Le jardinage est une activité gratifiante, mais la lutte contre les plantes indésirables, souvent appelées "mauvaises herbes" ou adventices, représente un défi constant pour de nombreux jardiniers. Ces dernières peuvent rapidement supplanter les cultures ou les plantes ornementales, bouleversant l'harmonie et la productivité des espaces verts. Face à cette problématique, et avec l'interdiction des pesticides de synthèse pour les particuliers, les méthodes écologiques gagnent en popularité. Parmi elles, le désherbage à haute température, ou désherbage thermique, se présente comme une solution efficace et respectueuse de l'environnement, offrant une alternative sans produits chimiques. Cette technique repose sur l'application ciblée d'une chaleur intense pour éliminer les végétaux indésirables, minimisant ainsi l'impact sur le sol et la biodiversité environnante.
Le Désherbage Thermique : Principe et Fonctionnement
Le désherbage thermique est une technique récente et de plus en plus prisée, notamment par les jardiniers amateurs et les maraîchers bio. Il repose sur une idée simple : chauffer les plantes pour les détruire sans recourir à des produits chimiques et avec un effort maîtrisé. Le principe du désherbage thermique consiste à soumettre les mauvaises herbes à un choc thermique intense. L'appareil, souvent appelé brûle-herbe ou désherbeur thermique, libère une très haute température, généralement comprise entre 600°C et 1000°C.
Au contact de cette flamme ou de cette chaleur, les tissus végétaux des plantes éclatent. Cette action brutale endommage les cellules et provoque un dépérissement rapide du végétal. L'objectif n'est pas de carboniser la plante, mais de la chauffer suffisamment pour créer ce choc thermique. Un passage rapide de 1 à 2 secondes est généralement suffisant. Inutile d'insister jusqu'à ce qu'il ne reste qu'un tas de cendres, car une carbonisation partielle peut paradoxalement rendre la méthode moins efficace. En effet, si la plante est brûlée, les parties restées intactes peuvent cicatriser et repousser avec vigueur. En se contentant de "donner un coup de chaud", les tissus sont abîmés, ce qui affaiblit la plante. S'il s'agit d'une plantule, elle n'aura pas la force de repartir. Après quelques jours, les parties aériennes et même les racines des végétaux exposés à cette chaleur intense se dessèchent, entraînant la mort de la plante. Une destruction totale est souvent observée après environ trois jours si le désherbage est effectué dans les règles de l'art. L'effet est également effectif en profondeur, jusqu'à une bonne dizaine de centimètres sous terre.

Les Différents Types de Désherbeurs Thermiques : Gaz ou Électrique ?
Pour adopter cette méthode de désherbage écologique, les jardiniers ont le choix entre deux principaux types d'appareils : le désherbeur thermique électrique et le désherbeur thermique à gaz. Chacun possède ses propres caractéristiques, avantages et inconvénients, qui orienteront le choix en fonction des besoins spécifiques et de la surface à traiter.
Le Désherbeur Thermique Électrique
L'appareil électrique se branche simplement sur le secteur, offrant une grande facilité d'utilisation. Ses qualités principales incluent sa légèreté, son design ergonomique, sa maniabilité et son faible encombrement. Un avantage notable est son fonctionnement sans nécessité d'acheter des consommables, et il ne produit pas de flamme directe, ce qui peut rassurer certains utilisateurs. La chaleur diffusée par ces modèles est généralement de l'ordre de 625°C. Leur prix est souvent plus abordable, se situant entre 40 et 100 €. Le brûle-herbe électrique est particulièrement adapté aux petites surfaces à désherber, ce qui en fait un choix idéal pour les jardins de taille modérée. Cependant, il est impératif de ne pas l'utiliser par temps de pluie en raison des risques liés à l'électricité et de toujours lire attentivement le mode d'emploi avant toute utilisation.
