Foin et Permaculture : Une Alliance Fertile pour le Jardin

Champ de foin sous le soleil

Le foin, cette herbe des prairies fauchée et séchée traditionnellement pour la nourriture du bétail, est devenu un matériau de choix pour les jardiniers soucieux de pratiquer une agriculture durable et respectueuse de l'environnement, notamment en permaculture. Au-delà de sa définition simple, son utilisation comme couverture du sol, ou paillage, présente une multitude d'avantages et quelques inconvénients qu'il est essentiel de comprendre pour optimiser son emploi au jardin.

Qu'est-ce que le Foin et Comment se Distingue-t-il de la Paille ?

Pour éviter tout malentendu, il est judicieux de commencer par définir le foin. Selon le Robert, on appelle foin l’herbe des prairies fauchée et séchée pour la nourriture du bétail. C'est ni plus ni moins que de l'herbe, assez haute, qui est fauchée avant que celle-ci ne monte en graines. Le foin provient ainsi de champs, de prairies.

La distinction entre le foin et la paille est notable. La paille est un simple résidu de récoltes, constituée des tiges de blé, d’orge, d’avoine, de seigle et autres céréales dont on ne récolte que les grains et qui ne sont pas valorisées dans l’industrie alimentaire. Elle est sèche, souvent creuse et très carbonée. Le foin, lui, est une récolte à part entière destinée en premier lieu à l’alimentation des animaux. Il est obtenu en coupant l’herbe alors qu’elle est encore verte et pleine de nutriments, mais avant qu’elle ne monte en graines.

La composition du foin varie en fonction du type de prairie où il sera récolté. On peut trouver du foin issu de prairies naturelles ou permanentes, composées de céréales comme le ray-grass, le dactyle, la fléole, la fétuque, le brome, ou de légumineuses telles que la luzerne, les trèfles, le lotier corniculé, le sainfoin.

Une autre distinction majeure entre la paille et le foin réside dans leurs rapports Carbone/Azote (C/N), qui représente le nombre d’unités de carbone présentes dans la matière étudiée pour 1 unité d’azote. Pour la paille, le C/N peut aller de 50 à 65 (avoine, seigle et orge) à 120 à 150 (pour le blé), ce qui en fait des matières à tendance fortement carbonée. Pour le foin, le C/N est compris entre 20 et 30, ce qui le rend plus équilibré.

La Permaculture : Une Philosophie au-delà du Jardinage

La permaculture est bien plus qu'une simple technique de jardinage ; c'est un mode de vie et une manière d'envisager son environnement naturel. Elle s'inscrit dans une vision de durabilité et est déterminée par des principes fondamentaux, comme le fait de valoriser les déchets verts, la protection et le respect des éléments naturels qui composent un jardin ou un potager, et le fait d'intervenir le moins possible dans les cultures et plantations. L'idée est de donner tous les éléments à la nature pour qu'elle puisse s'organiser seule. L'intervention humaine consiste simplement à choisir ce que l'on va planter, mais en définitive, c'est la terre elle-même qui va faire la sélection.

Un autre principe central en permaculture est que la terre n'est jamais laissée nue. Dans cette logique, le paillage ou mulching correspond tout à fait à ce mode de culture et on l'utilise aussi en hiver afin de protéger la terre du gel. Pour réaliser un paillage en permaculture, on peut employer différentes matières, à condition qu'elles soient utilisables dans une agriculture biologique et donc respectueuses de l'environnement. Le paillis est aussi très apprécié en permaculture car il amène des matières organiques au sol. Au fur et à mesure qu'il se décompose, le paillis se transforme en humus, ce qui rend la terre encore plus meuble et vivante et dépourvue de mauvaises herbes, bien qu'en permaculture la notion de "mauvaise herbe" soit discutable.

Le principe de permaculture n°5 stipule d' "utiliser et valoriser les ressources et les services renouvelables". Le paillage est un excellent couteau suisse pour le jardin, remplissant de nombreuses fonctions à lui seul.

