La protection des cultures de tournesol contre les ravageurs constitue une préoccupation majeure pour les agriculteurs, visant à assurer un rendement optimal et une qualité de récolte satisfaisante. Le tournesol, bien que relativement résistant une fois bien établi, est particulièrement sensible aux attaques de certains ravageurs durant ses premières semaines de vie. La phase de début de cycle est en effet critique, car sa levée est soumise aux conditions de semis, telles qu’un sol réchauffé ou frais, pouvant entraîner une levée irrégulière, mais également aux attaques de différents ravageurs comme les lièvres, les limaces, les oiseaux et, surtout, les larves de taupins.

La cyperméthrine : Mécanisme d'action et caractéristiques techniques
Parmi les stratégies de lutte, le traitement des semences avec des insecticides tels que la cyperméthrine occupe une place importante. La cyperméthrine appartient à la famille des pyréthrinoïdes, des insecticides synthétiques qui imitent l'action des pyréthrines naturelles trouvées dans les fleurs de pyrèthre. Son mécanisme d'action repose sur l'interaction avec les canaux sodiques dépendants du potentiel dans les membranes des cellules nerveuses des insectes. En perturbant leur fonctionnement, la cyperméthrine entraîne une excitation nerveuse prolongée, se manifestant par des spasmes musculaires, une perte de coordination et, ultimement, la mort de l'insecte.
En tant qu'insecticide à large spectre, la cyperméthrine est efficace contre une vaste gamme d'insectes nuisibles. Son action rapide est l'une des raisons de son utilisation répandue dans divers contextes, incluant l'agriculture, l'horticulture, la protection des céréales stockées, la santé publique et la lutte antiparasitaire domestique. Il est important de noter que la cyperméthrine peut être mélangée en cuve avec de nombreux autres produits phytosanitaires, tels que des fongicides et d'autres insecticides comme l'imidaclopride, le mancozèbe ou le carbendazime. Cependant, comme pour tous les insecticides, une utilisation répétée sans rotation peut entraîner le développement de résistances chez les populations d'insectes.
Le rôle crucial de la protection préventive contre les ravageurs du sol
Les larves de taupins constituent une menace significative pour les cultures de printemps. Ces insectes souterrains se nourrissent des racines vivantes, et le maïs figure en tête de liste des cultures susceptibles de subir des attaques, avec des pertes pouvant aller jusqu'à 20 à 50 % des pieds. Le tournesol y est également sensible, avec une période de sensibilité aux attaques relativement brève, de la germination au stade cotylédons.
Dans ce contexte, l'utilisation d'insecticides à base de cyperméthrine en traitement de semences peut offrir une protection préventive essentielle. Ces traitements permettent de contenir les attaques de taupins, avec une efficacité moyenne de l'ordre de 50 % à l'automne, bien que leur efficacité reste plus partielle vis-à-vis des attaques tardives au printemps. Les substances actives disponibles pour lutter contre les ravageurs du sol sont des pyréthrinoïdes. Elles ne pénètrent pas dans la plante, leur action a lieu dans le sol. Les traitements de semences (TS) insecticides s’appuient ainsi sur deux molécules : la téfluthrine à 20 g/q (Attack, Austral Plus Net, Thrintoba) ou la cyperméthrine à 60 g/q (Langis/Signal).

Optimisation de l'application et gestion des conditions environnementales
Pour maximiser les performances de tout insecticide à la cyperméthrine, un dosage précis et un moment d'application adapté sont essentiels. L'application doit toujours être effectuée tôt le matin ou en fin d'après-midi. La cyperméthrine agit par contact et par ingestion, ce qui signifie que l'insecte doit entrer en contact direct avec le produit ou l'ingérer pour être affecté.
Concernant le tournesol spécifiquement, les recommandations indiquent un dosage de 0,25 l/ha pour cibler les noctuelles terricoles ou vers gris, avec un délai d'attente de 6 semaines. Il est précisé qu'un traitement au maximum par culture est autorisé avec ce produit ou tout autre produit contenant la même substance active, afin de limiter le risque de développement de résistances. Les conditions climatiques, notamment la température, influencent fortement l'activité des ravageurs. Par conséquent, la décision d'appliquer un traitement ne doit pas être définie en fonction du stade de développement de la culture ou d'une date calendaire. Seules les observations directes sur le terrain permettent de déterminer la période optimale de traitement.
