Devenir jardinier paysagiste à son compte représente une aspiration partagée par de nombreux professionnels du secteur. La création d’entreprise paysagiste attire de nombreux professionnels grâce à une demande stable et diversifiée. Cette dynamique s’explique aussi par l’évolution des modes d’habitat et le développement du télétravail, qui renforcent l’envie d’avoir un extérieur agréable et bien entretenu. En effet, la passion pour le travail au grand air, le désir de magnifier des espaces verts et un véritable sens esthétique sont autant de motivations puissantes. Créer votre entreprise offre plusieurs avantages : souplesse, investissement initial raisonnable, forte progression possible, et variété des activités paysagistes. Le marché du paysagisme était estimé à 7,7 milliards d’euros en 2022, ce qui a de quoi motiver pour se lancer ! Ce guide vous accompagnera dans toutes les étapes clés pour créer votre entreprise de jardinier paysagiste, de la conception du projet à la gestion quotidienne, en passant par le choix du statut juridique et la recherche de financement.

1. Comprendre le marché et définir votre offre
Avant de vous lancer, une analyse approfondie du marché est indispensable. Cette étape est nécessaire pour les jardiniers qui souhaitent se lancer à leur compte et permet de mieux comprendre les dynamiques du marché de l'aménagement paysager. Ainsi, vous pourrez saisir les besoins de la clientèle en matière de services d'entretien des espaces verts et les opportunités de développement.
Étude de marché et identification de la clientèle
Vous devez savoir à quel type de clients vous allez vous adresser. Est-ce des clients qui possèdent des villas avec de grands jardins à entretenir, ou des régies de copropriétés ? Pour affiner votre vision, échangez avec quelques habitants ou professionnels de votre zone. Évaluez les entreprises déjà actives : types de prestations, réactivité, réputation, spécialisation, et tarifs jardinier indépendant. Les prix varient en général entre 25 € et 60 € de l’heure selon les régions. Pour aller plus loin dans votre analyse, observez également la manière dont les concurrents présentent leurs services : descriptifs, photos avant/après, niveau de détail des devis, délais moyens d’intervention. Étudiez aussi leurs canaux de communication : réseaux sociaux, flyers, partenariats locaux, référencement sur les annuaires.Votre étude de marché se compose des parties suivantes :
- Vos concurrents : qui sont-ils (jardiniers indépendants, entreprises locales, grandes entreprises nationales, entreprises spécialisées) ? Quelles sont leurs forces et leurs faiblesses ?
- L'offre existante : quels sont leurs services ? Leurs tarifs ? Leur réputation ? Leur avantage compétitif ?
- La demande : qui sont les clients intéressés par ces services (professionnels, particuliers, seniors) ?
Se différencier de la concurrence : l'avantage compétitif
La concurrence est rarement appréciée, et se demander comment s'en distinguer est une préoccupation légitime. Si vous pensez à baisser vos prix pour y arriver, arrêtez-vous tout de suite. Baisser ses prix n’est pas un motif de différenciation. Plutôt, demandez-vous : comment pourrais-je m’en différencier sans casser mes prix ?Avez-vous entendu parler de l’avantage compétitif ? Un avantage compétitif est tout ce qui permet à une entreprise de surpasser ses concurrents. Cela peut être sur les différents services que vous proposez ou sur la manière dont vous travaillez. Réfléchissez également à la manière dont vous souhaitez structurer vos prestations : formules récurrentes, interventions uniques ou projets d’envergure. Les clients français valorisent de plus en plus les pratiques durables, ce qui peut représenter un axe de différenciation majeur. Une entreprise de jardinage peut aussi élargir ses prestations à des services complémentaires comme le nettoyage extérieur (terrasses, façades). Apprenez comment créer une entreprise de nettoyage pour compléter votre offre et augmenter vos opportunités commerciales.
2. Acquérir les compétences nécessaires et se former
Bien que le projet de création d’entreprise ne nécessite aucun diplôme, l’obtention d’un titre de paysagiste concepteur requiert un niveau de qualification particulièrement élevé. Aussi, celui-ci est destiné uniquement aux professionnels disposant d’un diplôme délivré par établissement agréé. Pour créer ce type d’entreprise, aucun diplôme n'est requis. Néanmoins, dans le cadre d’une inscription à la Chambre des Métiers et de l’Artisanat, vous devez justifier d’un BEP ou CAP dans le domaine ou bien, d’une expérience de 3 ans dans le domaine.
