L'allélopathie et les couvre-sols : une synergie pour un jardinage durable

Alors que les agriculteurs et les jardiniers recherchent des alternatives aux intrants chimiques, le rôle des plantes dans la gestion naturelle des cultures suscite un regain d'intérêt. L'allélopathie, un phénomène biochimique complexe, représente un potentiel intéressant pour une agriculture plus écologique, moins dépendante des intrants chimiques. Utilisée avec discernement, elle permet de mieux gérer les mauvaises herbes, de renforcer la santé du sol et de favoriser des interactions naturelles bénéfiques. Les plantes couvre-sol sont des alliées incontournables pour créer un espace extérieur à la fois esthétique et facile à entretenir. En plus de limiter la croissance des mauvaises herbes, elles remplacent le paillage, protègent le sol de l'érosion et conservent l'humidité, tout en apportant une touche de verdure luxuriante.

Plantes couvre-sol et allélopathie

Comprendre l'allélopathie : quand les végétaux désherbent pour vous

L'allélopathie est un ensemble de phénomènes biochimiques qui favorisent ou défavorisent l'apparition de plantes alliées ou concurrentes autour de la plante émettrice de ces phénomènes. Derrière ce nom scientifique un peu archaïque se cache un système naturel et complexe où les plantes utilisent des stratégies particulièrement efficaces pour repousser ou favoriser d'autres espèces. Ce phénomène est le résultat de plusieurs millénaires d'évolution et de sélection naturelle, conduisant certaines plantes à devenir dominantes.

Il existe deux types d'allélopathie :

  • L'allélopathie positive qui encourage l'apparition de végétaux autour de la plante émettrice.
  • L'allélopathie négative qui inhibe l'apparition de plantes concurrentes.

Les facteurs biotiques tels que les nutriments, la température ou le pH influencent la capacité allélopathique des plantes. L'allélopathie négative est d'un intérêt particulier pour le jardinier car elle aide à l'entretien du jardin. Les recherches confirment que l'allélopathie est un phénomène réel, mais complexe. Les effets dépendent de nombreux facteurs : espèce, concentration des composés, conditions du milieu. Cependant, l'allélopathie reste moins prédictive qu'un désherbage chimique ou mécanique.

L'allélopathie peut se manifester de plusieurs façons :

Paillage naturel

Tout autour d'elle, la plante est capable de déposer naturellement un paillis organique dans le but d'inhiber la végétation environnante. C'est le cas du Pin, par exemple, dont le paillage naturellement libéré par l'arbre ne laisse pas la possibilité à beaucoup de plantes de passer au travers. Néanmoins, les Iris, les bulbeuses et le brachypode parviennent à résister pour pouvoir se développer malgré la présence de ce paillage épais et étouffant pour beaucoup de plantes. D'autres plantes comme les Cistes ont la même capacité : il est assez rare de voir des plantes adventices au pied des Cistes. En attendant que les fonctions allélopathiques de vos végétaux s'activent, un paillage organique autour de vos plantes peut être envisagé. Celui-ci aura pour effet de limiter l'arrosage, le désherbage tout en permettant à vos végétaux de se développer sereinement en attendant qu'ils mettent en place leurs vertus allélopathiques.

Massif de jeunes végétaux allélopathiques avec paillage organique

Émission de substances biochimiques

Au travers des feuilles et des racines, la plante émet des substances biochimiques afin de repousser l'apparition de ses concurrentes. Véritables herbicides et anti-germinatifs naturels, ces plantes ont choisi une stratégie bien plus efficace que les produits phytosanitaires créés par l'Homme. Tant que la plante est présente et en bonne santé, de préférence adulte, elle empêche la germination des adventices tout autour d'elle. C'est le cas des cistes, lavandes, romarins, thyms. Il est souvent remarqué dans les jardins ou dans leur milieu naturel qu'il y a peu de plantes sous ces végétaux allélopathiques. Ces plantes peuvent être très utiles au jardin dans des zones fréquemment visitées car elles permettent de limiter le désherbage et garantissent un décor esthétique toute l'année. Des composés biochimiques, présents dans pratiquement tous les tissus de la plante (racines, tiges, feuilles, fleurs, fruits), sont libérés de façon directe (sécrétion racinaire, volatilisation), ou indirecte par les produits de la décomposition des résidus (feuilles, racines). La persistance dans le sol de certains composés peut rester active plusieurs semaines, affectant les semis suivants.