Diversification des solutions et enjeux de la résistance
Face à l'émergence potentielle de résistances, la diversification des produits est une stratégie clé. Le risque de résistance à la cyperméthrine et à d'autres pyréthrinoïdes ne doit pas être négligé. Pour contrer ce risque, il est recommandé de diversifier les produits de la famille des pyréthrinoïdes en fonction de la classe à laquelle la substance appartient. Le choix du produit doit également tenir compte de la cible spécifique.
Certaines alternatives et approches complémentaires peuvent être considérées. Dans le cas des taupins, une technique consiste à semer une plante "appât" pour détourner les larves de la culture principale. Le soufre élémentaire, appliqué à une dose courante de 30 kg/ha, peut également être une solution pour créer une situation défavorable au taupin dans la zone d'enracinement, à condition que le sol soit neutre à alcalin. Pour une gestion efficace des taupins, il est également recommandé de placer les cultures dans des conditions optimales de pousse, de retarder le semis pour l'effectuer dans un sol réchauffé et de soutenir les cultures de printemps dans leurs premiers stades de développement.
[TUTO] Comment lutter contre le taupin ? - Jardinerie Gamm vert
Comparaison avec les biostimulants en enrobage de semences
Parallèlement aux solutions insecticides, l'utilisation de biostimulants permet de booster la plante au démarrage et peut l’aider à surmonter la phase critique de levée. Afin de valider l’intérêt de ce type de produits en enrobage de semences, Terres Inovia a conduit depuis 2019 plusieurs expérimentations. Ces dernières visaient à évaluer l’intérêt de ces produits sur la dynamique de croissance du tournesol en début de cycle et sur les performances finales (rendement et qualité).
Sur les trois années d’expérimentation, aucun effet significatif des biostimulants n’a été noté sur les dates de levées, le peuplement à la levée et les notes de vigueur, quelles que soient les conditions. Les conditions de températures du sol à l’implantation, la qualité de la semence et le cumul de degrés jours restent les points cruciaux pour favoriser la vigueur. Comparativement aux gains octroyés par les biostimulants, le gain obtenu par le## Enrobage des Semences de Tournesol à la Cyperméthrine : Protection Précoce et Gestion Intégrée des Ravageurs

La culture du tournesol, bien qu'essentielle pour l'agriculture, est confrontée à des défis significatifs, en particulier durant ses premières phases de développement. La jeune plantule est particulièrement vulnérable aux attaques de divers ravageurs et maladies. Pour assurer un rendement optimal et une qualité de récolte satisfaisante, les agriculteurs mettent en œuvre diverses stratégies de protection. Parmi celles-ci, le traitement des semences avec des insecticides comme la cyperméthrine occupe une place prépondérante. Cet article explore en détail l'utilisation de la cyperméthrine dans l'enrobage des semences de tournesol, son mécanisme d'action, son rôle crucial dans la protection des cultures, les considérations environnementales et réglementaires, ainsi que les alternatives et approches complémentaires pour une gestion durable des ravageurs.
Comprendre la Cyperméthrine : Un Bouclier Chimique Efficace
La cyperméthrine est un insecticide de synthèse appartenant à la famille des pyréthrinoïdes, des molécules conçues pour imiter l'action des pyréthrines naturelles que l'on trouve dans les fleurs de pyrèthre. Cette substance active est largement reconnue pour son efficacité à large spectre contre une multitude d'insectes nuisibles, ce qui en fait un outil précieux dans différents secteurs, notamment l'agriculture, l'horticulture, la protection des céréales stockées, la santé publique et la lutte antiparasitaire domestique.

Mécanisme d'Action et Caractéristiques Distinctives
Le fonctionnement de la cyperméthrine est basé sur son interaction avec les canaux sodiques voltage-dépendants situés dans les membranes des cellules nerveuses des insectes. En perturbant le fonctionnement normal de ces canaux, la cyperméthrine provoque une excitation nerveuse prolongée chez l'insecte. Cette surexcitation se manifeste par une série de symptômes incluant des spasmes musculaires, une perte de coordination et, finalement, la mort de l'insecte. Cette action rapide est l'une des raisons principales de son utilisation répandue.
