette. Cela permet par exemple de laisser les fanes de betteraves ou de carottes pour ceux qui ne les cuisinent pas. Ou encore les queues de haricots. Du temps de gagné et moins de saletés ramenées à la maison ! Tous les déchets de cuisine peuvent aussi être épandus au potager sous le paillage au fil des mois. Évitez tout de même la viande, le poisson et les produits laitiers qui peuvent devenir embêtants en attirant les rats. Préférez les composter dans votre silo. Pour l’anecdote, nous avons déjà composté un gros saint Nectaire fait-maison sous un paillage, qui était plein de vers (on avait raté notre fromage…). Et tout ce que votre terrain produit ! Des feuilles, des restes de tailles bien hachées.
Il est souvent déconseillé de composter les légumes atteints de maladie. Certains recommandent de brûler les tomates pour éviter toute propagation du mildiou par exemple. Brûler de la matière organique…? Quelle hérésie quand on connaît la richesse qu’elle représente ! De plus, les spores des champignons restent dans le sol d’une année sur l’autre et sont présents partout dans l’environnement. Vous ne risquez donc pas grand-chose en les mettant en compostage de surface… Et si vous y tenez, vous pouvez toujours les mettre sur une planche de culture où vous n’implanterez pas de tomates la prochaine saison pour reprendre cet exemple.
Gestion des adventices et équilibre carbone/azote
Bien sûr ! Elles sont pleines de minéraux. Lors du désherbage, laissez les adventices sécher, racines à l’air libre, durant quelques jours. En particulier les plus problématiques comme le chiendent. Pour les annuelles peu problématiques, vous pouvez les laisser croître jusqu’à ce qu’elles gênent les cultures. Par la suite, vous les coupez au collet avec un opinel par exemple. C’est tout ! Toutes ces adventices relâcheront des minéraux dans le sol après leur décomposition. La tonte peut aussi être utilisée en compostage de surface et faire office de paillage par la même occasion.
Pour bien maîtriser ce paramètre qui ne semble pas forcément évident, il suffit de regarder la consistance de ce que l’on met en paillage. Tout ce qui est tendre et humide contient majoritairement de l’azote (tonte, déchets de cuisine, reste de cultures…). A l’opposé, tout ce qui est sec, dur et ligneux contient du carbone (bois, broyat, paille, …). Retenez simplement qu’il est optimal de mélanger à la fois des déchets carbonés et azotés pour qu’ils se bonifient les uns les autres. Un apporte de l’eau, de l’azote, pendant que l’autre apporte du carbone et aère l’ensemble. Généralement le compostage de surface se fait en présence d’un paillage (qui reste aussi une forme de compostage de surface). Au-dessus ou en dessous, cela dépendra surtout de ce que l’on épand. Généralement, les déchets de cuisine sont enfouis sous le paillage pour des raisons esthétiques. La tonte quant à elle peut tout à fait être posée sur le paillage. En pratique, évitez les matériaux trop ligneux non broyés ou non hachés comme les branchages de grosse section que vous devrez déplacer et écarter à chaque plantation.
Impact sur la vie du sol et la structure agronomique
Le compostage de surface nourrit directement toute la petite faune qui grouille sous nos pieds. Dans un mètre cube de sol, on peut compter jusqu’à huit cents lombrics ! (Ils sont nettement plus nombreux dans un sol argileux qu’un sol sableux et drainant). Tous ces êtres vivants décomposent la matière et rejettent dans le sol la nourriture indispensable aux végétaux que nous cultivons. En les nourrissant, on alimente donc directement nos futurs légumes et indirectement nos estomacs ! Les vers de terre sont friands du compostage de surface : ils finiront par s’en nourrir. À moyen terme, le compostage de surface permet aussi une amélioration de la structure du sol. Ces derniers permettent de structurer les particules de terre entre elles. Au bout de quelques années de compostage de surface, la texture du sol devient souvent très intéressante. On la compare à du couscous !