Vitesse de croissance et concurrence spatiale

Sans parler de substance ou de stratégie pouvant nuire à d'autres plantes, certains végétaux, par leur facilité et leur rapidité à coloniser les espaces, pourraient être décrits comme des plantes aux vertus allélopathiques. Les cistes germent en grand nombre après le passage du feu afin de reprendre le plus rapidement possible possession de l'espace. Le chiendent est capable d'envahir de grands espaces étant donné sa capacité d'adaptation ubiquiste, adapté à (presque) toutes les situations. Son système rhizomateux très dense et profond ne laisse que peu de chances à d'autres petites adventices herbacées d'apparaître. Les bambous traçants comme le bambou doré (Phyllostachys aurea) sont capables de coloniser de larges zones sans aucune limite en inhibant la présence de presque tous les végétaux ; ces plantes ont donc une stratégie qui leur permet d'inhiber l'apparition de plantes concurrentes. D'ailleurs, le bambou traçant cumule plusieurs stratégies allélopathiques : vitesse de croissance (plusieurs dizaines de centimètres par jour, système racinaire à la fois superficiel, puissant et suffisamment profond) mais aussi paillage naturel important qui inhibe l'apparition et la possibilité aux graines de pouvoir germer.

Plantes couvre-sol & valorisation des effets allélopathiques dans la lutte contre les adventices

L'intérêt des plantes couvre-sol allélopathiques dans le jardin

L'intérêt principal d'avoir des plantes allélopathiques (négatives) dans son jardin est de limiter les travaux d'entretien. Ratissage des feuilles, désherbage, arrosage, apport de matière organique sont autant de tâches qui peuvent être réduites, voire même contre-productives dans le cas d'un jardin allélopathique. En imaginant que votre sol soit correctement désherbé en amont de la plantation, bien préparé et décompacté, vous n'aurez quasiment rien à faire au jardin si toutes vos plantes s'équilibrent bien entre elles et qu'elles ne se nuisent pas. Les plantes couvre-sol sont des alliées incontournables pour les jardiniers qui souhaitent créer un espace extérieur à la fois esthétique et facile à entretenir. En plus de limiter la croissance des mauvaises herbes, elles remplacent le paillage, protègent le sol de l'érosion et conservent l'humidité, tout en apportant une touche de verdure luxuriante.

Avantages des plantes couvre-sol

Les plantes rampantes ont de nombreux atouts :

  • Elles retiennent la terre des zones pentues : Les plantes à végétation étalée s'enracinent de manière efficace et empêchent l'érosion des sols en pente, souvent assez maigres en terre fine et pauvres par nature en raison du lessivage effectué par la pluie.
  • Elles améliorent la qualité du sol : L'enracinement des couvre-sol a un effet bénéfique sur la structure du sol : leurs racines le décompactent et le rendent perméable. Leurs feuilles nourrissent la terre, la rendent plus riche et protègent la biodiversité. Les racines et ce sol bien structuré sont aussi des guides pour l'air et l'eau lors des fortes pluies, qui pénètrent bien mieux dans le sol et limitent grandement le lessivage des éléments fins.
  • Elles nécessitent peu d'entretien : L'entretien des plantes couvre-sol est très limité voire inexistant en termes de taille, surtout si leurs dimensions adultes sont adaptées à la taille de l'espace à couvrir. Par exemple, un chèvrefeuille 'Halliana' pourra s'étaler sur plusieurs mètres carrés, alors qu'un Cotoneaster dammeri s'étalera sur 1 à 1,5 m, et un Cotoneaster 'Streib's Findling' ne dépassera que lentement les 50 cm, pouvant atteindre à terme une largeur de 80 cm si on ne le taille pas du tout. Le désherbage est également minimisé. De plus, certains couvre-sol sécrètent des essences souvent aromatiques qui limitent la concurrence des autres plantes et empêchent la levée de graines de plantes envahissantes.
  • Réduction du recours aux insecticides : Les plantes couvre-sol allélopathiques peuvent également servir à réduire l'utilisation d'insecticides, qui appartiennent eux aussi à la catégorie des pesticides. Grâce à leurs capacités, ces merveilleuses plantes vont également lutter contre l'attaque d'insectes ravageurs.

