
Le pavé, qu'il s'agisse d'une entrée de garage, d'un trottoir ou d'un patio, confère un charme certain à nos extérieurs. Cependant, ces surfaces sont souvent la cible de plantes indésirables, un phénomène bien connu des particuliers et des collectivités. L'apparition de mousse et de mauvaises herbes entre les joints est un fléau qui exige un entretien particulier pour préserver l’esthétique et l’intégrité des pavés tout en empêchant la prolifération des adventices. Le nettoyage régulier de ces surfaces exige non seulement du temps, mais aussi de l'énergie et l'utilisation de bonnes pratiques pour ne pas dégrader le revêtement. Fort de plus de 500 projets livrés en France par Purple Alternative Surface, il est constaté quotidiennement que l'entretien des sols extérieurs est une préoccupation majeure.
Comprendre l'apparition des mauvaises herbes entre les pavés
Avant de déclarer la guerre à cette verdure indésirable, il est essentiel de comprendre pourquoi elle apparaît. Le phénomène de l’herbe entre les pavés n'est pas un hasard, mais le résultat de plusieurs facteurs environnementaux. Les revêtements classiques juxtaposés nécessitent un espace entre chaque bloc, généralement comblé par du sable fin. Même si vos pavés sont posés sur un lit de sable ou de gravier compacté, il y a toujours des minuscules particules de terre et de matière organique qui s’accumulent dans les joints. Ce mélange, couplé à l'humidité stagnante, crée un terreau extrêmement fertile.
L’humidité est le principal allié des herbes folles. Après des périodes de pluie, les joints entre les pavés restent humides plus longtemps, favorisant la croissance rapide des végétaux. Les graines d’herbes et de mauvaises herbes sont partout. Elles sont transportées par le vent, les oiseaux, et même accrochées à nos chaussures. Dès les premiers redoux printaniers, ces graines germent et leurs racines s'infiltrent profondément dans le lit de pose.
La vitesse de prolifération dépend grandement de la qualité de la mise en œuvre initiale. Un lit de pose mal compacté ou l'absence d'un feutre géotextile adéquat sous la couche de forme accélère considérablement le processus d'enherbement. Si les joints sont vides ou peu garnis, l’herbe aura plus de facilité à s’y développer. Une prolifération excessive peut soulever les pavés, rendant la surface irrégulière et dangereuse, sans compter l’aspect négligé que cela peut donner.
Les mauvaises herbes les plus fréquentes
L’apparition de mauvaises herbes dans le gravier, entre les pavés et dalles, et sur d’autres revêtements est un phénomène fréquent. Les joints ou les interstices entre les pierres sont l’endroit idéal pour la germination des semences de mauvaises herbes transportées par le vent. Les mauvaises herbes sont des plantes robustes qui n’ont pas besoin de beaucoup d’espace pour pousser. Retenez que plus vos dalles sont grandes, moins vous avez de joints où les semences de mauvaises herbes iront se nicher et germer. Voici quelques espèces fréquemment observées sur les terrasses, dans les allées et sur les trottoirs :
- Le plantain
- Le pissenlit
- La prêle des champs
- La renouée des oiseaux
- Le pâturin annuel
- Les chardons
- La mousse
Désherbage manuel : La précision à portée de main

Intervenez de préférence au printemps lorsque les adventices sont encore jeunes et faciles à supprimer, dans un sol frais. Le désherbage manuel reste la solution la plus simple, la plus souple et la plus facile à mettre en place dès que vous avez quelques instants à consacrer à cette tâche, histoire de sortir et de prendre l'air. Armez-vous d’un couteau désherbeur, d’une brosse métallique ou d’un outil spécialement conçu pour les joints. Cette méthode est efficace pour les petites surfaces et demande une certaine régularité. L'utilisation d'un couteau émousseur (ou grattoir à joints) permet d'extraire la plante avec sa racine, retardant ainsi sa repousse. Veillez à pénétrer profondément dans le sol afin d’arracher la totalité de la racine. Vous empêcherez ainsi les plantes indésirables de repousser.
Selon les cas, vous pouvez vous aider de quelques outils manuels comme un couteau désherbeur, une gouge d'asperge, un grattoir à manche doté d'une lame pour racler et d'une pointe pour gratter entre les pavés et les dalles. Si vous voulez vous débarrasser des mauvaises herbes dans le gravier, les cailloux ou les pierres, munissez-vous d’un râteau pour déplacer les cailloux et arracher les mauvaises herbes. Utilisez éventuellement un désherbeur afin de toujours déterrer toute la racine.
Comment utiliser le désherbeur manuel Xact™ Fiskars?