Formations initiales et continues
Pour devenir jardinier paysagiste, il est fortement conseillé d’être diplômé. Pour exercer en tant que jardinier paysagiste, l’immatriculation est obligatoire. Une formation est conseillée telle que le CAP agricole jardinier paysagiste et le BP aménagements paysagers. Les formations comme le CAP ou le BP Jardinier Paysagiste vous offrent des bases solides en techniques horticoles, en aménagement paysager et en sécurité.Pour devenir jardinier paysagiste, vous pouvez commencer par une formation, telles que :
- CAPa Jardinier paysagiste
- CAPa Productions horticoles
- CAP Maintenance des Matériels, option Espaces verts
- Bac pro Aménagements Paysagers
- Bac pro maintenance des matériels option C matériels d'espaces verts
- BTSA Aménagements Paysagers
Les professions de paysagiste concepteur, architecte ou ingénieur paysagiste, sont réglementées. Pour exercer l'un de ces métiers, il est obligatoire d'être titulaire d'un diplôme français de paysagiste de niveau bac +5 au minimum, par exemple :
- Titre d'ingénieur en paysagisme
- Diplôme de paysagiste de l'École nationale d'horticulture
- Diplôme d'État (DE) de paysagiste préparé à l'École nationale Supérieure de Paysage (ENSP)
- Diplôme d'ingénieur de l'Institut supérieur d'agriculture - JUNIA spécialité paysage
- Diplôme d'ingénieur de l'Institut Agro Rennes-Angers de l'institut national d'enseignement supérieur pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement (Institut Agro) spécialité paysage

La reconversion professionnelle
Si vous souhaitez entamer une reconversion professionnelle pour devenir jardinier à votre compte, vous pouvez retourner sur les bancs de l’école et valider l'un des diplômes cités ci-dessus. Il est également possible de passer par un Centre de formations pour adultes (CFA) et valider une formation diplômante en combinant cours théoriques et terrain. Devenir paysagiste en reconversion ouvre de nombreuses opportunités. Vous pouvez demander conseil à France Travail ou financer certaines formations jardinier paysagiste via le compte personnel de formation (CPF).
Certifications spécifiques : Certiphyto et Biocides
En cas d'application de produits phytopharmaceutiques, vous devrez être titulaire d'un certificat individuel, le "Certiphyto". Ce certificat est nécessaire pour l’utilisation ou la délivrance de conseils d’utilisation de produits phytopharmaceutiques. Vous pourrez obtenir ce certificat à la suite d'une formation permettant de vérifier vos connaissances durant un test d'1 heure, ou sur diplôme obtenu au cours des 5 années précédant la date de la demande. Ce certificat est nécessaire pour utiliser, vendre et acheter certains produits biocides. Pour cela, il est nécessaire de suivre une formation auprès d’un organisme habilité. Si le paysagiste veut proposer de l’élagage, il doit passer une formation (arrêté du 4 août 2005 relatif à la prévention des risques de chutes liés aux travaux réalisés dans les arbres au moyen de cordes).
Le certiphyto qu'est-ce-que c'est?
3. Établir un Business Plan solide
Un business plan structuré vous guide dès le début et clarifie votre modèle économique. La réalisation d'un Business Plan est indispensable pour créer votre entreprise. Il permet de convaincre de la solidité de votre entreprise et de structurer votre réflexion. Ce document sert de fondation à votre projet et vous aidera à clarifier vos objectifs. En outre, il vous rendra crédible aux yeux des investisseurs, au moment de votre recherche de financement.
Contenu du Business Plan
Votre business plan doit comporter les parties suivantes :
- Une présentation de votre projet :
- Votre entreprise : Nom, logo, forme juridique choisie.
- Votre expérience : Formations, certifications, années d'expérience.
- Vos services : Par exemple "Je souhaite créer une entreprise d'aménagement paysagiste".
- Une étude de marché pour comprendre l'offre, la demande et les besoins de vos futurs clients.
- Votre modèle économique, c'est à dire quels seront vos tarifs et comment vous comptez vous faire connaître.
- Votre prévisionnel financier, une série de tableaux financiers pour évaluer la viabilité de votre entreprise (compte de résultat prévisionnel, bilan prévisionnel, plan de trésorerie, plan de financement et besoin en fonds de roulement).