Le Désherbeur Thermique à Gaz
Le brûle-herbe à gaz offre une plus grande autonomie, car il n'a pas besoin d'être branché sur le secteur, évitant ainsi la contrainte d'un fil électrique. Il doit être raccordé à une bouteille de gaz (butane ou propane, le butane produisant une flamme plus puissante), qui peut être transportée dans un sac à dos spécifique ou dans un chariot. La chaleur qu'il diffuse est supérieure, au moins égale à 900°C. Un atout majeur de ce type d'appareil est sa capacité à être utilisé par tous les temps, y compris les jours pluvieux, offrant une flexibilité accrue. Il est adapté au désherbage dans les allées, la pelouse, mais aussi dans les massifs et au potager. Avec un tel appareil, il est possible de sélectionner avec précision les végétaux à éradiquer. Le désherbeur thermique au gaz est particulièrement recommandé pour traiter un terrain de grande superficie, permettant au jardinier de gagner du temps en évitant le binage ou le sarclage. Le prix de ces modèles varie généralement entre 100 et 250 €. Pour des raisons de sécurité évidentes, il convient de prendre des précautions strictes : ne jamais l'approcher d'un matériel inflammable et s'assurer que la bouteille de gaz reste toujours en position verticale. La lecture complète de la notice d'utilisation est essentielle avant de mettre en service un brûle-herbe à gaz.

Le choix entre les deux modèles dépendra donc de la superficie des zones à désherber, du niveau de précision requis (surtout dans les potagers ou massifs), de son poids et de son budget. Le désherbage thermique, qu'il soit électrique ou à gaz, est une solution reconnue pour son efficacité et son caractère écologique, remplaçant avantageusement les produits chimiques toxiques pour la planète et la santé.
Applications Pratiques et Surfaces Adaptées
Le désherbage thermique est polyvalent et peut être utilisé sur divers types de surfaces, à l'exception de celles qui craignent la chaleur, comme les revêtements synthétiques ou les paillages, qui pourraient fondre ou brûler. Il est particulièrement adapté aux surfaces petites ou moyennes.Les zones où il excelle sont notamment les trottoirs, les caniveaux, les bas de murs (avec prudence pour éviter d'endommager certains matériaux), les allées, les dallages et les pavages. Dans ces environnements, où les mauvaises herbes s'incrustent souvent dans les interstices, la chaleur ciblée permet une élimination efficace sans perturber la structure du sol ou les matériaux environnants.
Sur des sols meubles, il est généralement préférable de privilégier un désherbage manuel ou mécanique, car le passage de la flamme pourrait avoir des effets indésirables sur la structure du sol et sur les micro-organismes. Dans les allées, au potager entre les rangs et dans les endroits difficiles d'accès, comme entre des pavés, le désherbage thermique se révèle très intéressant. Il permet de maîtriser sans se fatiguer les plantes qui gênent, et de maintenir les allées propres sans produit chimique. Il est également un allié pour stopper net les plantes qui menacent de monter en fleur et de former des myriades de graines, comme les chardons et les orties.
Désherbage thermique des artichauts - Démonstration
Efficacité du Désherbage Thermique Face aux Espèces Indésirables
L'efficacité du désherbage thermique n'est pas uniforme pour toutes les espèces végétales. Un point important à noter est que les mauvaises herbes n'ont pas toutes le même niveau de sensibilité à la chaleur.
Certaines espèces sont éliminées facilement, surtout si elles sont traitées au stade de plantule. C'est le cas par exemple de la pensée sauvage et de la renouée des oiseaux à ce stade, ainsi que du séneçon commun, du gaillet gratteron et du mouron des oiseaux jusqu'à 4 feuilles. Dans tous les cas, il est impératif d'agir avant l'apparition des graines, voire des fleurs, sous peine de voir une multitude de nouveaux individus repousser.
Cependant, d'autres espèces se montrent plus « récalcitrantes ». Les graminées, telles que le pâturin annuel et le chiendent, ainsi que les monocotylédones et les vivaces de manière générale, sont moins sensibles que les dicotylédones et les plantes annuelles. Il est possible de les éliminer en surface, mais ces plantes repousseront souvent à partir de leurs organes souterrains dans les jours suivant le désherbage thermique. En effet, il est difficile par cette méthode de se défaire des plantes à racines profondes, comme le pissenlit ou le chiendent. Les plantes à feuilles larges et enracinées peu profondément, comme le plantain, se maîtrisent plus facilement de cette manière.
