
Planter des arbres fruitiers est un investissement à long terme, un engagement sur plusieurs décennies. Pour assurer leur développement harmonieux, leur productivité et leur longévité, la question de l'espacement est primordiale. En effet, toutes les plantes ont besoin de lumière et d’espace pour se développer harmonieusement. Il est donc nécessaire de prévoir une distance suffisante entre deux sujets. En assurant un espace vital pour chaque plante, on favorise sa croissance et on limite au maximum les risques d’étiolement ou d’étouffement par des espèces plus vigoureuses plantées un peu trop près. Si vous respectez les bonnes distances de plantation, vos haies seront plus fournies et auront un aspect plus agréable. Les arbustes qui composent une haie ou les arbres formant des bosquets ou des écrans conserveront quant à eux une silhouette plus élégante. Au potager, les récoltes seront plus abondantes et les maladies moins fréquentes.
Une trop forte densité d’arbres sur une même zone aura tendance à favoriser l’apparition de parasites ainsi que de maladies. En outre, lorsque la distance entre les arbres fruitiers est trop réduite, les branches des arbres finissent par se toucher et laissent donc passer plus difficilement la lumière, ce qui ralentira la croissance des fruits. Enfin, dans un verger trop densément peuplé, les arbres rentreront rapidement en concurrence et, du coup, la production sera moins importante. Les arbres ne pouvant pas se développer convenablement gagneront en vulnérabilité. Avant de commencer la plantation d’arbres fruitiers, vous devrez donc anticiper la surface occupée par les plants lorsqu’ils auront atteint leur taille adulte et, par conséquent, adapter les distances entre ceux-ci. La distance idéale entre deux arbres fruitiers n’est jamais figée. Elle varie selon de nombreux critères : la taille adulte de l’arbre, elle-même influencée par l’espèce, la variété et le porte-greffe. Mais aussi la forme de conduite choisie (haute tige, demi-tige, palmette, espalier) et les conditions locales de culture. Autant de paramètres à considérer pour bien planter et mieux récolter.
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Les enjeux d'un bon espacement : lumière, aération et concurrence
Pour pousser, se développer et s’épanouir, les arbres fruitiers ont besoin d’espace, de lumière et d’une bonne aération. C’est donc à la forme de l’arbre et à son envergure à l’âge adulte qu’il faut penser au moment de la plantation. Un verger trop dense, dans lequel les arbres fruitiers sont plantés les uns à proximité des autres, favorisera l’apparition de maladies et de parasites. Pour éviter une plantation trop dense, il faut impérativement respecter les distances de plantation entre les arbres fruitiers. Si votre ambition est de créer un verger de taille moyenne ou de grande taille, il est judicieux d’établir un plan de verger au préalable.
Ce qu’on voit de l’arbre (le houppier), c’est environ ce qui se passe sous terre. Si vous plantez deux arbres à 3 m l’un de l’autre, leurs racines vont entrer en compétition dès la 3ème ou 4ème année. Un arbre fruitier a besoin de lumière sur toute sa surface pour bien fructifier. Un verger trop dense est un verger humide. Après une pluie, les feuilles restent mouillées pendant des heures. Règle simple : entre deux arbres, l’air doit circuler librement. Un verger bien espacé, c’est un verger où vous pouvez circuler avec une brouette, une échelle, ou même une remorque. Planter trop serré revient à compromettre dès le départ la santé et la productivité du verger.
Variabilité des distances selon la forme et l'espèce de l'arbre
Les distances de plantation s’évaluent en fonction de la forme de l’arbre à l’âge adulte. Un arbre laissé en forme libre, non taillé pour limiter son développement, prendra forcément plus de place qu’un sujet palissé ou conduit en gobelet. D’où l’importance de bien anticiper l’envergure à maturité, afin d’éviter une plantation trop dense.
Distances selon la forme de conduite
Voici quelques repères de distances moyennes en fonction du type de conduite :
- Haute tige : 8 à 10 mètres entre les arbres. Ce sont les formes les plus vigoureuses, idéales pour les vergers traditionnels ou les très grands jardins. C’est la forme que j’utilise pour mes grands arbres sur franc (Bittenfelder, Kirchensaller, Merisier).
- Demi-tige : 4 à 6 mètres suffisent. Ces arbres produisent bien tout en restant accessibles pour la taille et la récolte. C’est mon choix par défaut.
- Basse tige (ou gobelet) : prévoyez 3 à 4 mètres. Ces sujets conviennent parfaitement aux jardins familiaux, avec un entretien facile à hauteur d’homme.
