La densité de plantation est une donnée importante à déterminer avant d’entamer la plantation des arbres fruitiers, et c’est un paramètre qui joue un rôle très important dans la réussite de la culture. La Densité de plantation affecte directement le nombre de pieds ou plants par unité de surface et par conséquent l’optimisation des parcelles ou la surface disponible par les cultures. La Densité de plantation varie d’une espèce à l’autre et elle peut varier au sein d’une même espèce à cause de plusieurs facteurs qui imposent l’ajustement de cette densité de plantation en fonction des conditions climatiques, les conditions de milieu et les facteurs culturales. L’ajustement ou le redressement de la densité des arbres fruitiers après la plantation est possible, mais il peut être très difficile dans quelques cas, d’où l’importance de bien déterminer cette information avant la plantation.

Présentation de la densité de plantation
La Densité de plantation des arbres fruitiers représente le nombre de plants par unité de surface et par conséquent elle joue sur le nombre de pieds ou plants dans un hectare. L’importance de cette information réside particulièrement dans son impact sur les interactions entre les plants entre eux surtout en ce qui concerne la compétition entre les plants par rapport aux ressources communes. La compétition entre les plants dans une parcelle donnée peut concerner la lumière ou des autres ressources naturelles (fertilisation, eau…etc.).
Une mauvaise densité de plantation ou plus précisément une densité sous- ou surestimée peut mettre en cause la réussite de la culture en entier, du fait que dans les deux cas (faible ou haute densité) le rendement de la culture peut être faible ou carrément nul. Le système de culture chez les arbres fruitiers est particulier grâce à la large fourchette de densités possibles telles que : système de culture traditionnel ou extensif, système de culture semi-intensif et le système de culture intensif.
Conséquences d’une mauvaise densité de plantation
Une mauvaise densité de plantation des arbres fruitiers peut avoir des conséquences plus ou moins graves en fonction des cas.
Densité surestimée
- Hauteur anormale : La première remarque ou le premier constat en cas d’une densité surestimée est le problème de la compétition des plants par rapport à la lumière (supposant que les autres intrants agricoles sont suffisants : eau et fertilisation). Cette compétition favorise la croissance végétative verticale et par conséquent les plants se trouvent épuisés avec une structure faible ce qui peut altérer la taille de formation des arbres fruitiers.
- Faible rendement : La compétition entre les plants (par rapport à la lumière, eau et fertilisation) aura impérativement un effet négatif sur la productivité de chaque plant et dans la majorité des cas, le fait d’avoir plus de plants ne peut pas compenser la chute de rendement causée par la compétition des plants.
- Maladies : La dernière conséquence négative qu’on peut citer en cas d’une densité surestimée est le problème des maladies et ravageurs. Une densité des arbres ou une végétation importante permet la création des conditions climatiques dans le microclimat des plants favorables aux cycles de vie des principaux bioagresseurs des cultures.
Densité sous-estimée
- Problème des adventices : En arboriculture également, à un certain âge, les arbres doivent couvrir la surface de sol le maximum possible (optimisation d’espace et meilleur utilisation de la lumière), ce qui va réduire automatiquement la présence des adventices aux pieds des arbres. N’importe quel défaut dans la densité de plantation ou des arbres peut se répercuter négativement sur l’optimisation d’utilisation de l’espace, ce qui favorise la présence de terrain nu qui représente une opportunité pour la prolifération des adventices. Ces derniers rentrent en compétition avec les arbres et rendent le coût de désherbage aberrant.
- Faible rendement : Une faible densité de plantation donnera logiquement un faible rendement. Chaque plant a son potentiel de production qu’il ne peut pas dépasser, alors en cas d’une densité faible, tous les moyens de compensation des plants ne peuvent permettre la compensation de rendement des arbres manquants dans la parcelle.
Facteurs influençant la densité de plantation
Chaque espèce, culture ou variété a sa propre densité de plantation connue en théorie par une moyenne d’une culture dans des conditions standards. Cette densité de plantation est une information culturale qui doit être ajustée en fonction de plusieurs facteurs climatiques, pédologiques et culturales.
- Espèce et variété : Comme précité, chaque espèce ou variété a son propre comportement cultural (ex. taille, tolérance des stress…etc.), alors la densité de plantation tient compte des particularités phénologiques et physiologique de chaque arbre.
