La Cueillette par le Consommateur et l'INRA : Enjeux et Perspectives

Cueillette de fruits et légumes par des consommateurs

La cueillette par le consommateur, qu'elle concerne les plantes sauvages ou les produits cultivés en circuit court, représente un ensemble de pratiques en pleine évolution, avec des implications significatives pour l'agriculture, l'économie locale et la préservation de l'environnement. L'Institut National de la Recherche Agronomique (INRA), ainsi que d'autres organismes de recherche et associations, s'intéressent de près à ces dynamiques, notamment à travers des expertises scientifiques collectives et des études approfondies. Cette thématique s'inscrit dans un contexte plus large de redéfinition des relations entre l'homme, la nature et son alimentation, marqué par une prise de conscience croissante des enjeux de santé publique, de durabilité et de consommation responsable.

La Place des Plantes Sauvages dans la Diversité des Filières et des Acteurs

L'étude des cueillettes commerciales révèle que notre connaissance de ce milieu, en particulier des circuits et filières dans lesquels sont utilisées les plantes sauvages collectées, est incomplète. Ces plantes sont utilisées dans un ensemble important de productions et par une grande diversité d’acteurs. Qu'ils soient indépendants ou salariés d’entreprises, exploitants agricoles, artisans, commerciaux ou en profession libérale, il existe autant de statuts juridiques que de manières d’être cueilleur, suivant que l’on transforme ou non les plantes sauvages cueillies, que l’on vende en gros, en demi-gros ou au détail, que l’on cueille anecdotiquement ou exclusivement. Il convient de bien étudier son projet en amont et de se faire accompagner dans son parcours. Il est essentiel de se poser un ensemble de questions autant sur son projet, sa faisabilité que sur la définition de son statut avant de se lancer. En effet, un projet professionnel de cueillette est unique et propre à chacun.

Définir son Statut de Cueilleur Professionnel

Choisir le bon statut juridique, fiscal et social en fonction de son projet n’est pas toujours aisé. Si l’on souhaite faire de la cueillette uniquement en sauvage avec peu de transformation en dehors du séchage, on sera inscrit à la Chambre du Commerce et de l’Industrie de son département sous le code APE / NAF 0230Z « Récoltant de produits forestiers non ligneux poussant à l’état sauvage » avec une affiliation sociale à la MSA. Le statut juridique de cette activité pourra être par exemple : une auto-entreprise, une SARL, une EURL, etc. Fiscalement, on pourra relever du régime du micro-bénéfice industriel et commercial (micro-BIC).

Si la cueillette est combinée à d'autres activités agricoles, le statut dépendra du poids de chacune de ces activités et il faudra peut-être réfléchir à créer différentes structures pour les abriter. Dans ce cas, on sera affilié socialement à la MSA, et c’est auprès de la Chambre d’Agriculture de son département qu’il faudra se rapprocher. Fiscalement, on pourra relever du régime du micro-bénéfice agricole (micro-BA), avec 87% d’abattement sur le chiffre d'affaires, si la moyenne des recettes des trois années précédentes n'excède pas 91 900 € HT (ce qui sera le cas au démarrage de l’activité).

Si l’on souhaite faire de la cueillette et transformer les produits de sa cueillette pour de la vente directe (cosmétiques, confitures, sirops, etc.), on est alors artisan et on sera inscrit à la Chambre des Métiers et de l’Artisanat. On sera socialement affilié au régime général. Le statut juridique de l’activité pourra être par exemple : une auto-entreprise, une SARL, une EURL, etc. Dans ce cas, le statut fiscal est moins intéressant que dans les deux premiers cas.

Pour valider son montage, il est possible de se rapprocher des Centres de Formalités des Entreprises des différentes Chambres consulaires, de la MSA, de l’URSAFF (régime général), des Associations Départementales de Développement de l’Emploi Agricole Rural (ADDEAR ou ADEAR), du service des impôts, ou du guichet unique pour les formalités des entreprises.

