L'écriture au jardin : Entre Poésie, Pédagogie et Pratique Horticole

Le jardin, qu'il soit un espace de contemplation, un laboratoire pédagogique ou un lieu de production, est intrinsèquement lié à l'écriture. Cette connexion se manifeste sous diverses formes, allant des réflexions poétiques aux étiquettes pratiques, et révèle une richesse sémantique et fonctionnelle souvent insoupçonnée. De l'enrichissement du vocabulaire des jeunes élèves à la classification scientifique des plantes, l'écriture est un outil indispensable pour comprendre, organiser et même préserver le monde végétal.

Le jardin, une source d'inspiration poétique et philosophique

Le jardin a toujours été une muse pour les poètes et les penseurs, un lieu où la nature et la culture s'entremêlent pour susciter la réflexion. Chez Philippe Jaccottet, poète suisse romand, le jardin se décline toujours au singulier, loin d'être une présence discrète dans son œuvre. Souvent considéré comme un « poète du paysage », le temps est venu de corriger cette étiquette, car le jardin occupe une place prépondérante dans ses proses, poèmes et réflexions poétiques. Si les paysages jaccottéens sont fréquemment marqués par un pluriel, comme l'illustre le titre d'un volume, Paysages avec figures absentes, le jardin de Jaccottet est souvent solitaire, ou du moins, singularisé. Cette singularité s'explique par le fait que, au-delà de ses actualisations successives, il porte en lui le noyau dur d'une mémoire paradisiaque. Qu'il soit proche ou lointain, abandonné ou cultivé, charmant ou sauvage, le jardin rappelle souvent, à Jaccottet, ce Jardin primordial d’où l’on a été chassé.

Le jardin jaccottéen est un topos dans les deux sens du mot : c'est à la fois un lieu, que Jaccottet rapproche volontiers de la notion de templum naturel, c'est-à-dire d'une enceinte consacrée, et un lieu textuel, devenu chez lui presque un lieu commun. Le motif du jardin traverse toute l’œuvre jaccottéenne, depuis le « jardin de roses » du Requiem (1947), allusion évidente à un imaginaire chrétien de souche médiévale associant la rose à la passion christique et à la pureté de la Vierge Marie, jusqu’au jardin aux « hautes herbes jaunâtres », traversé par un serpent immémorial dans Prose au serpent, l’une des quatorze proses poétiques réunies dans Paysages avec figures absentes (1970). Des allusions spirituelles ou mystiques accompagnent les occurrences jaccottéennes du jardin, de même que ses nombreuses notes sur le jardinage et les activités domestiques. Des expressions telles que « Brûleur de feuilles mortes, arracheur de mauvaises herbes, se borner peut-être à cela », « On taille les haies, le jardin bleu s’éclaire, et c’est comme si on montait les degrés d’une échelle », ou encore « L’hiver. Être un homme qui brûle les feuilles mortes, qui arrache la mauvaise herbe, et qui parle contre le vide » illustrent cette fusion de la pratique et de la méditation. En 1946, Jaccottet choisit d’abandonner ce qu’il appelle le « faux jardin » ou le « jardin clos » de la Suisse, c’est-à-dire le provincialisme et le conformisme petit-bourgeois de cette Suisse de l’après-guerre, pour s’établir en 1953, après une brève parenthèse parisienne, dans un autre « jardin clos » : à Grignan, dans le sud de la France.