Un effet paradoxal du désherbage thermique est son apport de chaleur au sol, qui peut induire la levée de dormance de graines s'y trouvant et ainsi faciliter leur germination. On peut donc constater une pousse importante et devoir multiplier les passages pendant les premières saisons pour parvenir à un épuisement progressif du stock de graines du sol. Cela nécessite une approche persévérante et plusieurs passages, espacés de quelques jours, pour venir à bout des plantes plus coriaces. Il arrive souvent que la chaleur aux alentours de la plante visée fasse germer des graines d'autres adventices, il suffit alors de faire un passage sur ces très jeunes plantes pour les éliminer.
Optimiser l'Utilisation du Désherbage Thermique : Conseils et Précautions
Pour garantir l'efficacité et la sécurité du désherbage thermique, il est essentiel de suivre certaines règles et recommandations.
Conditions d'Application Optimales
Le passage sur les plantes avec les désherbeurs thermiques doit être rapide (environ 1 à 2 secondes). Il est inutile d'insister jusqu'à la carbonisation, car c'est le choc thermique qui est recherché. Agir le plus tôt possible, idéalement au stade plantule, est une règle d'or pour maximiser l'efficacité. Les adventices jeunes sont en effet plus faciles à détruire. Évitez d'utiliser un désherbeur thermique sur des plantes humides (rosée, pluie), car cela demanderait beaucoup plus d'énergie pour que le passage soit efficace. Le désherbeur thermique électrique ne doit d'ailleurs pas être utilisé par temps de pluie.Pour une efficacité optimale, le désherbage thermique est utilisé lorsque la plante est jeune ; des adventices bien installées seront plus difficiles à détruire. Il faut éviter de "brûler" la plante, ce qui risquerait de provoquer un développement important en réaction à l'agression. Un bon coup de chaud suffit à endommager le végétal sans agression brutale.
Selon l'envahissement par les mauvaises herbes et la météo, il faut compter un à deux passages par mois en saison. Pour un résultat optimal, il est recommandé de procéder à un désherbage thermique au moins deux fois par an, au printemps et en automne, quel que soit le modèle de brûle-herbe que l'on possède. Plusieurs passages peuvent parfois être nécessaires, mais lorsque cette méthode est bien appliquée, le désherbage est définitif.
Règles de Sécurité Incontournables
Pour effectuer un désherbage à la flamme en toute sécurité, ne traitez pas par temps très sec et/ou venteux afin d'éviter les départs d'incendies. La prudence est de mise autour des pieds de haies si la végétation est sèche, des pneus de voiture, ou de tout autre matériel inflammable.
Il est également recommandé de porter des équipements de protection individuelle : des gants sont conseillés, car certaines parties du matériel peuvent devenir brûlantes. Des chaussures fermées et résistantes sont indispensables. Évitez de porter des habits en matières synthétiques, car elles peuvent fondre en cas de contact accidentel avec la chaleur intense. Si le bruit du désherbeur à gaz vous incommode, portez un casque ou des bouchons d'oreille. Enfin, la bouteille de gaz, si vous utilisez un modèle à gaz, doit toujours se trouver en position verticale pour des raisons de sécurité évidentes.

Impact Environnemental et Considérations Écologiques
Le désherbage thermique a le vent en poupe car il permet d'éliminer les adventices sans aucun produit chimique. C'est une solution moins impactante pour l'environnement que l'utilisation d'herbicides de synthèse. Cependant, il n'est pas entièrement neutre sur le plan écologique.
Un des inconvénients de cette méthode, particulièrement avec les désherbeurs à gaz, est la consommation de gaz. Le gaz étant une énergie fossile, sa combustion dégage une grande quantité de CO2 (gaz à effet de serre), surtout sur les modèles à plusieurs brûleurs. Il est donc indispensable de respecter les règles d'utilisation pour minimiser cette empreinte carbone, notamment en agissant au stade plantule et en ne carbonisant pas la plante.