Organismes et Associations Clés

Plusieurs entités jouent un rôle crucial dans l'encadrement et la promotion de la cueillette professionnelle :

  • SIMPLES (Syndicat Inter-Massif pour la Production et l’Économie des Simples) : Regroupe une centaine de producteurs-cueilleurs de plantes médicinales, aromatiques, alimentaires, cosmétiques et tinctoriales. Ils suivent un cahier des charges très strict en ce qui concerne la protection de l’environnement, la préservation des ressources floristiques, la qualité de la production et le respect du consommateur.
  • CPPARM (Comité des Plantes à Parfum, Aromatiques et Médicinales) : Association d’organisation de producteurs (AOP) dont les missions consistent à fournir à ses adhérents des éléments relatifs à la connaissance des marchés, la promotion des produits, la coordination des actions commerciales, et la qualité des produits.
  • FPH (Fédération des Paysans Herboristes) : Réunit différents organismes et groupements de productrices et producteurs de plantes médicinales et aromatiques en France qui travaillent en circuits courts. Elle œuvre à faire valoir la spécificité du métier de « paysan.ne-herboriste » auprès des pouvoirs publics et à sensibiliser le public sur les pressions et menaces sur les ressources de plantes sauvages.
  • MSA (Mutualité Sociale Agricole) : Organisation responsable de la protection sociale spécifique des personnes salariées et non salariées des professions agricoles.
  • ADDEAR ou ADEAR (Associations Départementales de Développement de l’Emploi Agricole Rural) : Associations qui œuvrent pour le développement d’une agriculture paysanne et accompagnent les paysans dans leur installation.

Logo de la Mutualité Sociale Agricole (MSA)

La Cueillette dans le Massif Central : Un Enjeu Socio-Économique et Écologique

Le Massif Central, comme d'autres massifs montagneux de France, concentre de forts enjeux socio-économiques et écologiques autour de la cueillette de plantes sauvages à des fins artisanales et industrielles. Il demeure difficile de réunir des données macroéconomiques qualitatives et quantitatives permettant d’établir une liste précise des acteurs de la filière et d’en connaître le poids économique et social. Il est tout autant difficile d’établir une liste exhaustive des plantes prélevées, des pratiques et modes d’extraction qu’ils soient familiaux, artisanaux ou industriels.

Le Conservatoire botanique national du Massif central (CBN Massif central), un établissement public à caractère scientifique et technique agréé par le Ministère chargé de l’environnement et de l’aménagement du territoire, mène une quadruple mission de connaissance de l’état et de l’évolution de la flore sauvage, de conservation des éléments les plus rares et menacés, d’expertise, et de sensibilisation du public sur son territoire d'agrément.

Le CBN Massif central centralise toute information botanique relative à son territoire, issue d’ouvrages, manuscrits, herbiers, et observations de son équipe et de son réseau. Avec plus de 4,6 millions de données floristiques informatisées au 1er décembre 2011, le CBN vise à effectuer un état des lieux des ressources végétales cueillies, partagé par l’ensemble de la profession et les organismes de préservation de l’environnement.

Une enquête économique, s’appuyant notamment sur les statistiques de l’INSEE et de nombreuses rencontres avec la filière, cherche à mettre en évidence des données macroéconomiques quantitatives et qualitatives sur le Massif Central. Il s’agit de connaître les différents types d’acteurs procédant à la cueillette, les modes opératoires, les catégories de produits élaborés, et les usages actuels, ainsi que de constituer une liste précise des entreprises individuelles et des sociétés œuvrant dans ce domaine, leur importance économique et sociale.

À partir de ces connaissances, le CBN Massif central sera en mesure de fournir, pour chaque espèce cueillie, des indications sur l’abondance de la ressource, sa pérennité, ses fragilités (niveau de menaces, rareté régionale et nationale, statuts de protection actuels, répartition), et de préconiser les ressources pouvant faire l’objet d’une cueillette sans risque écologique avéré. La volonté est d’instaurer un dialogue sincère entre tous les acteurs de la filière pour que la richesse floristique du Massif central soit durablement préservée, partagée et valorisée.