Indiquez vos objectifs : le nombre de clients visés la première année, les prestations prioritaires, les zones d’intervention, ainsi que les investissements prévus. Cela vous donne une direction claire et vous aide à mesurer vos progrès au fil des mois. Les principales informations à faire valoir dans votre Business Plan sont :
- Un compte de résultat prévisionnel
- Un bilan prévisionnel (investissement, capacité de remboursement et d’autofinancement…)
- Une estimation sur le besoin en fonds de roulement (BFR)
- Des données numériques basées sur l'étude de marché
- Des données relatives à la société : statut juridique, régimes fiscal et social…
Évaluation des coûts et investissements initiaux
Lorsque vous lancerez votre entreprise de jardinage et d'entretien d'espaces verts, il faut prendre en compte les investissements indispensables tels que la rédaction de vos statuts et leurs publications, l’achat de matériel, de véhicule, etc. Pensez à bien évaluer vos futures charges : matériels, véhicules, stockages, les frais de personnel, les achats de végétaux, le loyer si vous choisissez d'aménager des locaux pour accueillir votre entreprise, des éventuels frais de publicité, de fonctionnement et d’entretien des véhicules.Vous aurez besoin d’un fourgon ou d’un véhicule utilitaire qui pourra accueillir tous vos outils portatifs. Un véhicule adapté facilite le transport de votre matériel et l’organisation de vos journées. Un utilitaire spacieux permet de tout ranger et d’intervenir rapidement sans perdre de temps à charger et décharger. Certains équipements, comme les broyeurs professionnels, les scarificateurs haut de gamme ou les tondeuses autoportées, représentent un coût important. N’hésitez pas à acheter du matériel petit à petit. Vous n’avez pas besoin de posséder tous les outils pour commencer à travailler. Pensez aussi aux éventuels frais de stockage du matériel ou aux achats ponctuels de végétaux pour certains chantiers. La location est souvent la meilleure option au démarrage. La location est aussi une excellente façon de tester différents modèles avant d’investir dans un matériel coûteux.

4. Choisir le statut juridique adapté
La création d’une entreprise de jardinage et d'entretien d'espaces verts commence par le choix du statut juridique approprié. Le meilleur statut dépend de votre projet. Les démarches de création de l’entreprise dépendent du statut juridique choisi.
Les différents types d'activités et leurs affiliations
Le secteur du paysagisme englobe plusieurs activités : les paysagistes producteurs de végétaux, les paysagistes concepteurs, les paysagistes qui réalisent des petits travaux de construction dans le cadre d’ouvrages paysagers, les paysagistes qui entretiennent les espaces verts et les jardins… La nature de l’activité dépend du métier réellement exercé par l’entreprise.
- Activité agricole : Lorsque la production de végétaux est prépondérante dans l’activité, ou si vous plantez des arbres ou plantes, il s’agit d’une activité agricole, avec un régime social agricole MSA (Mutualité Sociale Agricole). Vous devez vous inscrire auprès de la Chambre d’agriculture. Dans ce cas, l'auto-entreprise ou la micro-entreprise sont impossibles.
- Activité commerciale : Lorsque l’activité consiste majoritairement à effectuer de l’entretien et vendre. L’entretien de parc et jardin (tonte, taille, élagage…) correspond à une activité commerciale BIC (Bénéfices Industriels et Commerciaux), mais avec une inscription obligatoire à la MSA. Il faut tout d’abord s’inscrire à la Chambre de Commerce et d’Industrie pour créer une entreprise individuelle, puis à la MSA. L'auto-entreprise ou la micro-entreprise ne sont pas non plus envisageables.
- Activité artisanale : Lorsque les travaux de terrassement et de maçonnerie sont prépondérants. Si vous faites des terrassements ou des travaux de maçonnerie (murets, aménagements en dur), ou si vous faites du bricolage touchant aux bâtiments, vous serez considéré comme artisan avec une inscription à la Chambre des Métiers et de l’Artisanat (dans ce cas, un diplôme ou 3 ans d’expérience est obligatoire).
- Activité libérale réglementée : Lorsque l’entrepreneur utilise le titre de paysagiste concepteur.
En cas de plusieurs activités simultanées, c’est l’activité principale qui sera déterminante. Si une des activités est de nature artisanale, vous devrez vous inscrire auprès de la Chambre des métiers et de l’Artisanat.La détermination de la nature de l’activité n’est pas évidente pour cette activité. Nous vous conseillons d’échanger à ce propos avec votre expert-comptable lors de la création de votre entreprise.