Philippe Jaccottet et un jardin contemplatif

Cette obsession pour les jardins peut être interprétée comme une spécificité suisse romande, bien que Jaccottet ait pris ses distances avec son pays natal. Le même motif apparaît aussi chez Gustave Roud, ce poète terrien et reclus qui jouera un rôle important dans l’affirmation de la vocation poétique de Jaccottet. En associant la Suisse à un jardin clos, Jaccottet réactualise, sous un mode ironique, toute une mythologie nationaliste qui a marqué la fondation de la jeune Confédération helvétique. La géographie alpine a longtemps servi à appuyer un discours identitaire, à la fois revendicateur et utopique, envisageant l’existence des Alpes non comme une malédiction historique, mais comme le signe d’une Providence divine. Associer la Suisse à un jardin a longtemps signifié infuser, dans un imaginaire spatial, une idéologie métaphysique dans laquelle la Suisse était vue comme une nouvelle terre promise. C'est cette vision stéréotypée et réductrice qui empêchera longtemps Jaccottet de considérer la montagne autrement que « de loin ». Le besoin de dégager les Alpes des discours mystiques, déjà ressenti chez Gustave Roud, n’est pas loin de l’itinéraire que Jaccottet fait à propos du jardin, allant d’un jardin saturé de symbolisme tel qu’on le retrouve dans ses écrits de jeunesse jusqu’à un jardin de plus en plus épuré, dont les lignes simples et réduites à l’essentiel introduisent une nouvelle conception en matière d’écologie spatiale, et une manière novatrice et singulière d’aborder le rôle du poète et sa façon d’habiter le monde, bref, une nouvelle écologie humaine.

Si Jaccottet aime souvent se déguiser en poète-jardinier, il faut mesurer le sens de cette métaphore à l’aune de son imaginaire horticole. Irrigué par des traditions multiples, celui-ci met en avant une vision du jardin conçu comme un espace de contemplation et de thérapeutique spirituelle. Dans les écrits de jeunesse, il est surtout rempli d’allusions chrétiennes récupérant des réminiscences paradisiaques, que la lucidité sombre du poète empêche pourtant de considérer autrement que sous une loupe mélancolique, avec la conscience de la distance irrémédiable qui l’en sépare. Jaccottet reprend une idée qu’il emprunte aux Romantiques allemands, en particulier à Novalis, et qu’il cite avec une insistance qui semble révéler un programme poétique : « Le Paradis est dispersé sur toute la terre, c’est pourquoi nous ne le reconnaissons plus. Il faut réunir ses traits épars ».

UNE PROMENADE AU JARDIN DES PLANTES, Alfred de Musset | L'Instant poésie #poesie #poetry

Plus d’une fois, Jaccottet notera son impression paradisiaque au contact de ce qu’il voit au cours de ses promenades. Ce qu’il retient en particulier du Principe de la poésie de Poe, cité par Baudelaire, c’est précisément une remarque sur la nostalgie du Paradis perdu suscitée par la lecture d’un poème : « […] l’émotion particulière suscitée par le poème, joie et tristesse mêlées, tiendrait au fait que celui-ci nous rappelle à la fois que quelque chose comme le Paradis existe et que nous en avons été chassés ». L’éclat du soleil du matin « dans ces jardins, ces prairies, au pied de ces montagnes » fait s’élever dans l’esprit du poète une « impression irrésistiblement paradisiaque, on ne saurait préciser pourquoi ». Même avec les années, il lui arrive de retrouver aussi intense le sentiment qui lui vint au commencement, et qui se traduisit aussitôt en lui par le mot : « paradis ».

Au pôle opposé du Paradis se situe la ruine. C’est sous les auspices de telles ruines, à la fois spatiales et discursives, que les débuts de La Semaison sont placés, où les notes en prose coexistent avec des tentatives poétiques que les scrupules du poète font aussitôt avorter ; la poésie apparaît comme une sorte de paradis ou d’idéal d’écriture, un état de pureté et de jouissance discursives qu’on ne saurait contempler que sous la forme d’un projet jamais accompli ou d’une nostalgie d’un privilège définitivement perdu. La première Semaison offre d’innombrables exemples d’une réflexion systématique sur les ruines. Églises en ruines, monuments dégradés, cimetières abandonnés, maisons délabrées, bois pourri, mouvement brownien à emporter tous les objets : la dégradation des formes humaines soutient une pensée de la trace, incrédule à l’égard du projet unificateur romantique qui réactualiserait, dans un à-venir certain, le Paradis sur la terre.