Malheureusement cela ne fonctionne pas partout. Guillaume : je me souviens la première fois que l’on a pratiqué le compostage de surface. C’était en début d’hiver. On avait décidé de mettre tous nos déchets de cuisine dans la serre, sous le paillage. Résultat en mars : un sol incroyable en surface, tout meuble et prêt à être ensemencé ! Le compostage de surface fait effectivement gagner beaucoup de temps ! Une fois la vie du sol bien installée, les décomposeurs travaillent vite et bien. Vous pourrez directement planter dedans en veillant à écarter un peu les résidus des anciennes cultures et déchets de cuisine. Laitues repiquées à l’ancien emplacement de choux fleurs : ils ont été coupés et découpés sur place. L’apport de déchets de cuisine au potager permet aussi d’augmenter l’humidité dans le sol. Ils sont constitués de 40 à 95 % d’eau. Cette économie peut sembler négligeable. Mais à l’abri sous le paillage en été, ils délivreront au final une belle humidité au sol, lentement, et maintiendront la terre humide plus longtemps. Pratique pour limiter les effets d’une sécheresse. Les plantes, et en particulier les légumes, ont besoin d’eau pour pousser. Il faut cependant prendre des précautions avec certaines cultures en particulier qui n’apprécient pas les sols trop humides. C’est notamment le cas avec l’ail ou l’oignon. Évitez donc le compostage de surface avec ces cultures.
Le compostage de surface - Astuce de jardinier
Gestion des ravageurs et complémentarité avec le compostage en tas
On aimerait bien répondre par la négative mais il est vrai que cette nourriture et cette humidité disponible en attire plus d’un. C’est surtout le cas pour les restes de cuisine que l’on composte en surface. Vous aurez peut-être affaire occasionnellement à des ravageurs mais le potager les attire dans tous les cas, compostage de surface ou non. Alors il serait dommage d’abandonner l’idée avant même d’avoir essayé : si vous avez l’envie, lancez-vous dans le compostage de surface. Vous pourrez toujours vous arrêter en cas de problèmes avec des ravageurs.
Les limaces : les voraces gastéropodes dévorent les plantules dès le début du printemps. Chez certaines personnes les limaces se nourrissent du compostage de surface et épargnent les plants. Les déchets végétaux attirent les limaces. Les rongeurs : ils trouvent souvent cachette sous les paillages, bien à l’abri des rapaces et autres prédateurs. En faisant du compostage de surface sous le paillage, on leur offre donc le gîte et le couvert au potager. Ils ne sont pourtant pas les bienvenus dans les cultures, en particulier pour les légumes racines qu’ils apprécient particulièrement. Pour limiter au maximum d’attirer les rats, excluez les déchets d’origine animale (viande, poisson, produits laitiers) à proximité des plantes cultivées. Vous pouvez les composter dans un massif d’ornement par exemple ou au compost. Pour ce qui est des campagnols et autres rongeurs souterrains, le paillage est dans tous les cas attractif pour eux. Les oiseaux : Les oiseaux, et en particulier les merles raffolent des vers de compost. Pour se servir, rien de plus simple. Fini le compostage en tas ? Quand même pas ! Pourquoi s’embêter avec d’autres méthodes de compostage, déposer la matière organique en surface a tellement d’avantage ! Le compost de surface génère moins de chaleur, de vapeur d’eau et de gaz que le compost en tas. Ainsi, je ne composte pas dans un tas séparé. Toutes les matières organiques (déchets de cuisine, restes de culture non malades, feuilles mortes, tontes, broyat) partent directement dans les plates-bandes. J’essaie de casser et couper un peu les déchets les plus gros comme les restes de plants, mais à peine. Cette méthode a le mérite de la simplicité : vous minimisez les interventions et retirez un maximum de votre matière organique. En effet, les éléments compostent alors directement en place en nourrissant directement la vie du sol là où je cultive. Les jus de compost très riches en éléments partent bien dans les zones de culture. En revanche, forcément, on n’a pas d’hygiénisation du tas de compost par cette montée en température. À noter aussi que si vous avez des problèmes de rongeurs, c’est une pratique à éviter car vous nourrissez le problème. Il est donc intéressant de faire un compost en tas ou en silo pour produire beaucoup de compost d’un coup. Il permet aussi de faire un substrat riche lors du repiquage des plants. Par ailleurs, contrairement à un bon compostage en tas, le compostage de surface ne détruit pas les adventices et leurs graines comme le dit Antoine. Il ne subit pas de montée en chaleur qui permet de « nettoyer » le compost plus classique. Le climat peut aussi parfois vous inciter à mieux valoriser vos déchets en tas où vous pourrez gérer aux petits soins le taux d’humidité. Pour faire un mix entre les deux, il existe aussi le compostage en tranchée. Il suffit de creuser une petite tranchée entre deux rangs de culture et de venir le remplir de matière organique. Cela permet d’enrichir un rang de légume disposé à côté par exemple, c’est une méthode éprouvée. Le compostage de surface est donc complémentaire avec un compost en tas ou en silo.
Gestion technique du compostage domestique
Tout le monde a entendu parler du compost, beaucoup d'entre nous en ont même un; mais savons-nous vraiment nous en occuper ?