La cyperméthrine est un insecticide qui agit par contact et par ingestion. Cela signifie que l'insecte doit entrer en contact direct avec le produit ou l'ingérer pour que l'effet toxique se manifeste. Des produits comme l'insecticide à la cyperméthrine POMAIS sont spécifiquement conçus pour offrir une efficacité biologique élevée, une polyvalence pratique et une longue durée d'action résiduelle dans les applications agricoles, ce qui en fait une solution robuste pour la protection des cultures.
Il est important de noter que la cyperméthrine peut être mélangée en cuve avec de nombreux autres produits phytosanitaires. Cette flexibilité permet des applications combinées avec des fongicides et d'autres insecticides, tels que l'imidaclopride, le mancozèbe ou le carbendazime, offrant ainsi une protection plus complète contre un éventail de menaces. Cependant, une utilisation répétée et non alternée de la cyperméthrine, comme pour tout insecticide, peut malheureusement entraîner le développement de résistances chez les populations d'insectes, soulignant l'importance d'une gestion proactive.
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Le Rôle Crucial de la Cyperméthrine dans la Protection du Tournesol
Le tournesol, durant ses premières semaines de vie, est particulièrement sensible aux attaques de certains ravageurs, une période critique qui peut fortement influencer le succès de la récolte. Une fois bien établi, le tournesol devient plus résistant, mais la phase initiale, de la germination au stade cotylédons, demeure une fenêtre de vulnérabilité où une protection adéquate est indispensable.
Lutte Contre les Ravageurs Souterrains : Les Taupins
Les larves de taupins représentent une menace significative pour les cultures de tournesol. Ces insectes souterrains se nourrissent des racines vivantes et peuvent causer des dommages importants. Bien que le maïs soit la culture la plus susceptible de subir des attaques de taupins, avec des pertes pouvant atteindre 20 à 50% des pieds, le tournesol est également sensible, bien que dans une moindre mesure. La période de sensibilité aux attaques de taupins est relativement brève pour le tournesol, se situant de la germination au stade cotylédons.
Dans ce contexte, l'utilisation d'insecticides à base de cyperméthrine en traitement de semences offre une protection préventive essentielle. Ces traitements contribuent à contenir les attaques de taupins, avec une efficacité moyenne de l'ordre de 50 % à l'automne. Il est cependant important de noter que leur efficacité reste plus partielle face aux attaques tardives au printemps. Les insecticides pour lutter contre le taupin s'appuient sur deux molécules principales : la téfluthrine et la cyperméthrine. Ces traitements visent à protéger la plante dès sa levée, période où elle est la plus vulnérable. Par exemple, le Belem 0,8 MG, un insecticide du sol en microgranulés formulé à base de cyperméthrine, est homologué pour la protection du maïs, maïs doux, sorgho et tournesol contre le taupin au semis. Utilisable à la dose de 12 kg/ha, il s'applique à l'aide d'un diffuseur "queue de carpe DXP" pour un positionnement précis dans la raie de semis.

Protection Contre d'Autres Ravageurs et Maladies
Les traitements de semences (TS) pour les céréales offrent une protection contre diverses maladies des semences ou du sol et contre les ravageurs du sol. Ces traitements, souvent incontournables dans les situations à risque, doivent être utilisés à bon escient. Le choix de ce type de protection s'appuie notamment sur la qualité sanitaire des semences, l'historique parcellaire et la date de semis. Ces critères sont déterminants pour évaluer les risques d'infections et/ou de nuisibilité des bioagresseurs.
Les solutions complètes de traitement de semences comme AGROSTART® et AGROSTART®+ sont conçues pour garantir la santé du tournesol dès le démarrage en minimisant les effets de la pression des ravageurs et des maladies lors de l'établissement du peuplement. Ces solutions agissent comme une véritable "police d'assurance" pour la culture. L'enrobage argenté des graines de semences de tournesol Lidea, par exemple, vise à garantir une bonne densité et une parfaite homogénéité, permettant un semis plus précis et régulier pour les agriculteurs.