Si les études jaccottéennes aiment citer cette phrase de Novalis, devenue le texte phare de Roud et une citation fréquente dans les pages de Jaccottet, il faudrait s’interroger sur la raison pour laquelle d’autres citations de Novalis ne font pas office de références électives. Plutôt qu’une compétition sportive, la poésie n’est-elle pas un acheminement toujours recommencé vers l’intérieur de soi ? Novalis écrit dans Blütenstaub, fragment 32 : « Nous sommes chargés de mission : appelés à former la terre. » Au moins, à mettre un peu d’ordre dans notre chaos intérieur.

La référence à Novalis est un bon indicateur de ce qui rapproche Jaccottet des Romantiques, tout en le tenant à l’écart de leurs prétentions démiurgiques. L’attention prêtée au réel, l’idée d’une mission supérieure qui élève le sujet poétique à la hauteur d’une figure plus ou moins élective, l’archéologie du sacré enfoui dans le quotidien banal et désacralisé ne pouvaient pas laisser Jaccottet indifférent. Mais le commentaire dont Jaccottet assortit cette dernière citation de Novalis sur la « mission » poétique insiste sur la différence qui sépare le programme romantique des possibilités de la poésie contemporaine, pour laquelle le messianisme militant et (re)créateur des Romantiques se dissout dans la structure affaiblie du « ménage » spirituel (« mettre un peu d’ordre dans notre chaos intérieur »).

Évoquée par Jaccottet dans un essai publié dans le recueil Éléments d’un songe (1961), la quête du « royaume millénaire » poursuivie par Ulrich, le protagoniste du roman de Robert Musil, L’Homme sans qualités, se superpose d’une certaine manière à la quête de ce paradis dispersé sur la terre, poursuivie par Jaccottet. Cette quête à accents messianiques est placée tout d’abord dans l’espace clos et circulaire d’une île, dont l’isolement souligne sa différence par rapport à l’espace européen et sa valeur utopique. Après l’échec de cette première tentative de recréer le paradis originel, Ulrich et sa sœur, Agathe, se réfugieront dans le jardin de leur maison. Dans ce jardin pour la première fois peut-être contemplé par Ulrich, où les fleurs blanches des arbres fruitiers, en se fanant, semblent célébrer à la fois une fête et des funérailles, comme si la mort était devenue une clarté, ce n’est pas seulement des fantoches de l’Action parallèle que le frère et la sœur se détachent ; ni seulement de l’idéalisme européen, de la Vienne de 1913, d’une morale sclérosée, d’un art agonisant ; c’est bien, progressivement, de l’espace et du temps. Désormais, le livre tourne autour de cette lumière désirée, et ne progresse plus.

À l’époque de l’écriture du recueil, Jaccottet achève sa traduction du roman L’Homme sans qualités : mi-critique, mi-poétique, le premier essai des Éléments d’un songe reconnaît la valeur emblématique de ce roman pour avoir donné un aperçu mélancolique de la crise et de la décadence de cette civilisation de la modernité, personnifiée par l’Empire austro-hongrois. Pourtant, Jaccottet ne s’attarde pas longtemps sur la contemplation « d’une catastrophe dont les causes furent d’abord dans l’esprit ». Il préfère se tourner vers la deuxième partie du roman, qui correspond à une ample méditation de Musil sur l’« autre état » auquel Ulrich aspire. Cet « autre état », emprunté aux mystiques allemands, plus probablement à Maître Eckhart qu’Ulrich se plaît à lire, suppose la révélation épiphanique d’un sens supérieur à l’intérieur d’un monde soumis à la dégradation, l’intuition irrationnelle d’un ordre invisible qui se soustrait à cette même dégradation et à l’entropie, donnant en même temps le sentiment d’une vie pleinement vécue où chaque chose et chaque être trouveraient leur place et leur signification.

