Jardiner à Limoges : Vers une Révolution Biodiversité et Résilience

Nos jardins sont souvent des lieux de biodiversité insoupçonnés. Ce sont des petits enclos d’une nature aménagée qui accompagnent notre maison et dont nous prenons régulièrement soin. Au-delà des plantations, les pelouses, gazons et autres espaces enherbés sont des zones particulièrement suivies. Espaces de circulation, d’ouverture, de jeux, nos pelouses sont aussi un objet de regard social, tout autant qu’un sujet philosophique. Bien que peu perceptibles au premier abord, nos pelouses sont des habitats naturels pour de nombreuses espèces, végétales comme animales.

Vue aérienne d'un jardin urbain diversifié à Limoges

La vie invisible de nos pelouses

Le maintien des petits habitats naturels des jardins protège la faune et la flore sauvages et participe à lutter contre les changements climatiques. Lorsque l’on tond, c’est la diversité biologique qui en pâtit et s’appauvrit. Les végétaux sont les premiers à en être les victimes. Puis, les hérissons, lézards et oiseaux y perdent leur refuge. Par la suite, ce sont les insectes qui subissent cette gestion rase et régulière. Les mantes, phasmes ou coléoptères peuvent se retrouver au cœur des lames. De plus, les herbes et les fleurs ne sont pas seulement la nourriture des insectes et du reste de la faune, mais également leur habitat.

En choisissant les bonnes pratiques de jardinage respectueuses du vivant, nous participons à réduire notre impact sur l’environnement. Les techniques douces de jardinage, d’entretien et de gestion écologique limitent la libération de carbone dans l’atmosphère. Plus nous sommes nombreux à mettre en place des gestes favorables au maintien de la biodiversité, aux milieux naturels ou aux économies quotidiennes, plus nous avons d’impact pour limiter les effets des changements climatiques.

Réinventer la gestion du gazon

Cette nouvelle conception un peu plus sauvage donnera plus de vie à votre jardin. Ainsi, retarder la fauche et éviter de faucher au printemps et au début de l’été permettra aux plantes d’aller au bout de leur cycle, de la floraison jusqu’à la graine. Vous aurez le plaisir de voir ce qui était auparavant un tapis vert s’animer de couleurs et de vie. Si vous laissez pousser votre pelouse vous pourrez peut-être y trouver du pissenlit, de la pâquerette, du trèfle blanc et rose, de la camomille, du bugle rampant, du lamié pourpre, des boutons d’or, des oxalis, du lotier corniculé, du bleuet, de l’angélique, de la carotte sauvage, des orties, de l’achillée, du pâturin des champs, de la fétuque des prés, du dactyle aggloméré, de la luzule des bois, de l’agrostide et bien d’autres.

La gestion différenciée des espaces naturels à Montreuil

En plein centre de Limoges, on a vu des orchidées fleurir pendant les 55 jours de confinement pour le Coronavirus. Selon le Muséum d’histoire naturelle, laisser pousser votre pelouse apporte aussi d’autres bienfaits à votre sol, comme celui de rendre les brins d’herbes plus vigoureux et en meilleure santé. Cela protège le sol de la chaleur, conserve la fraîcheur et l’humidité et permet à la pelouse de ne pas se dessécher, notamment durant l’été. Le sol ne craquelle pas, ne se fissure pas, conserve son eau. À l’inverse, une pelouse coupée rase sèche plus vite et jaunit en cas de sécheresse. Ainsi la hauteur de coupe influence elle aussi la santé de son gazon. Plus les herbes sont laissées hautes, plus le sol conserve de la fraîcheur, et stocke aussi du CO2. En fonction de la hauteur de la pelouse, les plantes et les fleurs des différentes strates herbacées se révèlent. Il est donc conseillé de faire une tonte par étages de végétation pour multiplier les milieux et la diversité des fleurs et des animaux. Réduire et espacer la fréquence de la tonte est aussi un levier pour préserver une grande biodiversité sur ses pelouses. En Haute-Vienne et Dordogne, le Parc Naturel Régional Périgord-Limousin milite pour des « Printemps sans tondeuses ».

Fiche pratique : quels outils utiliser pour une gestion respectueuse ?

Vous êtes tenté de découvrir ou redécouvrir ce qui se cache derrière votre pelouse ? Faites le tour du jardin pour localiser les nouveautés. Des plantes, feuilles et concentrations différentes. Se rendre compte que quelque chose de différent se passe. Si vraiment ça vous démange, tondez une seule allée qui vous mène à l’endroit où vous le souhaitez (à la cabane au fond du jardin, garage, …) en prenant bien soin de ne pas passer sur quelque chose qui vous paraît nouveau ou inhabituel, pour ne pas l’empêcher d’émerger.

Quand les herbes sont plus hautes et qu’elles dépassent vos chevilles, refaites le tour du jardin. C’est assuré, vous verrez des choses nouvelles qui sont en train de se passer. Faîtes en un inventaire sommaire à vue (ou plus détaillé si cela vous inspire). Vous pouvez passer la tondeuse ou la faux en traçant des chemins assez larges (plus ou moins larges en fonction de la taille de votre terrain). Ils ne doivent pas passer par les lieux où vous avez des événements inhabituels et éviter les nouvelles plantes, feuilles, fleurs, etc. Attendez que la zone déjà tondue révèle une fois encore des plantes et des fleurs. Vous pouvez alors y faire une allée centrale et laisser des bandes sur les côtés. Laissez faire le Vivant et appréciez le spectacle. Vous n’êtes désormais plus à l’abri de voir des fleurs inattendues, des abeilles, syrphes, papillons de toutes sortes, coléoptères irisés, lézards des murailles, oiseaux, etc. Dans un jardin c’est ce qu’on appelle une révolution, un changement de paradigme.