Optimisation de l'Application : Dosage, Moment et Conditions
Pour maximiser l'efficacité de tout insecticide à base de cyperméthrine, un dosage précis et un moment d'application adapté sont essentiels. L'application doit toujours être effectuée tôt le matin ou en fin d'après-midi, car ces périodes sont généralement associées à des températures plus modérées et à une activité réduite des pollinisateurs.
Dosages Spécifiques et Délais d'Attente
Les données fournies indiquent des dosages spécifiques pour différentes cultures et ravageurs. Par exemple, pour les cultures maraîchères comme le raifort, les altises et les noctuelles terricoles sont ciblées avec un dosage de 0,25 l/ha, avec un délai d'attente de 2 semaines avant la récolte. Pour les céréales, le même dosage est recommandé contre la mouche jaune des chaumes et les vers gris, mais avec un délai d'attente plus long de 6 semaines.
Concernant spécifiquement le tournesol, les recommandations préconisent un dosage de 0,25 l/ha pour cibler les noctuelles terricoles ou vers gris, avec un délai d'attente de 6 semaines. Il est précisé qu'un traitement au maximum par culture est autorisé avec ce produit ou tout autre produit contenant la même substance active. Cette restriction vise à limiter le risque de développement de résistances chez les populations d'insectes.
Influence des Conditions Climatiques et Surveillance des Parcelles
Les conditions climatiques, et en particulier la température, influencent fortement l'activité des ravageurs. Des températures douces, sans être nécessairement chaudes, peuvent être favorables à la propagation de certaines maladies et à l'activité des insectes. Par conséquent, la décision d'appliquer un traitement ne doit pas être définie en fonction du stade de développement de la culture ou d'une date calendaire.
La surveillance continue des parcelles est cruciale pour déterminer la période optimale de traitement. Seules les observations directes sur le terrain, telles que la présence de pucerons sur les plantes ou les captures sur pièges englués pour les cicadelles, permettent de prendre une décision éclairée. Les services comme MAS START aident les agriculteurs en envoyant des alertes personnalisées de pré-semis et de semis, en complément des conseils fournis par les équipes locales.
Il est important de noter que les produits actuellement disponibles ont une action de contact, ce qui leur confère une persistance d'action assez limitée. Si la végétation a une vitesse de croissance rapide et que les colonisations se poursuivent après le traitement, son efficacité pourrait être jugée insuffisante à cause d'individus arrivés après le traitement.
Considérations Environnementales et Réglementaires
L'utilisation de la cyperméthrine, comme celle de tout produit phytosanitaire, est soumise à des réglementations strictes visant à minimiser les risques pour l'environnement et la santé humaine. Ces réglementations encadrent l'application, les dosages et les précautions à prendre.

Protection des Organismes Aquatiques et des Pollinisateurs
Des précautions spécifiques doivent être prises pour protéger les organismes aquatiques. Il est recommandé de respecter une zone tampon non traitée de 100 mètres par rapport aux eaux de surface pour éviter la dérive du produit, ainsi qu'une zone tampon enherbée de 6 mètres pour prévenir le ruissellement.
La cyperméthrine présente également un risque pour les abeilles et autres pollinisateurs. Il est impératif de ne pas appliquer ce produit sur des plantes en fleurs ou exsudant du miellat pendant la période de vol des abeilles, c'est-à-dire, idéalement, le soir, lorsque l'activité des pollinisateurs est moindre.
Restrictions d'Usage et Gestion de la Résistance
La cyperméthrine est classée comme insecticide moyennement dangereux selon les directives de l'OMS. Pour le tournesol, un seul traitement est généralement autorisé par culture et par année avec des produits contenant de la cyperméthrine ou une autre pyréthrinoïde. Ces restrictions visent à prévenir le développement de résistances chez les populations d'insectes et à limiter l'impact environnemental global.
Le risque de résistance à la cyperméthrine et à d'autres pyréthrinoïdes ne doit pas être négligé. Une population de Sitobion avenae présentant une résistance à ces substances a été mise en évidence au Royaume-Uni, en Irlande et en Allemagne, bien qu'elle n'ait pas encore été identifiée en France. Aucun cas de résistance n'a été mis en évidence en France chez d'autres populations de pucerons des céréales ou de cicadelles.
