La culture du maïs grain représente un pilier de l'agriculture dans plusieurs régions, notamment en Vendée, Sarthe et Maine-et-Loire, où elle couvrait près de 146 000 hectares en 2021. Le succès de cette culture, qui s'avère exigeante, repose sur un itinéraire technique précis et une gestion rigoureuse de la fertilisation. Comprendre les besoins spécifiques du maïs et adapter les apports d'engrais est fondamental pour maximiser les rendements tout en préservant la durabilité des sols.

Le Contexte Régional de la Culture du Maïs Grain
En 2021, la culture du maïs grain dans les régions concernées est souvent précédée d'une céréale à paille, majoritairement du blé tendre, pour la moitié des surfaces, et dans un tiers des situations, le maïs succède à un maïs (grain ou fourrage). Cette rotation, ou monoculture partielle, influence les besoins en nutriments et les pratiques agronomiques. La couverture du sol pendant l'hiver, par des cultures intermédiaires enfouies ou récoltées, est une pratique répandue, concernant près de six hectares sur dix lors de la campagne 2020-2021. Cette pratique contribue à l'amélioration de la structure du sol et à la restitution de matière organique.
L'implantation du maïs grain repose majoritairement sur le labour (près de six hectares sur dix), bien que cette pratique soit moins fréquente que par le passé. Le labour offre des avantages comme l'ameublissement du sol, l'enfouissement des effluents d'élevage - fréquemment utilisés devant cette culture dans la région - et la destruction de certains précédents, tels que les prairies. La richesse en élevages de la région se traduit par une fréquence élevée de fertilisation organique : deux hectares de maïs grain sur trois ont bénéficié d'une fertilisation organique en 2021, une fréquence près de deux fois supérieure à la moyenne nationale pour cette culture.

Les Fondements de l'Itinéraire Technique du Maïs
Cultiver du maïs ne s'improvise pas ; chaque étape, du choix des variétés à la récolte, a un impact direct sur le rendement. La préparation du sol, la gestion de l'eau, et les apports d'azote doivent être optimisés. Un itinéraire technique bien conçu conditionne à la fois les rendements et la durabilité des sols. Chaque décision, qu'il s'agisse du choix des variétés, de la date de semis ou de la gestion de l'irrigation, doit être prise en fonction des stades physiologiques du maïs. Le non-respect de cet itinéraire technique peut entraîner des impacts directs, comme une baisse de productivité ou une sensibilité accrue aux stress abiotiques et aux pathogènes. À l'inverse, une gestion technique optimisée, associée à des outils comme la somme des températures ou les stations météo connectées, permet de mieux anticiper les risques et de sécuriser les objectifs de rendement.
Préparation des Sols et Choix Variétal
La préparation des sols et le choix des variétés de maïs constituent la base de tout itinéraire technique réussi. Le maïs, culture exigeante en azote et en gestion hydrique, demande une attention particulière dès les premières étapes. La rotation, la parcelle choisie et la qualité de la préparation vont directement influencer le potentiel de la culture. Avec son système racinaire superficiel, le maïs exige un enracinement efficace pour capter l'eau et les nutriments nécessaires à son développement. Il est recommandé un temps de retour de 3 à 4 ans entre deux cultures de maïs. Le maïs s'adapte mieux aux sols profonds ayant une bonne capacité de rétention d'eau. Des sols bien structurés, sans obstacles ni zones compactées, sont la garantie d'une levée homogène et d'un enracinement profond. Les agriculteurs devraient également prêter attention à la porosité et à l'état de surface. En revanche, les variétés précoces s'adaptent mieux à des cycles courts et aux zones où les stress hydriques sont fréquents, malgré le fait qu'elles donnent moins de rendement. À ce stade, la priorité est d'assurer une levée rapide et homogène afin que la culture résiste au mieux aux ravageurs et puisse devancer les adventices. Par ailleurs, la température du sol doit idéalement atteindre 10°C avant de semer, mais ce paramètre doit être vérifié avec précision, notamment en tenant compte de la profondeur et des variations journalières. Enfin, il faut aussi tenter d'anticiper les conditions météorologiques extrêmes, comme le risque de froid tardif après le semis.
