Gestion des effets des désherbants sur la culture de la tomate

Dans le jardinage, la gestion des adventices est une préoccupation constante, surtout à l'approche du printemps. Cependant, la confusion entre les différents types de produits et leur application peut avoir des conséquences désastreuses sur le potager. Un cas fréquent est celui du jardinier qui, après avoir utilisé un désherbant sur sa pelouse, voit ses plants de tomates se tordre et se recroqueviller. Cette situation souligne l'importance cruciale de comprendre les interactions entre les produits phytosanitaires et les cultures potagères.

Schéma illustrant les risques de dérive des désherbants sur les cultures potagères

Les dangers de la confusion entre désherbant gazon et potager

Il est impératif de distinguer les désherbants sélectifs des désherbants non sélectifs. Les désherbants non sélectifs, comme le Roundup® Contact ou Roundup® Rapid, ne conviennent absolument pas à une pelouse car ils détruiront votre gazon et les mauvaises herbes en même temps. À l'inverse, les désherbants sélectifs sont conçus pour cibler des types de plantes spécifiques, souvent les dicotylédones au sein d'une monocotylédone comme le gazon.

La grande erreur est de réutiliser un pulvérisateur ayant servi à un désherbant gazon pour traiter ses tomates. Même après un rinçage, des résidus peuvent persister dans la lance ou la buse. Le plant de tomate est extrêmement sensible à l'action des herbicides, particulièrement ceux destinés aux mauvaises herbes dicotylédones. Si vos pieds de tomates se tordent et se recroquevillent, il est fort probable qu'ils aient été exposés à un résidu de désherbant systémique - un produit capable de circuler dans toute la plante par la sève. Dans ce cas, le rinçage à l'eau des plants ou l'inondation du sol sont souvent inefficaces, car la molécule a déjà été absorbée.

Pourquoi le désherbage chimique est risqué pour la tomate

La culture industrielle de tomates a une croissance initiale plus lente que la plupart des mauvaises herbes, ce qui favorise la concurrence des mauvaises herbes dans les premiers stades de développement de la culture. Par conséquent, en général, la culture doit être maintenue exempte de mauvaises herbes pendant 30 à 45 jours, période pendant laquelle ces espèces interfèrent le plus. Cependant, la lutte chimique dans la culture industrielle de la tomate se limite pratiquement à l'utilisation d'un maximum de dix molécules distribuées pour les applications en pré et post-levée de la culture.

Les dommages causés par les mauvaises herbes vont des effets directs tels que la compétition pour l'eau, la lumière, les nutriments, la libération de substances aux effets allélopathiques et aux effets indirects en tant qu'hôtes de ravageurs et de maladies. Malgré cela, l'herbicide est une molécule chimique qui doit être manipulée avec précaution pour éviter tout risque de contaminer l'applicateur. Une utilisation inappropriée de ce produit peut également provoquer une pollution de l'environnement : eau (rivières, lacs et nappes phréatiques), sol et alimentation.

Le nettoyage du pulvérisateur au champ

Alterner avec des méthodes de contrôle culturel

La Gestion Intégrée des Mauvaises Herbes (IMPD) vise à intégrer plusieurs méthodes de contrôle, préventive, culturale, mécanique et chimique, pour garantir les prémisses de qualité du produit récolté, notamment l'absence de résidus de pesticides dans les aliments. Le contrôle culturel peut être compris comme des pratiques favorisant le développement des cultures au détriment des adventices. Parmi ces pratiques, se distingue la plantation de cultivars adaptés à la région, l'utilisation de semences traitées, la transplantation de plants bien formés et une fertilisation équilibrée.

Le maintien de la paille en surface peut gêner la levée des plantules, inhiber la germination des graines photoblastiques positives et libérer des composés allélochimiques qui affectent négativement la germination et le développement des mauvaises herbes. De plus, la rotation des cultures brise le cycle des espèces de mauvaises herbes, empêchant leur domination dans la zone. Il faut éviter de planter successivement des cultures telles que des pommes de terre, des poivrons et des aubergines, qui appartiennent à la même famille botanique que la tomate (solanacées).

Le paillage : une solution efficace pour le potager

La tomate, quand elle est tuteurée, fait peu d’ombre au sol autour d’elle. Afin de gérer l’enherbement pendant cette culture assez longue, elle est généralement paillée. En plus de son rôle de désherbage, le paillage protège également le sol et limite l’évaporation. Le paillage apparaît donc comme une barrière physique pour protéger le sol des rayons directs du soleil. En paillant vos pieds de tomates, vous réduisez ainsi grandement les besoins en eau de cette culture.

Photo d'un potager avec paillage organique au pied des plants de tomates

Il existe deux types principaux de paillages plastiques : celles en plastique étanche (type bâche d’ensilage) et d’autres en plastique qui laisse passer l’air (type bâche tissée). Les bâches d’ensilages ont un principal avantage : on peut en récupérer gratuitement chez les éleveurs. Une fois percées ou endommagées, elles ne servent plus. En demandant gentiment aux agriculteurs autour de chez vous, il est assez facile d’en récupérer. Concernant ces bâches, une fois abîmées, vous pourrez les envoyer au recyclage. Les bâches maraîchères ou bâches tissées laissent quant à elle passer l’air. Beaucoup de maraîchers utilisent ces bâches plus de 10 ans avant de les changer.

Les alternatives écologiques au désherbage chimique

Pour celui qui rêve d’un jardin propre, bien entretenu et respectueux de l’environnement, les mauvaises herbes peuvent vite devenir un véritable cauchemar. Heureusement, le désherbage écologique offre des solutions efficaces pour préserver la nature tout en gardant impeccables vos espaces verts. En utilisant des désherbants de biocontrôle et des méthodes mécaniques, on réduit significativement son empreinte écologique.

L'eau bouillante est un désherbant total puissant. Mieux encore l'eau de cuisson des pommes de terre ou du riz, riche en amidon, elle sera plus efficace ! Le vinaigre tout comme le sel peut influencer la fertilité du sol et la micro-biodiversité. Nous vous conseillons d'utiliser cette solution seulement sur les éléments maçonnés de vos extérieurs mais pas sur vos parterres ou massifs. Pour nettoyer votre terrasse et supprimer les végétaux qui s'installent au fil des années comme la mousse, vous pouvez également utiliser le bicarbonate de soude.

L'importance d'une gestion préventive et raisonnée

La lutte préventive vise à empêcher l'entrée et l'établissement de mauvaises herbes dans des zones non encore infestées. Il est de la responsabilité de chaque agriculteur de prévenir l'entrée et la propagation d'une ou plusieurs espèces de mauvaises herbes qui pourraient devenir de graves problèmes sur sa propriété et sa région. Le manque de soins a provoqué une large diffusion des espèces les plus diverses, comme le souchet comestible, qui contient de très petites graines et tubercules qui infestent très facilement de nouvelles zones, par le biais du fumier et du substrat.

Il faut avant tout avoir à l'esprit que les "mauvaises herbes" sont considérées comme telles car elles se développent à un endroit que vous n'aviez pas choisi. Pourtant, elles n'arrivent pas là par hasard. Elles sont souvent un bon indicateur de la santé de votre sol : par exemple le bouton d'or pousse sur les sols humides et pas assez drainés; la mousse qui se développe sur votre gazon indique que votre pelouse a besoin d'être scarifiée; les pissenlits se développent quand la terre est trop compacte et trop riche en matière organique. Avant d'utiliser un désherbant, renseignez-vous sur la raison de la présence de cette plante dans votre jardin et si celle-ci peut être nocive ou au contraire bénéfique.

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