Pour contrer ce risque, il est recommandé de diversifier les produits de la famille des pyréthrinoïdes en fonction de la classe à laquelle la substance appartient. Le choix du produit doit également tenir compte de la cible spécifique. Par exemple, si l'application vise également les cicadelles, la solution choisie doit être autorisée pour cet usage, car certains produits à base de cyperméthrine ne sont pas homologués pour le contrôle des cicadelles.
Il est crucial de toujours se référer aux documents officiels d'homologation pour obtenir les informations les plus précises et à jour concernant l'utilisation de ces produits. La citation d'un produit, d'une substance active ou d'une entreprise ne constitue en aucun cas une recommandation, mais une illustration des options disponibles sur le marché.
Biostimulants en Enrobage de Semences : Des Résultats Mitigés
Parallèlement aux traitements insecticides, l'utilisation de biostimulants a été explorée pour renforcer la vigueur du tournesol en début de cycle. Les biostimulants sont des produits qui stimulent le processus de nutrition des végétaux, indépendamment des éléments nutritifs qu'ils contiennent. Ils peuvent être appliqués en foliaire sur une végétation déjà développée ou directement sur la semence, permettant ainsi une action dès la germination pour stimuler la croissance racinaire et/ou agir sur la mise à disposition des éléments nutritifs au contact de la rhizosphère.
Expérimentations de Terres Inovia
Afin de valider l'intérêt de ce type de produits en enrobage de semences, Terres Inovia a conduit plusieurs expérimentations depuis 2019. Ces dernières visaient à évaluer l'intérêt de ces produits sur la dynamique de croissance du tournesol en début de cycle et sur les performances finales (rendement et qualité). Huit essais ont été menés en Charentes-Maritimes, Côte-d’Or, Haute-Garonne et dans l’Indre. Les deux biostimulants testés revendiquaient un effet sur la stimulation de la croissance racinaire, promettant une levée plus rapide et homogène, ainsi qu’une croissance aérienne renforcée.
Chaque produit a été testé en association avec une variété particulière, sous forme d’une combinaison « variété - biostimulant », face à une graine sans biostimulant de la même variété et issue du même lot de semences.
Résultats des Expérimentations : Aucun Effet Significatif
Sur les trois années d’expérimentation (2019-2021), aucun effet significatif des biostimulants n’a été noté sur les dates de levées, le peuplement à la levée et les notes de vigueur sur les différents essais, quelles que soient les conditions de levée. L'analyse en regroupement d'essais a mis en évidence des tendances, mais sans impact réel, car les différences observées étaient minimes. Les conditions de températures du sol à l’implantation, la qualité de la semence et le cumul de degrés jours, restent les points cruciaux pour favoriser la vigueur de la plante.
En 2020, un suivi de l’évolution de la couverture du sol par le tournesol a été réalisé via des prises de vues par drone à différents stades (B2 puis B4). Il a été observé que la couverture du sol (exprimée en % de couverture/plant) restait faible aux stades B2 et B4, même si un écart était constaté entre ces deux stades (pas plus de 1 à 2% de couverture).

Concernant le rendement, les écarts observés étaient contenus et non significatifs. Bien que de fortes différences aient existé entre les sites (en positif ou négatif), le biostimulant Starcover n'a pas permis de gain en moyenne, bien qu'il ait montré un gain sur la majorité des essais. Le biostimulant Fortify, quant à lui, a conduit en tendance à une légère perte de rendement sur la quasi-totalité des essais. Les gains de rendement attribués aux biostimulants sont à relativiser face au choix variétal, qui apparaît largement supérieur en termes d'impact sur le rendement. Aucun effet significatif n’a été observé ni même en tendance sur la qualité des graines.
En résumé, malgré l'essor du marché des biostimulants et les nombreuses innovations disponibles, les modalités de biostimulants en enrobage de semence testées en 2020 et 2021 par Terres Inovia n'ont pas mis en évidence un intérêt quant à l’usage de ce type de solution dans leurs essais. Terres Inovia reste mobilisé autour de cette thématique pour affiner les références techniques.