La Cueillette en Circuit Court : Une Alternative au Modèle de Consommation

Les marchés de producteurs, magasins à la ferme et livraison de paniers, les circuits courts alimentaires se développent. Les consommateurs sont au rendez-vous. Un circuit court est un mode de commercialisation dans lequel un exploitant agricole vend directement ses produits aux consommateurs ou par le biais d’un seul intermédiaire. L’objectif est de permettre à l’agriculteur de mieux rémunérer sa production (prix équitable…) et au consommateur de connaître l’origine et la qualité des produits qu’il achète. Les produits les plus vendus en circuit court sont les fruits, les légumes, le vin, la viande, le lait et les œufs. D’après le dernier recensement agricole de 2010, près d’un agriculteur sur cinq commercialise tout ou partie de sa production en vente directe.

Panier de légumes frais de saison issus d'un circuit court

Attention, « circuit court » ne rime pas avec « achat local ». En effet, le concept de « circuit court » ne prévoit pas de notion de proximité géographique. Des oranges produites au Brésil ou des tomates cultivées au Maroc peuvent très bien être vendues en circuit court. Il suffit qu’il n’y ait qu’un seul intermédiaire.

Si pour des raisons concurrentielles le prix d’un même produit en grande distribution ne varie sensiblement pas d’une enseigne à une autre, en circuit court ils sont plus hétérogènes. Un état de fait qui rend difficile la comparaison des prix pour le consommateur et lui donne l’impression qu’acheter en circuit court est plus cher. C’est une idée reçue. À qualité égale et en respectant la saisonnalité, les produits issus de circuits courts sont en moyenne moins chers qu’en grande surface. Ce sont les produits vendus sur les marchés et à la ferme (vente directe) qui sont les plus accessibles en prix. En AMAP, ils sont également moins chers à qualité égale. Les plateformes de vente par internet et les boutiques spécialisées en produits locaux sont plus chères car elles fonctionnent avec un intermédiaire. Mais, il y a des produits qui resteront toujours plus chers.

Formes et Avantages de la Consommation en Circuit Court et Locale

Il existe plusieurs solutions pour consommer en circuit court et local. À côté des marchés traditionnels - les marchés de plein vent - il existe d’autres canaux de distribution : la vente directe à la ferme, les magasins de producteurs, les sites de vente en ligne, les AMAP.

La cueillette en libre-service est une forme de circuit court qui met directement en contact les consommateurs et les producteurs, favorisant ainsi le développement d’une agriculture locale, équitable et plus respectueuse de l’environnement. En Île-de-France, 15 fermes et exploitations agricoles, qui adhèrent à la marque régionale « Produit en Île-de-France », ouvrent leurs cueillettes au public. Les visiteurs sont invités à prélever eux-mêmes les produits de leur choix dans les serres et potagers des agriculteurs. Nul besoin d'être un expert des potagers pour se lancer : les exploitations fournissent les brouettes, paniers et autres outils nécessaires à la cueillette. Des professionnels sont également présents pour assurer l'accueil et le conseil des visiteurs. Ces derniers n'ont plus qu'à cueillir en fonction de leurs envies ! Les produits disponibles varient selon la saison et l'exploitation. Le prix de chaque produit est généralement affiché sur la parcelle correspondante.

La cueillette à la ferme : c'est tendance et écolo

Ce concept séduit, comme à "La cueillette de Fraisochamps" de Thil, dans l’Ain, organisée par le réseau Chapeau de paille. Les clients apprécient le côté ludique et pédagogique de cette pratique, qui permet aux enfants de découvrir comment les fruits poussent. C'est un moment de partage en famille, offrant la possibilité de choisir ses produits et d'être maître de sa consommation. Cette approche permet non seulement de se rapprocher du client et de vendre en direct, mais aussi d'avoir un rôle pédagogique. Les prix sont souvent plus avantageux, en moyenne 20% moins chers que dans le commerce classique, mais il est essentiel de respecter les règles pour éviter les pertes et le gaspillage.