Schéma des principes de la permaculture

Le Foin comme Paillage en Permaculture : Avantages et Inconvénients

Le foin est un paillage polyvalent et multi-usage qui s'immisce de plus en plus dans les potagers, surtout ceux cultivés par des jardiniers désireux de cultiver avec le sol plutôt que contre lui. Il est même la star de la phénoculture, une technique de jardinage initiée par Didier Helmstetter, ingénieur agronome et jardinier de talent, qui vante un paillage exclusif au foin se suffisant de lui-même pour protéger le sol, nourrir les cultures du potager sur une saison entière.

Avantages du Foin comme Paillage

Le foin possède un rapport Carbone/Azote (C/N) relativement équilibré, compris entre 20 et 30. Il se décompose donc bien, apportant ainsi progressivement au sol divers éléments nutritifs, notamment de l’azote, utiles au bon développement des cultures. Cette faculté à se décomposer facilement limitera considérablement les risques de faim d’azote. À l’inverse des apports très carbonés comme la paille ou le bois broyé, le foin est un paillage beaucoup moins carboné. L’azote sera moins réquisitionné et, au contraire, le foin en libérera assez rapidement pour nourrir abondamment les cultures. C’est ainsi qu’on conseille souvent des apports complémentaires d’azote via des composts, tontes, urine, pour équilibrer un apport de paille alors que le foin se suffira souvent de lui-même.

Infographie sur le cycle de l'azote dans le sol

Le foin est un paillage économique, surtout s'il ne s'agit pas de foin destiné au fourrage. Il est facile à trouver dans certaines régions où l’élevage est fortement présent, et il peut même être assez simple de se procurer gratuitement du vieux foin devenu impropre à la consommation. Traiter chimiquement une prairie reviendrait très cher, et cela ne présente en réalité pas grand intérêt. En conséquence, le foin que vous pourrez vous procurer sera en règle générale indemne de produits chimiques, contrairement à la paille, pour laquelle une provenance biologique sera à privilégier. Cependant, il est important de noter que le foin à vendre n'est pas toujours bio, car des agriculteurs peuvent utiliser des herbicides ou des engrais chimiques. Acheter du foin en été, quand il est plus abondant et moins cher, et le stocker protégé des intempéries, permet de réaliser des économies.

Le foin attire des organismes bénéfiques comme les lombrics, qui aèrent le sol et participent à sa fertilité. En outre, le foin protège le sol des grandes oscillations de températures extérieures, agissant comme un isolant efficace en été pour maintenir le sol frais et humide, et préservant une température minimum en plein hiver, supérieure de quelques degrés à celle de l’air ambiant. Cela est très utile pour maintenir une activité biologique active qui va sans cesse bonifier le sol potager.

Le paillage de foin limite considérablement l'arrosage. Il a le double effet de limiter l’évaporation de l’eau à la surface du sol et d’augmenter la porosité de la terre. Avec une activité biologique intense, le sol devient plus perméable, plus éponge. La moindre goutte d’eau est captée plutôt qu’un ruissellement qui pourrait se produire sur sol compacté. Ce sont de très nombreuses heures de gagnées et des mètres cubes d’eau économisés.

Une épaisse couche de foin permet de réduire considérablement le travail de désherbage. Le sol étant dans l’obscurité, les adventices ne pourront pas germer, ou du moins la grande majorité d’entre elles (plus de 90% des graines ne germent pas sous un paillage). Le jardinier gagne ainsi du temps en désherbage.

Le foin est facile à mettre en place et ne nécessite aucun matériel particulier. Il améliore la structure du sol et, en se décomposant, il apporte des nutriments essentiels notamment aux jeunes plants. Il réduit l’érosion en protégeant la terre des précipitations.

Inconvénients du Foin comme Paillage

Malgré ses nombreux avantages, le foin présente aussi quelques inconvénients notables.

La faculté à se décomposer rapidement, abordée plus haut, présente aussi quelques inconvénients. D’une part la couverture du sol avec du foin devra être renouvelée rapidement, ou tout au moins complétée régulièrement. D’autre part, les effets sur la structure et la richesse du sol seront moins durables qu’avec des matériaux plus cellulosiques comme la paille, les feuilles mortes ou le BRF par exemple. Un apport régulier est conseillé, et pour un premier apport, on peut commencer en automne après un décompactage de sol si nécessaire, pour avoir une belle surface prête à cultiver au printemps.