Alternatives et Approches Complémentaires pour une Gestion Intégrée
Face aux défis que représentent les ravageurs et la nécessité de minimiser l'impact environnemental, une approche de gestion intégrée des ravageurs (GIR) est essentielle. Cette approche combine différentes méthodes pour maintenir les populations de ravageurs en dessous des seuils de nuisibilité économique.
Techniques Agronomiques Contre les Taupins
Outre les traitements de semences, des techniques agronomiques peuvent être utilisées pour lutter contre les taupins. Une méthode développée par Arvalis - Institut du végétal - consiste à semer une plante "appât" pour détourner les larves de la culture principale. Ces plantes-appâts, positionnées à proximité de la culture, offrent une nourriture alternative aux larves, réduisant ainsi leur exposition à la plante cultivée. Cependant, il est crucial de gérer la concurrence potentielle exercée par ces plantes sur la jeune culture et de choisir le bon moment pour leur destruction.
D'autres alternatives incluent l'octaborate, un produit à pulvériser (non applicable en traitement de semences ou dans l'engrais starter en raison de sa toxicité pour la germination). Son apport doit être réalisé avec les désherbages de pré-levée ou de post-levée, bien que ses résultats contre le taupin ne soient pas toujours statistiquement démontrés. Le soufre élémentaire, appliqué à une dose courante de 30 kg/ha, peut également créer une situation défavorable au taupin dans la zone d'enracinement, à condition que le sol soit neutre à alcalin, car ce produit a un effet acidifiant.
Pour une gestion efficace des taupins, il est également recommandé de placer les cultures dans des conditions optimales de pousse, de retarder le semis pour l'effectuer dans un sol réchauffé et de soutenir les cultures de printemps dans leurs premiers stades de développement. La surveillance continue des parcelles reste nécessaire pour engager une protection adaptée, notamment contre les dégâts de larves de taupins, dont le risque est pluriannuel.
Diversification des Rotations Culturales
L'intégration du tournesol dans les rotations culturales est une stratégie agronomique bénéfique. Cette culture de printemps introduit une rupture dans le calendrier cultural, perturbant le développement des adventices hivernales et réduisant leur impact sur les cultures suivantes. Le tournesol, en tant que culture d'été, s'intègre parfaitement dans les rotations, notamment en tant que deuxième culture estivale. Sa présence contribue à diversifier les successions culturales, améliorant ainsi la structure du sol et sa fertilité. Au-delà de ses bénéfices agronomiques, le tournesol est une culture rentable, adaptée à diverses conditions climatiques et agronomiques. La gestion des adventices en culture de tournesol évolue vers des solutions plus durables et adaptées aux nouvelles exigences réglementaires.
Lutte Contre les Maladies Fongiques par Traitement des Semences
Les traitements de semences sont également essentiels pour lutter contre diverses maladies fongiques.
Carie commune du blé : Cette maladie reste présente en raison du fort pouvoir de propagation des spores. La lutte chimique contre la carie repose uniquement sur la protection fongicide des semences. Plusieurs traitements sont très efficaces face à une contamination des semences et du sol, comme Vibrance Gold, Celest Power, Rubin Plus ou Redigo. En agriculture biologique, Copseed (à base de sulfate de cuivre tribasique) et Cerall sont autorisés, bien que leur efficacité ne soit pas totale. Le vinaigre est également une substance de base autorisée, avec une efficacité indéniable mais non totale, et inadaptée en cas de sol contaminé. Le procédé ThermoSem offre une alternative intéressante à la désinfection chimique, mais ne permet pas de s’affranchir de la maladie si la contamination vient du sol.
Figure 1 : Évaluation comparée (en % d'épis cariés) de traitements de semences fongicides vis-à-vis de la carie commune, selon deux sources de contamination (Remarque : l’usage de Rancona 15 ME sur la figure 1 n’est plus autorisé)
Charbon nu de l'orge : Bien que cette maladie ne se transmette que par la semence et que des protections très efficaces soient disponibles en traitement de semences, sa présence est toujours signalée. La contamination de l'embryon n'est pas visible. En cas de contamination avérée ou suspectée, le recours à un traitement très efficace est recommandé. Des essais récents ont confirmé la très bonne efficacité de Celest Orge Net et d'autres traitements contenant du tébuconazole. Il est conseillé d'être prudent quant à l’usage de produits avec une efficacité non totale, surtout dans les filières de production de semences, pour éradiquer la maladie et éviter la diffusion de résistances identifiées à la fin des années 80 (résistance aux SDHI).
