Le noisetier (Corylus) est un arbuste généreux et facile à cultiver, apprécié pour sa robustesse, sa capacité à produire des fruits délicieux (les noisettes) et son adaptabilité à divers environnements. Il peut être planté en massif, en haie champêtre, ou même en isolé, régalant aussi bien la famille que les auxiliaires du jardin, comme les écureuils si le jardin est à proximité d'une zone naturelle comme un bois ou une forêt. Sa rusticité allant jusqu'à -15°C lui permet d'être cultivé partout en France.

Bien que considéré comme un petit arbre, le noisetier se développe rarement en tronc unique en raison de sa forte capacité à drageonner, formant plutôt de nombreux rameaux qui ondulent au gré des vents et des périodes de feuillaison, floraison et fructification. Ses fruits sont des akènes, composés d'une seule graine - la noisette - dont l'enveloppe ne s'ouvre pas à maturité, étant sertie dans une coque ligneuse. Pour une belle fructification, il est utile de planter au moins deux sujets de variétés différentes pour assurer la pollinisation.
Le noisetier pousse naturellement en forêt, généralement en situation protégée du froid par les autres arbres et arbustes, et avec une lumière possiblement mi-ombre. Il existe également un très bel arbuste au port retombant appelé noisetier du Japon ou faux noisetier (Corylopsis), qui mesure de 1,5 à 4 m de hauteur.
Historiquement, le noisetier est un arbuste des forêts européennes. Son nom latin, Corylus, vient littéralement de « capuchon » pour le genre.
Quand et Comment Déplacer une Pousse de Noisetier
Le déplacement d'un noisetier, qu'il s'agisse d'une jeune pousse ou d'un spécimen plus imposant, est une opération délicate mais réalisable si les bonnes précautions sont prises. La période choisie est cruciale pour la réussite de l'opération.
La Meilleure Période pour le Déplacement
La période idéale pour déplacer un noisetier est durant son repos végétal, dès octobre/novembre, en prenant soin d'éviter les périodes de gel. C'est à ce moment que l'arbre est le moins stressé par la transplantation. L'automne est souvent recommandé car les feuilles sont tombées, signifiant que l'arbre prépare son repos hivernal. Certains conseillent même le début de l'automne, notamment pour les noisetiers tortueux. Trop de pluies ne sont pas favorables aux plantations, y compris pour le noisetier.

Préparation de l'Arbre et du Site
Le succès du déplacement dépend beaucoup de la préparation. Pour un noisetier déjà grand (2/3 mètres de haut, avec plusieurs troncs de toutes dimensions), l'opération peut être assez délicate et difficile, étant donné la taille et l'âge de l'arbuste, ainsi que l'ampleur des racines.
Avant le Déplacement
- Réduction de la Végétation : Pour faciliter l'opération et permettre à l'arbuste de reprendre plus facilement, il est possible de supprimer pratiquement toutes les branches de l'arbuste. Cela réduit le stress sur les racines qui seront inévitablement endommagées lors de l'extraction. La touffe de racines devrait reprendre au printemps puisque le noisetier supporte bien le recépage. Il faut couper des branches pour réduire l'ampleur (à vous de voir ce que vous pouvez remuer, et surtout cela dépendra des racines que vous sauverez, il vous faudra proportionner racines et végétation).
- Préparation des Racines (optionnel mais recommandé) : Environ 15 jours à un mois avant le déménagement, il est conseillé de faire une tranchée tout autour de l'arbre, de la profondeur d'une bêche. Cette étape vise à couper progressivement les radicelles, stimulant ainsi la formation de nouvelles radicelles plus proches de la base de l'arbre, ce qui facilitera la reprise après la transplantation.
Pendant le Déplacement
- Dégager l'Arbre : Commencez à creuser autour de l'arbre, en essayant de préserver une motte de terre aussi grande que possible autour des racines. Plus la motte est intacte, meilleures sont les chances de survie.
- Dessolidariser la Branche du Pied Mère : Si la pousse est un drageon, vous pouvez dessolidariser la branche du pied mère à l'aide d'un sécateur propre et désinfecté.