LA MINUTE AGRO ÉPISODE 2: L'IMPORTANCE DU SOL DANS LE CHOIX D'UNE CULTURE
Stratégies de Fertilisation du Maïs Grain
La fertilisation est cruciale pour le maïs grain, une culture particulièrement exigeante en nutriments. Une fertilisation cohérente avec le rendement et la localisation permet de garantir un apport suffisant et de poser les bases de la réussite de la culture. Le maïs tire largement profit des engrais agricoles car la libération de nutriments est plus étroitement liée à ses besoins. En général, la fertilisation organique a lieu au printemps, avant le semis. Une technique qui atténue les pertes et préserve le sol est importante. Si l'engrais est appliqué avant le semis, il doit être tassé et non labouré. Si l'application a lieu après le semis, elle doit se faire près du sol, entre les rangs.
Les Nutriments Essentiels : Azote, Phosphore et Potassium
Le maïs est une culture particulièrement exigeante en azote (N), en phosphore (P) et en potassium (K). Il nécessite environ 2,2 kg d’azote par quintal produit (150 unités/ha en moyenne). La stratégie d’apport doit être basée sur la méthode des bilans pour évaluer la fourniture naturelle des sols et le coefficient d’utilisation par la plante.
L'azote est essentiel à la croissance des plantes, à leur santé et donc au rendement. Le respect des bons dosages est ici crucial, non seulement d'un point de vue environnemental mais également pour la santé des plantes. Il convient d'adopter une approche basée sur les besoins. En général, une quantité d'azote d'environ 140 à 200 kg N/ha (selon le rendement attendu) est recommandée. Au début de la phase de développement du maïs, il existe un risque élevé que l'azote soit déplacé dans les couches profondes du sol par les précipitations sous forme de nitrate. L'azote sous forme d'ammonitrate n'est pas lié au sol et donc moins sujet au risque de lessivage. Par ailleurs, le maïs est capable d'absorber l'ammonitrate à un stade très précoce. Pour l'optimisation économique, écologique et structurelle de l'apport d'azote aux plantes, la teneur en Nmin ainsi que le remplacement de l'azote doivent être pris en compte pendant la phase de végétation.
Le maïs est très sensible à la carence phosphorique, qui se manifeste par une coloration violacée des feuilles. L’apport en phosphore (P) est donc largement recommandé, surtout qu’il présente l’avantage de procurer un effet starter pour une levée plus rapide de la plante. Les apports de phosphore minéral, souvent réalisés via un engrais NP dit « starter » lors du semis, sont toujours plus fréquemment mis en œuvre que ceux de potassium. Pour le phosphate, une fertilisation sur des sols avec un apport moyen de 40 à 80 kg/ha P2O5 est recommandée. Au début de son développement, surtout par temps froid, le maïs présente une mauvaise mobilisation du phosphate. À ce stade de croissance, le système racinaire du maïs n'est pas encore complètement développé et sa capacité de mobilisation du phosphate est faible, surtout sur sols froids, inactifs ou par temps froid. En règle générale, la carence en phosphate est une carence temporaire. La meilleure façon d'obtenir un apport suffisant en phosphate à ce stade est de procéder à une fertilisation sous-racinaire accompagnée d'un additif azoté initial. Les engrais NP (par ex. DAP, MAP) sont principalement utilisés dans la pratique. Aux endroits où le taux d'alimentation en P est élevé (niveau D, E), la teneur en phosphate peut être réduite sans effet néfaste. Les engrais NP azotés (par ex. rapports N/P 20 + 20, 25 + 15) sont appropriés. La fertilisation sous-racinaire ne peut être totalement supprimée qu'avec des niveaux d'approvisionnement très élevés.