L’échec des protagonistes d’accéder à cet « autre état » place la fin du roman dans une impasse. Pareil au « royaume millénaire », l’« autre état » reste une utopie. Les conversations sur la « pure lumière » qu’Ulrich a avec sa sœur dans le jardin de leur hôtel particulier ne peuvent pas empêcher les fleurs de se faner, ni l’Histoire de s’interposer brutalement pour mettre un terme à leur aventure. La présence absente de l’Histoire est symbolisée, dans le roman de Musil, par la « grille du jardin » dont les trous minent l’autarcie du jardin. De l’autre côté de ce dernier, « le mouvement de l’histoire se soucie peu de ce jardin, de l’immobile méditation qui s’y éternise, des cercles de l’amour séraphique ». Comme dans le cas de la reprise jaccottéenne de la citation novalésienne, la récupération du paradis est conçue plutôt avec scepticisme. Sa valeur reste pour autant intacte car son souvenir projette une lumière nouvelle sur le sens de la vie et de la mort, permettant aux deux héros de transcender les dualités et d’entrevoir une issue possible à la dégradation universelle. Elle consiste dans une acceptation de la mort et de l’échec avec le sentiment que, au cœur de cet exil et de la mort même, le monde cache un trajet qui prolonge celui de l’histoire, le creusant à l’infini. Il s’agit désormais de rester fidèle non plus à des théories mais à des indices fuyants offerts par le monde réel et de garder, en l’absence de tout système de croyances fermes, l’intuition de cette plénitude perdue qui se révèle à travers des bribes ou des « étincelles fuyantes ». Ce sont elles qui, éclairant le chemin pendant un instant furtif pour le laisser ensuite dans l’obscurité, empêchent de s’égarer à jamais et de sombrer dans le nihilisme le plus noir.

À la même époque, Jaccottet traverse une crise poétique dont les traces transparaissent tant dans le silence qui sépare le recueil L’Ignorant (1957) de Airs (1967), que dans le sombre portrait du maître déchu de L’Obscurité (1961), le seul roman de Jaccottet. La solution à adopter alors devant l’échec des utopies ne serait plus de refuser le temps et de croire à la possibilité - poétique ou tout simplement humaine - de refaire le paradis sur la terre, mais de travailler à l’intérieur de l’histoire et, de là, récupérer les traces évanescentes de ce même paradis, dispersées à la manière d’un miroir brisé. Cette conviction conduira à une poétique des reflets et des analogies qu’on pourrait rapprocher, jusqu’à un certain point, de celle de la poésie symboliste, pour ce qui est peut-être de cette conception d’une nature vue comme un espace sacré, possédant son architecture codifiée et son langage chiffré. Il est vrai que, chez Jaccottet aussi, l’acte d’élection fait d’un simple site naturel un lieu, c’est-à-dire une topographie consacrée, mais les rapprochements s’arrêtent là. C’est ce qui sépare peut-être l’entreprise poétique de Jaccottet de celle d’un Baudelaire : le refus de l’évasion dans un espace compensatoire au profit de l’acceptation, grave et sereine, de la réalité quotidienne. C’est prendre le parti du jardin éclairé par le soleil de l’après-midi plutôt que de s’échapper dans le labyrinthe narcissique de la forêt obscure.

Image d'un jardin serein et lumineux

L'écriture comme outil pédagogique et d'apprentissage du langage au jardin

Le jardin est également un terrain fertile pour l'apprentissage, notamment pour l'enrichissement du vocabulaire et le développement des compétences en écriture. Dans le cadre de projets autour du jardin, l'utilisation d'images séquentielles est un excellent moyen pour les élèves de travailler la production écrite en réinvestissant le vocabulaire étudié. Cette approche permet de faire émerger les différentes représentations des élèves et de les encourager à exprimer leurs idées.