Associations de plantes allélopathiques

Il existe un risque que des plantes allélopathiques ne s'entendent pas entre elles. Au même titre que des associations au potager peuvent s'avérer infructueuses (vecteur d'insectes parasites ou de champignons, captation excessive des nutriments du sol, inhibition des plantes concurrentes), il existe des associations bien connues qu'il ne faut pas faire au jardin. En revanche, pour le jardin d'agrément, les informations sont plus difficiles à trouver car il existe de nombreuses plantes ornementales et toutes les tester entre elles relèverait d'un défi important.

Le mieux est d'essayer. Essayez d'associer des lavandes avec des immortelles, des cistes avec des sauges, par exemple. Dans le cas de plantes de gazon alternatif, vous pouvez même essayer d'associer des Achillées de Crimée avec du Gazon des Mascareignes par exemple. Pour avoir expérimenté ces associations, il n'y a pas de contre-indication à associer ces végétaux entre eux. Ce sont des plantes qui s'entendent bien entre elles et qui, à terme, peuvent former des parterres harmonieux et esthétiques.

Comment juger de l'efficacité allélopathique ?

Le mieux est de laisser faire et d'attendre en observant régulièrement. Taillez la plante seulement si c'est nécessaire mais laissez opérer le paillage naturel qui se dépose au fil des saisons. Ne ramassez pas ce que la plante disperse naturellement autour d'elle. De la même manière, assurez-vous lors de la plantation que le sol est suffisamment décompacté afin de favoriser des vertus allélopathiques d'origine racinaire : si la plante parvient à s'enraciner correctement, elle opérera mieux. Beaucoup de végétaux méditerranéens allélopathiques apprécieront bénéficier d'un sol décompacté et bien drainé.

Attendez que la plante atteigne sa taille adulte pour juger de son efficacité allélopathique. On ne peut pas exiger d'une lavande de quelques centimètres de haut d'inhiber aussi efficacement ses concurrentes que si elle avait sa taille adulte. Il en va de même si ce sont les racines qui jouent un rôle allélopathique. Enfin, en attendant que la plante devienne adulte, assurez-vous que des adventices trop envahissantes n'apparaissent pas en surnombre. Par exemple, un chiendent trop imposant ne disparaîtra pas comme par enchantement, même une fois que la plante allélopathique sera devenue adulte. Assurez-vous de désherber suffisamment dans les premiers temps qui suivent la plantation.

Exemples de couvre-sols allélopathiques et leur utilisation

Pour choisir les meilleures plantes couvre-sol, il est essentiel de prendre en compte l'exposition de votre jardin et les caractéristiques de votre sol.

Couvre-sol pour exposition ensoleillée

Si votre jardin ou l'espace à recouvrir de couvre-sol est orienté en plein soleil, voici une liste exhaustive des plantes couvre-sol que vous pouvez choisir :