- Placez votre composteur dans un endroit ombragé et bien drainé.
- Le compost doit être humide comme une éponge essorée.
- Les coquilles d'œufs apportent du calcium, bénéfique pour le sol.
- Selon votre espace et vos besoins, plusieurs options s'offrent à vous.
Ce n'est pas parce que vous avez un grand jardin qu'il vous faudra forcément le plus grand composteur. L'idéal est d'avoir la taille adaptée. Le conseil d'expert Iriso pour 2 adultes qui mangent des produits frais cuisinés et vont avoir un certain nombre d'épluchures, on estime à 10L par semaine de volume d'épluchures. Pour les citadins, le compostage en intérieur est possible grâce à des systèmes de compostage en intérieur. Le compost ne demande pas un grand entretient, et une fois activé et nourrit avec les bonnes matières, il se suffira à lui-même. Les activateurs de compost ne sont pas indispensables. Le principe est d'accélérer la décomposition. En été, le compost peut sécher rapidement. Arrosez légèrement s’il devient trop sec, idéalement avec de l'eau de pluie et fermez bien le couvercle. Inversement, surveillez les mauvaises odeurs, souvent liées à un excès de matières humides. En hiver, le compostage ralentit, mais ne s’arrête pas. Protégez votre composteur avec un couvercle isolant ou du paillage. Inversement, laissez le couvercle ouvert lors des pluies pour lui apporter de l'humidité si besoin. Une mauvaise odeur signale souvent un excès d’humidité ou un manque d’aération. Ne pas mettre les aliments gras ou les restes de nourriture cuisinés. Le compost stimule la croissance des légumes, fleurs et arbres fruitiers. Avoir deux composteurs facilite le suivi de l’équilibre entre matières vertes (azote) et brunes (carbone), et évite les erreurs dues à un trop-plein ou à des mélanges mal gérés. Un bon compost nécessite un équilibre entre matières organiques, oxygène, et humidité. L’eau joue un rôle essentiel dans l’activité des micro-organismes responsables de la décomposition. Les tomates sont des plantes gourmandes qui apprécient un sol riche, bien drainé et plein de vie microbienne. Le compostage en ville est en plein essor grâce aux méthodes sans odeur comme le Bokashi.
Sélection des systèmes de traitement des déchets
Quel équipement pour faire son compost ? Il existe différents types de systèmes pour faire du compost à domicile avec ses déchets alimentaires et les végétaux coupés du jardin. Quels sont-ils et ont-ils tous la même efficacité ?
BokashiTemps de traitement (recommandé par les fabricants) : 3 semaines.Déchets fermentés : Le Bokashi permet de prétraiter ou stocker des déchets alimentaires. Ils se transforment en une matière fermentée acide à mettre ensuite dans un composteur ou à enfouir dans un sol sans plantation pour qu'il termine sa décomposition.
Composteur rotatifTemps de traitement (recommandé par les fabricants) : 6 semaines.Compost frais : À utiliser sur un sol nu en automne ou à mettre en tas pendant 3 à 5 mois pour qu'il finisse sa maturation avant de l'utiliser, pour ne pas risquer de faire jaunir vos plantes.
Lombricomposteur et ComposteurTemps de traitement (recommandé par les fabricants) : 4 mois (Lombricomposteur) et 6 à 9 mois (Composteur).Compost mature : PRÊT À L'EMPLOI : En l'utilisant directement dans le jardin, en paillage ou incorporé dans le sol, y compris au potager.
Choisir son système de compostage :
- Quelle taille ? Choisissez en fonction de la quantité de déchets alimentaires et/ou végétaux à traiter, ainsi que de la place dont vous disposez dans votre jardin ou votre appartement.
- Quel espace ? Le lombricomposteur est adapté pour l'intérieur ou un espace extérieur à l'ombre et à l'abri du gel. Le composteur est à privilégier quand on dispose d'un jardin.
- Quel accompagnement ? Contactez votre collectivité gestionnaire des déchets.
Rôle agronomique et régénération des sols
Le compost, issu de la décomposition de matières végétales par des micro-organismes, est bien plus qu'un simple engrais. Véritable pilier de l'agroécologie, il régénère la structure du sol, nourrit les cultures exigeantes et protège la biodiversité souterraine. Son usage permet une croissance vigoureuse sans avoir recours aux produits chimiques. Contrairement aux solutions de synthèse, il libère progressivement de l'azote, du phosphore et du potassium, complétés par des oligo-éléments et des minéraux. Cette diffusion lente évite tout risque de brûlure racinaire, offrant un boost de croissance en douceur, que ce soit pour des massifs ornementaux ou des cultures potagères.
