L’Art de la récolte des oranges : Guide complet pour les passionnés d'agrumes

Si vous avez la chance d’avoir des orangers dans votre jardin, peu importe la variété de cet arbre, ou si vous croisez sur votre route des oranges dans les arbres, les informations qui suivent devraient vous intéresser. La culture de l’oranger, Citrus sinensis, est une aventure passionnante qui demande patience, observation et savoir-faire. Originaire de Chine et introduit en Europe par les Portugais au XVe siècle, cet arbre fruitier est devenu un emblème de nos jardins, bien que sa culture nécessite des précautions particulières selon les climats.

Illustration d'un oranger chargé de fruits dans un verger ensoleillé

Comprendre l’oranger : de la botanique à la culture

L’oranger est un arbre au port harmonieux qui, planté en pleine terre, atteint rapidement 7 à 8 m. Ses fleurs blanches immaculées sont très parfumées, ses feuilles vert profond sont légèrement ailées et ses fruits varient en forme et en couleur selon les variétés. Il en est de même pour la pulpe plus ou moins acide, et dont la couleur varie de l’orange au rouge. Plante d’orangerie, l’oranger n’est cultivé en pleine terre que dans les régions les plus chaudes de France, ailleurs on le cultive en bac pour pouvoir le rentrer en hiver.

Pour une culture réussie, l'oranger doit être planté dans un sol léger, fertile, légèrement acide et bien drainé, exposé en plein soleil et à l’abri du vent. Dans l’idéal, on le plante contre un mur orienté plein sud, il y sera au chaud et protégé des vents violents qui assèchent le sol, déshydratent la plante, font chuter les températures, déchirent les feuilles et abiment les fruits.

Les exigences climatiques et les soins au quotidien

L’oranger sera planté en pleine terre sans souci, en Languedoc, en pays Basque ainsi que sur le littoral atlantique et breton. Ailleurs, on préfèrera le cultiver en bac, et on le rentrera sous serre en hiver car l’oranger est peu rustique et craint dès -7 ou -8°C. Par contre, il ne sera jamais cultivé en intérieur, il ne supporte pas la chaleur des appartements.

Après une taille de formation, l’oranger sera coupé selon une taille dite d’entretien. De l’eau, de l’engrais et une bonne lumière, c’est la recette pour un oranger en pleine santé. Pour une belle récolte, apportez régulièrement un engrais riche en azote et en potasse. En hiver, on réduira les apports à un toutes les 3 semaines. On reprendra ces apports au printemps, à une fréquence d’une fois tous les quinze jours ; on remplacera la terre en surface sur 5 cm des plantes en pot, selon la technique dite de surfaçage. Les arrosages sont réguliers et indispensables, l’oranger ne supporte pas le manque d’eau. Cet agrume réussit mieux en serre froide (ou orangerie) ou en véranda avec une température hivernale de 5°C à 15°C, il doit être peu arrosé durant cette période. Dans la maison, un excès de chaleur peut lui faire perdre toutes ses feuilles. Il faut alors couper sévèrement au-dessus d’un bourgeon clair (encore vivant) et arroser deux fois par semaine ; il devrait repartir en végétation.

Comment ENTRETENIR les AGRUMES en pot ?

La gestion des parasites et maladies

L’oranger n’est pas épargné par les ravageurs. Les pucerons, ces petites bêtes vert clair se voient à l’œil nu, sous les feuilles, près des nervures. Attention aux cochenilles, ces petits insectes piqueurs et suceurs de sève qui affaiblissent très vite le plus vigoureux des arbres. Vous les reconnaitrez facilement : les insectes s’enferment dans une carapace brune ou sous un feutrage blanc, au dos de la feuille contre la nervure principale et excrètent un miellat qui finira par attirer des champignons.

L’oranger n’est pas à l’abri d’une attaque de mineuses. Ces chenilles creusent de petites galeries brunâtres dans le limbe, visibles sur le dos de la feuille. Elles se protègent dans une cuticule cireuse, il est donc difficile de s’en débarrasser. Le feuillage de l’oranger est décoloré, son vert vire au gris argenté, de petites toiles d’araignée se forment au bout des feuilles ? Votre oranger est attaqué par des araignées rouges. Ces acariens détestent l’humidité, nettoyez la plante à grande eau. Dans le Midi, vous pourrez subir des attaques de la mouche du fruit (Ceratitis capitata) noire et jaune. Si c’est le cas, vous remarquerez que les fruits sont marqués d’une tache noire. La mouche pond ses œufs dans les fruits, les larves s’y développent et les font pourrir. Détruisez tous les fruits infectés tant que les larves n’ont pas fini leur développement. Cela empêchera la propagation de la mouche. Utilisez des pièges collants pour capturer les adultes.