Incompatibilité de la micro-entreprise pour l'activité de paysagiste principal
La micro-entreprise : une solution simple et flexible pour démarrer, mais uniquement lorsque votre activité ne relève pas du régime agricole. En paysagisme, certaines prestations d’entretien léger peuvent entrer dans le cadre des services à la personne, mais cela n’est possible que si elles ne constituent pas l’activité principale et ne s’appliquent qu’à des travaux strictement définis. Les activités de création ou d’entretien d’espaces verts relevant du régime agricole sont affiliées à la MSA, ce qui exclut le statut de micro-entrepreneur.Le statut d'auto entrepreneur ne peut pas être adopté par un professionnel dont l'activité relève de la mutualité sociale, MSA. L’activité de jardinier paysagiste n’est pas ouverte au régime de la micro-entreprise. Elle est considérée comme activité agricole et dépend de la Mutuelle Sociale Agricole (MSA), et non de la Sécurité sociale des indépendants (SSI).Il n'est pas possible d'être en auto-entrepreneur exclusivement pour exercer le métier de jardinier ou de paysagiste.
Possibilités pour les petits travaux de jardinage en auto-entrepreneur
Il existe quelques possibilités pour exercer une activité liée au jardinage en micro-entreprise. En effet, vous pouvez effectuer de petits travaux de jardinage sous le statut d'auto-entrepreneur en vous immatriculant comme entreprise multiservice ou comme entreprise de services à la personne. L'option services à la personne vous permet de facturer vos clients avec le Chèque emploi service universel (CESU).Un auto-entrepreneur qui déclare une activité multi-services peut exercer des activités de jardinage mais cela ne doit pas constituer la majorité de son chiffre d’affaires. Dans le cas où l’entrepreneur déclare comme activité : “Service aux personnes, jardinage et petit bricolage”, il pourra réaliser de petits travaux soit des activités compatibles avec le statut d’auto-entrepreneur. Auquel cas, vous pourrez bénéficier du Crédit d’Impôt relatif aux prestations de services à la personne. Cependant les ventes de service de jardinage ne doivent pas dépasser la moitié des ventes totales. De plus, ce statut interdit à l’auto-entrepreneur de facturer des entreprises ou des associations, donc votre clientèle devra se limiter aux particuliers.Si votre activité principale consiste en de petits travaux de jardinage, y compris les travaux de débroussaillage pour les particuliers, alors vous êtes dans la catégorie des services à la personne. Dans ce cas, vos clients pourront bénéficier d’une réduction d’impôt jusqu’à 50%. Pour faire bénéficier à vos clients de cet avantage, il vous faudra faire une déclaration de services à la personne en ligne.Vous ne devez pas dépasser les seuils de chiffre d’affaires de la micro-entreprise, à savoir 77 700 € en prestation de services.
Les autres statuts juridiques
Si la micro-entreprise n’est pas idéale pour devenir paysagiste ou jardinier indépendant, il est possible d’exercer comme entrepreneur individuel (EI) ou en société (SARL, EURL, SAS, SASU).
L’entreprise individuelle (EI) : une alternative adaptée si vous prévoyez d’évoluer rapidement. C’est la forme la plus simple pour démarrer. Elle permet d’exercer facilement en votre nom propre, sans capital minimum requis. La micro-entreprise est idéale pour démarrer rapidement avec peu de charges administratives. L’entreprise individuelle (EI) convient si vous souhaitez évoluer vers une activité plus structurée. Dans la grande majorité des cas, les activités de paysagisme (code APE 81.30Z) relèvent du régime des BIC. Le statut est relativement simple à créer et à gérer (comptabilité simplifiée, notamment). Cette forme juridique est protectrice grâce à la séparation entre votre patrimoine professionnel et personnel. Il est également possible d’opter pour l'impôt sur les sociétés (IS). Cependant, attention à la limite de chiffre d’affaires qui s’applique : pour une micro-entreprise, elle est fixée à 77 700 € par an (2024).