Le potassium joue un rôle majeur dans la régulation des fonctions vitales de la plante, notamment la photosynthèse, la croissance et le transport des nutriments. Bien que le maïs soit moyennement exigeant en potasse, des apports sont indispensables dans les sols pauvres, notamment sableux et filtrants. Pour le potassium, une quantité de fertilisation de 200 à 240 kg/ha K2O est recommandée. Le potassium intervient dans l'activation de nombreuses enzymes du métabolisme des plantes et influence la formation des ingrédients et des glucides. De plus, le potassium est responsable du maintien de la pression osmotique des cellules et donc de la régulation de l'équilibre hydrique. Une carence en potassium inhibe l'absorption d'eau et augmente la consommation d'eau improductive. Une carence en potassium combinée à un excès d'azote réduit encore davantage la résistance aux ravageurs et aux maladies. Les plantes alimentées de façon optimale en potassium survivront beaucoup mieux au stress hydrique. Un bon apport en potassium augmente la stabilité et la résistance à la tige creuse, et est important pour la formation complète des épis. Comme toutes les plantes riches en glucides, le maïs a un besoin très élevé en potassium. Jusqu'au bout des soies, une moyenne de 240 kg de K2O est absorbée par hectare. Les résultats de l'étude de sol doivent également être pris en compte pour déterminer les besoins en engrais. Les recommandations concernant l'utilisation d'engrais dans les endroits où les niveaux de potassium sont normaux incluent l'utilisation de Korn-Kali pour le maïs grain et le maïs fourrage au printemps.
Autres Éléments Nutritifs Importants : Soufre, Zinc, Magnésium, Manganèse et Calcium
Le soufre agit en synergie avec l’azote pour optimiser l’assimilation de ce dernier et la synthèse des protéines. L’apport de soufre au semis est recommandé, notamment après des automnes et hivers très pluvieux, pour compenser les pertes par lessivage. Une fertilisation de 30 à 40 kg de S/ha est idéale, en fonction des besoins en nutriments. En raison de la diminution des apports de soufre dans l'air (< 10 kg/ha), la fertilisation au soufre a gagné en importance ces dernières années pour assurer le rendement et la qualité. La majeure partie (jusqu'à 90 %) du soufre dans le sol se trouve sous forme organique et n'est disponible qu'après minéralisation. La dynamique de la conversion nutritive du soufre est comparable à celle de l'azote. Sur des sols légers, on peut s'attendre à un lessivage. La fertilisation au soufre doit être adaptée aux besoins des cultures et doit se faire en même temps que la fertilisation à l'azote.
Le zinc participe au développement racinaire, à la régulation de la croissance et à la synthèse des protéines et des glucides. Le manganèse est un oligo-élément essentiel pour le maïs qui entre en jeu dans la photosynthèse, la formation de chlorophylle et l’activité enzymatique. L'apport en oligo-éléments est à considérer en particulier sur les sites à haut rendement et les sites secs. La fertilisation peut se faire sous forme de fertilisation du sol ou de fertilisation foliaire. En fertilisation du sol, la technique d'épandage est le facteur limitant ; en fertilisation foliaire, c'est le stade du maïs.
Pour le magnésium, une fertilisation de 40 à 70 kg/ha de MgO est recommandée. La majeure partie du magnésium (les deux tiers) est absorbée entre le semis et la floraison. Pour les sols sous-approvisionnés, il est recommandé d'épandre 2 à 5 q/ha de kiesérite ou 1 à 2 q/ha de kiesérite (sous racine) en combinaison avec des engrais NP. Pour les sols normalement approvisionnés, l'utilisation d'engrais minéraux contenant du magnésium (par ex. Korn-Kali) et de chaux permet de répondre le plus facilement aux besoins en magnésium du maïs. La chaux vive ou chaux cottage contiennent environ 5 à 15 % de MgO.
Un bon apport en calcium favorise la structure du sol, la vie du sol et un bon rendement. Le risque de compactage ou de sédimentation du sol est réduit, ce qui a un effet positif sur la croissance des plantes. Le calcium est perdu par excrétions de racines et d'organismes du sol, retrait par les plantes, lessivage (100-400 kg CaO/ha par an) et utilisation d'engrais acides.
