Le choix d’une forme d’arbre fruitier dépend essentiellement, pour le jardinier amateur, de la place dont il dispose et de son savoir-faire. Les arbres fruitiers ne sont pas tous conduits de la même façon. On parle de haute-tige, demi-tige ou de basse tige, de gobelet, quenouille ou d’espalier, de cordon ou de palmette, de haie fruitière,… autant de dénominations qui définissent la forme de l’arbre fruitier. Le mieux, c’est d’aller directement chez le pépiniériste de votre région, qui les produit lui-même, pour avoir des fruitiers de qualité. Éviter de prendre des arbres en promotion au printemps dans votre grande surface.

La compréhension du matériel végétal : le scion
Le scion est la forme la plus jeune de l’arbre fruitier. Cet arbre a été greffé depuis un an et a connu sa première année de croissance et de ramification. Cette forme est souvent utilisée dans les petits jardins ou pour créer une haie de fruitiers. Le scion est le point de départ incontournable pour les jardiniers souhaitant former leur arbre fruitier eux-mêmes. Planter un scion nécessite cependant quelques connaissances pour conduire la forme désirée et est donc à réserver aux initiés ou aux jardiniers curieux. Si vous préférez les mettre en solitaire dans votre jardin ou dans un verger, il faut compter une distance de 2 à 4 mètres.
Les formes de plein vent : haute-tige et demi-tige
Les arbres fruitiers haute-tige, souvent appelés « tige », sont les formes les plus grandes et les plus encombrantes pour les arbres de plein vent : un tronc, dépourvu de branches, de 1,80 à 2 mètres de haut et une couronne arrondie de largeur conséquente, pouvant atteindre 10 à 15 mètres. L’arbre vit longtemps, produit beaucoup, et la ramure ne gêne pas le passage ou la tonte mécanique ou écologique. Une taille annuelle n’est pas nécessaire pour obtenir une récolte : la fructification intervient naturellement. Il faut attendre au moins 5 ans avant d’obtenir les premiers fruits. Mais l’inconvénient majeur vient de la hauteur de l’arbre : comptez 8 mètres pour un pommier, 10 à 15 m pour un poirier ou un cerisier. Tout dépend des espèces fruitières et des porte-greffes utilisés.
Les demi-tiges ont un tronc de 1,20 à 1,50 m de hauteur et conviennent aux espèces de moyenne vigueur. La production de fruits est importante, et ils peuvent se cueillir plus facilement que sur la haute-tige avec une petite échelle. C’est la plus petite version des arbres fruitiers qui ne nécessite pas de tuteurage à l’âge adulte. Le tronc mesure de 40 à 60 cm, parfois jusqu’à 80 cm, la ramure est aérée et les branches réparties dans toutes les directions. L’arbre vit moins longtemps, entre 20 ans et 30 ans, et une mise à fruits est plus rapide.
Les formes palissées : l'art de l'espalier
En horticulture, l’espalier est le nom d’une forme d’arbre, le plus souvent fruitier, obtenue par une technique de taille permettant d’avoir un arbre à forme plate. La technique était populaire au Moyen-âge en Europe pour décorer les murs, mais son origine est plus ancienne. Les formes palissées en haie fruitière permettent un superbe gain de place. Dans ce cas, les arbres sont plantés au sein d’un enclos, le long d’un mur, contre la façade d’une maison ou encore en contre-espalier, palissés sur des lattes et des fils.
#2 TAILLE DE FORMATION - Tutoriel
Les formes palissées sont donc plus compliquées et plus coûteuses d’installation et d’entretien mais, en revanche, elles offrent des avantages certains : idéales pour les petits jardins, possibilité de rendre productifs les murs de clôture, grande densité de plantation, arbres très accessibles pour les traitements ou cueillettes.
Variantes de palissage
- Cordon horizontal simple : Cette forme plate est la plus simple. L’arbre possède un petit tronc droit et une branche charpentière parallèle au sol. Distance de plantation : de 3,50 x 1,50 m à 4 x 2 m.