La société unipersonnelle (EURL ou SASU) : Ces structures offrent une responsabilité limitée à vos apports personnels, ce qui est plus sécurisant en cas de dettes. Bien que leur création soit plus complexe, elles permettent une croissance plus importante. La SARL ou l’EURL : des structures mieux adaptées pour sécuriser votre patrimoine personnel et gérer des projets de plus grande ampleur. Créer une EURL ou SASU jardinier paysagiste est tout à fait possible pour exercer seul, ou en SAS/SARL si vous souhaitez vous associer. La SARL devient pertinente lorsque vous prévoyez de recruter ou de gérer des chantiers plus importants.
- L’EURL (Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée) : Son fonctionnement est quasi-similaire à celui des SARL en plus simple. L’entrepreneur est l’associé unique. Ce type d’entreprise n’est pas limité à un seuil de chiffre d’affaires. Vous pouvez donc croitre sans avoir à nouveau à vous préoccuper du statut avec lequel vous exercez. Le coût global de constitution est d’environ 30€ pour l’immatriculation et d'une centaine d’euros pour les frais de publication dans un journal d’Annonces Légales (entre 50€ et 100€). Enfin, l’EURL est une personne morale distincte de l’entrepreneur. En cas de « problème » dans la gestion de votre activité, votre patrimoine personnel est protégé. Concernant l’imposition, vous avez la possibilité d’opter pour l’impôt sur le revenu (IR) ou l’impôt sur les sociétés (IS).
- La SASU (Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle) : La SASU est une société commerciale distincte de l’entrepreneur. Les biens personnels sont donc distincts des biens professionnels. Ce type de structure est assez flexible dans la rédaction des statuts et le fonctionnement de l’entreprise. La fiscalité est assez avantageuse concernant les cessions d’actions. La SASU est soumise à l’impôt sur les sociétés (IS). Enfin, le régime social du dirigeant est celui des assimilés salariés.
L'EIRL (Entrepreneur Individuel à Responsabilité Limitée) : Ce type de structure juridique permet à une personne physique d’exercer son activité avec un patrimoine séparé de son patrimoine personnel. Elle n’impose pas de seuil de chiffre d’affaires. L’EIRL est une structure simplifiée et sécurisée, c’est un statut très protecteur ! Cependant, son coût de global de constitution est un peu plus élevé que l’EURL. Comptez environ 60€ pour l’immatriculation au RCS avec environ 130 euros pour l’immatriculation au RM. Vous avez la possibilité de réaliser un stage d'un montant de 250 euros. Concernant la fiscalité, elle répond au principe de l’imposition sur le revenu mais peut également opter pour l’impôt des sociétés.
5. Les démarches administratives et légales
L’enregistrement officiel de votre activité vous permet de travailler en toute légalité et instaurer un climat de confiance avec vos futurs clients.
Déclaration de l'activité et immatriculation
Pour démarrer votre activité, vous devez déclarer votre entreprise via le Guichet unique, la plateforme officielle opérée par l’INPI : formalites.entreprises.gouv.fr. Elle peut inclure l’immatriculation auprès de la Chambre des Métiers et de l’Artisanat (CMA) lorsque votre activité relève de prestations artisanales (entretien, création ou travaux paysagers). Le Guichet unique se charge désormais de router automatiquement votre dossier vers l’organisme compétent (CMA, greffe, MSA, URSSAF, etc.).Pour lancer une société d'aménagement paysager, plusieurs étapes sont à suivre :
- Choisir votre statut juridique.
- Rédiger et déposer les statuts de votre entreprise.
- Ouvrir un compte professionnel et déposer le capital social de la société.
- Publier un avis de constitution au Journal d’annonces légales (JAL).
- Déclarer et immatriculer votre société sur le site Guichet unique de l'INPI.
Régime de sécurité sociale
Le régime de sécurité sociale est lié à la nature de l’activité, qui dépend du métier que l’entreprise exerce réellement.
- L’activité de paysagiste relève normalement de la seule compétence de la MSA lorsque l’activité relève du domaine agricole. Il n’est donc pas possible de s’affilier à la sécurité sociale des indépendants ou au régime général de la sécurité sociale.
- Lorsque l’activité de paysagiste a une nature commerciale ou artisanale, l’entrepreneur peut s’affilier à la sécurité sociale des indépendants ou au régime général de la sécurité sociale. Le régime de sécurité sociale dépend notamment du statut juridique de son entreprise.
- À la sécurité sociale des indépendants lorsque l’activité est exercée en nom propre, en EURL ou en SARL avec une gérance majoritaire.