Désherbage thermique : La puissance de la chaleur
Le désherbage thermique est une autre alternative plébiscitée. Il diffuse une source de chaleur intense sur les mauvaises herbes, ce qui va détruire leurs cellules et faire sécher les plantes rapidement. Qu'il fonctionne au gaz ou à l'électricité, le désherbeur thermique crée un choc thermique (environ 600°C) qui fait éclater les cellules végétales. La plante se dessèche et meurt dans les jours qui suivent. C’est une méthode rapide et efficace, mais attention à ne pas endommager les pavés sensibles à la chaleur. Le choc thermique (jusqu'à 600°C) n'altère généralement pas le béton ou la pierre s'il est utilisé de manière furtive (quelques secondes par plante).
Pour les plus résistantes comme le chiendent au système racinaire rhizomateux particulièrement puissant ou le pissenlit aux racines pivot, il faudra insister avec plusieurs passages à quelques jours d'intervalle. L'intérêt de ce désherbeur thermique permet d'agir sans nuisance environnementale puisqu'aucun produit - chimique ou non - n'est déversé.
Une petite torche au propane, que l'on trouve dans les grandes quincailleries ou en ligne pour un prix variant de 60 à 85$, est une option pratique. Cela ressemble à une canne : il suffit d’y fixer une petite bonbonne de propane de camping qui va durer probablement tout l’été, en fonction de la superficie à traiter évidemment. Ce n’est pas fatigant, car il ne faut pas se pencher même pour l’allumer. La plupart des modèles sont équipés d’un briquet intégré. C’est toujours prêt à l’emploi et c’est même une activité assez zen.
Il existe également des équipements de désherbage professionnels à la vapeur. Par exemple, en 2022, la Ville de Salaberry-de-Valleyfield a fait l’acquisition d’un appareil de désherbage thermique pour éliminer les herbes qui poussent entre les pavés et les bords de rue. Cet appareil permet au Service des travaux publics d’améliorer l’efficacité des opérations de désherbage sur la chaussée et les trottoirs.
L'eau bouillante est une méthode simple et efficace. Verser de l’eau bouillante directement sur l’herbe est un moyen rapide de la tuer. Cette technique permet de détruire la plante jusqu’à la racine, mais attention à vos doigts de pieds ! J’avoue que la torche au propane me semble plus sécuritaire et toujours prête à l'emploi. L’eau bouillante qui a servi à faire cuire vos pommes de terre, en plus d'être salée, contient de l'amidon, ce qui va combiner des effets délétères pour les pousses herbacées, mais il s'agit surtout de la forte température. Quelle plante peut résister à une douche d'eau frôlant les 100°C ? En guise de désherbant naturel pour votre terrasse et vos autres revêtements, versez plutôt à plusieurs reprises de l’eau bouillante sur les dalles ou les pavés.
Herbicides naturels et produits à faible impact : Utiliser la chimie avec discernement
Aujourd'hui, l'usage de produits phytosanitaires chimiques est strictement encadré, voire interdit dans de nombreuses situations, notamment pour les collectivités locales et les particuliers. Le glyphosate, le célèbre herbicide, ne peut plus être vendu depuis le 1er janvier 2019, date à partir de laquelle la vente de pesticides de synthèse, produits phytopharmaceutiques, aux particuliers est interdite. Déjà en 2017, Marie-Monique Robin développait amplement la situation dans son livre et documentaire : Le Roundup face à ses juges. Plus récemment, un rapport de 2021 de l’INSERM (Institut national de la santé et de recherche scientifique en France) confirmait le risque accru de lymphome non hodgkinien. Le rapport pointait aussi la génotoxicité du glyphosate : c’est-à-dire une substance capable d’entraîner un dysfonctionnement du génome et de l’ADN.
Heureusement, il existe des herbicides à faible impact sur le marché. Ces produits ne détruisent que la partie aérienne de la plante et non la racine, contrairement au glyphosate. Ils sont plus efficaces sur les jeunes pousses de plantes annuelles qui n’ont pas de réserves au niveau des racines et qui ont donc moins de chances de repousser.
Les mélanges d’acides gras naturels
Des mélanges d’acides gras naturels (capriques et pélargoniques) sont utilisés pour faire fondre la couche cireuse qui protège le feuillage de la déshydratation. Edith Smeesters, biologiste et pionnière en horticulture écologique au Québec, a œuvré pour la création d’un Code de gestion des pesticides au Québec en vigueur depuis 2003, soulignant l'importance des alternatives écologiques.
Les savons herbicides
Des savons herbicides contiennent des sels de potassium d’acides gras. Ils peuvent servir à contrôler les mousses et les lichens sur les toitures, les charpentes de bois, les trottoirs et les clôtures.
