
La saison de la cueillette des pommes, moment clé pour de nombreux exploitants agricoles, a démarré depuis plusieurs semaines, mais elle n'est pas sans son lot de défis. Si l'image bucolique de la récolte perdure, la réalité sur le terrain révèle des difficultés, notamment en matière de recrutement de main-d’œuvre. C'est le cas à La Pommeraye, une commune déléguée de Mauges-sur-Loire, où des agriculteurs s'efforcent de perpétuer une tradition fruitière ancrée localement.
Un Secteur Agricole Face aux Difficultés de Recrutement

Le manque de main-d'œuvre est une préoccupation majeure pour les exploitants. Baptiste Boré, un agriculteur de 32 ans installé sur la ferme bio de ses parents à La Pommeraye depuis 2016, témoigne de cette difficulté. « D’habitude, on a des coups de fil tout l’été pour la cueillette… Cette année, rien du tout. C’était vraiment la galère », souffle-t-il. Cet exploitant agricole, qui gère 3,5 hectares de vergers produisant 60 tonnes de pommes par an, a dû redoubler d'efforts pour trouver des cueilleurs.
Il est courant que les saisonniers soient trouvés par le bouche-à-oreille, mais les habitudes semblent évoluer. « On a trois cueilleurs aujourd’hui, indique l’exploitant. D’habitude, notre salarié, Hassan, qui est Soudanais, trouve des copains pour la saison, mais cette année, ils ont préféré rester du côté d’Angers dans les gros vergers. » Cette situation souligne une concurrence pour la main-d'œuvre saisonnière, où les grandes exploitations peuvent offrir des conditions potentiellement différentes.
Emploi saisonnier dans l'agriculture: venez passer l'été dans un silo!
Ce contexte n'est pas isolé. Le nombre d’offres saisonnières proposées par Pôle Emploi dans le Maine-et-Loire, entre août 2020 et juillet 2021, illustre l'ampleur du besoin et les fluctuations potentielles du marché du travail saisonnier. La mobilisation de réseaux informels, comme le bouche-à-oreille, devient alors cruciale pour assurer la récolte.
Des Profils Variés pour une Saison Engagée
Malgré les difficultés, des individus aux parcours divers s'engagent dans la cueillette, apportant leur soutien essentiel aux exploitants. C'est grâce au bouche-à-oreille que Baptiste a finalement trouvé des paires de mains. Maryse, 54 ans, fait les saisons aux vergers de Guillaumai « depuis plus de dix ans ». Son parcours est révélateur d'une reconversion professionnelle. Dans une autre vie, la quinquagénaire travaillait dans une usine de confection de chaussures. Depuis son licenciement, il y a dix ans, Maryse a décidé de faire des saisons. Cette stabilité dans l'emploi saisonnier, d'une décennie pour Maryse, montre qu'il peut aussi être une solution de long terme pour certains.
Près d’elle, Paul, 18 ans, est « le petit jeune » de la bande. C’est la deuxième fois qu’il participe à la cueillette. Ce passionné de musique finance ainsi son année sabbatique et « un grand voyage ». Cette flexibilité du travail saisonnier permet à de jeunes adultes de concilier travail et projets personnels, offrant une opportunité unique d'explorer d'autres horizons.
Au volant du tracteur, il y a Fanny. À 42 ans, cette aide médico-psychologique a pris une pause dans sa carrière. La raison ? La vaccination obligatoire contre le Covid-19 à laquelle elle n’a pas souhaité se soumettre. « Mon contrat est suspendu au moins jusqu’au 15 novembre, mais ça sera sûrement plus, explique-t-elle. Je vois ça comme un tremplin finalement, j’ai envie de monter ma propre entreprise, avoir des rythmes stables. Être soignant, c’est usant. » Le travail saisonnier devient alors une parenthèse, une opportunité de réflexion et de réorientation professionnelle.
Dans quelques jours, Baptiste accueillera deux autres saisonniers, espérant que son équipe sera complète. Le défi persiste néanmoins : « En moyenne, on a un abandon par an, soupire-t-il. Cette année, ça a démarré doucement, mais là il faut vraiment y aller. C’est la période de l’année la plus chargée, celle où on se lève tôt et on se couche tard. » La période de récolte exige un engagement physique et mental important de la part de l'équipe, soulignant la rudesse du travail agricole.
La Pommeraye : Un Terroir Riche en Variétés