- Au régime général de la sécurité sociale lorsque l’activité est exercée en SASU, en SAS ou en SARL sans gérance majoritaire.En tant que paysagiste, vous serez affilié à la Mutualité Sociale Agricole (MSA).
Régime fiscal
Comme pour le régime de sécurité sociale, les modalités d’imposition des bénéfices du paysagiste indépendant sont tout d’abord liées à la nature de l’activité (agricole ou autre).
- Pour les activités agricoles : Il n’est pas possible d’opter pour le régime fiscal de la micro-entreprise lorsque l’on crée une entreprise de paysagiste affiliée à la MSA. En effet, ce régime ne s’adresse qu’aux travailleurs non-salariés non agricoles exerçant les professions artisanales, industrielles et commerciales relevant de la Sécurité sociale des indépendants. Par contre, il peut bénéficier d’un régime spécifique aux professions agricoles : le régime micro-BA. Sous ce régime, le bénéfice et la base de calcul des cotisations sociales sont déterminés forfaitairement par l’application d’un abattement de 87%. Le régime réel simplifié BA et le régime réel normal BA sont deux régimes d’imposition dans lesquels le bénéfice imposable se détermine par différence entre les produits et les charges HT comptabilisés selon les règles de la comptabilité agricole. L’entrepreneur est imposé personnellement sur son bénéfice imposable. Enfin, une option pour le régime de l’impôt sur les sociétés est envisageable. Le régime fiscal du micro-BA s’adresse aux paysagistes ayant une activité agricole. Il est accessible quand le montant HT des recettes des années N, N-1 et N-2 ne dépasse pas un plafond qui s’élève à environ 85 800 euros. D’autre part, dans le cadre du régime réel d’imposition des bénéfices agricoles, le bénéfice imposable se définit par la différence entre les produits et les charges HT qui sont comptabilisés. L’entrepreneur paysagiste est imposable personnellement sur son bénéfice.
- Pour les activités artisanales ou commerciales : Les paysagistes dont l’activité est artisanale ou commerciale peuvent opter pour le régime fiscal de la micro-entreprise. Ce régime est accessible à condition que les recettes de l’entreprise ne dépassent pas des seuils fixés par l’administration. Le régime réel d’imposition à l’IR, dans lequel le bénéfice imposable se détermine par différence entre les produits et les charges de l’exercice. L’entrepreneur supporte ensuite personnellement l’imposition des bénéfices à l’IR. Le régime de l’impôt sur les sociétés, dans lequel le bénéfice imposable se détermine par différence entre les produits et les charges de l’exercice. Par contre, c’est l’entreprise qui supporte l’imposition des bénéfices.
Assurances professionnelles
La Responsabilité Civile Professionnelle (RC Pro) est indispensable dans les métiers du paysage. Souscrivez une assurance RC Pro pour couvrir votre activité.

6. Financer votre projet
Peut-être que vous possédez les économies suffisantes pour lancer votre activité d'entretien des espaces verts ? Si ce n'est pas le cas, la solution la plus courante est de faire un prêt bancaire entreprise. Ouvrir une entreprise de jardinage sans apport c'est possible ? De manière juridique, vous pouvez tout à fait créer votre entreprise de jardinage à partir d’1€ de capital mais rapidement vous allez devoir payer les frais de lancement de l’activité. Prévoyez de la Trésorerie pour ne pas vous retrouver avec des dettes dès le lancement de votre activité.
Sources de financement
Outre la recherche de capitaux figure parmi les principales étapes de création de l’entreprise de paysagiste.
- Prêt bancaire professionnel : La solution la plus courante.
- Crédit-bail mobilier : Vous êtes locataire d'un matériel auprès d'un bailleur (un organisme bancaire) et pouvez lever l'option d'achat en fin de contrat afin de devenir propriétaire de l'équipement.
- Prêt apport en capital de l’Adie : Avance de 3 000 € à taux zéro, remboursable en différé de deux ans.
- Location d’un véhicule : Tournez-vous vers l'ADIE pour profiter d'avantages pour louer un véhicule en LLD (location longue durée) ou en LOA (location avec option d'achat).
- Location de matériel : Le matériel loué n'appartient pas à votre entreprise, mais votre capacité d'emprunt est ainsi préservée pour vos besoins futurs.
Aides à la création d'entreprise
En tant que créateur d’entreprises, renseignez-vous pour obtenir des aides à la création d'entreprise.