  • Le Pittosporum tobira ‘Nana’ - très résistant au sec et persistant - ou un Pittosporum tenuifolium compact comme ‘Golf Ball’ pour former des masses étalées toujours vertes.
  • Le Lonicera pileata, très robuste, ou Lonicera nitida ‘Compact’ qui se taille bien en boule pour former de grandes bordures ou des haies basses.
  • Le Prunus laurocerasus ‘Mount Vernon’ avec ses feuilles ovales luisantes, ou ‘Miniredia’ pour former une jolie boule compacte au feuillage arrondi.
  • Les thyms couvre-sol, y compris le serpolet. Leur petit feuillage est très odorant et leurs belles fleurs roses, mauves à blanches apparaissent au printemps. Ils couvrent bien le sol et se mélangent aux autres plantes sans les gêner. Le sol doit être drainant. Le serpolet est une plante aromatique très répandue dans le sud de la France. Ses fleurs sont roses, groupées en têtes rondes. Les feuilles sont elliptiques et légèrement ciliées.
  • Les lavandes et les romarins rampants, qui sont aussi d’excellents couvre-sol aromatiques très résistants aux canicules et sécheresses prolongées, en sol drainant. Un romarin rampant, à port arqué, au feuillage vert foncé, gris au revers, aux grandes fleurs bleu violacé.
  • Ceanothus prostratus est un céanothe rampant résistant au sec pour sol drainant, à feuillage persistant vert foncé et fleurs bleues originales.
  • Les cistes, buissons étalés persistants aromatiques couverts de fleurs au printemps.
  • Les Juniperus, ces conifères robustes et attractifs toute l’année, verts, gris, dorés ou bleutés selon les variétés. Juniperus horizontalis est très ras et Juniperus x media est plus imposant pour les plus grands espaces. C'est un conifère à port très étalé, finissant par former un tapis dense de 30 cm d'épaisseur.
  • Les Abélias étalés qui font merveille en bordure ou devant les massifs. Ils résistent au sec et sont faciles à entretenir. Vous avez le choix entre plusieurs variétés comme ‘Kaleidoscope’, Sparkling Silver ou Tricolor Charm.
  • La spirée du japon, qui forme des coussins arrondis robustes aux pousses colorées et aux fleurs roses rouges en été.
  • Les Cotoneaster, qui se plaisent aussi à la mi-ombre et ont l’avantage d’être robustes même lors des périodes sèches, de vivre longtemps. Ils peuvent couvrir un talus, retomber d’un muret ou d’un bac. Il en existe des petits comme des grands. Beaucoup d’entre eux portent des fruits rouges très longtemps et gardent des feuilles en hiver. Cotoneaster horizontalis prend de superbes couleurs rouges en automne avant la chute de ses feuilles.
  • Le Genista lydia, genêt rampant résistant au sec et à fleurs jaunes au printemps, qui garde des rameaux verts en hiver. Le sol doit être drainant.
  • Le Jasmin d’hiver qui garde des rameaux verts toute l’année et offre une floraison jaune rare en période hivernale. Il s’étale dans les massifs, grimpe s’il peut s’accrocher et retombe joliment des talus et murets.
  • L’Achillée, vivace à feuillage très fin qui résiste au sec et retient bien les sols drainants. Elle développe de jolies ombelles de fleurs en été, aux couleurs très diverses selon les variétés. Achillea crithmifolia est par exemple une alternative au gazon. Une petite Achillée couvre-sol forme des coussins persistants de feuillage argenté et duveteux.
  • Les Nepeta, vivaces aromatiques résistantes au sec, à fleurs bleuâtres, blanches à rosées proches des sauges qui se marient très bien aux rosiers par exemple.
  • La Calamintha nepeta qui forme un joli coussin très fin aux multiples petites fleurs blanches à lilas, de la fin du printemps au milieu de l’été.
  • La Sauge officinale, à feuillage aromatique persistant. Bon couvre-sol résistant au sec et robuste, elle existe aussi en feuillage pourpre ou panaché. Salvia nemorosa offre des fleurs dressées très attrayantes en été. La Sauge à feuilles de lavande (Salvia lavandulifolia subsp. blancoana) est une plante allélopathique aux feuilles aromatiques. En plus de proposer une superbe floraison et des capacités de résistance à la sécheresse, elle est capable d’inhiber la présence d’adventices tout autour d’elle.
  • L’oreille de lièvre ou Stachys byzantina, plante « doudou » duveteuse à feuillage gris qui résiste au sec et habille bien les bordures, avants de massifs et rocailles. Une plante compacte, à feuilles persistantes, grises presque blanches, d'aspect laineux.
  • Les Agapanthes, qui couvrent bien le sol avec leurs feuilles vert-bouteille en lanières, parfois panachées. Leurs boules de fleurs bleues ou blanches perchées sur tiges sont très graphiques. Choisissez des agapanthes caduques en région assez froide l’hiver ou abritez les persistantes.
  • L’Erigeron karvinskianus, qui s’étale entre les plantes et se ressème volontiers au pied des murets avec beaucoup de charme. Ses multitudes de fleurs en pâquerettes blanches à rosées font merveille au printemps et tout l’été.
  • Le plumbago vivace Ceratostigma plumbaginoides, ras, robuste en sol drainant, et qui offre des fleurs d’un bleu azuréen sur une longue période en plein été. Son feuillage se teinte de rouge bronze de la fin de floraison à l’automne. Il s’étend lentement mais sûrement et tient bien le sol.
  • Les campanules rampantes qui s’étalent et offrent de nombreuses fleurs bleues, rosées ou blanches sur une longue période de la fin du printemps à l’été.
  • Les Geraniums vivaces, qui sont également des valeurs sûres avec leurs nombreuses couleurs et hauteurs : Geranium endressii est très facile, Geranium Rozanne est champion de la floraison, Geranium sanguineum, Geranium x cantabrigense ou Geranium macrorhizum. Ils se plaisent aussi à mi-ombre.
  • Les plantes vivaces basses classiques de rocaille très fleuries comme l’Aubriète à fleurs mauve rosé et la Corbeille d’argent à floraison blanche.
  • Le Phlox mousse qui forme un tapis de fleurs roses, blanches ou bleuâtres au printemps dans les sols drainants et frais.
  • Le Gazon d’Espagne, plante vivace basse qui se couvre de fleurs en boules sur de petites tiges, roses ou parfois blanches, sur une longue période au printemps.