Les vergers du Guillaumai, l'exploitation de Baptiste Boré, cultivent une quinzaine de variétés de pommes. Cette diversité est un atout, permettant d'étaler les récoltes et de proposer une gamme étendue aux consommateurs. « De la daliryan, de la daliclass, de la golden évidemment, un peu de gala et la dernière à venir, juste avant les premières gelées, la goldrush », énumère l’agriculteur. Chaque variété a ses propres caractéristiques, tant en termes de goût que de période de maturité, ce qui demande une gestion minutieuse des vergers.
Les récoltes de Baptiste sont vendues à 70 % sur des marchés locaux, en Amap (Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne), mais aussi en vente directe à la ferme ou en restauration collective à Chalonnes-sur-Loire. Ce modèle de vente en circuit court privilégie la proximité avec le consommateur et met en valeur la production locale. Les Amap, en particulier, garantissent un lien direct entre producteurs et consommateurs, favorisant une agriculture paysanne et respectueuse de l'environnement.
L'Engagement de La Pommeraie : De la Ferme Familiale aux Certifications Environnementales
La Pommeraie, une ferme familiale de père en fils, propose la vente en direct de ses fruits depuis 1980. Cet engagement sur le long terme témoigne d'une tradition et d'un savoir-faire transmis de génération en génération. L'entreprise s'entoure d’équipes qualifiées et surtout passionnées pour la seconder dans les diverses missions, côté magasin et côté vergers.

Au-delà des pommes, La Pommeraie est aujourd'hui producteur de cerises, myrtilles, framboises, groseilles, cassis, abricots, pêches, nectarines. Tous les fruits de la Pommeraie sont de saison. Ils ont été choisis avant tout par passion, mais aussi pour le challenge : il est en effet peu commun de découvrir des abricots produits en Alsace ! Cette diversification témoigne d'une volonté d'innovation et d'une recherche de nouvelles cultures adaptées au terroir.
Le magasin La Pommeraie, situé au cœur du vignoble alsacien entre Sigolsheim et Colmar le long de la Départementale 10, offre un très large choix de produits. Un hangar de vente avec une identité propre à La Pommeraie a été aménagé, et les vergers sont accessibles à pied depuis le parking du magasin, facilitant ainsi l'expérience d'achat. De juin à décembre, le magasin est ouvert du mardi au dimanche de 9h00 à 19h00, offrant une large plage horaire aux visiteurs.

En tant que producteurs de fruits de saison, La Pommeraie met un point d'honneur à proposer des produits non seulement de saison, mais aussi certifiés HVE3 (Haute Valeur Environnementale 3). Cette certification atteste d'un engagement pour des pratiques agricoles respectueuses de l'environnement. La ferme familiale s’appuie sur des indicateurs relatifs à la biodiversité, la stratégie phytosanitaire, la gestion de la fertilisation et de l’irrigation, démontrant une approche globale de la durabilité.
La Pommeraie est également membre de l’association IFLA (Interprofession fruits et légumes d’Alsace) et du réseau ‘bienvenue à la ferme’, créé en 1998 et composé de près de 8 000 agriculteurs adhérents, animé par des conseillers “Bienvenue à la Ferme” régionaux et départementaux. Ces affiliations soulignent une volonté d'intégration professionnelle et de partage des bonnes pratiques, renforçant ainsi la crédibilité et la reconnaissance de l'exploitation. Ces partenariats sont essentiels pour le développement et la promotion des produits locaux.
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