D'autres formes de commercialisation en circuits courts incluent les distributeurs automatiques disposés à la ferme, les magasins gérés par des agriculteurs associés, et la « vente au panier » popularisée par les AMAP. Certaines épiceries en vrac s’engagent à respecter une charte stricte de transparence et d’équité avec le producteur, et de se fournir au maximum localement. Les AMAP (Associations pour le Maintien d'une Agriculture Paysanne) sont des associations à but non lucratif qui naissent de la rencontre entre un groupe de consommateurs et de producteurs, avec un contrat établi pour la fourniture hebdomadaire de paniers de produits de saison. Les supermarchés coopératifs sont également une option, nécessitant l'achat d'une part sociale pour devenir membre et client.

Dès les années 1950, pour faire face aux pénuries, la CLCV (Consommation, Logement et Cadre de Vie) s’est efforcée de rapprocher producteurs et consommateurs en organisant des coopératives d’achat en particulier pour la viande ou les fruits et légumes. À Trélazé, dans le Maine-et-Loire, la CLCV a créé depuis plus de 10 ans un partenariat avec deux producteurs de volailles et de lapins de la région. Les adhérents passent commande au prix fixé d’un commun accord entre la CLCV et les producteurs.

L'INRA et les Enjeux de la Consommation de Fruits et Légumes

L'INRA a conduit une expertise scientifique collective sur les fruits et légumes dans l'alimentation, dont les résultats ont été rendus publics. La consommation de fruits et légumes est considérée comme un enjeu de santé publique et fait l'objet de recommandations nutritionnelles au niveau mondial par la FAO et l’OMS. Dans le même temps, le marché des fruits et légumes représente un enjeu économique pour les producteurs nationaux dans un contexte commercial international et européen qui génère une concurrence accrue sur les prix. Un groupe d'une vingtaine d'experts a été mobilisé par l'INRA pour mener cette expertise, dont les conclusions font l'objet d'un rapport et d'une synthèse intitulée "Les fruits et légumes dans l'alimentation : enjeux et déterminants de la consommation."

L'Évolution des Attitudes envers l'Élevage et l'Alimentation

Pour comprendre la place de l’animal d’élevage et son évolution dans notre société, il faut considérer celle de l’animal en général. Certains archéologues font l’hypothèse que nos ancêtres se considéraient comme animal parmi les animaux, avec des liens étroits avec la Nature, proches de pratiques animistes et chamanistes. Si les débats sur l’animal d’élevage se focalisent majoritairement aujourd’hui sur son usage alimentaire, bien d’autres usages ont existé et existent encore pour certains, influençant les points de vue sur la place de l’animal dans la société.

L’« animalisme » vise à la défense des droits des animaux et sa composante la plus radicale, l’« antispécisme », apparue en France en 1985, conteste la domination de l’Homme sur l’Animal, considérant que le « spécisme » est à l’espèce ce que le racisme et le sexisme sont respectivement à la race et au genre. L'Homme a d'abord satisfait ses besoins alimentaires par la chasse et la cueillette, puis par la culture des céréales et l'élevage. La domestication animale est un phénomène très récent à l'échelle de l'histoire de l'humanité, essentiellement centrée sur la période interglaciaire de l’holocène. Les processus de domestication impliquent autant un changement dans les relations socio-économiques à l’intérieur des groupes humains qu’une évolution des rapports entre l’Homme et l’animal.

Gravure rupestre représentant des animaux et des figures humaines

Le concept de statut définit une position au sein de la société et ses rôles associés. Le statut de l’animal va dépendre de la manière dont l’Homme le considère, soit comme être vivant appartenant au même règne biologique que lui, soit en fonction de ses usages qui se révèlent extrêmement variables. La consommation alimentaire d’un animal, à une période et dans un groupe social donnés, va dépendre de la réputation de ses qualités nutritionnelles et organoleptiques, mais aussi de son poids symbolique positif ou négatif. Une valeur et un usage peuvent varier dans le temps. C’est le cas pour le cheval en France, dont la consommation de viande a considérablement diminué au profit d'autres usages.