Couvre-sol pour l'ombre et la mi-ombre

Si votre espace extérieur se situe plutôt à l'ombre, optez pour :

  • Les fusains Euonymus fortunei, qui supportent le soleil et font merveille dans les formes panachées de jaune ou crème pour éclairer les zones ombragées toute l’année, car ils sont persistants et robustes, même sous les arbres.
  • Les lierres, qui sont sans pareil pour couvrir le sol efficacement et durablement. Il en existe de nombreuses variétés panachées, à feuillage découpé ou très large. Leur épais feuillage persistant permet à la rosée de se condenser et ainsi de « climatiser » le sol lors des fortes chaleurs.
  • La pervenche ou Vinca, persistante et très efficace pour garnir des zones difficiles où peu de choses poussent. Ses jolies fleurs bleues ou blanches durent longtemps entre le printemps et l’été. C’est une plante qui s’étale beaucoup, il faut donc prévoir l’espace adéquat. La grande pervenche est le choix parfait pour avoir un très bon couvre-sol à l'ombre ou à mi-ombre qui se répand rapidement et qui tiendra longtemps. Elle forme au printemps un très beau tapis dense de fleurs, de couleur bleu pervenche, sur un lit de feuillage vert moyen luisant. La petite pervenche est, comme son nom l'indique, moins haute que la grande pervenche et produit des fleurs plus petites.
  • Les bruyères d’hiver ou de printemps et les callunes d’été.
  • La symphorine, petit buisson compact très robuste qui s’étale au pied des arbres ou au soleil, et offre des fruits décoratifs en boules blanches, roses ou pourprées de la fin de l’été au début de l’hiver.
  • Le Muehlenbeckia complexa qui étale joliment ses feuilles rondes persistantes. Il est facile à conduire ou tailler si besoin, et aime les expositions abritées.
  • L’herbe aux goutteux Aegopodium, qui existe aussi en panaché de blanc lumineux. Elle supporte bien l’ombre et colonise le sol durablement, ce qui est un avantage dans les grands jardins.
  • Le muguet, plante d’ombre par excellence, robuste et durable une fois implantée, offrant de charmantes fleurs blanches parfumées en forme de clochettes au mois de mai. Notez tout de même que c’est une plante toxique.
  • Le Bergenia, vivace robuste, classique, facile, à mi-ombre ou un peu plus au soleil. Ses grandes feuilles ovales sont assez brillantes et il porte des fleurs roses ou blanches au printemps.
  • Les Epimedium ou fleurs des elfes, vivaces qui s’étalent lentement et offrent un joli feuillage souvent veiné et de fines fleurs jaunes, blanches ou roses au printemps.
  • Les Pachysandra, vivaces basses au feuillage persistant. Ils permettent de garnir les pieds d’arbustes et d’arbres efficacement toute l’année et s’étalent lentement.
  • Les Liriope à fleurs bleues à rosées en fin d’été.
  • L’Ophiopogon ‘Nigrescens’ qui ressemble à une petite graminée à feuillage noir persistant et étonnant. Il est facile à réussir et porte des fleurs blanc rosé suivies de petits fruits décoratifs violacés puis noirs.
  • Les Ajuga.
  • Les tiarelles et heuchères qui apportent des touches de feuillages colorés dans les zones à mi-ombres un peu tristes.
  • Les Brunnera qui se ressèment à mi-ombre sans gêner les autres plantes et font merveille avec leurs feuilles en forme de cœurs, comme chez ‘Jack Frost’, et leur floraison bleue printanière semblable aux myosotis.
  • Les pulmonaires qui offrent un joli feuillage souvent moucheté de crème et des fleurs rose pourpré au printemps, en sol assez frais et drainant.
  • Les lamiers et Lamiastrum, souvent panachés et lumineux.
  • L’alchémille, pour de belles bordures au feuillage arrondi légèrement lobé.
  • L’Arthropodium candidum ‘Little Lilia’ qui forme de jolies touffes de feuillage en lanières très lumineux.
  • L’aspérule odorante, vivace basse à fleurs blanches parfumées au printemps et qui résiste bien au sec à mi-ombre.
  • La Waldsteinia ternata et ses fleurs jaunes, de la fin du printemps au début de l’été. C’est une bonne alternative au gazon ou au pied des arbres.
  • La fraise des bois pour coloniser le pied des arbres ou les fraisiers classiques, à exposition plus lumineuse.
  • La Soleirolia soleroli.
  • Le chèvrefeuille ‘Halliana’ ou ‘Hall’s Prolific’ ou encore la Glycine comme ‘Okayama’ qui peuvent couvrir efficacement de grands talus ou espaces dégarnis si on les laisse s’étaler.