Les secrets de la récolte : timing et maturité

Les agrumes sont des fruits qui, une fois cueillis, ne mûrissent plus. Pour obtenir un fruit juteux, sucré et fortement vitaminé, il est donc important de le laisser mûrir sur l'arbre. Tout d’abord, vous devez connaître, en fonction des variétés d’oranges, le mois le plus propice à la récolte de celles-ci. En France, c’est surtout en plein hiver, en février, que ce fruit est récolté pour le consommer frais et juteux à souhait. Parmi les différentes variétés de ce fruit, on peut notamment citer les oranges navels qui sont des oranges mûres au tout début de l’hiver, dès novembre. Lorsque nous avons fini de cueillir la variété d’orange Navelina, nous cueillons la variété d’orange Navel Lane, une variété à la peau plus dure, ce qui explique qu’elle reste plus longtemps sur l’arbre.

Malheureusement, il n'est pas toujours évident d'évaluer le niveau de maturité. Contrairement à ce que l'on pourrait penser, il ne faut pas se fier à la couleur du fruit ! En effet, ce n’est pas parce qu’une orange est bien orange que celle-ci est vraiment mûre. La couleur n’aura ainsi pas forcément d’influence sur la présence de jus, sur le goût ou encore sur la texture. Les oranges mûrissent plus tôt à l’intérieur qu’à l’extérieur, c’est-à-dire qu’elles peuvent être vert clair à l’extérieur et orange à l’intérieur. Les chocs thermiques dus aux écarts de températures entre les jours « chauds » et les nuits fraîches sont responsables de la coloration de la peau. Ils en altèrent la chlorophylle, qui laisse apparaître les autres pigments jaunes et oranges. Un fruit portant des zones vertes sur son épiderme peut être mûr !

Schéma comparatif montrant les différents stades de maturité d'une orange

Cependant, le critère qui va vous aider à définir si votre orange est mûre ou non sera surtout le poids ! Pesez avec votre main une orange avant de la retirer de l’arbre. Un agrume mûr est un fruit rempli de jus ; il est donc, forcément, ferme et lourd. En plus de sous-peser, vous pouvez éventuellement sacrifier un fruit en l’ouvrant et le goûtant. Les autres signes de maturité se trouvent, hélas, à l’intérieur des fruits : un zeste gorgé d’essences très odorantes, le jus (non acide) qui s’écoule du fruit coupé en deux et la pulpe bien colorée. Dans le doute, sacrifiez un fruit ! La raison principale sera qu’un agrume comme l’orange, une fois récolté, ne muri plus. Si vous la cueillez trop tôt, vous n’obtiendrez pas une texture, une odeur et un jus à la hauteur de vos espérances.

Techniques de cueillette et conservation

Pour réussir la récolte, adopter les bonnes méthodes est essentiel. Ce sera surtout important pour bien la conserver au fil des jours. Pour une bonne conservation des agrumes, la cueillette doit se faire avec précaution. En effet, leur peau, même si elle est épaisse, peut se blesser facilement. Une coupure, aussi superficielle soit-elle, est une porte ouverte aux champignons responsables des fameuses taches de moisissures vertes qui se développent sur la peau.

Si vos agrumes sont cultivés à l'extérieur, procédez un jour sans pluie, et après que la rosée du matin s'est évaporée ; un fruit mouillé est plus fragile et peut pourrir très facilement. Il est essentiel de prendre un sécateur désinfecté pour couper délicatement la tige près du bois de l’oranger. En effet, vous pouvez notamment laisser une partie du pédoncule de l’orange pour favoriser la conservation. Il faut éviter d'enlever la tige, qui laisserait une blessure sur la peau, mais, également, de laisser un trop long bout de tige qui risquerait de blesser les fruits stockés à côté d'elle. Le petit bout de tige restant séchera et tombera de lui-même.

Préalable : comme tous fruits ou légumes de conservation, ne stockez que des fruits sains, afin de ne pas contaminer toute la récolte. Cueillis au bon moment et dans de bonnes conditions, les agrumes peuvent se conserver, dans une pièce fraîche, pendant plusieurs semaines. Si l'atmosphère est sèche et chaude, les fruits perdent plus vite l'humidité qu’ils contiennent. Cette déshydratation accélère le processus de vieillissement du fruit. Pour retarder, au maximum, l'inéluctable, vous pouvez entreposer vos agrumes dans le bac à légumes de votre réfrigérateur.

Considérations sur la consommation et l'origine des fruits

L'orange est le fruit d’hiver par excellence, une importante source de vitamine C et le deuxième fruit le plus consommé, en France, après la pomme. Toutefois, il est important de noter une différence majeure entre les fruits du jardin et ceux du commerce. Les oranges importées sont généralement du groupe navel, plus grosses et plus attrayantes pour l’acheteur. Un grave problème des oranges importées est qu’elles utilisent des produits chimiques interdits par l’Union européenne, ces oranges peuvent être vendues en Europe, c’est une attitude incompréhensible pour les agriculteurs, il est donc toujours préférable de soutenir les agriculteurs en Espagne et de consommer des oranges de Valence. L’utilisation d’engrais naturels et sans nitrates aide beaucoup pour qu’ils aient moins d’acide et plus de sucre. Désormais, les oranges n’ont plus de secret pour vous !

tags: #cueillette #des #oranges