Bien que le brûle-herbe à gaz rejette du CO2, et que le fonctionnement d'un désherbeur thermique électrique implique la consommation d'énergie produite par des centrales électriques, ces solutions sont généralement considérées comme très intéressantes pour moins impacter la planète comparativement aux produits traitants chimiques. Ces derniers sont toxiques pour la santé humaine et animale, se déversent dans les cours d'eau, les nappes phréatiques et se retrouvent dans les légumes et l'atmosphère.
Un autre effet à prendre en compte est que le passage de la flamme sur le sol peut avoir des effets indésirables sur la biodiversité. La chaleur peut blesser des animaux utiles rampant sur le sol, tels que les carabes, les perce-oreilles et les cloportes. Cela renforce l'importance d'un passage rapide et ciblé, sans insister inutilement.
Alternatives et Stratégies Complémentaires au Désherbage Thermique
L'utilisation de désherbants à haute température n'est qu'une des nombreuses stratégies pour gérer les plantes indésirables. Un jardinage responsable intègre souvent une combinaison de méthodes douces et écologiques, en complément ou en alternative au désherbage thermique.
Le Désherbage Manuel : L'Approche Traditionnelle
Le désherbage manuel reste une méthode fondamentale et écologique. Un désherbage efficace est un désherbage effectué au bon moment. Il est important d'éliminer les herbes indésirables avant qu'elles ne montent à graines, pour éviter une prolifération. Certaines adventices, comme le chiendent, le liseron ou la ronce, sont efficacement éliminées si elles sont arrachées au printemps. À cette période, le sol est normalement humide et les plantes jeunes, ce qui facilite la tâche et l'extraction complète de leur système racinaire. L'automne est également une bonne période pour désherber, surtout dans les régions à hivers doux ou en cas de sol compact, qui reste tiède plus longtemps, ce qui aide à éviter le développement des indésirables pendant la mauvaise saison.
Des outils adaptés sont essentiels : le couteau à désherber et la gouge sont efficaces pour les orties, les pissenlits ou le trèfle. Une fourche-bêche est utile pour venir à bout du chiendent avec ses racines traçantes et cassantes. Pour les espaces nus, le sarcloir et la binette permettent d'aller plus vite.Il est important de noter qu'il n'y a aucun désherbant définitif pour les ronces ; seul un désherbage manuel et régulier peut en venir à bout. Cette plante ligneuse, rapidement pourvue d'épines, se développe très vite, possède une profonde racine pivotante et se marcotte seule. Il faut la couper à ras, voire profondément si possible, dès l'apparition d'une pousse, et y revenir très régulièrement pour permettre aux plantations environnantes de prendre sa place.Une fois arrachées, les plantes indésirables peuvent être utilisées comme paillage (si elles ne sont pas montées à graines) ou compostées.

Les Désherbants de Biocontrôle : La Nature au Service du Jardinier
Depuis le 1er janvier 2019, la loi Labbé interdit la vente des pesticides de synthèse aux particuliers, ouvrant la voie aux produits de biocontrôle. Ces désherbants sont composés de substances naturelles et sont reconnaissables par la mention "EAJ" (Emploi Autorisé dans les Jardins).
Ils sont formulés à base d'acides gras végétaux tels que :
- L'acide pélargonique, issu notamment des géraniums de balcon (pélargoniums), mais aussi du tournesol, du colza ou du rosier.
- L'acide caprique, que l'on trouve dans le lait de chèvre et le lait de coco.
- L'acide caprylique, également présent dans l'huile de coco et l'huile de palme (ainsi que dans le lait maternel).
- L'acide acétique, produit de la fermentation naturelle de sucres (fruits ou amidon de maïs).
Ces produits sont disponibles en pulvérisateurs prêts à l'emploi ou sous forme concentrée à diluer, cette dernière étant plus économique pour de grandes surfaces.L'acide acétique, par exemple, agit par une action corrosive due à son pH très bas. Il détruit la membrane protectrice présente sur les feuilles et toutes les parties aériennes, provoquant la déshydratation rapide des tissus de la plante et l'incapacité de poursuivre la photosynthèse. Malgré son agressivité, il se dégrade totalement dans le sol en molécules d'eau et d'oxygène, le rendant inoffensif aux doses recommandées.