Couvre-sol à l'ombre

Quelques exemples de végétaux méditerranéens allélopathiques (négatifs)

  • Artémise
  • Millepertuis
  • Achillée (Vivace à feuilles vert bleuté, finement découpées, persistantes en hiver. Cette espèce commune, à floraison précoce, se plaît dans les prés secs et sur les talus ensoleillés. C'est une plante à poils étalés-dressés. En été, les rejets stériles s'allongent et émettent des racines. Les feuilles sont divisées en cinq folioles dentées.)
  • Laurier sauce
  • Ballota
  • Lavande (Feuillage vert cendré, floraison bleu mauve abondante et parfumée.)
  • Brachypode
  • Myrte (MYRTUS communis subsp. Feuilles persistantes vert foncé. Arbuste arrondi aux tiges dressées.)
  • Centaurée
  • Laurier rose
  • Ciste (Vivace persistant à feuilles laineuses, vert anis. La variété est remarquable par sa floraison rose indien à cœur d'or. Ses fleurs d'environ 4 cm de diamètre, en coupes, se renouvellent de juin à octobre et recouvrent l'arbuste, surtout en début de saison.)
  • Origan
  • Cataire
  • Sauge d’Afghanistan
  • Euphorbe
  • Sauge de Jérusalem
  • Lierre
  • Pistachier
  • Immortelle (Fleur d'immortelle rampante Helichrysum pagophilum)
  • Romarin
  • Piloselle
  • Sauge
  • Santoline (Sous-arbrisseau rameux, touffu. Les rameaux sont couverts de petites feuilles blanchâtres, étroites, dentées, couvertes d'un duvet argenté.)
  • Tanacetum (TANACETUM densum subsp. Originaire de Turquie et de Syrie (rocailles calcaires, éboulis), Tanacetum densum subsp. amani est un excellent couvre-sol pour la rocaille sèche.)
  • Épiaire
  • Germandrée
  • Thym

Ces plantes, notamment proposées par des marques comme SILENCE, ça pousse !, issue de la collaboration de France 5, Stéphane Marie et l'émission L'histoire des plantes SILENCE, ça pousse !, offrent une gamme étonnante de couvre-sols allélopathiques dont les compétences naturelles sont impressionnantes.