Au printemps, un apport de 3 kg/m² griffé au pied des plantes permet de relancer la végétation efficacement. Cette méthode est particulièrement recommandée après une taille pour stimuler les nouveaux bourgeons. Pour les amateurs de jardinage d'intérieur, un mélange composé d'un tiers de compost et de deux tiers de terreau, agrémenté de corne broyée, garantit des plantes d'appartement vigoureuses et esthétiques. L'amendement idéal pour structurer durablement le sol. Au-delà de sa fonction nourricière, le compost est un amendement physique puissant qui transforme la texture de la terre. Dans les sols argileux et lourds, il empêche les craquelures estivales et facilite le drainage hivernal en évitant que la terre ne se gorge d'eau. À l'inverse, dans les terres sablonneuses, il joue un rôle de "réserve" en retenant l'humidité et les nutriments qui, sans lui, seraient lessivés. Pour corriger un sol trop pauvre ou sableux, un apport conséquent de 20 litres par mètre carré est conseillé.
Analyse agronomique et bilan des matières organiques
La matière organique est une composante fondamentale de la fertilité et la durabilité des sols. L’amélioration d’un sol, qu’il soit agricole ou forestier, de jardin d’agrément ou potager, passe d’abord par un bilan agronomique puis, éventuellement, par la mise en place d’un plan de redressement. Si le niveau de matière organique n’est pas suffisant par rapport à l’objectif, un apport de matière organique exogène sera effectué. La qualité d’un compost varie en fonction de nombreux paramètres. Le premier est la qualité des matériaux utilisés (déchets organiques en tout genre, écorces de pin, boues, digestats, effluents…). Le second concerne les techniques de compostage (aération, temps de maturation…) utilisées pour aboutir à un produit stabilisé, hygiénique, semblable à un terreau. Selon l’objectif que l’on souhaite atteindre, il convient d’adapter la dose et la fréquence d’apport en fonction de la qualité fertilisante de l’amendement.
Pour enrichir le sol, les effets d’un apport de compost sur les sols ont été étudiés dans différents contextes. Il se traduit généralement par un enrichissement du sol en carbone, en azote et en phosphore organique et minéral. Cependant, le niveau d’enrichissement et sa durée dépendent de la qualité du compost utilisé. Les effets bénéfiques de ces apports organiques sont multiples : ils augmentent la capacité des sols à retenir l’eau nécessaire au fonctionnement microbien, notamment par l’augmentation de la porosité des sols, mais également par leur capacité propre à retenir l’eau. La stabilité des agrégats du sol est renforcée par l’apport des molécules du compost qui diminuent la mouillabilité, par l’apport des substances humiques et des polysaccharides microbiens excrétés et au pouvoir agrégatif.

Un équilibre à respecter : l’équilibre entre les éléments est très important, notamment le C/N considéré comme stable autour de 10 (10 atomes de C pour 1 atome de N). Un apport de compost dans un sol déjà riche en carbone limite la nitrification, ce qui peut s’avérer un facteur limitant de la productivité végétale. Inversement, dans un sol pauvre, cet apport stimule la minéralisation nette de l’azote (transformation de l’azote organique en azote minéral). Les premières questions à se poser pour une stratégie d’apport de compost sur un sol sont : un apport de matière organique est-il nécessaire ? Quel type de compost, quelle dose apporter et à quelle fréquence ?
Calcul des besoins en matière organique
En fertilisation d’entretien, c’est-à-dire pour maintenir le taux de matière organique, il convient de calculer les pertes annuelles qui sont fonction de la teneur en argile et en calcaire du sol. Sur un sol sableux non calcaire, ces pertes sont les plus importantes (170 g MO /m2/an) alors qu’un sol sableux contenant du calcaire, perdra deux fois moins de matière organique (0,85 g MO / m2/an). Sur un sol argilo-sableux, les pertes annuelles ne sont que de 34 g et de 70 g MO / m2/an pour un sol avec et sans calcaire. Il conviendrait donc d’apporter un compost de déchets verts (terreau horticole) pour une fertilisation d’entretien de 1,3 ou 0,7 L de compost /m2/an pour compenser les valeurs citées ci-dessus.
Au final, un apport de compost se raisonne en fonction des propriétés chimiques d’un sol, de son usage et des propriétés fertilisantes de l’amendement. La dose et la fréquence d’apport de compost doivent être adaptées à un type de culture tout en évitant les risques sanitaires. On évitera, par exemple, un compost de déchets ménagers domestiques (risque sanitaire non maitrisé) sur une culture maraichère racinaire se consommant crue. Il conviendrait alors d’effectuer une culture intermédiaire après cet amendement organique ou simplement d’attendre quelques mois après l’amendement.