Pour une bonne efficacité, ces produits de contact doivent être appliqués au printemps, voire au début de l'été, sur des végétaux encore jeunes (moins de 2 semaines idéalement) et plus fragiles. Les adventices annuelles sont plus faciles à éradiquer que les vivaces, qui nécessitent généralement plusieurs passages. Il est possible, pour les plus résistantes, d'injecter l'acide acétique dans le sol sec, au milieu du collet des plantes, pour atteindre les racines.Les acides gras agissent de manière similaire, détruisant l'enveloppe protectrice et les membranes cellulaires, entraînant le dessèchement des tissus.Les conditions d'application sont cruciales : temps doux (10 à 15°C minimum), ensoleillé et sans vent, sur des plantes sèches. La pluie diluerait le produit, réduisant son efficacité. Une température élevée et un temps sec (provoquant un stress hydrique de la plante) augmentent l'efficacité. Il est recommandé de bien tremper toutes les parties de la plante. Ces produits ciblent les plantes à larges feuilles et les graminées, bien que les pissenlits semblent y résister. L'application est souvent recommandée deux fois par an maximum.
Précautions d'usage pour les désherbants de biocontrôle : Bien que naturels, ces produits sont corrosifs. Il est fortement conseillé de porter des gants, des lunettes et des manches et jambes longues lors de l'application. Ne pas utiliser à proximité d'un point d'eau et ne pas rincer le contenant. Interdisez l'accès aux zones traitées aux enfants et aux animaux domestiques jusqu'à séchage complet (environ 6 heures). Évitez l'application d'acide pélargonique durant la floraison pour protéger les abeilles.
Stratégies Préventives et de Couverture du Sol
La prévention est une pierre angulaire du désherbage écologique. Un sol laissé nu est une invitation aux plantes indésirables.
- Le paillage : Cette technique consiste à couvrir le sol entre les plantations. Le paillis, s'il est suffisamment épais (minimum 15 cm) et dense, empêche les adventices de pousser en les privant de lumière. Il aide aussi à garder le sol meuble, rendant les rares indésirables plus faciles à arracher. Les matériaux sont variés : paille, écorces, coques de cacao, compost, déchets verts, paillettes de lin. Des toiles biodégradables peuvent être utilisées au potager.
- Le bâchage du sol : Pour un désherbage total sur une zone étendue, une bâche, des cartons ou des tapis peuvent être étalés pendant plusieurs mois. La zone sera ensuite nue, meuble et pleine de vie.
- Les engrais verts : Planter des engrais verts (moutarde, trèfle, phacélie, luzerne) dès qu'une surface est libre empêche les indésirables de l'envahir. Une fois adultes, ils sont fauchés pour fournir du paillage nourrissant, et leurs racines enrichissent le sol.
- Les plantes couvre-sol : Dans les massifs, utiliser des géraniums vivaces, santolines, lamiums, genévriers, saxifrages, sedums, lierres, etc., permet d'occuper l'espace et de limiter la pousse des adventices.
- La tonte haute du gazon : Ne pas tondre le gazon trop court favorise une concurrence importante entre les graminées et les adventices, ce qui limite le développement de ces dernières.
- L'allélopathie : Certains végétaux, comme le ciste ou le phlomis, émettent des substances qui inhibent la germination d'autres graines, aidant à contrôler les adventices dans les plates-bandes.
Le Faux-Semis : Une Méthode Astucieuse
Le faux-semis est une technique couramment employée au printemps. Il s'agit de travailler légèrement la terre pour activer les graines des adventices en les exposant à l'air et à la lumière, provoquant ainsi leur germination rapide. Une fois les plantules levées, il suffit de passer le sarcloir sur la surface pour les éliminer avant de réaliser les cultures souhaitées.