Le Rôle des Engrais Organiques
Dans une région riche en élevages, deux hectares de maïs grain sur trois ont reçu une fertilisation organique en 2021, soit une fréquence près de deux fois supérieure à la valeur moyenne nationale pour cette culture. Les résidus de fermentation contenus dans le digesteur sont un engrais populaire dans l'agriculture en raison de leur teneur élevée en nutriments. Ils peuvent être solides ou liquides et sont également appelés lisier de biogaz. KWS a résumé l'effet de la fermentation sur la matière sèche et la teneur en nutriments.
Calcul de la Dose Optimale d'Engrais Azoté
Le calcul de la dose optimale d'engrais azoté à apporter sur maïs nécessite d'adopter une démarche rigoureuse. La première étape consiste à déterminer le besoin d'azote de la culture, qui correspond aux besoins en azote des femelles divisé par un coefficient. Il convient ensuite de prendre en compte la quantité d'azote que les racines ne peuvent extraire.
Une fois les besoins en azote de la culture calculés, il faut estimer les fournitures totales d’azote. Il est nécessaire de connaître la quantité d’azote présent au moment du semis dans le sol, notamment pour calculer la dose d’azote à apporter au semis. Le maïs étant une culture d’été, la minéralisation de l’humus du sol est intense à cette période, surtout si la culture est irriguée. Il convient donc d’intégrer au plan de fumure la quantité d’azote issue de la minéralisation de l’humus entre le semis et le stade maturité physiologique. Cette quantité dépend du type de sol, de l’irrigation ou non de la parcelle, et de la longueur du cycle du maïs.
Les résidus de culture restitués par le précédent et la culture intermédiaire vont contribuer aux fournitures du sol lorsqu'ils seront dégradés par la biomasse microbienne. L'effet peut être positif, pour des résidus riches en azote issus de légumineuses par exemple, ou négatif comme pour des résidus pauvres en azote comme des cannes de maïs ou des pailles de blé. Il convient donc de prendre aussi en compte ce poste dans le bilan. Il existe des abaques du COMIFER à cet effet, repris dans les référentiels régionaux. Dans le cas d’apports organiques avant maïs, il est impératif de calculer leur contribution à la fourniture d’azote. Enfin, l’eau d’irrigation peut apporter dans certains cas une quantité d’azote minéral non négligeable.

Le Moment et la Forme des Apports d'Engrais
Calculer la dose d’engrais à apporter ne suffit pas à optimiser la conduite de la fertilisation azotée du maïs. Il faut apporter l’azote au bon moment afin de suivre au plus près les besoins de la culture au cours de sa croissance. Les besoins en azote du maïs deviennent importants après le stade 10 feuilles. Pour couvrir au mieux cette période, l’apport principal doit être réalisé entre 4 et 10 feuilles, l'idéal étant de l'appliquer autour des stades 6-8 feuilles. Cependant, un apport au semis est nécessaire lorsque le reliquat azote dans le sol est inférieur à 60 kg/ha. Une dose de 40 kg/ha suffit à satisfaire les besoins d’azote des jeunes plantes jusqu’à 10 feuilles.
Reste à choisir la forme d’engrais. L’efficacité de l’engrais apporté après le stade 4 feuilles du maïs dépend principalement des pertes par voie gazeuse, soit d’ammoniac provenant des engrais ammoniacaux et uréiques, soit, dans une moindre mesure, d’azote moléculaire et d’oxydes d’azote provenant de la réduction du nitrate lorsque le sol est très humide. L’ammonitrate, le sulfate d’ammonium et le phosphate d’ammonium ont des efficacités équivalentes. En revanche, l’urée est particulièrement sensible aux pertes par volatilisation. L’enfouissement dans le sol de l’urée à 10-15 cm de profondeur lui confère la même efficacité que l’ammonitrate.