Choix de l'Emplacement
Le noisetier est un arbuste qui se plaît en toute exposition. Il supporte aussi bien le plein soleil que l'ombre ou la mi-ombre. Cependant, pour une fructification maximale et pour qu'il s'épanouisse au mieux, un emplacement avec suffisamment d'espace est essentiel. Si votre noisetier a poussé "par hasard" sous des châtaigniers et qu'il risque d'être étouffé à long terme sous les autres arbres, le déplacer est une bonne idée. Une place de choix pour un noisetier serait un endroit où il pourra se développer pleinement sans être concurrencé par d'autres arbres, comme dans une haie pour la densifier.
Plantation à l'Nouvel Emplacement
- Préparation du Trou : À l'emplacement choisi, faites un trou assez profond et large pour accueillir confortablement la motte de racines.
- Amendement du Sol : Amendez le sol d'un compost ou d'une fumure bien décomposée. Cela fournira les nutriments nécessaires à la reprise de l'arbre. Ajoutez ensuite un peu de terre avant de positionner le noisetier.
- Positionnement et Remplissage : Placez le noisetier dans le trou, en veillant à ce que le collet (la jonction entre le tronc et les racines) soit au niveau du sol. Remplissez le trou avec la terre amendée, en tassant sans abîmer les racines.
- Arrosage Abondant : Après la plantation, arrosez abondamment. L'arrosage est crucial, surtout pendant le premier mois, car en le déplaçant, beaucoup de radicelles utilisées pour pomper l'eau et la nourriture ont été arrachées. Il ne faut jamais laisser l'arbre manquer d'eau. Éventuellement à l'automne, ajoutez un lit de compost.
Planter un noisetier
Après le Déplacement
Une fois déplacé, le noisetier nécessitera une surveillance attentive. Ce sont des arbres costauds et avec un noisetier, cela doit être facile. Cependant, la reprise n'est pas toujours immédiate et il faut être patient. Si l'opération semble trop risquée compte tenu de la taille de l'arbuste, ou si l'on craint de ne pas réussir, il est toujours possible d'acheter un nouveau plant, ou même de remplacer par une autre variété.
Les Noisetiers en Pot : Une Option Limitée
Si dans le cadre d'une bouture ou d'un marcottage il est tout à fait possible de conserver un noisetier en pot de 40 à 50 cm, dans la pratique, votre arbuste commencera à se ternir dès que le manque de place pour les racines se fera ressentir. C'est généralement le cas au bout de 2 ou 3 années. Changer pour un plus grand pot ? Certes. Mais là encore, quelques années plus tard, il faudra de nouveau passer à un rempotage, cette fois dans un pot bien plus grand. En fait le noisetier ne se plaît pas vraiment en pot sur le long terme. Les variétés tortueux peuvent cependant être appréciées en bac sur une terrasse, où la beauté du dessin de leurs branches se révèle particulièrement lorsque les feuilles sont tombées.
Multiplication du Noisetier
Le noisetier se multiplie facilement. Compte tenu de la capacité de l'arbuste à produire des drageons, la méthode la plus utilisée est le marcottage naturel.
Marcottage Naturel
C'est une méthode simple où une branche du noisetier prend racine au contact du sol. Une fois que des racines se sont développées, la nouvelle plante peut être séparée du pied mère.
Bouturage
Le bouturage est également une option, permettant de créer de nouveaux plants à partir de rameaux coupés.
L'Entretien du Noisetier : Taille et Maladies
Le noisetier est un arbre ou un arbuste facile au jardin. Il ne nécessite que peu d'entretien en dehors de la taille. Seules quelques particularités doivent conduire le jardinier à intervenir.
La Taille du Noisetier
Le noisetier n’est pas un arbuste qui doit être taillé trop régulièrement. Il y a la taille qui permet de limiter les dimensions au jardin, mais le noisetier ne s’étend pas particulièrement. Le noisetier est cultivé en touffe, c’est sa forme la plus courante. Elle est de peu d’entretien et facile à obtenir. La touffe se développe à partir de 5 à 6 branches principales, d’où se développent les branches secondaires.
Taille de Formation
La taille de formation a pour but, comme c'est le plus souvent le cas pour les arbres fruitiers, d’aérer l’arbre. Lorsque vous élevez un noisetier d’une seule branche, après une bouture ou un marcottage, la première taille est là pour favoriser la production de la structure de l’arbre, c'est-à-dire les branches charpentières.
Taille de Fructification
La taille de fructification du noisetier intervient lorsque la production de fruits ralentit. C'est une taille importante qui n’est pratiquée que tous les vingt ans. Elle consiste à couper toutes les branches pour permettre à l'arbre de se régénérer et de relancer sa production de noisettes.