Schéma explicatif de la tonte différenciée dans un jardin de particulier

Au-delà de la pelouse : le jardin foisonnant

Enfin, il n’y a bien sûr pas que la pelouse dans un jardin. D’autres actions peuvent aussi être plus vertueuses, moins destructrices et utiles pour la biodiversité. Otons cette idée qu’un jardin qui n’est pas tondu est sale, envahissant et délaissé. Est-ce que le laisser faire est un abandon ? Un jardin épanoui, où le vivant et la diversité s’expriment, est un lieu peuplé plein d’émotions, de beauté et de diversité. C’est aussi un jardin sain qui prend soin de ses écosystèmes et de nous, et est de fait plus résilient.

Les objectifs du groupe sont multiples : mobiliser le réseau de l’association, aborder la complexité du vivant avec humilité ; et surtout proposer un point de vue systémique en permettant aux autres secteurs d’activités abordés par l’association d’y intègrer les enjeux de la biodiversité. Dans cette optique, le groupe a commencé un travail d’inventaire et d’analyse d’exemples locaux de la transformation de la biodiversité limousine, et ses effets concrets sur la population et l’économie du territoire. Olivier Roulière, notre spécialiste jardin, nous donne quelques astuces pour que le gazon résiste mieux au temps sec de la belle saison, sachant qu'il est déraisonnable de l'arroser.

L’expertise paysagère face au réchauffement climatique

Un havre de fraîcheur dans un jardin urbain, c’est possible ! Le paysagiste Anthony Macharinow crée à Limoges des espaces naturels verdoyants et adaptés au réchauffement climatique. Anthony Macharinow nous accueille devant sa maison de Limoges. Ici, pas de pelouse impeccablement tondue ou de piscine aux reflets bleutés. En revanche, il fait frais. Le paysagiste explique : "C’est comme devant pas mal de maisons, il y a une petite parcelle, un petit bout de jardin. De nombreuses espèces sont rassemblées dans un même espace. Objectif : "Avoir des trames herbacées assez denses qu’on appelle un couvre-sol, des plantes vivaces qui apportent des fleurs, et des arbustes pour structurer et apporter de l’ombre. Il y a différentes hauteurs, ça permet d’apporter de la biodiversité et de la fraîcheur."

Au-delà de la fraîcheur, ce jardin a un autre intérêt : il est très peu gourmand en arrosage : "L’année de reprise, on suit la plante et on arrose régulièrement pour que les racines entrent en profondeur." Pour lire dans un fauteuil ou pour déjeuner à table, Anthony Macharinow s’installe dans de véritables cocons de verdure : "Déjà, on n’a pas le soleil dessus. L’ombrage est fait à la fois par un laurier, des noisetiers, des glycines et une vigne qui grimpent, au sol il y a du lierre… Plus il y a de plantes, plus il y a de fraîcheur."

Ce jardin foisonnant et pourtant organisé représente une ouverture vers un futur pas si lointain, quand l’eau sera plus rare, la chaleur plus dense, la nourriture plus précieuse : "Il y a un arbre qui était là avant que j’arrive, un prunier. Je l’ai laissé, et j’ai fait grimper une vigne dedans. Elle va s’accrocher et elle produira du raisin. Il faut juste ne pas la planter pile à côté des racines." Pour le paysagiste, cette évolution a de nombreux intérêts : "Déjà, on voit la biodiversité qui existe. Ensuite, ça accueille le vivant, les insectes, les pollinisateurs, et plein d’autres bêtes qu’on ne connaît pas et dont on dépend. On va créer un espace pour l’avenir avec de l’ombre, des plantes mellifères, des plantes nourricières… On va tout recréer avec pas grand-chose."

Anthony Macharinow dans son jardin urbain à Limoges

Une passion collective pour un jardin durable

En 2019, l’histoire se poursuit avec la création d'un groupement de plusieurs entreprises référentes du marché français. Ces PME ont uni leurs compétences pour la marque SILENCE ça pousse ! afin de construire une offre produits plus large : Jardins de Loire, groupement d'horticulteurs spécialistes des plantes fleuries et plants potagers ; Premier Tech, producteur de terreaux premium avec biostimulant et de paillages, les 2 utilisables en agriculture biologique ; Andermatt, expert dans la recherche, la fabrication et la distribution de solutions de biocontrôle ; et Compo, spécialiste des engrais organiques.

En s’engageant ensemble dans le développement de produits et végétaux de qualité, ces 6 entreprises offrent désormais une palette complète pour réussir votre jardin et apporter toujours plus de nature à votre quotidien. Notre vision pour demain : « Plus de végétal et de nature dans vos maisons et votre quotidien ». Alors que de plus en plus de jardiniers imaginent le jardin complexe ou se heurtent à une perte de « savoir jardiner », SILENCE, ça pousse ! propose des outils pour renouer avec le plaisir de jardiner. Notre objectif est de proposer des « solutions jardins & déco », faciles à comprendre, faciles à réaliser et faciles à réussir pour le plus grand plaisir des jardiniers en herbe et des amateurs aguerris. Au-delà des sélections de plantes, graines et terreaux spécialement imaginées dans ce sens, SILENCE, ça pousse ! continue de documenter ces pratiques. Depuis ce jeudi, l'état d'alerte sécheresse soumet la Haute-Vienne à des règles d'usage strictes : interdiction d'arroser pelouses, jardinières et balconnières avec l'eau du robinet. Les potagers, eux, restent soumis au créneau de 20h-8h. Aux jardins familiaux, les Limougeauds s'adaptent. Silence, ça pousse ! est l’émission favorite des jardiniers en herbe. On s’émerveille devant la floraison et on apprend à composer avec chaque saison. Elle nous offre les clés pour l’embellir et l’entretenir facilement.

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