Trois Conseils pour une Stratégie de Fertilisation Azotée Efficace
En maïs grain, la fertilisation est cruciale. Voici trois conseils pour mettre en place la bonne stratégie :
- Ne pas négliger les apports au semis. Une application enfouie avant semis peut être pertinente, à condition de ne pas dépasser un tiers de l’apport total en azote. Afin de connaître précisément les besoins du sol, une analyse est évidemment essentielle dès les semis. Si le résidu d’azote dans le sol est inférieur à 60 kg/ha, il faudra impérativement effectuer un apport lors de la première phase de fertilisation. À ce moment-là, n’oubliez pas d’ajuster également les apports en phosphore et potassium, selon les besoins de vos parcelles.
- Optez pour une fertilisation en post-levée. Trois à quatre semaines après la levée, les cultures absorbent cet élément en quantité pour produire leur biomasse. Afin d’augmenter les rendements et de limiter les risques de lessivage, qui peuvent entraîner des pertes d’engrais et des pollutions, il est conseillé d’apporter l’azote en post-levée, au stade 4 à 6 feuilles. L’enfouissement du fertilisant est la meilleure option de valorisation.
- Mettez en place des stratégies complémentaires. Zinc, bore, magnésium, manganèse… Les oligo-éléments jouent aussi un rôle crucial dans le développement du maïs grain, tout comme le calcium, le fer ou le soufre. Tous peuvent être intégrés aux différentes interventions, qu’elles aient lieu aux semis ou en post-levée.
Gestion de l'Eau et Protection Phytosanitaire
Irrigation du Maïs
Le maïs n’est pas une plante particulièrement gourmande en eau. Cependant, sa sensibilité au déficit hydrique pendant l’été le rend vulnérable dans les zones à pluviométrie insuffisante ou irrégulière. À noter que certaines variétés sont mieux adaptées aux conditions de stress hydrique en France. Plus du tiers des surfaces en maïs grain (35%) ont été irriguées en 2021 (contre 20 % de la sole de maïs fourrager) avec en moyenne quatre tours d’eau. Afin d’évaluer avec précision les besoins en eau des parcelles de maïs, le programme d’irrigation devrait s’appuyer sur l’utilisation d’outils de suivi de stress hydrique. De cette manière, les apports peuvent être optimisés, les gaspillages limités et la ressource en eau préservée. La sonde capacitive d’irrigation Météus se révèle particulièrement utile pour le maïs, culture sensible aux stress hydriques estivaux. En croisant les données météorologiques locales avec les mesures d’humidité du sol, elle permet une gestion de l’irrigation en temps réel.
Lutte Contre les Adventices, Ravageurs et Maladies
Le maïs est une culture particulièrement sensible à la concurrence des adventices, et ce, jusqu’au stade 10 feuilles. Arvalis et les chambres d’agriculture recommandent d’intervenir le plus tôt possible par le biais d’un désherbage mécanique afin d’empêcher les adventices de développer des racines profondes. La largeur des inter-rangs se prête plutôt bien à cette technique. Le binage, à partir du stade 2 feuilles, permet de nettoyer les inter-rangs tout en favorisant la structure du sol. En 2021, près de 30% des surfaces implantées en maïs grain ont bénéficié d’au moins une opération de désherbage mécanique en végétation (bineuses, sarcleuses, herse étrille).
Le nombre moyen de traitements phytosanitaires appliqués est, campagne après campagne, assez stable (de l’ordre de 3,5 applications, hors traitement de semences). L’indicateur total 2021 de fréquence de traitement (IFT) est globalement proche des valeurs observées lors des campagnes précédentes, avec toutefois une composante herbicides minorée en 2021 et une composante insecticide un peu plus soutenue. Les postes herbicides (IFT moyen de 1,5) et traitement de semences (IFT moyen de 0,8-0,9) composent donc la quasi-totalité de la protection phytosanitaire dans le cas du maïs grain. La concurrence des adventices ressentie par les agriculteurs lors de la campagne 2021 est jugée moyenne à faible pour 80 % des surfaces. Les interventions herbicides sont en moyenne réalisées à mi-dose. Sous l’angle du nombre d’hectares traités (surfaces développées), les principales substances actives herbicides utilisées lors de la campagne 2021 sont, par ordre décroissant : mesotrione, nicosulfuron, dicamba, S-metolachlore, tritosulfuron.