Parmi les inconvénients majeurs, il est indéniable que le fait que le foin contienne un grand nombre de graines figure en bonne place. L'objectif du paillage est notamment d'éviter, ou tout au moins de limiter, le développement d’herbes indésirables. Si le foin est étalé en épaisseur insuffisante (moins de quinze à vingt centimètres), ces graines peuvent germer. Des solutions existent pour diminuer ce risque, comme laisser le foin dehors pendant une année pour qu’il soit saturé et partiellement décomposé (mais avec une perte de nutriments et une mise en place plus difficile), ou le bâcher pendant au moins un mois après l'étalement.

Même si c’est le cas pour la plupart des couvertures végétales, le foin constitue un refuge de choix pour de nombreux rongeurs (campagnols, rats) et les limaces, entraînant souvent des dégâts considérables sur les cultures. En milieu humide, le foin peut favoriser le développement de moisissures ou de champignons, ce qui peut être problématique pour certaines plantes sensibles. De plus, dans les régions les plus humides, le foin pourra poser problème, surtout pour les cultures les plus sensibles comme l’ail, les oignons, les échalotes. Maud a constaté que sur son sol argileux à tendance hydromorphe, le paillage de foin accentue le phénomène d'hydromorphie, privant le sol d'oxygène et entraînant une mauvaise décomposition de la matière organique.

Le foin peut provoquer, chez les personnes sensibles, des allergies dues à la poussière ou au pollen qu’il contient. Son aspect n'est pas toujours considéré comme esthétique par certains, qui le trouvent moins uniforme que d'autres paillages.

Le foin retarde le réchauffement du sol au printemps, ce qui peut être contraignant, notamment dans les régions les plus fraîches. Même si un sol moins froid est un avantage, il mettra plus de temps à se réchauffer aux premières belles journées de printemps. Un dépaillage temporaire au printemps, jumelé à la période des semis, peut y remédier.

Le foin est peu pratique pour semer, car il faut ouvrir des sillons dans cette épaisse couche dense, ou plus simplement écarter le paillage. Pour les petites graines comme les carottes, il est souvent préférable de dépailler la parcelle le temps des semis. Pour les grosses graines comme les pois, le paillage peut être remis par-dessus.

Enfin, le foin n’est pas le paillage le plus facilement disponible pour tout particulier, contrairement aux tontes de gazon par exemple. L'acheter peut coûter cher, bien qu'il soit souvent moins cher auprès des agriculteurs, ou en cherchant des bottes non utilisables pour les animaux à moindre prix sur les sites d'annonces. Il faudra également anticiper le transport, le stockage et l'étalement régulier du foin.

Tableau récapitulatif des avantages et inconvénients du foin

Ce tableau présente notamment l'intérêt de montrer qu'une même caractéristique aura souvent un pendant positif et un pendant négatif, selon l'endroit où l'on se place.

AvantagesInconvénients
Facilement disponible dans les régions d’élevagesDifficile à se procurer dans les régions sans élevages
Matériau au rapport Carbone/Azote relativement équilibréEffet peu durable sur la vie du sol (décomposition rapide)
Se décompose bien, libérant ainsi rapidement des éléments minéraux, et limitant les risques de faim d'azoteSe décompose rapidement, ce qui implique de renouveler ou de compléter fréquemment la couverture
En général indemne de produits phytosanitairesContient de nombreuses graines d’herbes indésirables, prêtes à germer si l'épaisseur est insuffisante
Attire les vers de terre, utiles à la fertilité du solAttire les rongeurs et les limaces
Protège le sol du dessèchement et de l'érosionRetarde le réchauffement du sol au printemps
Réduit les besoins en eau (limite l'évaporation)Peu pratique pour les semis (surtout petites graines)
Permet de réduire le travail de désherbagePeut provoquer des allergies (poussière, pollen)
Économique (surtout foin déclassé ou en été)Aspect pas toujours uniforme ou "esthétique"
Facile à mettre en placeCoût de transport et de stockage si grandes quantités
Permet de cultiver des pommes de terre sans buttagePeut favoriser l'hydromorphie en milieu humide
Régulateur de température du sol