- Porte-greffe : Le porte-greffe, en plus de la variété ou le cultivar, joue également un rôle important dans la détermination de la densité de plantation optimale pour une espèce donnée. Chaque porte-greffe est caractérisé par plusieurs critères tels que : type de système racinaire, la performance des racines, la taille des racines, tolérance aux bioagresseurs…etc.
- Climat : Les composantes de climat (température, humidité, ensoleillement…etc.) jouent un rôle à leur tour dans l’ajustement de la densité de la plantation des arbres fruitiers. La plantation dans les zones à climat frais doit être moins dense afin d’éviter la création des conditions optimales aux maladies et ravageurs.
- Disponibilité des ressources : L’eau (pluie, irrigation) est un facteur très important qui affecte la densité de plantation en tenant compte de la compétition entre les plants. De même, la fertilité de sol ou bien la prévision de la fertilisation affectent également la densité. Il faut tenir compte et ajuster cette dernière en fonction de la fertilité et la fertilisation afin de diminuer la compétition entre les plants.
- Conduite culturale prévue : Le type de la conduite technique prévue pour chaque espèce ou parcelle (taille, récolte, mécanisation…etc.) affecte également le système de culture notamment la densité de plantation.
La taille mécanisée dans les vergers à haute densité
Densité de plantation et conduite du grenadier
Le grenadier est une culture qui séduit ces dernières années les arboriculteurs en quête d’un atelier de diversification. Très prisé dans le bassin méditerranéen, il est originaire de l’Asie de l’Ouest. Cet arbre fleurit en général entre mars-avril et juillet-août, avec une floraison qui s’étale sur 10-12 semaines, en 3 ou 4 vagues distinctes selon la variété et la situation géographique.
Le grenadier fructifie à partir de la 3e année, mais la production devient significative à partir de la 4e année, le rendement augmentant durant les 10 à 20 premières années de la culture. Les besoins en froid de l’espèce sont assez faibles, de 300 à 450 heures selon les cultivars, mais le grenadier a besoin de beaucoup de chaleur pour un produit qualitatif. Les conséquences d’un été frais et humide sont des fruits de petit calibre, peu colorés et acides. Selon le degré d’intensification, les rendements peuvent aller de 8 à 35-40 tonnes par hectare. La production augmente tant que le volume de l’arbre augmente.
Au CEHM, la collection variétale est plantée à une densité de plantation de 3 m x 5 m. Mais comme d’autres espèces fruitières, il existe plusieurs écoles : ainsi, en Israël, la voie de la culture intensive a été prise, avec des cultures à haute densité proche de 1200 pieds par hectare. Les densités les plus courantes sont en 5 m x 5 m pour un terrain aride et/ou pauvre (400 pieds/ha) jusqu’à 3 m x 5 m (667 pieds/ha) pour une culture semi-intensive.
Du fait de la forte tendance de cette espèce à drageonner, les vergers sont souvent conduits en multi-tronc, la conduite en mono-tronc étant plus contraignante en début de culture (sélection d’un axe, tuteurage…), mais ce choix facilite les travaux d’entretien par la suite. À noter que le grenadier est sensible au vent (limitation de la croissance, boisage des fruits) et aux coups de soleil (si le verger est faible ou trop aéré).

Gestion de l’eau et nutrition au service de la productivité
Si la nutrition de la plante est au cœur de l’augmentation des rendements, ce n’est pas la seule piste. Les modes de conduite et la densité de plantation interviennent également. Toutefois, ces questions doivent être abordées avant la plantation et dépendent de la technicité du producteur et du temps qu’il est prêt à consacrer à sa culture.
L’espèce est assez résistante, à l’eau notamment. Le seul problème qui justifie des apports d’eau réguliers, c’est l’éclatement. Si la nutrition n’est pas très régulière, avec les risques d’orages au moment de la récolte, la possibilité de voir les fruits éclater est importante. Une conduite en goutte-à-goutte semble donc adaptée et permet de mieux gérer les risques d’éclatement. D’une manière générale, il est recommandé d’éviter les alternances périodes sèches/excès d’eau et de privilégier les apports réguliers.