Le Kikuyu : un exemple d'allélopathie marquée

Une fois installé, le kikuyu est simplement contrôlé avant l'installation d'une culture, en général de légumineuse. La couverture de kikuyu réduit la prolifération des mauvaises herbes. Mais elle peut aussi perturber la croissance des cultures qui lui sont associées ou mises en place dans sa couverture vivante, même lorsqu'il est maîtrisé. En effet, le kikuyu présente des effets allélopathiques marqués sur de nombreuses cultures. En particulier, les cultures de graminées dans une couverture de kikuyu sont impossibles ou peu rentables du fait des effets allélopathiques marqués de cette plante sur la famille des graminées, à laquelle elle appartient.

La couverture de kikuyu tué par l'herbicide a des effets négatifs marqués sur la levée de la fétuque élevée (Festuca arundinacea) du ray grass anglais (Lolium pérenne) ou d'Italie (Lolium multiflorum) et du riz. Ainsi, au moment d'un sursemis de ray grass anglais (Lolium pérenne) dans le kikuyu tué au glyphosate, les graines germent mais les plantules meurent dès leur levée. Par contre le ray grass se développe normalement dans le kikuyu vivant, puis il est étouffé (en raison de la concurrence). Nous retrouvons les mêmes résultats dans les tests avec des extraits de kikuyu : les jus obtenus avec le kikuyu vivant n'ont pas d'effet, tandis que ceux de la couverture morte diminuent le taux de germination du ray grass, augmentent celui des plantules anormales, puis ont un effet dépressif sur les plantes déjà développées. Les substances phytotoxiques à l'origine de ces phénomènes ont été isolées : acides coumarique, gallique, vanillique, et permettent de reproduire ces effets en laboratoire.

Chez le maïs, la croissance est réduite par les exsudats racinaires du kikuyu : le maïs reste nain et sa production est nulle, même dans une couverture de kikuyu bien maîtrisée par herbicide. En revanche, aucun effet notable n'a été relevé pour le blé.

Chez les Solanacées, des observations ont été réalisées sur la tomate pour laquelle la levée est très irrégulière en semis direct dans les trous entourés de kikuyu. Les exsudats racinaires et le jus de macération de la couverture retardent la germination de la tomate et provoquent l'apparition d'un taux élevé de plantules anormales. Pour l'éviter, elle est mise en place en repiquant des plants obtenus en pépinière, car aucun effet allélopathique n'est observé sur la plante développée. Par la suite, la production des plantes développées est très intéressante.

L'arbre truffier : un exemple de symbiose et d'allélopathie bénéfique

Planter un arbre truffier est bien plus qu'un investissement gourmand : c'est un projet de biodiversité unique qui associe passion, rentabilité et contribution écologique. Que vous soyez particulier, agriculteur en quête de diversification ou propriétaire foncier, la trufficulture offre une aventure fascinante. Avec des variétés adaptées, une bonne préparation du sol et un entretien rigoureux, il est possible de récolter des truffes de qualité tout en valorisant votre terrain.

Découverte de l'arbre truffier et sa symbiose

Un arbre truffier est un arbre dont les racines vivent en symbiose avec un champignon du genre Tuber. Cette symbiose, dite mycorhizienne, est une alliance fascinante : le champignon fournit à l’arbre des minéraux et de l’eau puisés en profondeur, tandis que l’arbre lui fournit des sucres essentiels issus de la photosynthèse. Grâce à cette collaboration, le sol s’enrichit, la biodiversité s’installe, et un écosystème spécifique se crée.

Parmi les champignons recherchés, deux espèces dominent en France : la truffe noire du Périgord (Tuber melanosporum), symbole de la haute gastronomie, et la truffe de Bourgogne (Tuber uncinatum), plus rustique et adaptée à des climats plus variés.