Pour le législateur contemporain, l’animal domestique est avant tout une entité soumise au régime des biens, définie sur la base d’une sélection génétique. Les premières lois traitant des mauvais traitements infligés aux animaux domestiques visaient d’abord à sanctionner une atteinte à la propriété. Cependant, l’idée de protéger les animaux par la loi contre une cruauté excessive n’est pas nouvelle. La période des Lumières ouvrira sans doute la voie au droit animalier. Ce n’est qu’en 1850 qu’une loi proposée par le comte de Grammont sanctionne les mauvais traitements infligés en public aux animaux domestiques. Le statut juridique de l’animal a évolué dans un contexte occidental, et en particulier en France, au cours des dernières décennies, période où le militantisme des défenseurs de la « cause animale » s’est développé. En janvier 2018 est édité pour la première fois un Code de l’animal où sont collectés tous les textes portant sur la juridiction concernant l’animal. La reconnaissance de sa sensibilité dans le Code civil date de 2015 : « Les animaux sont des êtres vivants doués de sensibilité. Sous réserve des lois qui les protègent, les animaux sont soumis au régime des biens. » Florence Burgat souligne la contradiction « qui travaille en profondeur le droit animalier : reconnaître que les animaux disposent de la qualité qui fonde des droits fondamentaux…, qu’ils ont une « valeur intrinsèque »…et, dans le même temps, les soumettre au régime des biens, c'est-à-dire les traiter comme des ressources disponibles pour les usages qui nous agréent ».

Facteurs Influant sur les Choix des Consommateurs et l'Élevage

Le secteur de l’élevage et toute la chaîne de l’industrie agroalimentaire associée sont économiquement très importants. Il joue aussi un rôle social important dans les zones rurales économiquement fragiles. L’État a le souci d'assurer la satisfaction des besoins alimentaires du pays, et l'approvisionnement alimentaire peut être un moyen de pression dans les conflits et un enjeu de poids dans les compétitions économiques. Dans l'hypothèse d'une réduction des écarts entre revenus, la consommation mondiale de viandes continuerait d’augmenter à un rythme moyen de 1,3 % par an jusqu’en 2050.

Les choix d’achat des consommateurs dépendent de facteurs intrinsèques et extrinsèques aux produits : facteurs psychologiques, organoleptiques et de marketing. Parmi les facteurs extrinsèques, le prix n’est pas toujours considéré comme le facteur décisif d’achat du consommateur, mais ceci va évidemment dépendre de ses revenus. Une enquête de l’Anses (2017) a révélé que les critères les plus fréquemment retenus par les personnes chargées des achats de produits alimentaires sont le prix (48,4 %), l’habitude (42,5 %), le goût (38,0 %) et l’origine ou la provenance (36,1 %) des produits. Le mode de production arrive en septième position avec 19,7 % des citations. L’importance de ce dernier critère augmente avec le niveau d’étude et l’âge de la personne de référence du ménage. Il dépend aussi de la région de résidence des ménages. Le mode d’élevage jouerait donc majoritairement sur le choix d’achat de par le coût de production, mais aussi, plus modestement, par sa nature même.

L’évolution des attitudes des Français vis-à-vis de l’élevage s’explique en partie par l’évolution de la ruralité en France. Le processus d'urbanisation de la France s'est accéléré après la Seconde Guerre mondiale, avec un renversement démographique entre les populations citadine et rurale. Si les Français se sont éloignés des élevages en rejoignant les villes, les élevages ont eux aussi quitté les villes. Au XIXème siècle, le bétail était très présent dans la ville, garantissant une sécurité alimentaire dans une société où la disette était encore présente dans la mémoire collective. Cette présence conduisait Noélie Vialles (1987) à distinguer les mangeurs « zoophages », qu’étaient nos ancêtres qui fréquentaient les boucheries où pendaient les carcasses, des mangeurs « sarcophages », que nous sommes, face à quantité de produits plus ou moins transformés.

Tableau démographique de l'urbanisation en France au XXème siècle

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