Le Paillage en Permaculture : Un Choix Diversifié

Le paillage est un élément fondamental en permaculture, permettant de protéger le sol, de le nourrir et de réduire l'intervention humaine. En plus du foin, de nombreuses autres matières peuvent être utilisées, chacune avec ses spécificités. Le choix dépendra des plantes à cultiver, de la nature du sol, du climat de la région et du budget.

Types de paillages organiques et minéraux

Paillages Organiques

Les paillages organiques sont totalement biodégradables et, bien que chaque paillis se décompose à son rythme, ils finissent tous par nourrir correctement le sol. Il est crucial d'éviter d'enfouir le paillis organique dans la terre, car cela risquerait de dilapider l'azote naturellement présent et absolument nécessaire au bon développement des plantes. Le paillage naturel est, tout comme le minéral, idéal pour protéger le sol du gel et de la surchauffe en été.

Paille

La paille est ce qu’il reste des tiges des céréales (blé, orge, avoine…) après la récolte des grains. Elle est souvent utilisée comme litière pour les animaux et comme paillage au jardin. Le fait qu'elle soit constituée de tiges creuses en fait un excellent isolant, supérieur au foin. Elle libère de grandes quantités de potassium, ce qui en fait un atout pour les sols carencés et un excellent paillage du potager. Cependant, il faut veiller à ne pas choisir une paille contenant des traces de pesticides pour ne pas abîmer la terre. Si elle provient de cultures conventionnelles, elle peut contenir des résidus de fongicides ou d'herbicides, il est donc préférable de choisir de la paille issue de cultures biologiques.

Tonte de Gazon

La tonte de pelouse est une ressource quasi gratuite et disponible dans tous les jardins. Elle est riche en azote et se dégrade assez vite, nourrissant rapidement le sol et réchauffant le sol pour accueillir les premières germinations. L'inconvénient est qu'elle n'est pas disponible toute l'année et qu'elle ne fournit pas une structure durable au sol. Si le gazon est tondu lorsqu'il est monté en graines, cela peut semer des herbes indésirables dans le potager. Il faut éviter le contact direct avec les plantes sensibles à la chaleur, car la pelouse chauffe.

Feuilles Mortes

Les feuilles mortes sont également quasi gratuites et disponibles dans de nombreux jardins, surtout en automne quand le gazon se fait rare. Elles protègent et nourrissent le sol. Pour une protection et une nutrition à long terme, les feuilles à décomposition lente comme celles de platane, de chêne ou de châtaignier sont préférables. Un inconvénient est que les feuilles ont tendance à s'envoler facilement au vent.

BRF (Bois Raméal Fragmenté)

Le BRF est un paillage naturel fait de petits morceaux de jeunes branches fraîchement broyées. Il est idéal pour préserver le sol du froid et est une bénédiction pour les sols pauvres, légers et sableux. Contrairement au foin ou aux feuilles mortes qui se décomposent rapidement sans vraiment structurer le sol, le BRF agit comme une éponge : il retient l’humidité, limite l’érosion et améliore la capacité du sol à stocker les nutriments. En se décomposant, il stimule l’activité des champignons et micro-organismes, qui transforment la matière en humus fertile. Le BRF est long à se dégrader et peut provoquer une faim d'azote. Un BRF de qualité est composé d'au moins 30% de résidus de conifères, et le "vrai" BRF doit être composé de jeunes rameaux d'arbres feuillus (noisetier, châtaignier, tilleul, chêne, etc.) avec un maximum de 20 à 25% de résineux. Il est important de l'épandre sur une épaisseur d'au moins 20 cm.