Pour compléter ce bagage de mots, le concept « 2 mots par jour apprentilangue », bien que destiné à la maternelle, se révèle être un rituel intéressant et applicable aux élèves de CE1. Ce rituel consiste à découvrir des mots et à travailler également leur nature. Durant ces rituels, il est apparu que quelques mots manquaient pour enrichir le vocabulaire des élèves de CE1. En pratiquant « 2 mots par jour, 2 fois par semaine », et en alternant avec la lecture fluence les deux autres jours, les élèves sont exposés de manière répétée aux nouveaux termes. Des textes courts qui reprennent les mots vus sont proposés pour multiplier les rencontres.

En fin de projet, une activité de « speed booking » peut être organisée. Les élèves, par binôme, liront un livre à leur niveau. Une première lecture est consacrée à la découverte de l’histoire, et une deuxième à la présentation de l’histoire, en répondant aux questions : Qui, Où, Quoi, Quand.

Apprentilangue propose également la « boîte à écrire » avec ses cartes vocabulaire. Pour permettre aux élèves de produire des phrases correctes pour leurs images séquentielles, l'idée est de leur faire piocher les cartes utiles pour décrire l’image, puis de leur faire produire une ou deux phrases avec ces mots. Après avoir réalisé des expériences pour faire germer des graines, il est temps de passer à la pratique dans le jardin, où l'écriture accompagnera les découvertes.

Enfants écrivant des mots sur des étiquettes de plantes

L'étiquetage des plantes : entre science, utilité et esthétisme

Au-delà de l'aspect poétique et pédagogique, l'écriture au jardin prend une forme très concrète et indispensable : l'étiquetage des plantes. Loin d'être réservées aux seuls « connaisseurs », les étiquettes ont une réelle utilité et sont, en quelque sorte, les cartes d’identité de vos plantes. Elles constituent une source d’échanges, notamment avec les enfants, et permettent de les sensibiliser à la nature et à ce qu’elle peut nous apporter. Pour les passionnés, les étiquettes permettent d’accessoiriser son jardin et d’échanger avec ses visiteurs.

Le langage universel des plantes a été établi par Carl Von Linné vers 1755. Ce grand botaniste suédois a passé sa vie à répertorier, classer et nommer toutes les espèces vivantes connues à son époque. C'est pourquoi le nom des plantes est souvent en latin. Le nom des plantes a été imposé par Carl von Linné sous la forme de la nomenclature binominale actuelle : la classification de Linné. L’objectif était de pouvoir identifier chaque plante sans se tromper. Le nom des plantes est établi depuis 1950 par le Code international de la nomenclature botanique. Ce code évolue et les noms peuvent changer en fonction des découvertes en matière de génétique. Le latin est l'esperanto des jardiniers : entre jardiniers ou scientifiques, et sans nécessairement parler la même langue, le latin permet de nommer précisément une plante partout dans le monde. À chaque plante est attribué un nom d’espèce et un nom de genre en latin.

Pourquoi étiqueter les plantes de son jardin ?

Mettre en place des étiquettes dans un jardin répond à plusieurs objectifs. L’étiquette de jardin est avant tout l’aide-mémoire du jardinier. Pour les spécialistes et les scientifiques, elle est une carte d’identité botanique essentielle. L'étiquetage sert à identifier précisément les plantes, à informer le visiteur et contribue à la préservation de la biodiversité et à la transmission des connaissances.

Comment identifier une plante ?

Cette étape demande une véritable investigation. Il faut collecter des informations fiables pour identifier formellement les plantes à étiqueter. Voici comment procéder :

  • Rechercher dans les archives : Consulter un inventaire des plantations existantes.
  • Collecter les informations disponibles : Examiner les factures d’achat des plantes, les plans du jardin, les notes dans un carnet de jardin, les schémas de plantation.
  • Surfer sur Internet : Les sites dédiés, les catalogues de pépiniéristes, les forums sont une mine d’informations. Les applications disponibles sur smartphone se développent rapidement, mais il est crucial de croiser les informations trouvées avec des ouvrages de botanique, des livres de référence ou une monographie spécialisée.
  • Faire appel à un botaniste : Pour identifier les végétaux présentant un intérêt particulier.
  • Visiter des jardins botaniques : En particulier les collections répertoriées par le CCVS (Conservatoire des Collections Végétales Spécialisées).
  • Rencontrer des pépiniéristes spécialisés.