- Formes palissées (palmettes, cordons, espaliers) : avec une taille régulière et un palissage soigné, on peut les planter tous les 1,5 à 2,5 mètres. Ces formes nécessitent une taille annuelle rigoureuse. Si vous manquez de place, vous pouvez aussi opter pour une plantation de vos arbres fruitiers en « palmettes » (technique qui vise à prendre le contrôle de la croissance des branches grâce à un espalier et à forcer celles-ci à pousser vers le haut, et non latéralement, en formant des U). Vous pourrez du coup disposer plusieurs arbres l’un à côté de l’autre en respectant une distance de seulement 2 mètres entre chaque jeune plant.

Distances selon l'espèce fruitière
Au-delà de la forme, chaque espèce fruitière a ses propres exigences. Certaines sont plus vigoureuses, d’autres plus compactes. Il faut donc adapter la distance à l’arbre choisi :
- Pommier : 3 à 4 m en basse tige, 5 à 6 m en demi-tige, jusqu’à 8 m en haute tige. En forme palissée ou sur porte-greffe faible (M9), 2,5 m suffisent. Pour les pommiers nains, un espacement de 3 à 4 mètres suffit.
- Poirier : 2,5 à 4 m en basse tige, 5 à 6 m en demi-tige, 6 à 8 m en haute tige. En palmette, 1,5 à 2 m.
- Cerisier : arbre vigoureux à espacer de 8 à 10 m en haute tige. 4 à 5 m pour les formes réduites. Les cerisiers sont vigoureux par nature.
- Prunier : 3 à 5 m selon la conduite. Plus souple que d’autres espèces mais sensible au manque d’aération. D’autres par contre, comme le pêcher, l’abricotier ou encore le prunier se contenteront de 5 à 6 mètres d’écartement, selon les variétés.
- Pêcher/Nectarinier : 3 à 4 m suffisent. Besoin de soleil et d’aération, veillez à ne pas les serrer.
- Abricotier : 4 à 6 m. Ne supporte pas l’ombre ni l’humidité stagnante : un bon espacement est essentiel pour sa santé.
- Figuier : 5 à 6 m entre chaque sujet, car leur système racinaire et leur ramure prennent vite de l’ampleur.
- Kaki, Noyer, Châtaignier : arbres de grande taille, 10 à 12 m d’espacement minimum.
Le rôle crucial du porte-greffe
Le choix du porte-greffe influence la densité possible. On l’oublie parfois, mais la vigueur d’un arbre dépend aussi de son porte-greffe. Un même pommier, greffé sur un porte-greffe très peu vigoureux comme le M9, pourra se planter à 2,5 ou 3 mètres de son voisin. Greffé sur un porte-greffe franc, il aura besoin de 6 à 8 mètres. Le porte-greffe détermine la vigueur de l’arbre, donc la distance de plantation nécessaire. Le choix du porte-greffe influence donc directement la densité possible dans un verger. C’est une information à demander systématiquement en pépinière, surtout si vous manquez d’espace ou si vous souhaitez mélanger différentes espèces dans un même jardin.

Pollinisation et disposition générale du verger
Enfin, il ne faut pas oublier que certaines espèces fruitières, pommiers, poiriers, cerisiers notamment, ont besoin de variétés pollinisatrices à proximité pour fructifier correctement. La distance entre deux arbres compatibles doit donc rester raisonnable : moins de 25 à 30 mètres. Dans un verger bien organisé, chaque arbre fruitier dispose d’un espace suffisant pour bien se développer.
Si le choix des arbres fruitiers doit tenir compte du terrain, du climat et de la région dans laquelle vous habitez, leur plantation nécessite quelques précautions en amont. Par exemple, il est préférable d’éviter de les planter à proximité immédiate du potager. L’ombre générée par les arbres et l’étendue des racines pourront en effet nuire à la culture de vos légumes.
Disposer les arbres fruitiers dans un verger demande une certaine stratégie. Non seulement il est important de respecter une distance adéquate entre les arbres, mais également de prendre en compte les orientations et les zones d'ombre. La disposition idéale dépend du climat et du type d’arbre fruitier. Si l’objectif est de créer un verger décoratif tout en assurant une récolte abondante, la disposition en quinconce est généralement la plus favorable. Elle permet une meilleure accessibilité et offre aux arbres la possibilité de se développer harmonieusement. Le choix des arbres fruitiers à planter ensemble dans un jardin dépend de plusieurs critères, notamment de la pollinisation croisée. Cela signifie que planter des arbres compatibles est essentiel pour optimiser la production. Une autre considération importante est l’exposition au soleil. Les arbres fruitiers qui nécessitent beaucoup de lumière, comme les abricotiers ou les pêchers, devraient être placés dans des zones ensoleillées.