L’acide acétique et le vinaigre blanc
L’acide acétique est l’ingrédient qu’on retrouve sous forme diluée (5%) dans le vinaigre domestique. Les herbicides commerciaux contiennent au moins 10% d’acide acétique et sont donc plus efficaces. Le vinaigre blanc s'invite aussi au jardin, souvent associé au gros sel dans une recette maison de désherbant 100% naturel. Le vinaigre va brûler et anéantir les parties de feuillage touchées mais pas les racines, donc son action reste limitée. En outre, en été et en automne, lorsque les mauvaises herbes ont atteint une certaine maturité les rendant suffisamment solides, l'action du vinaigre est faible.
Mélangé avec de l’eau (environ 50/50) et un peu de liquide vaisselle pour une meilleure adhérence, le vinaigre blanc peut être pulvérisé directement sur l’herbe. Il agit comme un désherbant naturel, mais son effet est temporaire et il faudra répéter l’opération régulièrement. Cependant, une erreur dramatique sur le plan écologique est l'utilisation de vinaigre blanc hautement concentré. Ces substances s'infiltrent directement dans les nappes phréatiques, détruisent la biodiversité des sols et peuvent attaquer chimiquement la surface du béton, le rendant poreux et friable.
Les services marketing des industries chimiques fabricant ces produits phytosanitaires ont réussi à trouver la parade en vendant des "herbicides naturels" à base soit d'acide acétique très concentré, qui est aussi le composé du vinaigre ménager, soit d'acide pélargonique, qui est d'origine synthétique bien qu'il tire son nom de la substance active présente dans le Pelargonium. Pour le second, l'acide pélargonique, prudence est de mise puisqu'il n’est pas autorisé en agriculture biologique à cause de ses effets toxiques sur l'environnement. En effet, l'acide pélargonique qui brûle les adventices sur lesquelles il est pulvérisé se montre particulièrement corrosif pour l'utilisateur qui doit porter des lunettes de protection et ne pas le respirer pour protéger ses voies respiratoires. Quant aux insectes pollinisateurs qui se risqueront sur les végétaux traités récemment, ils subiront la toxicité du produit, tout comme la faune vivant en surface ou dans la couche superficielle du sol. Lorsqu'il migre dans les cours d'eau, il détruit les écosystèmes aquatiques de façon bien plus importante que le glyphosate.
Le bicarbonate de soude
Le bicarbonate de soude est une autre solution naturelle pour éliminer les mauvaises herbes. Saupoudrez-le directement sur les espaces entre les pavés où les mauvaises herbes poussent.
Le gros sel
Le gros sel fait partie de ce qu'on appelle les désherbants naturels, mais attention, il n'est pas sans risque pour l'environnement. Extrait de la roche ou issu des marais salants, le chlorure de sodium (NaCI), nom scientifique du sel, occupe une place importante dans l'industrie chimique. Et lorsqu'il est épandu dans l'environnement, comme antigel sur les routes ou comme désherbant dans les jardins, il va s'infiltrer dans le sol en profondeur pour rejoindre les nappes phréatiques et les cours d'eau où la faune aquatique va être affectée. Le sel peut être efficace pour tuer les mauvaises herbes, mais il doit être utilisé avec précaution. Il peut nuire au sol et affecter la croissance des autres plantes.
La cendre de bois
La cendre de bois utilisée au jardin peut être récupérée soit de votre poêle à bois soit de votre cheminée, pour enrichir votre sol en calcaire lorsque celui-ci s'avère trop acide. Comme elle peut déstabiliser l'équilibre chimique du sol, elle s'utilise avec parcimonie. Cependant, si c'est de la mousse qui envahit les interstices entre les dalles ou les pavés, vous pourrez y saupoudrer un peu de cendre pour rendre le sol moins acide et donc moins propice au développement de la mousse.
Prévention : La meilleure défense contre les mauvaises herbes

La meilleure attaque est souvent une bonne défense. Il n’est pas possible d’empêcher totalement les mauvaises herbes de s’installer dans les joints de vos revêtements. En revanche, quelques mesures préventives les empêcheront de revenir trop souvent ou en trop grand nombre.
Entretien régulier des surfaces
Entretenez votre terrasse, votre allée et les sentiers de votre jardin. Brossez régulièrement les dalles et les pavés pour enlever les semences de mauvaises herbes. En brossant vos revêtements, vous faites d’une pierre deux coups puisque vous éliminez aussi la terre et le sable. Nous vous conseillons également de retirer les mauvaises herbes dans tout votre jardin afin que leurs semences ne se répandent pas sur votre terrasse ou votre allée.
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Resablage des joints
Si vos joints sont vides ou peu garnis, l’herbe aura plus de facilité à s’y développer. Remplissez régulièrement les joints avec du sable polymère ou du sable fin. Le sable polymère contient des additifs qui durcissent au contact de l'eau. Utiliser du sable de jointoiement permet aux plantes indésirables de ne pas s’installer au fond des interstices. Pour maximiser la durabilité de votre aménagement et limiter ces interventions, il est impératif de se référer aux règles de l'art lors de l'installation.