Il est essentiel de croiser les informations trouvées dans les livres et sur Internet pour identifier les plantes du jardin. Cette étape consiste à réaliser un document pratique et indispensable qui permettra d’avoir à portée de main un inventaire précis et à jour des plantes au jardin. Un simple petit carnet suffit pour noter les noms des plantes du jardin et de celles que l’on souhaite acquérir. La méthode manuscrite a son charme et ses adeptes. Il est bien plus facile d’identifier une plante à partir d’une liste existante plutôt que sans aucun élément de référence.

Les informations intéressantes à consigner dans un fichier sont le nom de la plante, qui est l’information de base permettant de l’identifier : le nom botanique ou scientifique (en latin) et le nom vernaculaire ou nom commun. Un fichier Excel, par exemple, peut être utilisé pour regrouper les plantes d'une même espèce tout en conservant l'ordre d'arrivée dans le jardin grâce à des numéros dans la première colonne.

Pour une organisation optimale, il est recommandé de réaliser un quadrillage systématique de l’ensemble du jardin à partir d’un plan de masse (échelle minimum = 1/50) reprenant les massifs, les zones de plantation, les circulations. En numérotant chaque ligne et en attribuant une lettre à chaque colonne (ou l'inverse), chaque case devient une cellule de plantation (ex : 7A, B12, C5). Ces codes d’emplacement peuvent être indiqués pour chaque plante sur le fichier informatique. Plus sommairement, il est possible d'indiquer des zones de plantation logiques en nommant les zones du jardin : massif, bosquet, prairie, jardin potager, etc. L'intérêt de cette information est de pouvoir retrouver l'emplacement d'une plante que l'on ne trouve plus ou dont on n'est plus sûr de l'endroit où elle a été plantée.

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Quel type d'étiquette pour quel jardin ?

Le choix du type d’étiquetage doit être adapté au projet, au jardin et aux végétaux. Que ce soit pour une utilisation informative ou décorative, l'étiquette devra résister au temps et aux intempéries afin d’assurer sa fonction de conservation. La couleur joue un rôle important : le jaune est souvent le plus lisible et peut être utilisé si l’étiquette est conçue pour attirer le regard. Il faut choisir la couleur des étiquettes en fonction des objectifs : très visible ou discret.

Les étiquettes servent aussi à nommer les plantes d’intérieur, dans les vérandas, les jardins d’hiver ou les serres : bonsaïs, collections de cactées, orchidées, et bien sûr terrariums. Bien abritées, ces étiquettes sont moins soumises aux dégradations dues à l’humidité, aux UV, au vent et aux écarts de températures. Le coût varie : une étiquette en plastique avec tuteur bambou est vendue moins de 50 centimes d'euros l'unité alors qu'une étiquette gravée peut valoir 10 euros.

L’étiquetage d’un jardin peut devenir un projet collectif, engageant l’ensemble des personnes qui interviennent dans la gestion du jardin : membres de la famille, personnel d’entretien, agents municipaux. C’est une occasion idéale pour susciter l’adhésion et la participation de toute une équipe. Il est important de communiquer dès la naissance du projet afin d’informer sur les contraintes et l’intérêt de la démarche. Les contraintes concernent en particulier les personnes qui s’occupent des travaux de désherbage, du passage de la tondeuse ou de la débroussailleuse, car les étiquettes constituent autant d’obstacles qu’il faudra éviter ou bien retirer et remettre en place à chaque intervention. Si le jardin est entretenu par un professionnel, il est important de lui parler du projet. Il faut également se renseigner pour savoir si le jardin ou le site du projet est soumis à une charte graphique.