Avantages globaux et mise en pratique pérenne
Le compostage, en tant que méthode naturelle de recyclage des déchets organiques, offre une multitude d’avantages pour enrichir le sol et favoriser la croissance des plantes. Le compost est une source naturelle d’engrais riche en nutriments essentiels tels que l’azote, le phosphore, le potassium, et bien d’autres. Le compost agit comme un amendement du sol, améliorant sa structure et sa texture. Il favorise la formation d’agrégats, augmentant la perméabilité et l’aération du sol. Grâce à sa capacité à améliorer la structure du sol, le compost favorise une meilleure rétention d’eau. Il agit comme une éponge, réduisant les pertes d’eau par ruissellement et limitant ainsi l’érosion du sol. En utilisant du compost, on réduit la dépendance aux engrais chimiques synthétiques. Le compost abrite une grande diversité de micro-organismes bénéfiques pour le sol. Le compostage réduit la quantité de déchets envoyés vers les décharges.
Vous connaissez déjà le mulching ou le paillage des cultures au potager. Ils permettent de garder l'humidité dans le sol en été. Mais vous pouvez aller plus loin en pratiquant le compostage en surface, toute l'année. Cette pratique un peu déroutante au premier abord, va produire des effets spectaculaires sur votre terre. Une fois que vous l'aurez essayée, vous ne pourrez plus vous en passer. Le compostage en surface, qu'est-ce que c'est ? Réponse rapide n° 1 : ce n'est pas du compostage en tas (dans un composteur). Réponse rapide n° 2 : c'est reproduire ce que fait la nature. En fait, c'est très simple : composter en surface, c'est déposer des déchets végétaux directement sur le sol de son potager. Ces déchets végétaux vont se décomposer sur place, ce qui va fertiliser et améliorer la terre. C'est la même chose qui se passe dans la nature : les brindilles sèches et les feuilles mortes se décomposent sur place chaque hiver. Et au printemps, les plantes repoussent de plus belle, d'année en année.

Vous pouvez le faire toute l'année, et c'est même recommandé pour garder un sol vivant. Mais il y a deux occasions propices pour commencer : après une culture (quand la récolte d'un légume est terminée, au lieu d'arracher les tiges et de s'en débarrasser, coupez-les au ras du sol et dispersez-les sur place), et en automne (préparez le potager à passer l'hiver en couvrant toutes les parcelles du potager avec un mélange de feuilles mortes et d'autres déchets végétaux du jardin). Sans oublier qu'à chaque fois que vous cueillez un légume, vous pouvez au même moment enlever les parties que vous ne mangerez pas et les remettre sur le sol.
Les 3 avantages du compostage en surface :
- Garder une bonne terre de potager, riche en humus. Si vous complétez le compostage en surface avec une bonne couche de paillis en été, il ne sera plus nécessaire d'ajouter d'engrais pour faire pousser de beaux légumes. La structure du sol va s'améliorer et devenir grumeleuse, facile à cultiver.
- Le sol est ensemencé en micro-organismes participant à la biodiversité. Un équilibre naturel va se créer et les attaques de ravageurs ou les développements de maladies vont s'auto-réguler.
- Moins de travail : terminée la corvée de nettoyage des restes de culture, terminée l'évacuation des mauvaises herbes. Maintenant, tout est coupé et laissé sur place.
Attention il y a quelques situations où il vaut mieux ne pas le faire : pendant l'hiver avec les sols très argileux, au début du printemps afin de laisser les rayons du soleil réchauffer le sol, ou pour des cultures qui n'aiment pas l'humidité (ail, échalote et oignon). Il faut toujours veiller à ce que le sol puisse respirer. On évitera donc les paillis trop denses ou trop épais. Après quelques saisons de pratique du compostage en surface, vous devriez pouvoir réduire de beaucoup le travail de votre sol. Si ce n'est pas encore le cas, vous allez simplement aérer la terre avec une fourche-bêche ou une grelinette. Le but est juste de décompacter le sol en dérangeant le moins possible la vie qui s'y est installée. Pour mettre en place une nouvelle culture, préparez la parcelle de la façon suivante : écartez le paillis végétal dans un coin à l'aide d'un râteau, procédez au semis ou à l'installation des plants, remettez en place le paillis entre les rangs, de manière progressive pour ne pas étouffer les jeunes pousses de légumes.