Pour une cible de rendement entre 15 et 20 tonnes par hectare et pour 80 unités d’azote, il faudra mettre une trentaine d’unités de phosphore, autour de 90 unités de potasse et une vingtaine d’unités de magnésium. Tous ces engrais doivent être apportés à partir d’avril jusqu’à juin, fractionnés en deux ou trois fois. Dans le cas d’une ferti-irrigation, les mêmes quantités doivent être apportées, mais réparties plus régulièrement, autour de fin mars jusqu’à fin juillet.
Défis sanitaires et entretien du verger
La culture de l’arbre est assez simple, mais le seul vrai souci dans certaines conditions de production est la zeuzère au niveau sanitaire. Ce papillon pond au mois de juin sur les jeunes pousses, et la larve rentre à la base d’une feuille dans les jeunes tiges, puis descend le long du tronc et entre dans un bois plus gros en creusant une grosse galerie. En matière de stratégie de lutte préventive, une surveillance du verger s’impose, surtout à partir de la deuxième quinzaine du mois de juin. Dès le premier stade de la larve, cela entraîne un assèchement. Si on coupe, on prélève la larve et les dégâts s’arrêtent là.
L’autre point d’alerte est le drageonnement assez important qui oblige à revenir très souvent au pied (1 à 3 fois par an). L’opération n’est pas facile car l’arbre est épineux ce qui rend les interventions assez pénibles. Parmi les principaux ravageurs et maladies, par ordre d’apparition, il y a le puceron qui colonise les jeunes pousses printanières. Un traitement insecticide suffit pour le contrôler. Les attaques de nématodes (Meloidogyne incognito) sont connues sur grenadier et contribuent à la baisse des rendements, cette espèce peut être attaquée aussi par le virus HSVd (Hop Stunt Viroid). Enfin, l’arbre peut être sujet aux maladies du bois, phytophtora ou pourridié notamment dans les secteurs argileux et humides.

Préparation du sol et plantation
Avant de planter vos grenadiers, il est essentiel de préparer le sol pour assurer une croissance saine des arbres. Le grenadier préfère un sol légèrement acide à neutre, avec un pH compris entre 6 et 7. Avant de planter, il est recommandé de tester le pH. Si votre sol est trop acide, vous devrez ajouter des amendements pour augmenter le pH, comme de la chaux dolomitique ou de la cendre de bois.
Les grenadiers préfèrent un sol bien drainé pour éviter l’accumulation d’eau autour des racines. Si votre sol retient trop d’eau, vous devrez améliorer le drainage en ajoutant du sable ou des matériaux organiques tels que du compost ou de la tourbe. La meilleure période pour planter des grenadiers est au printemps, lorsque le sol commence à se réchauffer et que tout risque de gelée est passé. Cela permet aux jeunes plants de s’établir avant les mois d’été plus chauds.
Pour planter vos jeunes plants de grenadiers, creusez un trou deux fois plus large et profond que la motte de racines. Placez le jeune plant dans le trou en veillant à ce que le collet soit au niveau du sol. Remplissez le trou avec du terreau mélangé à du compost ou à du fumier bien décomposé pour enrichir le sol et favoriser la croissance.
Taille et entretien pour une production optimale
La taille et l’élagage des grenadiers sont des étapes importantes pour maintenir leur forme, stimuler la croissance et favoriser la production de fruits. La meilleure période pour tailler les grenadiers est généralement en hiver, lorsque l’arbre est en dormance. Commencez par enlever les branches mortes, malades ou endommagées. Ensuite, éliminez les branches qui se croisent ou qui se frottent les unes contre les autres pour éviter les blessures.
Il est important de maintenir une bonne circulation de l’air autour de l’arbre en taillant les branches qui se croisent et en éliminant les feuilles mortes pour prévenir des maladies comme la rouille du grenadier ou l’oïdium. La récolte se fait manuellement en un seul passage et peut s’étaler jusqu’au mois de décembre. Pour déterminer si les fruits sont prêts à être récoltés, vérifiez la couleur de la peau (du rouge vif au rouge foncé), la consistance (ferme mais légèrement souple), et la sonorité (un son creux lorsqu’on tapote le fruit). Utilisez des sécateurs propres et tranchants pour couper les fruits de l’arbre sans blesser les rameaux.
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