Il n'est pas nécessaire de tout étiqueter ; il faut rechercher un équilibre afin de maintenir un espace visuellement harmonieux. Une signalétique permanente sera utile pour identifier les plantes qui constituent la structure du jardin, pour les plantations en masse. Dans un massif de vivaces, les étiquettes seront disposées afin de garder une harmonie visuelle : les plus petites au premier plan, les plus grandes et les plus hautes dans le fond. Pour jouer sur les hauteurs, les supports pourront être plus ou moins enfoncés dans le sol au fil des saisons ou de la taille des végétaux. Plus l’étiquette sera lisible, moins le visiteur sera tenté de s’en approcher, de la manipuler, de rentrer dans les massifs.

Exemple d'étiquettes de jardin avec différentes formes et matériaux

Comment installer les étiquettes dans le jardin ?

Deux solutions principales et différents types de supports existent pour installer les étiquettes :

  • Attacher directement sur la plante : À l’aide d’un lien (ficelle, ligature, raphia) ou d’une punaise d’arbre (système d’accroche muni d’un ressort qui permet de visser une étiquette sur un arbre sans le blesser au fur et à mesure de sa croissance).
  • Accrocher à un support planté au pied de la plante : Également appelés piquets ou porte-étiquettes, ils existent dans diverses hauteurs, formes et finitions. Il existe de nombreux modèles de supports pour étiquettes adaptés à toutes les situations.

Pour quels matériaux et comment écrire sur les étiquettes ?

Le choix du matériau et de la méthode d'écriture est crucial pour la durabilité et la lisibilité des étiquettes. Le principal ennemi des marquages est le soleil, qui décolore les encres et fait disparaître les textes. Les effets de la lune peuvent aussi être redoutables.

