À chaque début de printemps, c'est la même routine pour lutter contre les mauvaises herbes : désherber. Quel que soit le besoin, c'est devenu un outil très prisé par les petits comme grands jardiniers. Entretenir son jardin n’est pas de tout repos et demande un certain savoir-faire. Quand il est question de désherbage notamment, plusieurs solutions s’offrent aux amoureux de la nature : désherbants chimiques, naturels ou encore, désherbants thermiques.

Le principe fondamental : Le choc thermique
Un désherbeur thermique utilise une technique relativement simple. Il applique une forte chaleur aux mauvaises herbes afin de les tuer et cela sans utiliser de produits chimiques. Le désherbage thermique consiste à soumettre les mauvaises herbes à un choc thermique puisque le désherbeur libère une très haute température (au minimum de 600°C) sous laquelle les cellules des plantes éclatent.
À l’aide d’une cartouche de gaz, ou d’un tuyau raccordé au gaz pour certains, et d’un dispositif de générateur de flamme, il chauffe les adventices, autrement appelées « mauvaises herbes ». Le désherbeur thermique au gaz est tout simplement un chalumeau qui permet de dégager une très forte chaleur qui crée un choc thermique qui se propage jusqu’à la racine de la plante.
Il est important de souligner une erreur commune : cette technique est bien souvent mal utilisée car il paraît logique que les plantes doivent être carbonisées pour que cela fonctionne. De fait, un simple coup de chaud est suffisant (maximum quelques secondes à environ 10 cm de la plante) pour faire éclater les cellules végétales des feuilles. Bruler la plante est même contreproductif car les parties non touchées cicatriseront et elle repartira de plus belle. Le but du coup de chaud est d’épuiser les réserves de la racine qui doit à chaque fois recréer de nouvelles feuilles, c’est pourquoi la technique est beaucoup plus efficace sur des jeunes plantes.
Les différents types d'appareils de désherbage thermique
Il existe une multitude de modles, et cela quel que soit votre besoin et votre utilisation. On ne parle pas d’un mais de plusieurs désherbeurs thermiques. À flamme, infrarouge à vapeur ou à eau chaude, peu importe le modèle choisi, le principe est le même.
Le désherbeur thermique électrique
Le désherbeur électrique fait partie des désherbeurs thermiques. Tout comme lui, il émet une forte source de chaleur afin de tuer les adventices sans utiliser de produits chimiques. Il crée un « choc thermique », sans produire de flammes, pour éclater les cellules végétales qui se dessécheront et mourront dans les 2 à 3 jours suivants. Au contraire d’un désherbeur thermique, il n’est pas équipé d’une cartouche de gaz mais d’un module de chauffe, mis en route silencieusement après branchement de l’appareil sur une prise électrique. La chaleur diffusée sera ainsi moins intense que celle produite par du gaz et le traitement plus long.
Le brûle-herbe électrique est particulièrement adapté aux petites surfaces à désherber. C’est donc l’appareil de désherbage thermique à adopter si l’on possède un jardin de taille modérée. On apprécie sa légèreté, son design ergonomique, sa maniabilité, son faible encombrement, un fonctionnement sans qu’il soit nécessaire d’acheter de consommables, le fait qu’il ne produise pas de flamme, la chaleur diffusée de l’ordre de 625°C, et son prix abordable.
Le désherbeur thermique à gaz
Dans les rayons de votre magasin de bricolage, ce sont les modèles qui fonctionnent avec une bouteille de gaz que vous trouverez le plus facilement. Les petites bonbonnes de 6 kilos ayant une autonomie de plusieurs heures, elles s’avèrent pratiques pour les grandes surfaces à traiter. Le brûle-herbe à gaz présente les particularités suivantes : nul besoin de le brancher sur le secteur, doit être raccordé à une bouteille de gaz, la bouteille de gaz peut être transportée dans un sac à dos spécifique ou dans un chariot.
Il fonctionne soit avec du butane, soit avec du propane, mais il faut savoir que le butane produit une flamme plus puissante. La chaleur qu’il diffuse est au moins égale à 900°C. Il peut être utilisé par tous les temps, ce qui inclut les jours pluyieux. Le désherbeur thermique au gaz est particulièrement recommandé pour traiter un terrain de grande superficie.