- Le NACRE (Nouvel accompagnement pour la création ou reprise d'entreprise) : C'est un dispositif qui permet de bénéficier d’un accompagnement au moment du montage de votre projet et lors du démarrage concret de votre activité. Pour l’obtenir le NACRE, il est nécessaire de s’adresser à un organisme ayant passé une convention avec l'État et la Caisse des dépôts. Vous pouvez en faire la demande vous-même ou vous voir proposer le dispositif par France Travail (ex Pôle Emploi). Depuis 2017, le nouvel accompagnement à la création ou la reprise d'entreprise (Nacre) a disparu en partie et est géré par les régions. Désormais, chaque région propose son propre dispositif d'accompagnement à la création d'entreprise (ex-Nacre). Cela peut consister en une aide au montage du projet de création, une aide à sa structuration financière et/ou un suivi du développement de l'entreprise. Les conditions d'éligibilité et les modalités de la demande varient également selon la région.
- Aide aux Créateurs et Repreneurs d'Entreprise (ACRE) : Exonération partielle ou totale des charges sociales durant la première année.
- Aide à la Reprise ou à la Création d'Entreprise (ARCE) : 60 % des allocations chômage versées sous forme de capital.
7. Fixer vos tarifs et gérer les devis
Fixer correctement vos tarifs de paysagiste est crucial pour la rentabilité de votre entreprise.
Méthodes de tarification
Analysez les prix moyens pratiqués dans votre région pour mieux comprendre les attentes du marché. Des tarifs transparents rassurent vos clients et facilitent la prise de décision. N’hésitez pas à détailler ce qui est inclus dans vos prestations : déplacement, matériel, durée estimée ou gestion des déchets verts.Les paysagistes utilisent plusieurs méthodes pour facturer. Il n'y a pas de bonne méthode, tout dépend de vos préférences, votre expérience et de vos prestations. Vous pouvez facturer :
- Au mètre carré : Souvent utilisée pour la tonte de la pelouse ou le désherbage, cette méthode est facile à calculer et à justifier auprès des clients.
- Au mètre linéaire : Pratique pour certaines tâches comme la taille de haies ou la pose de bordures. Elle est adaptée pour les travaux qui sont mesurés en longueur plutôt qu’en surface.
- Au forfait : Idéal pour des services réguliers ou pour des projets plus importants comme l'aménagement d'un jardin. Cette méthode est plutôt utilisée par les paysagistes expérimentés car elle nécessite une parfaite estimation du coût final de la prestation.
En général, le jardinier auto-entrepreneur facture entre 25 et 40 € de l'heure pour une prestation ponctuelle. S'il s'agit d'un contrat d'entretien, le prix est de 20 € à 35 €.

Élaboration de devis détaillés
Pour chiffrer un chantier, il faut évaluer le temps de travail, les matériaux nécessaires, les déplacements, la complexité du terrain et les éventuels frais supplémentaires comme l’évacuation des déchets verts. Une visite sur place permet en général d’établir un devis précis.
- Estimation du temps nécessaire : Il est essentiel de visiter le jardin avant de fournir un devis. Cela vous permet d’évaluer l’état général du jardin, la taille, le type de végétation, et les éventuels défis spécifiques (accès difficile, pente, etc.). Certains jardiniers peuvent travailler sur photos, c'est surtout le cas lorsqu'il s'agit de prestations simples ou connaître la surface à traiter peut suffire. Par exemple, dans le cas d'une tonte de pelouse ou du nettoyage d'une terrasse. Prenez le temps de discuter avec le client : comprenez bien ses attentes et ses besoins spécifiques (fréquence d’entretien, résultats attendus).
- La taille de la surface : Mesurez ou demandez la superficie du jardin pour estimer le temps de travail nécessaire.
- Le type de travail requis : Tonte, désherbage, taille de haies, etc. Chaque tâche a un temps moyen d’exécution que vous pouvez estimer.
- Calcul du devis :
- Calculez le temps nécessaire multiplié par votre taux horaire.
- Incluez le coût de l’usure du matériel, du carburant pour les machines, des engrais, des produits de traitement, etc.
- Estimez le coût d’évacuation des déchets verts.
- Vous pouvez ajouter un surcoût pour les terrains difficiles à travailler (pentes, accès restreint, etc.).