  • Le crayon gras 'Garden Pen' : Une solution économique et très efficace pour marquer les étiquettes en aluminium, en bois, en zinc ou en plastique. Il tient sous la pluie et ne souffre pas des rayons du soleil. Il est adapté pour l’aluminium, l’ardoise naturelle, le bois, le cuivre, le papier, le plastique, le zinc.
  • Les marqueurs peinture : Contiennent de la peinture à base d’eau ou d’huile. Le feutre peinture permet de marquer durablement tous les modèles d'étiquette et le texte est parfaitement lisible si vous choisissez une couleur contrastée. Le feutre à l’huile sèche presque aussitôt et peut être corrigé avec de l’acétone. Le feutre peinture à l’eau sèche en quelques heures. Ces marqueurs conviennent pour l'aluminium, le bois, le cuivre, le zinc, l'acier.
  • Les marques à frapper (gravure) : Pour l'aluminium, le bois, le cuivre, le zinc, l'acier. Il s'agit d'aligner les caractères et de composer les textes pour marquer durablement l’étiquette en creux. Ce marquage est très résistant, s’apparentant à de la gravure. La mise en œuvre peut être longue et fastidieuse.
  • Les rubans inox avec machine à graver : Pour l'inventaire et les étiquettes botaniques. Grâce à la molette, on sélectionne un caractère (chiffre ou lettre).
  • Les étiquettes à gratter : En plastique blanc avec surface noire (deux faces). Le marquage s’effectue en rayant la surface noire de l’étiquette avec le stylet fourni, afin de faire apparaître le texte en blanc. Un marquage durable. Il est recommandé de préférer les lettres bâton car le marquage avec le stylet peut être fastidieux. Ces étiquettes sont d'un très bon rapport qualité/prix mais demandent de la minutie.
  • Les étiquettes en ardoise : Les petits signets en ardoise (15cm) sont parfaits pour les jardinières de plantes aromatiques. Les signets en ardoise écrite avec un crayon 'craie' effaçable seront parfaits pour les semis et réutilisables année après année. Un support et une ardoise ronde rendront votre coin gourmand source à débat. Pour nettoyer ou effacer une ardoise, il suffit de la laisser tremper dans une bassine d’eau une nuit et de frotter avec la partie abrasive d’une éponge. L’entreprise « Un jardin en pente douce » confie plus de 80% de la production à des ESAT (établissement et Services d’Aide par le Travail), contribuant ainsi à l’insertion de travailleurs handicapés. Ce matériau est tout particulièrement résistant aux intempéries (gel ou pluie). Il est conseillé d’utiliser les crayons « Posca » pour un effet craie et une utilisation pratique et simple, sans risque de pourriture si l'ardoise est plantée en terre.
  • Les étiquettes en bois : Le bois utilisé pour les étiquettes est du châtaignier issu des forêts françaises et répondant aux normes FSC (Gestion responsable des forêts, contrôle des ressources). Le bois est aussi résistant que l’ardoise. C’est une solution ingénieuse pour ajouter des touches naturelles et chaleureuses. L’écriture peut se faire, comme les ardoises, avec des crayons « Posca » ou simplement avec un stylo bille, mais la résistance dans le temps sera inférieure. Il est important d'éviter les feutres car l’encre est absorbée par le bois.
  • Les étiquettes gravées au laser ou avec impression numérique : Pour l'aluminium, l'ardoise, le PVC bi-couche, le zinc. Idéales pour réaliser les étiquettes botaniques d’un jardin ouvert à la visite. À partir d'un fichier d’inventaire (format Excel), les étiquettes sont gravées au laser. Les avantages sont un rendu professionnel, un texte parfaitement lisible et une durée de vie incomparable. Ces modèles haut de gamme doivent être installées grâce à des supports fiables. Elles peuvent être fixées directement sur les arbres grâce à des systèmes d’accroche comme la punaise d’arbre (une vis inox couplée à un ressort pour ne pas blesser l’écorce lors de la croissance de l’arbre) ou l’attache à ressort (un fil ressort qui fait le tour de l’arbre).
  • Les jetons en aluminium ou en laiton : Permettent de numéroter discrètement et durablement les plantes du jardin. Chaque plante reçoit un numéro en suivant l’ordre chronologique de son arrivée au jardin. Les numéros renvoient à une liste que peuvent consulter les visiteurs. Les avantages sont un impact visuel réduit au minimum, une solution économique et pérenne, qui ne risque pas de s’effacer. Le visiteur peut repartir avec la liste des plantes du jardin sur laquelle il aura noté ses coups de cœur. Le laiton se patine en s’oxydant rapidement, ce qui lui donne une teinte presque brun foncé et lui permet de mieux résister aux intempéries. L’aluminium finit par perdre son aspect brillant avec le temps. Cette solution de marquage étant plutôt discrète, il est important de choisir un principe de pose unique pour toutes les plantes afin de pouvoir retrouver facilement les jetons (exemples : sur un support en bois pour les plantes vivaces, sur un support en métal pour les arbres et les arbustes, attaché sur un rameau de la plante toujours à la même hauteur et du même côté, fixé avec une vis inox directement sur certains gros sujets).

Quelques conseils utiles avant d’écrire sur les étiquettes : si l'écriture se fait à la main, il est important de calibrer le texte, car la longueur des noms botaniques varie considérablement.

La durée de vie et le recyclage des étiquettes

La durée de vie des étiquettes est très variable selon les modèles, allant de quelques mois à plusieurs dizaines d’années. Lorsqu’une étiquette n’est plus utilisable, elle peut connaître une seconde vie. Le compostage est la solution idéale pour les étiquettes en bois non traité (pin, bouleau, chêne, bambou) qui étaient marquées au crayon gras. Le recyclage est facile pour les étiquettes en plastique et en métal (zinc, cuivre, acier, aluminium).

Le monde des étiquettes de jardin est vaste et parfois plus technique qu’il n’y paraît. Les étiquettes remplissent avant tout une mission pédagogique, voire scientifique au jardin. Elles permettent d’identifier précisément les plantes mais aussi d’informer le visiteur. Alors que nous prenons conscience des menaces qui pèsent sur notre environnement, les étiquettes ont définitivement un rôle à jouer dans la préservation de la biodiversité et la transmission des connaissances et des jardins.

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