Comprendre les Herbicides Chimiques : Mécanismes et Conditions d'Application (pour information)
Bien que l'accent soit mis sur les méthodes écologiques, il est pertinent de comprendre les mécanismes d'action des herbicides chimiques pour saisir les distinctions et les raisons des choix en matière de désherbage. Les informations suivantes sont présentées à titre explicatif des principes actifs et de leurs conditions d'application, sans promotion de leur usage par les particuliers en France.
Herbicides Systémiques (comme le glyphosate)
Les herbicides systémiques, une fois sur la feuille, pénètrent et migrent dans la plante, se déplaçant jusqu'aux racines et aux points de croissance. Pour que ce type de produit soit efficace, il faut réunir des conditions favorables à une pénétration rapide et massive à travers la cuticule des plantes. Ces conditions incluent une forte hygrométrie (supérieure à 60-70%, idéalement 90%), des températures clémentes (entre 5 et 25°C), et un sol humide. Des études ont montré qu'une partie des herbicides systémiques (tels les inhibiteurs de l'ALS) peut être absorbée par le système racinaire, rendant préférable l'application sur sol frais (humide) avec de bonnes températures et hygrométrie. La mobilité de ces matières actives dans la plante confère une plus grande indépendance vis-à-vis de la qualité de pulvérisation. Il est ainsi possible d'utiliser des buses peu sensibles à la dérive (injection d'air) et de réduire le volume de bouillie sans affecter l'efficacité, des essais ayant montré aucune baisse significative d'efficacité pour des volumes allant jusqu'à 50 l/ha, dans des conditions climatiques très favorables.
Conditions optimales d'intervention pour le glyphosate :
- Hygrométrie : Supérieure à 70% (facteur prépondérant, améliorée si à 90%), possible sur faible rosée.
- Température : Entre 15 et 25°C. Il vaut mieux éviter les températures descendantes, notamment les futures gelées prévisibles, ou par vent nord-est/temps poussant.
- Délai avant la pluie : De 1 à 6 heures, variable selon les spécialités.
- Sol : Éviter les stress hydriques et préférer les applications sur sols humides. Éviter les applications sur sols froids (sur les adventices vivaces, la température du sol influence l'efficacité du traitement).
- Moment de la journée : Pour les traitements sur chaumes, étant donné la faible hygrométrie et les températures élevées du mois d'août, il est préférable d'effectuer les traitements le matin pour profiter de la rosée.
- Délai avant le travail du sol : Respecter les délais prévus par la réglementation.Le glyphosate pénètre dans la plante par absorption foliaire, plus ou moins rapidement selon la physiologie de la plante (annuelle - 1 jour ou vivace - 7 jours). Les expérimentations ont montré que l'efficacité du glyphosate est améliorée avec une baisse des volumes de bouillie, car plus concentré, il pénètre mieux dans la plante.
Désherbage thermique des artichauts - Démonstration
Influence de la dureté de l'eau : Le glyphosate est particulièrement sensible à la dureté de l'eau (présence d'ions calcium Ca++, ferreux Fe++, magnésium Mg++). Les ions calcium inactivent les molécules de glyphosate, nuisant à l'efficacité. Le sulfate d'ammonium a un rôle de correcteur d'eau en plus de son rôle d'humectant : 100g neutralisent 100 ppm de calcium dans 100 l d'eau. Il piège les ions calcium, limitant leur effet. L'utilisation de sulfate d'ammonium autorisé comme engrais est proscrite pour cette correction ; il convient d'utiliser des adjuvants formulés à base de sulfate d'ammonium (dose usuelle 1 L/ha). Le sulfate de magnésie (EPSOTOP) n'a aucune action sur la dureté de l'eau et peut même ajouter des ions de dureté.pH de l'eau : La dureté de l'eau et le pH sont deux notions différentes et indépendantes. Le pH de l'eau n'a pas d'influence sur l'efficacité d'une formulation de glyphosate. Bien que ce dernier soit un acide faible, les produits formulés réagissent mal à l'acidification avec des pertes d'efficacité potentiellement considérables. Il peut être dangereux d'apporter des solutions acides pour faire baisser le pH de la bouillie, seules quelques études ayant montré une efficacité de la baisse du pH sur l'efficacité d'un glyphosate.