- Proposition de tarifs : Fournissez au client un devis qui détaille tous les différents aspects du travail à réaliser. N'hésitez pas à proposer des services additionnels qui pourraient intéresser le client (aménagements paysagers, plantations saisonnières, etc.). Soyez prêt à ajuster votre devis en fonction des retours du client et de la négociation.
Les forfaits d’entretien permettent de proposer des interventions régulières, comme la tonte, la taille ou le désherbage. Pour les projets d’aménagement, créez des devis détaillés intégrant les matériaux, la main-d’œuvre, la préparation du terrain et les délais estimés.
8. Développer votre clientèle et promouvoir votre entreprise
Pour trouver vos premiers clients, vous allez devoir faire la promotion de votre nouvelle entreprise.
Stratégies de communication et marketing
- Flyers : Les flyers restent un outil simple et efficace pour toucher un public local, surtout dans les zones rurales ou semi-urbaines. Ajoutez des photos de réalisations, vos services principaux et un QR code menant vers votre site ou vos réseaux sociaux.
- Site web et portfolio : Un site web clair et professionnel renforce votre crédibilité et joue un rôle essentiel dans votre visibilité en ligne. Présentez vos services, vos tarifs indicatifs, vos zones d’intervention et surtout un portfolio avec des photos avant/après.
- Annuaires professionnels : Référencer votre entreprise sur des annuaires professionnels comme PagesJaunes, Artisan.pro, ou des plateformes locales vous permet d’apparaître dans les recherches de proximité.
- Réseaux sociaux : Mettez en avant vos réalisations et interagissez avec votre communauté.
- Partenariats locaux : Collaborez avec des pépiniéristes, jardineries ou entreprises de construction pour des références croisées.
- Site de mise en relation : Recourir à un site de mise en relation peut être une solution.
- Événements professionnels : Des événements comme Paysalia, le salon majeur du secteur en France, offrent une occasion unique de rencontrer des fournisseurs, de découvrir les dernières innovations en matériels et végétaux, et d’échanger directement avec des partenaires potentiels.
Le certiphyto qu'est-ce-que c'est?
Fidélisation de la clientèle
Une fois les premiers résultats obtenus, ne vous reposez pas sur vos lauriers. Avoir une entreprise de paysage à succès ne s’improvise pas. Pour garantir votre réussite, vous devez réaliser différentes actions. Un bon suivi va vous permettre d’optimiser sa croissance et de corriger les moindres défaillances rapidement. Faire cela va également contribuer à fidéliser vos clients.
9. Gérer votre entreprise au quotidien
Gérer une entreprise peut rapidement devenir chronophage.
Outils de gestion
Il vous faudra également trouver un logiciel pour réaliser vos devis et factures, réaliser des plannings et assurer le suivi client. Tradify est une application de gestion des travaux conçue spécialement pour les artisans. Ces outils vous aident à anticiper les périodes plus calmes, à ajuster vos tarifs si nécessaire et à préparer vos déclarations auprès de l’URSSAF. Un TPE mobile myPOS vous permet d’encaisser directement sur place, à la fin d’une intervention, sans attendre un virement ou une facture réglée plus tard.Organilog Paysage est le logiciel de gestion de référence pour toutes les entreprises du paysage.Interservices vous fournit des outils de gestion numériques performants pour la création de devis, la facturation, et le suivi des paiements.
Gestion de la saisonnalité
La demande varie fortement selon les saisons. Le métier peut être physiquement exigeant, avec des conditions de travail parfois difficiles : météo changeante, port de charges, bruit, déplacements fréquents. La saisonnalité influence aussi le volume de travail, avec des périodes très chargées au printemps et en été, et des périodes plus calmes en hiver. En hiver, misez sur des prestations complémentaires comme le nettoyage de gouttières, la préparation du sol, la taille des arbres ou l’évacuation des feuilles.
Recrutement et développement
Lorsque la demande augmente, vous pouvez développer votre entreprise en recrutant des collaborateurs ou en sous-traitant certains travaux. Avant de recruter, clarifiez vos besoins : une assistance sur les chantiers, la gestion de l’entretien régulier, ou un appui sur des projets plus techniques. Recruter vos premiers salariés en tant que paysagiste nécessite de vous acquitter de différentes formalités.
Suivi de la rentabilité
Vous devez absolument suivre la rentabilité de votre entreprise de paysagiste de manière régulière et rigoureuse. Pilotez la rentabilité de votre activité de jardinage. Votre business plan n’est pas un simple document pour la banque, c’est votre feuille de route.
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