Le BRF: Bois Raméal Fragmenté

Compost, Lombricompost et Fumiers

Ces matières enrichissent le sol en nutriments, ce qui en fait d'excellents paillis pour le potager et les arbres fruitiers. L'avantage est qu'ils nourrissent la vie du sol et contribuent à une terre fertile. Le fumier de cheval est une base solide. Cependant, ces paillis très riches ont tendance à vite sécher au soleil et à former une croûte qui peut empêcher l'eau de pluie de pénétrer correctement dans le sol. Pour remédier à cela, on peut ajouter un paillage carboné par-dessus comme la paille ou le foin.

Paille de Chanvre

La paille de chanvre est un classique en permaculture et présente de nombreux avantages. Disponible sous forme de toile ou de paillettes, elle améliore considérablement la structure du sol. Riche en minéraux, elle représente un très bon nutritif pour les plantes et conserve une bonne humidité au sol tout en limitant le phénomène de battance dû aux pluies violentes. La terre reste alors souple et ne durcit pas. C'est un paillage facile à appliquer, mais il est rare et peut être cher. Comme le compost, elle a tendance à former une croûte en séchant, mais cela ne pose pas de problème pour l'infiltration de l'eau.

Autres Déchets Verts

Le mulch issu des déchets verts du jardin, comme la tonte de gazon, les feuilles (sauf les feuilles malades et les feuilles de noyer), les branches de laurier sauce, le paillage d'ortie ou encore les déchets de taille, est peu coûteux et directement disponible. Les branches de thuya peuvent être employées en permaculture, mais uniquement pour les plantes qui aiment l'acidité comme les fraisiers, les groseilliers ou une haie de thuyas ou de sapins.

Toiles de Paillage Végétales

Plus respectueuses de l'environnement que les bâches en plastique, les toiles de paillage végétales sont constituées de fibres de coco ou de chanvre de Calcutta (jute) et sont totalement biodégradables. Leur durée de vie est de 3 à 4 ans et leur décomposition est une source riche en minéraux pour la terre. Elles laissent passer l'air et l'eau.

Carton et Papier Journal

En permaculture, le paillage peut aussi se faire avec du carton. L'idée est de réutiliser les éléments organiques et non toxiques pour leur donner une deuxième vie. Pour une plus grande efficacité, on peut empiler des feuilles de papier journal ou de carton, et pour une touche décorative, épandre du paillis organique ou minéral par-dessus. Ce type de paillage doit être changé tous les ans.

Paillages Minéraux

Le paillage minéral possède une plus longue durée de vie et demande presque aucun entretien. Il est plus lourd et résiste mieux au vent. Au printemps, la matière minérale possède l'avantage de se réchauffer plus rapidement qu'un paillis organique, ce qui lui permet de mieux emmagasiner la chaleur. Toutefois, comme il ne se décompose pas, il ne permet ni de fertiliser la terre, ni de la rendre plus vivante.

Pouzzolane

La pouzzolane est une roche volcanique et poreuse. Sa couleur rouge apporte une touche décorative. Sa porosité lui accorde une très bonne capacité de rétention d'eau, c'est pourquoi elle est plutôt employée dans des régions sèches où la pluie se fait rare.

Gravier de Dalmate, Granit, Quartz, Marbre

Ces paillages sont très esthétiques. Le gravier de dalmate est idéal pour les rosiers. Le marbre, bien que cher, est apprécié dans les jardins japonais ou secs et est le plus utilisé des paillages minéraux, s'adaptant à la majorité des feuillages.

Billes d'Argile

Les billes d'argile sont extrêmement perméables. Bien qu'elles puissent servir aux massifs, leur usage est absolument idéal dans des jardinières et des bacs.

Quand et Comment Pailler ?

L'application d'un paillis dépend du végétal à planter. De manière générale, le paillage se réalise une semaine avant la plantation des plants, c'est-à-dire entre mi-avril et début mai, mais encore une fois, cela dépend du végétal. Après deux semaines de la pose du paillage, il faut vérifier que les plants poussent correctement, car le paillis peut parfois les étouffer.