Maladies et Ravageurs du Noisetier
Le noisetier peut être sujet à diverses maladies et attaques de ravageurs. L'observation attentive est la clé pour intervenir rapidement.
Maladies Fongiques
- L'anthracnose : Cette maladie atteint les feuilles du noisetier, ainsi que ses rameaux et ses branches.
- L'oïdium : Il touche généralement le dessous des feuilles. Des taches jaunes apparaissent sur la face supérieure dans un deuxième temps. Puis, point caractéristique de l'oïdium, les dépôts blancs poudreux s’étendent jusqu’à recouvrir la totalité de la surface de la feuille. Les feuilles peuvent aller jusqu’à se déformer, s’enrouler et tomber.
Ravageurs
- Le Balanin du Noisetier (Curculio nucum) : C'est un petit coléoptère qui se nourrit et se développe sur toutes les parties du noisetier. Après l’accouplement, la femelle pond un œuf dans une jeune noisette. La larve éclose se nourrit du fruit jusqu’à ce qu’elle se décroche de l’arbre et tombe. La larve sort alors de la noisette en forant un trou grâce à ses mandibules. Elle va rester un long moment dans le sol, enfouie dans une sorte de nid, parfois jusqu’à 4 ans. Puis elle mue en nymphe et ensuite en coléoptère adulte.
- Prévention et Lutte Biologique : Attirez les oiseaux et les auxiliaires dans votre jardin (le merle, les grives apprécient les insectes, mais les musaraignes ou le hérisson les larves). Des graines pour les oiseaux, un point d’eau et pourquoi pas un nichoir peuvent aider. En automne, retirez les feuilles en dessous de l’arbre et grattez la terre superficiellement. Chassez les larves le cas échéant, et pourquoi pas mettre une poule. Faites un tas avec des branchages coupés, c'est un endroit dont les insectes se serviront d’abri, y compris des prédateurs du balanin.
- Méthodes Physiques : Dès le début du printemps, ajoutez des bandes de colle glue sur les troncs et les branches des arbres pour empêcher les insectes de grimper. Plus tard, vers la fin du mois de mai, placez une bâche blanche ou claire au sol, sous et autour du noisetier. Secouez fortement l’arbuste de manière à faire tomber les insectes, dont le balanin ! Récupérez-les et déplacez-les loin si vous ne voulez pas les éliminer. Observez bien les jeunes noisettes et cherchez des noisettes trouées. Retirez-les et brûlez-les. Faites pareil si des fruits sont tombés au sol.
- Le Capricorne du Noisetier (Oberea linearis) : Il existe de nombreuses espèces de capricornes. Le capricorne du noisetier est un petit insecte fin et allongé, brun noir. La femelle adulte pond des œufs sous l’écorce du noisetier et d’autres espèces comme le noyer. Une fois écloses, les larves se nourrissent du bois. Elles hibernent l'hiver, puis au réveil recommencent à se nourrir du bois de l’arbre qui dépérit. Quand l’attaque est importante ou récurrente, l’arbuste peut en souffrir fortement, parfois en mourir.
- Anticipation et Mesures : L’idéal est l’anticipation. Il faut observer les arbustes de près. En cas de noisettes trouées sur l’arbre, supprimez-les car elles sont colonisées. Nettoyez le sol de toutes les noisettes déjà tombées pour limiter qu’elles se cachent dans le sol. Avoir des poules peut être intéressant, elles sauront aller chercher les larves dans le sol.
- Le Puceron Vert : Ce puceron a un cycle de vie court, avec plusieurs cycles par an. Les pontes sont faites à la base des bourgeons.
- Lutte : Il faut mettre de la glue sur les troncs et les branches pour empêcher le plus possible que les fourmis ne colonisent l’arbre et permettre que des insectes auxiliaires soient présents dans le jardin.
Variétés de Noisetiers pour une Fructification Optimale
Il est conseillé de planter des noisetiers par deux et de différentes variétés pour assurer une bonne pollinisation et une fructification abondante.
- Variété 'Butler' : Cette variété commence à produire des fruits assez rapidement. La récolte est précoce, dès début septembre. Les fruits sont allongés, assez gros et la coque assez claire. Associez-le avec Corylus Ennis ou Corylus Bolwiller.
- Variété 'Bolwiller' : C'est une variété très cultivée. La récolte est également précoce, dès septembre. Les fruits sont ronds avec une petite pointe. La noisette est légèrement sucrée. Vous pouvez le cultiver avec les variétés suivantes : Corylus Buttler ou Corylus Longue d'Espagne.
- Variété 'Longue d'Espagne' : La récolte a lieu tout début octobre. Les fruits sont de taille moyenne et la coque tire sur le rouille/rouge. Les fruits sont de belle qualité gustative et légèrement sucrés. Il peut être cultivé avec Corylus Nottingham.

Le noisetier est un compagnon précieux dans un jardin, offrant à la fois beauté, nourriture et un habitat pour la faune. Avec des soins appropriés et une bonne compréhension de ses besoins, il prospérera et récompensera le jardinier avec de nombreuses noisettes délicieuses.