- Palmette en U simple : Adapté à quelques variétés de faible vigueur. Le scion est taillé à 30 cm au-dessus du sol sur deux yeux latéraux opposés. Distance de plantation : 3,50 x 1,60 m.
- Palmette en U double : La 1ère taille du scion se fait à 20 cm de hauteur. Les branches charpentières sont espacées de 30 cm pour les poiriers et les pommiers. Distance de plantation : 3,50 x 2 m.
- Palmette Verrier : Les deux premières branches sont palissées, d’abord horizontalement de chaque côté, puis redressées. Cette forme présente toutefois l’inconvénient de favoriser l’alimentation en sève des deux branches centrales.
Stratégies de plantation et préparation du sol
La période de plantation s’étend de fin novembre (Ste Catherine) à fin mars. La meilleure période se situe entre fin novembre et fin janvier. La partie aérienne de l’arbre entre en repos végétatif, tandis que les racines continuent à pousser. Il est préférable de préparer les trous à l’avance, surtout dans le cas d’une plantation importante.

La fumure avant plantation est une étape essentielle. Elle doit tenir compte de la culture préparatoire et des observations et analyses de sol. Elle a pour objectif de relever le taux de matière organique, ce qui permet de stimuler la vie microbienne du sol et de fournir aux racines les éléments nutritifs nécessaires dans les années qui suivent la plantation. Le but est de détruire l’herbe présente et de créer une structure grumeleuse facilitant la plantation et le développement racinaire. L’ameublissement en profondeur a dû être assuré par la culture préparatoire, mais un sous-solage en sol sec peut-être intéressant. Le labour profond est à éviter car cette technique est défavorable aux lombrics.
Gestion de l'espace et densité en verger
L’agencement du système dépend avant tout de la mécanisation souhaitée ou en place sur la ferme. L’écartement entre rangs est calculé en fonction de la largeur des engins utilisés pour les pratiques culturales. De manière générale, on peut planter de façon plus serrée dans le Sud car la lumière y est très forte. Il faut néanmoins prévoir 8 mètres au minimum entre les rangs pour éviter trop de concurrence, de gêne au travail et permettre des largeurs de planches adaptées au matériel agricole. Au nord de la Loire, la distance minimale doit être de 10 mètres.
Enfin, l’organisation spatiale des lignes de plantation des fruitiers doit être déterminée en évaluant la hauteur finale des arbres, et donc leur ombre portée, qui dépend du type de sol, du type de porte-greffe utilisé et de la conduite des fruitiers. Une conduite « en axe » (type verger basse-tige à haute densité) génèrera souvent moins d’ombre portée qu’une conduite en forme libre de type gobelet.
Entretien et suivi des jeunes plants
L’irrigation des arbres est indispensable durant les trois années qui suivent leur implantation, même pour des porte-greffes sélectionnés pour leur faible sensibilité au déficit hydrique, dans le but de permettre aux arbres de bien s’installer au départ, tout en les incitant également à prospecter en profondeur en ajustant les quantités d’eau. Préférez l’irrigation par micro-aspersion afin de favoriser un système racinaire d’alimentation actif sur un volume maximal de sol.
La taille de formation doit être assurée dans les premières années suivant l’implantation car les objectifs ne seront atteints que si les ligneux sont conduits de la bonne manière dès leur stade juvénile. Si vous avez prévu de palisser les arbres (ex : pommiers M9), une attention particulière sera donnée aux jeunes arbres afin de contraindre les rameaux au fur et à mesure de leur croissance pour les amener sur les fils et les conduire ainsi à l’horizontal. Arquer les charpentières pour garantir une bonne structure de départ et pour réaliser votre forme fruitière choisie : l’arbre ne pousse pas toujours comme on le voudrait. C’est avec les tailles et les arcures qu’on arrive à faire une bonne formation des fruitiers, dans les règles de l’art.
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