Le foin est utile toute l'année. Au printemps, on peut en ajouter aux pieds des arbres, vivaces et haies si la couche de mulch a considérablement diminué, afin de maintenir une épaisseur de 15 à 20 cm. Cependant, au potager et autour de certaines vivaces, il faut parfois, en cette période printanière, diminuer la couche de foin voire la retirer complètement pour permettre à la terre de se réchauffer plus vite. À l'automne, on peut compléter l'apport de foin au sol partout où l'épaisseur a beaucoup diminuée, pour préparer le jardin à l'hiver et protéger les végétaux des grands froids. En hiver, les plants qui restent en place apprécieront une bonne épaisseur de foin à leurs pieds pour les aider à passer l'hiver.

Ruth Stout, surnommée la « Reine du paillis », conseillait d'installer le mulch de foin "l'année dernière", soulignant l'importance de l'anticipation.

Pour trouver du paillage gratuitement, il est utile de lister les lieux dans chaque zone géographique de son environnement (zonage en permaculture) et de réfléchir aux ressources disponibles (carton, taille de végétaux, paille, foin, papier kraft, feuilles mortes, etc.).

L'Importance du Sol Actif Biologiquement

L'efficacité du paillage dépend fortement de l'état du sol sur lequel il est déposé. Si le paillage est appliqué sur un sol compact, sec, asphyxié, il se décomposera en surface et ses minéraux ruisselleront à la moindre pluie, avec peu de valorisation. Aucun humus ne se formera.

À l'inverse, pailler un sol humide, aéré, avec une activité biologique intense, va tout changer. Les bactéries, micro et macroorganismes (vers de terre, collemboles, coléoptères et myriades d’autres acteurs vivants du sol) vont se jeter sur cet apport riche en sucres, en fibres, pour l’intégrer dans le sol. La terre sera améliorée avec une structure plus poreuse, plus liée, solide, et formera un réservoir de nourriture pour les semaines et mois à venir.

Il est souvent utile de passer un coup de grelinette, de croc, ou même de motoculteur dans les cas les plus difficiles (sol argileux très compact, sol caillouteux). Il faut prendre le temps de fortement l’humidifier s’il manque d’eau, et même ajouter quelques kilos de compost grossier au mètre carré pour booster l’activité biologique et maintenir un sol bien aéré. Ce n'est qu'ensuite qu'il faut offrir à la terre une bonne épaisseur de foin de vingt centimètres.

Le paillage nourrit la vie du sol, et le produit de tout cela est une terre fertile. C'est grâce au travail des micro-organismes du sol que les nutriments deviennent assimilables par les plantes. Le sol est un organisme vivant à part entière.

Le Paillage et la Question des "Mauvaises Herbes"

La traditionnelle "mauvaise herbe" est une des raisons principales pour laquelle le paillage est entré dans les mœurs des jardiniers. Pour germer, une graine a besoin d'un certain taux d'humidité, d'une certaine température et d'une certaine intensité lumineuse. Une bonne couverture de sol la prive de lumière, et donc, elle ne germe pas. En tant que jardinier paresseux, l'objectif est de pailler le plus possible, de planter serré et de pailler généreusement son jardin pour diminuer l'arrosage et le désherbage.

L'Esthétique du Jardin en Permaculture

Même dans une démarche permaculturelle où l'on s'intéresse au jardin en termes d'utilité et d'efficacité plutôt qu'à sa "beauté" au sens classique, la question de l'esthétique a son importance. Le foin, avec sa couleur dorée, peut offrir un contraste agréable avec les cultures estivales.

Conclusion Partielle

Le foin est une matière organique facile à se procurer, relativement économique et efficace en paillage pour le jardin en permaculture. Ses avantages en font un allié précieux pour la fertilité du sol, la rétention d'eau et la réduction du désherbage. Cependant, ses inconvénients, tels que la présence de graines, la décomposition rapide et son potentiel d'abriter des ravageurs, doivent être pris en compte et gérés. La permaculture nous invite à observer notre environnement, à valoriser les ressources renouvelables et à choisir le paillage le plus adapté à notre contexte spécifique pour créer un jardin riche et productif, en harmonie avec les cycles naturels.

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