Figure 2 : Efficacité de Celest Orge Net sur le contrôle du charbon nu
Fusarioses : La présence de différents champignons (Fusarium graminearum, Microdochium spp.) sur et dans les semences peut entraîner des manques à la levée et des fontes de semis préjudiciables au peuplement et au rendement, le blé dur étant plus sensible que le blé tendre. Il est recommandé de trier soigneusement les semences et d’appliquer un traitement de semences adapté. Des essais ont mis en évidence des gains significatifs de peuplement et de rendement par rapport au témoin non traité.
Piétin échaudage : La lutte contre ce champignon du sol s’appuie sur différentes techniques agronomiques et le traitement de semences à base de silthiofam. La spécialité Latitude XL a confirmé un contrôle partiel des symptômes sur racines avec un gain significatif de rendement en blé sur blé. Une synthèse pluriannuelle a montré une efficacité partielle de Latitude XL, permettant un gain significatif de rendement (+13,2 q/ha soit +29 % de plus que le témoin).
Diversification des Solutions et Gestion de la Résistance
La diversification des produits est une stratégie clé pour faire face à l'émergence potentielle de résistances aux insecticides. Le projet PMI VectorLink, par exemple, illustre une approche globale pour gérer la résistance aux insecticides.
Les substances actives disponibles pour lutter contre les ravageurs du sol sont des pyréthrinoïdes, qui agissent dans le sol sans pénétrer dans la plante. Les TS insecticides s’appuient sur deux molécules : la téfluthrine à 20 g/q (Attack, Austral Plus Net, Thrintoba) ou la cyperméthrine à 60 g/q (Langis/Signal). Elles permettent de contenir les attaques de taupins avec une efficacité moyenne de l'ordre de 50 % à l'automne, bien que leur efficacité reste plus partielle vis-à-vis des attaques tardives au printemps. Contre la mouche grise, ces traitements présentent une efficacité comparable et partielle (50 %), nécessitant des mesures agronomiques adaptées sur les parcelles à risque. Contre le zabre des céréales, seuls les traitements de semences à base de téfluthrine sont autorisés.
Dans le cas particulier des variétés d'orge tolérantes à la jaunisse nanale de l'orge (JNO), la protection aphicide vise les céréales à paille sensibles à cette virose. Bien que ces variétés tolérantes ne développent que peu de symptômes, une perte de rendement, bien que réduite, reste possible en cas de forte pression de pucerons virulifères. Le gain de la lutte aphicide est alors très faible, voire nul, pour les variétés tolérantes. Il est donc recommandé de ne pas semer trop tôt ces variétés pour bénéficier pleinement de leur tolérance, d'autant plus qu'elles ne sont pas protégées contre la maladie des pieds chétifs. L'offre variétale en orges 6 rangs tolérantes à la JNO s'est enrichie avec de nouvelles inscriptions au catalogue français.
Les spécialités à base de pyréthrinoïdes sont recommandées pour la protection aphicide des céréales à paille sensibles à la JNO. Des produits combinant différentes substances actives, comme le Karaté K (lambda-cyhalothrine et pyrimicarbe) ou le Daskor 440 (cyperméthrine et chlorpyriphos-ethyl), peuvent également être utilisés, en tenant compte de leurs spectres d'action et des risques de résistance. La spécialité Teppeki, à base de flonicamide, autorisée uniquement sur blé, n'a pas montré un intérêt significatif pour la protection contre la JNO dans les essais menés.
En conclusion, le traitement des semences de tournesol à la cyperméthrine est une stratégie importante pour la protection précoce contre certains ravageurs, notamment les taupins. Cependant, son efficacité et sa pertinence dépendent d'un dosage précis, d'une application opportune et de la prise en compte des conditions environnementales et réglementaires. La gestion intégrée des ravageurs, combinant traitements de semences, pratiques agronomiques et diversification des cultures, reste la voie privilégiée pour une agriculture durable et performante.