La distance entre 2 arbres fruitiers sur un même rang n’est qu’une partie du problème. Mon expérience : dans mon verger, j’ai espacé mes rangs de 5 m. Cela me permet de passer avec Boby et la remorque pour apporter le compost ou évacuer les branches de taille. Un verger sans allées praticables, c’est un verger ingérable. Solution : distance minimale = hauteur adulte de l’arbre. Mon conseil : visez toujours la distance optimale, pas le minimum.
Distances pour d'autres plantes : haies, rosiers, annuelles, bulbes et vivaces
L'espacement ne concerne pas uniquement les arbres fruitiers. Pour d'autres types de plantations, les règles d'espacement sont également cruciales pour leur épanouissement.
Haies et rosiers : quel espacement prévoir ?
Pour les haies taillées constituées d’espèces caduques comme par exemple le charme, semi-persistantes (troènes) ou persistantes (thuyas, cyprès, lauriers palmes), prévoyez un espacement compris entre 60 et 80 cm selon la densité que vous voulez donner à votre haie. Pour les arbustes de petite taille comme le buis et le lonicera, qui sont traditionnellement utilisés pour former des haies basses taillées, il est recommandé de planter en respectant un intervalle de 30 cm entre deux arbustes. Les arbustes à fleurs (forsythia, weigelia, deutzia, lilas, seringat), à feuillage ou fructification décorative (noisetier, photinia, eleagnus, cornouillers et cotoneasters) cultivés en haie libre ou champêtre devront être plantés à une distance de 1m à 1,20m pour conserver leur aspect très naturel et permettre à leur floraison ou leurs couleurs de s’exprimer pleinement. Si vous voulez planter une haie brise-vent, espacez les arbres de 2,5m.
Les rosiers à grandes fleurs et les polyanthas se contentent d’une distance de 40 à 60cm, les rosiers arbustifs, qui prennent davantage d’ampleur, seront espacés de 70 à 90cm. Les rosiers couvre-sol seront à l’aise si vous les espacez de 80cm. Pour les rosiers grimpants, il faut compter 1,50m pour les petits et 3m pour les grands. Quant aux rosiers tiges, espacez-les de 1m à 1,50m.
Distances de plantation pour les annuelles, bulbes et vivaces
Les annuelles basses (bégonias, lobélias) seront installées à 20cm de distance, les annuelles de taille moyenne et à port étalé à 30cm (impatiens, géraniums). Les espèces les plus hautes comme les zinnias, les cosmos ou les soleils (annuels ou vivaces) seront espacées de 40 à 50cm.
Les vivaces basses (moins de 60cm de haut) se plantent à une distance de 20 à 30cm, les moyennes à 30 ou 40cm et les vivaces hautes à une distance comprise entre 40cm et 1m, c’est le cas notamment pour les acanthes ou certaines euphorbes qui s’étalent beaucoup. Le plus simple est encore de se reporter à la densité de plantation, c’est-à-dire au nombre de plantes au m² indiqué sur les étiquettes qui identifient les vivaces vendues en godet.
Pour les bulbes, on peut se contenter d’appliquer le principe suivant : la distance entre les bulbes est équivalente à 2 fois leur diamètre, ce qui donne environ 5cm pour les crocus et les perce-neige et 15cm pour les tulipes, les narcisses et les jacinthes. Si l'on veut obtenir des taches colorées, on peut réduire un peu ces espacements, au moins pour les gros bulbes.
L'entretien des arbres fruitiers : la taille
Les arbres fruitiers ne produisent que pendant une cinquantaine d'années. Encore faut-il les aider à concentrer leur production sur la qualité plutôt que la quantité. C'est là qu'intervient la taille.
Quelles branches tailler ?
On sectionne les branches principales à 1-2 m de leur extrémité.
Quand tailler ?
On taille un jeune arbre, pour éviter qu'il s'allonge ou qu'il croise des branches. On taille ensuite un arbre à maturité pour améliorer la qualité des fruits. On taille en période de repos (généralement en août, quand l'arbre se prépare à l'hiver, et jusqu'en hiver, avant l'éclosion des fleurs). Encore faut-il que l'environnement n'agresse pas la cicatrice. Ceci commande une taille plutôt en septembre pour les arbres à noyaux (cerisiers, pruniers), qui cicatrisent mal (et si possible protéger les cicatrices avec un mastic spécial), couper en biais pour éviter la stagnation de l'eau). Les arbres à pépins (pommier, poiriers) peuvent être taillés plus tard.

Précautions lors de la taille
La coupe doit être franche avec un outil bien aiguisé, et propre, pour éviter de transmettre une maladie. Profitez pour traiter les arbres fruitiers au cuivre : cuivrol ou bouillie bordelaise.