Installation d'une toile anti-racines ou d'un géotextile
Si vous êtes sur le point d’aménager une terrasse ou une allée, prévoyez de poser une toile anti-racines sous le revêtement, ce qui empêchera les mauvaises herbes de sortir de terre. Un géotextile est un tissu spécial que vous pouvez installer sous vos pavés. Il bloque la lumière et empêche la pousse de mauvaises herbes tout en laissant passer l’eau. La prévention passe par l'installation d'un feutre géotextile de qualité lors des fondations et par l'utilisation d'un sable polymère durcissant pour les joints.
Paillage et plantes couvre-sol
Le paillage est une excellente manière de prévenir la pousse de nouvelles mauvaises herbes entre les pavés. Vous pouvez utiliser du paillis de bois, des copeaux de bois ou même des feuilles mortes. Le paillage, tout comme le dépôt d'une bâche ou d'un carton, permet d'étouffer les mauvaises herbes qui, privées de lumière et d'air, finiront par mourir.
La bonne idée écologique, décorative et évitant toute corvée de désherbage consiste à installer dans ces interstices des petites plantes couvre-sol qui formeront un tapis de racines denses empêchant toute germination de graines indésirables.
Gestion de l'humidité
Veillez à ce que votre jardin ait une bonne perméabilité à l’eau. La mousse, en particulier, aime les sols humides et s’invite très rapidement dans les joints de vos dalles et de vos pavés. Saviez-vous que les dépôts verts sont en fait des algues qui aiment se nicher dans les endroits humides et ombragés ? Les dépôts verts donnent un aspect négligé à votre extérieur. De plus, ils rendent le sol tellement glissant qu’ils sont tout bonnement dangereux. Veillez donc à les éliminer en même temps que les mauvaises herbes.
Erreurs à éviter et solutions durables
Vouloir gagner du temps lors de l'entretien peut parfois mener à des erreurs coûteuses qui détruisent la structure même de votre allée. La faute la plus courante est l'utilisation abusive du nettoyeur haute pression (type Kärcher). Si l'eau sous pression nettoie la surface, elle pulvérise également le sable contenu dans les joints. Une autre erreur dramatique sur le plan écologique est l'utilisation de javel, de sel pur ou de vinaigre blanc hautement concentré. Ces substances s'infiltrent directement dans les nappes phréatiques, détruisent la biodiversité des sols et peuvent attaquer chimiquement la surface du béton, le rendant poreux et friable. Pour éviter ces désagréments, l'entretien doit toujours s'accompagner d'un regarnissage systématique.
Et s'il était possible de ne plus jamais avoir à désherber pavés autobloquants en changeant simplement de paradigme technique ? Les revêtements pleins classiques présentent leurs limites face aux enjeux d'entretien et d'imperméabilisation des sols. Notre bureau d'études a conçu une solution révolutionnaire qui élimine totalement la corvée d'entretien des joints. Grâce à notre procédé breveté, nous transformons les déchets plastiques non recyclables en dalles perméables ultra-résistantes. Produite dans notre usine en Haute-Saône, cette innovation fabriquée en France allie performance technique et engagement écologique. Choisir cette voie, c'est investir dans une infrastructure durable, sans aucun désherbage thermique ou manuel à prévoir, tout en soutenant l'économie circulaire. L'entretien des allées et des parkings ne devrait plus être une charge constante. Bien que des méthodes écologiques mécaniques et thermiques existent pour nettoyer les joints sablés, elles nécessitent une répétition fastidieuse. La véritable évolution consiste à traiter le problème à la source en adoptant des infrastructures perméables sans joints ensablés. Des dalles durables en plastique recyclé offrent aujourd'hui une résistance industrielle tout en garantissant un aspect net, sans herbes folles ni entretien récurrent.
Ces revêtements perméables répondent-ils à la loi ZAN et la RE2020 ? Absolument. Les dalles perméables favorisent l'infiltration naturelle des eaux pluviales dans le sol, luttant ainsi contre l'imperméabilisation et les îlots de chaleur. Le budget varie selon la préparation du sol, le décaissement nécessaire et le matériau choisi (de 40 à 150 €/m² posé).
Il est essentiel d'adapter ces méthodes à la taille de votre surface, à votre budget et à vos convictions écologiques. L’entretien des espaces entre les pavés de votre jardin ne doit pas être un fardeau. Grâce à des solutions naturelles et des pratiques préventives, vous pouvez éradiquer les mauvaises herbes efficacement sans recourir aux produits chimiques et garantir un extérieur propre et durable.