Les arbres les plus utilisés pour la trufficulture sont :

  • Le chêne pubescent (Quercus pubescens), parfaitement adapté aux sols calcaires et aux régions du Sud.
  • Le chêne vert (Quercus ilex), plus méditerranéen, résistant à la sécheresse.
  • Le noisetier (Corylus avellana), qui permet parfois une production plus précoce et est bien adapté à certains terrains plus frais.Mais d’autres essences comme le charme, le pin noir ou le tilleul peuvent également être mycorhizées, même si elles sont moins courantes.

Planter un arbre truffier, c’est avant tout recréer un milieu naturel spécifique, le fameux « brûlé », où l’herbe se raréfie autour du pied de l’arbre à cause des substances produites par le champignon. Ce brûlé est un signe prometteur : il révèle la présence active du mycélium et un terrain favorable à la formation de truffes.

La trufficulture est une culture ancestrale, connue en France depuis l’Antiquité, qui a connu un véritable essor au XIXe siècle avant de décliner avec les guerres et l’exode rural. Aujourd’hui, elle connaît un renouveau grâce aux recherches en pépinière qui permettent de produire des plants mycorhizés contrôlés et certifiés, assurant une symbiose efficace dès la plantation et offrant de bien meilleures chances de récolte.

Cet arbre particulier n’est donc pas qu’un simple végétal : il devient le pilier d’un projet de biodiversité, d’un terroir et souvent d’une passion transmise de génération en génération.

Brûlé autour d'un arbre truffier

Variétés d'arbres truffiers

Le choix de la variété d’arbre truffier est crucial. Parmi les essences les plus utilisées, on retrouve :

  • Le chêne pubescent (Quercus pubescens) : très prisé pour la truffe noire du Périgord, il résiste bien à la sécheresse et s’adapte à des sols calcaires.
  • Le chêne vert (Quercus ilex) : apprécié pour les climats plus méditerranéens et les terrains pauvres.
  • Le noisetier (Corylus avellana) : adapté aux truffières plus précoces, notamment pour la truffe de Bourgogne.D’autres essences comme le charme, le pin noir ou le tilleul peuvent également être mycorhizées, mais elles sont moins courantes.Ces variétés offrent aux trufficulteurs la possibilité de s’adapter aux particularités de leur terrain, de leur climat et de leurs objectifs de récolte.

Biologie et symbiose des truffiers

La truffe est un champignon hypogé, c’est-à-dire qu’elle pousse sous terre, sous forme de tubercules. Sa particularité est de vivre en étroite symbiose avec un arbre hôte : cette symbiose, appelée ectomycorhize, se forme lorsque le mycélium de la truffe enrobe les racines fines de l’arbre sans pénétrer à l’intérieur des cellules, à la différence d’autres types de mycorhizes.

Cette symbiose est indispensable : elle permet un échange de nutriments à double sens. Le champignon apporte à l’arbre de l’eau, des minéraux (phosphore, azote…) et une meilleure résistance aux stress hydriques, tandis que l’arbre fournit au champignon des sucres issus de la photosynthèse. Cette interaction crée un véritable micro-écosystème propice à la biodiversité, attirant insectes, vers de terre, et favorisant la structuration du sol.

La chronologie de la symbiose est progressive :

  • Les premiers mois après la plantation, le mycélium commence à se développer autour des racines.
  • Entre 2 et 5 ans, le réseau mycorhizien s’étend et se stabilise, améliorant l’enracinement et la santé de l’arbre.
  • Sous de bonnes conditions (sol calcaire, climat adapté, absence de concurrence végétale excessive), les premières truffes peuvent apparaître dès la cinquième année, bien que des cas précoces existent dès la 3e année avec le noisetier.

Le fameux brûlé apparaît généralement au bout de 2 à 4 ans. Il s’agit d’une zone autour de l’arbre où la végétation est absente ou très clairsemée, causée par les substances allélopathiques produites par le mycélium.

Plantes couvre-sol & valorisation des effets allélopathiques dans la lutte contre les adventices

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