Efficacité et limites selon la nature des adventices
L’efficacité d’un désherbeur ne dépend pas à son poids, ou la taille de son réservoir pour ceux à pulvérisations, mais à l’utilisation que vous souhaitez en faire. On ne peut apprécier toute l’efficience d’un désherbeur thermique que si les adventices sont exposées à la chaleur diffusée par l’appareil pendant seulement quelques secondes. De cette façon, leurs cellules éclatent.
Par logique, le désherbage thermique est très efficace sur les plantules d’adventices encore jeunes. Les grosses mauvaises herbes auxquelles on a laissé le temps de bien se développer sont très coriaces. Cela nécessite plusieurs séances de désherbage thermique, espacées les unes des autres de quelques jours, mais ces coups de chaud successifs finissent par en venir à bout.
Certaines espèces sont éliminées facilement : pensée sauvage et renouée des oiseaux (au stade plantule), séneçon commun, gaillet gratteron et mouron des oiseaux (stade plantule jusqu’à 4 feuilles). Parmi les espèces « récalcitrantes » : les graminées (pâturin annuel, chiendent…) et de manière générale les monocotylédones et vivaces sont moins sensibles que les dicotylédones et les plantes annuelles. Il est possible de les éliminer en surface mais ces plantes reprendront à partir de leurs organes souterrains dans les jours suivant le désherbage.
Il est également possible qu’après le premier passage, la quantité de plantes qui poussent augmente considérablement. Ce phénomène est dû à la sortie de dormance des graines présentes dans le sol, à cause du réchauffement provoqué par le désherbeur thermique. On peut donc constater une pousse importante et devoir multiplier les passages pendant les premières saisons pour parvenir à un épuisement progressif du stock de graines du sol.
Critères de choix et conseils d'utilisation
L’objectif est de trouver l’outil qui correspond à votre utilisation et à vos besoins. Par exemple, en fonction de la surface à traiter, certains modèles seront plus recommandés que d’autres. Les principaux critères de choix d’un désherbeur thermique à prendre en considération sont donc les suivants : son mode de fonctionnement (électrique ou à gaz), la surface à désherber, son niveau de précision, son poids, son prix.
Quelles sont les différentes techniques de désherbage pour votre jardin ? - Truffaut
Pour un résultat optimum, il est recommandé de procéder à un désherbage thermique au moins deux fois par an, au printemps et en automne quel que soit le modèle de brûle-herbe que l’on possède. Au début du printemps, il faudra être réactif et effectuer un premier passage dès les premiers signes de la croissance des plantes.
Il est important de garder à l’esprit qu’une utilisation avec câble permet d’avoir une plus longue autonomie. Étant constamment branché au courant, vous n’aurez ainsi pas à vous soucier de le charger entre chaque utilisation. Néanmoins, vous aurez une moins grande amplitude de mouvement lorsque vous l’utiliserez. Utiliser un outil adapté à nos conditions de travail est essentiel pour une bonne prise en main. Pour cela, peu importe le désherbeur choisi, il faut s’assurer que les modèles les plus lourds comportent deux manches ou deux bretelles de portage réglables.
Sécurité et impact environnemental
Pour des raisons de sécurité évidentes, on ne doit jamais l’approcher d’un matériel inflammable et la bouteille de gaz doit toujours se trouver en position verticale. Enfin, pour effectuer un désherbage à la flamme en toute sécurité, ne traitez pas par temps très sec et/ou venteux pour éviter des départs d’incendies. Évitez les pieds de haies si la végétation est sèche, les pneus de voiture, etc.
Il est également recommandé de porter des gants car certaines parties du matériel peuvent être brûlantes, ainsi que des chaussures fermées et résistantes. Évitez de porter des habits en matières synthétiques et, si le bruit vous incommode, portez un casque ou des bouchons d’oreille.
Du point de vue écologique, le désherbeur thermique ne craint aucune concurrence. La chaleur intense qu’il dégage fait éclater les cellules de la partie de la plante en surface jusque dans la racine. Privée de sa capacité de photosynthèse, la plante se dessèche progressivement, et sa racine meurt elle aussi. Parmi les solutions les moins dangereuses pour l’environnement, le désherbeur thermique mérite bien sûr sa bonne réputation. Il remplace parfaitement les produits chimiques si toxiques pour la planète et la santé humaine et animale, sachant qu’ils se déversent dans les cours d’eau, les nappes phréatiques et se retrouvent dans les légumes du jardin comme dans l’atmosphère.
Le désherbage thermique au gaz dégage pendant sa combustion une petite quantité de CO2 dans l’air. C’est pourquoi il est essentiel de l’utiliser avec modération si l’on souhaite limiter son empreinte carbone. Pour un particulier, quelques utilisations par an suffisent généralement pour un entretien courant.

Pourquoi confier cette tâche à des professionnels
Même si le désherbage thermique offre une grande simplicité d’utilisation, il peut être judicieux d’en confier la réalisation à un jardinier professionnel, pour plusieurs raisons. Tout d’abord, le maniement du désherbeur thermique requiert un savoir-faire. Pour optimiser les résultats, il est essentiel de bien doser la chaleur en fonction du type de mauvaises herbes, et de surveiller avec attention la propagation des flammes. Un professionnel saura parfaitement adapter la technique en fonction des végétaux indésirables à éliminer.
De plus, le désherbage thermique peut s’avérer physiquement éprouvant sur de grandes surfaces. Entre la manutention de l’appareil, les postures inconfortables et les déplacements incessants, mieux vaut parfois laisser faire un spécialiste habitué à ce genre d’efforts. Enfin, le risque d’incendie, même minime avec un bon maniement de l’appareil, reste présent. Le confier à un jardinier professionnel aguerri vous permettra de vous prémunir contre ce danger.
En somme, le désherbage thermique représente une avancée majeure dans la gestion écologique des espaces extérieurs. Bien qu'il demande une technique précise et une vigilance accrue face aux risques d'incendie, son efficacité sur les jeunes plantules et son absence totale de résidus chimiques en font un allié précieux pour tout jardinier soucieux de préserver la biodiversité de son terrain. La clé du succès réside dans la régularité et la maîtrise du geste : un coup de chaleur bref, répété au besoin, pour un jardin propre sans compromettre la santé des sols.
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