Adjuvants adaptés : L'ajout d'adjuvants permet d'améliorer et de régulariser l'efficacité du glyphosate, surtout à faible dose et à faible volume.
- Huile végétale : Facilite la pénétration des substances actives. Cependant, le glyphosate pénétrant par voies hydrophiles, l'huile ne présente qu'un faible intérêt (amélioration < 10%). Elle peut être intéressante pour les graminées peu mouillables (ray grass ou vulpin) à une dose de 0,5 L/ha.
- Mouillants / étalants : Ces adjuvants étalent les gouttes et améliorent leur accroche sur le feuillage. Leur efficacité dépend du trio plante/adjuvant/formulation. Pour être homologués, ils doivent posséder des fonctions spécifiques (selon le règlement (CE) n°1107/2009). Sur des plantes "mouillables", leur utilisation n'est pas toujours justifiée.
Herbicides de Contact
Ces produits sont très peu mobiles dans les plantes et agissent "là où ils tombent". Plus la cible est couverte, meilleure est l'efficacité du traitement. La qualité de pulvérisation est un facteur majeur. Une pulvérisation grossière (grosses gouttes) à un volume/ha trop faible peut considérablement affecter l'efficacité. Il ne faut donc pas cumuler les risques. L'utilisation de buses à injection d'air est possible à condition qu'elle ne soit pas accompagnée d'une application à des volumes trop faibles (inférieurs à 80 l/ha) et/ou en situation de réduction de dose.
Herbicides Racinaire
L'efficacité des herbicides qui agissent au niveau des racines ou qui y pénètrent n'est pas dépendante de la qualité de pulvérisation. Une fois à terre, les substances actives migrent dans l'eau du sol pour rejoindre les racines des plantes cibles. Il est cependant nécessaire de pulvériser ces produits sur un sol frais (humide) pour permettre la circulation du produit jusqu'aux racines et garantir l'efficacité. L'efficacité des produits racinaires est également dépendante des quantités d'argile et de matière organique présentes dans le sol ; plus ces teneurs sont élevées, plus les molécules d'herbicides sont retenues par le sol. La principale contrainte lors de l'application de ces produits est la lutte contre la dérive.
Meilleur moment de la journée pour traiter (généralités)
En pulvérisation, l'hygrométrie est un facteur clé. Il faut viser l'hygrométrie maximale (>70%), souvent présente le matin et le soir, pour limiter les pertes de produit par volatilisation.
- Produits racinaires ou de contact : L'hygrométrie de l'air n'affecte pas directement leur efficacité. Ils peuvent être appliqués le matin ou le soir. Le matin est souvent préférable car le vent est généralement moins présent.
- Produits systémiques : L'hygrométrie est très importante. Ils doivent pénétrer la plante en traversant la cuticule des feuilles. Cela se produit lorsque la cuticule est dilatée, dans des conditions "poussantes" (forte hygrométrie et températures douces, entre 6-7°C et 25°C post-application). En sortie d'hiver, ces conditions peuvent être réunies toute la journée. En mai et juin, l'hygrométrie est souvent bonne le matin et le soir, mais en soirée, la plante est sous stress thermique. Il est donc recommandé d'appliquer les produits systémiques en fin de nuit ou en matinée à cette période de l'année. Certains adjuvants, comme ceux à base de sulfate d'ammonium, limitent la dessiccation des gouttes et peuvent être utiles les années sèches.
Favoriser la Biodiversité
Pour une approche globale, il est judicieux de garder une zone de son jardin garnie de plantes spontanées. Elles abritent et nourrissent de nombreux auxiliaires du jardin, contribuant à un écosystème équilibré. L'ortie, bien que parfois envahissante, peut être valorisée pour composer un précieux purin ou un paillage riche en azote.
En combinant ces différentes méthodes, le jardinier peut gérer efficacement les plantes indésirables tout en respectant l'environnement et en favorisant la biodiversité. Le désherbage, souvent perçu comme une corvée, devient alors une composante d'un jardinage réfléchi et durable.
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