L'Art de la Cueillette et la Transition Écologique aux Vergers Biologiques Benoit Outters

Au cœur des Flandres, dans le département du Nord, se dresse un modèle de résilience agricole. À Wallon-Cappel, les Vergers Biologiques Benoit Outters incarnent une vision de l'arboriculture où le temps, la patience et le respect du vivant priment sur la productivité industrielle. Cette exploitation, située au 1435 rue du moulin 59190 WALLON-CAPPEL, est devenue une référence pour ceux qui cherchent à renouer avec le cycle naturel des saisons, loin des standards de la grande distribution.

Vue panoramique des vergers en fleurs au printemps dans les Flandres

Les Racines d'une Aventure Familiale

L’histoire des vergers est avant tout celle d'une transmission. Dans les années 1960, le grand-père de Vivien crée le verger en agriculture conventionnelle sur 8 hectares de pommiers et poiriers. À cette époque, le modèle dominant était celui de la productivité maximale, utilisant massivement des produits phytosanitaires.

Benoît Outters reprend l’exploitation familiale en 1984. Toutefois, un événement traumatisant vient bouleverser sa pratique : son intoxication lors d’une pulvérisation d’insecticides en 1979. Cet accident, qui a marqué sa chair et sa conscience, a été le catalyseur d'une remise en question profonde. Après avoir été malade en utilisant des pesticides, il décide il y a 25 ans de convertir son verger en BIO.

La transition ne fut pas un long fleuve tranquille. La première année, il n’a pas eu de récolte à cause des pucerons. Ce choix courageux, effectué en 1996, a nécessité une persévérance exemplaire. L’adhésion à Norabio s’est faite très rapidement, Benoît est un des premiers producteurs à avoir adhéré à la coopérative au début de l’année 2000. Aujourd’hui, les vergers s'étendent sur 15 hectares, témoignant de la viabilité économique d'un modèle respectueux de l'environnement.

L'Écosystème des Vergers de Wallon-Cappel

Le verger Outters n'est pas une simple usine à fruits ; c'est un écosystème complexe. Plutôt que de travailler le sol du verger, Benoit préfère laisser la végétation spontanée couvrir le sol du verger. Ce choix agronomique favorise la biodiversité. En me rendant au verger situé à wallon cappel, je trouve sur mon chemin des petites chapelles souvent coincées entre deux arbres, protégées par un marronnier ou un tilleul, illustrant l'ancrage culturel et paysager de cette terre flamande.

Cette gestion douce du sol permet à une flore variée de s'épanouir. Et ben moi, je suis la plus heureuse des cueilleuses car j’y trouve les orties dont j’ai besoin pour la tisane « c’est le printemps et je suis pétillante » qui détoxe l’organisme. L'absence de travail mécanique intensif du sol préserve la structure racinaire des arbres et la vie souterraine, essentielle à la santé globale du verger.

Illustration de la biodiversité dans un verger biologique avec des plantes spontanées

Sur leur exploitation, ils n’ont pas de système d’irrigation et n’utilisent pas d’engrais organiques au sol, c’est à l’arbre de se débrouiller tout seul pour aller chercher l’eau et les nutriments dans le sol. Pour Vivien, cela fait une différence sur la qualité des produits et leur conservation. Cette approche, qui peut sembler contre-intuitive dans une agriculture moderne tournée vers la maîtrise totale, repose sur la confiance dans la capacité de résilience de la plante.

La Transmission et le Renouveau : L'Arrivée de Vivien

Le renouvellement des générations est un enjeu crucial dans le monde agricole. Au cœur des Flandres, le jeune Vivien Outters vit de sa passion tous les jours au sein des vergers biologiques du même nom. Vivien, le fils de Benoît qui travaille sur la ferme depuis 3 ans, s’est installé en 2023 après une formation à l’Institut de Genech.

Reprendre une ferme familiale, ça peut faire peur aussi. « On n’est jamais sûrs. On se dit : est-ce que c’est vraiment pour moi le monde agricole ? Est-ce que je le sens ? Est-ce qu’il y a de l’avenir ? ». Malgré ces doutes légitimes, la passion a pris le dessus. « Je ne repartirais pas en arrière », continue fièrement Vivien Outters.

Vivien Outters a aujourd’hui pris les rênes de l’exploitation, même si le papa n’est jamais loin, et il continue d’apprendre de son paternel. « Je suis content que mon père soit encore là. Mais j’ai aussi de nouvelles techniques. ». Benoît et Vivien participent à la commission arboriculture, échangeant avec des clients de la Restauration Hors Domicile pour bien cerner leurs attentes sur la qualité, le calibre et le goût du produit.

La Récolte : Un Geste de Précision et de Partage

C’est à la fin de l’été que débute la récolte des poires puis des pommes. Nous sommes une dizaine de cueilleurs à les cueillir de fin août à mi-octobre. Tous les ans, et depuis 3 ans, j’ai appris le geste délicat de cueillir à la main, un à un chaque fruit. Ce travail manuel est le garant de la qualité finale du fruit, évitant les chocs et les meurtrissures.

L’ambiance est chaleureuse. À certaine heure, ça papote dans les allées, ça se raconte, ça chante. Ou bien, dans le silence, les cueilleurs méditent en répétant le même geste. Pour les aider dans la récolte, les Vergers Bio de Wallon-Cappel embauchent une dizaine de saisonniers sur septembre et octobre.

En Israël, l'IA permet de cueillir des fruits mûrs et de polliniser des vergers | AFP

La vente directe à la ferme est le pilier de leur stratégie commerciale : « C’est l’une de nos forces. On a des personnes qui font quand même 30, 50 kilomètres pour venir chercher des fruits chez nous ! Tous les ans, on fait aussi des self cueillettes. Voir les clients, discuter, avoir des retours, ça fait toujours plaisir. »

Une Diversité de Produits au Rythme des Saisons

Au-delà de la vente des fruits frais (pommes et poires), les Vergers Biologiques Benoit Outters transforment une partie de leur production. Leurs produits incluent :

  • Fruits du verger : Pomme, Poire.
  • Jus & Nectars : Jus de fruit.
  • Confiseries : Confiture & coulis de fruit & gelée.
  • Épicerie sucrée.

Le cycle de production est long et exigeant. « On part de la fleur et on arrive au produit fini. La pomme, la poire, c’est un an de travail. » Dans le monde agricole, il ne faut pas compter ses heures. Fin avril, dans les Flandres des Hauts de France, les pommiers et les poiriers du verger Outters sont en fin de floraison, marquant le début d'un nouveau cycle qui aboutira, après des mois de soins attentifs, à la récolte automnale.

Schéma expliquant le cycle annuel de production d'un verger biologique

Leur engagement envers la qualité et la transparence, illustré par leur présence sur des plateformes comme ouacheterlocal.fr, permet de créer un lien direct entre le producteur et le consommateur final, renforçant ainsi la résilience du système alimentaire local dans la région des Hauts-de-France.


(Note : Cet article a été conçu pour offrir une immersion complète dans le quotidien et la philosophie des Vergers Biologiques Benoit Outters, en respectant les étapes de leur développement depuis les années 1960 jusqu'à l'installation de Vivien en 2023.)

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