Le maïs est une culture relativement épargnée par les attaques fongiques. La clé, c’est l’anticipation. Avec une rotation réfléchie, des résidus bien gérés et des leviers comme les trichogrammes ou l’utilisation de semences traitées, il est possible de limiter les pertes tout en réduisant l’impact des interventions. La pression des pucerons a été jugée faible à nulle dans la quasi-totalité des situations et celle des pyrales a été qualifiée de moyenne à forte pour près de 36% des surfaces.
Récolte et Valorisation du Maïs
La récolte et le stockage du maïs demandent une gestion précise pour tirer le meilleur parti de la production, qu’elle soit destinée à l’alimentation animale, humaine ou industrielle. Selon la finalité - grain, fourrage, semences, biogaz, bioéthanol… - les stratégies diffèrent.
Récolte du Maïs Grain
Le moment optimal de la récolte du maïs grain est atteint à la maturité physiologique, lorsque le grain présente un point noir à sa base. Celui-ci indique la fin du remplissage en matière sèche et une humidité du grain d'environ 32 %. Le taux de dessiccation dépend des conditions climatiques, notamment de la température et de l'humidité ambiante. En septembre, le maïs peut perdre entre 1 et 2 % d'humidité par semaine, tandis qu'en octobre, ce taux diminue à 0,5-0,75 % par jour. Ce temps d’attente permet de faire des économies sur le temps de séchage en silo. En stockage temporaire, il ne faut pas laisser le maïs humide (> 32 % d’humidité) en attente plus de 24 heures. Pour un séchage en silo, le séchage doit être progressif pour éviter d’endommager les grains d’amidon et de protéines. Le rendement régional moyen obtenu en 2021, près de 101 quintaux/ha toutes situations confondues, est d’un très bon niveau comparativement au rendement moyen quinquennal de près de 80 q/ha (en situations non irriguées) à près de 100 q/ha (en situations irriguées). L’année 2021 s'est caractérisée par une fin de printemps/un début d’été humides avant une certaine fraîcheur estivale.
Maïs Semences, Ensilage et Méthanisation
La production de semences de maïs repose sur les plantes femelles. Ces dernières sont soigneusement castrées pour éviter toute autofécondation. La récolte est réalisée à l’aide d’équipements réglés spécifiquement pour ne récolter que les épis. Dans l’attente d’être séchés, les épis sont ventilés pour éviter le développement de champignons. Après le séchage, les grains sont séparés des rafles lors de l’égrenage, puis calibrés à l’aide de cylindres pour former des lots homogènes qui faciliteront le futur semis. Les grains sont ensuite passés sur une table densimétrique qui permet d’éliminer ceux qui sont malades ou endommagés. Le conditionnement des semences est la dernière étape avant leur commercialisation.
Le maïs ensilage épi est une stratégie de récolte destinée à densifier les rations des ruminants. Sa richesse en amidon (environ 58 % de la matière sèche en moyenne) et son apport modéré en fibres en font un bon concentré énergétique. Le moment optimal pour récolter le maïs épi se situe lorsque la teneur en MS de l’épi atteint entre 50 et 60 %, soit une humidité des grains autour de 35 %. Ce stade est atteint environ 200 degrés-jours (base 6-30 °C) après que le maïs plante entière atteigne 32 % de MS. Selon les conditions climatiques, cela peut prendre de 15 jours en région chaude à plus d’un mois en climat froid. Le processus nécessite l’utilisation d’un cueilleur adapté monté sur une ensileuse classique. La longueur de coupe doit être réduite au minimum (entre 3,5 et 7 mm) pour un hachage fin, et l’éclateur de grains doit être réglé avec un écartement serré (0,75 à 1,5 mm). Le stockage du maïs épi ensilé peut être réalisé dans différents types de silos : couloirs, boudins ou balles enrubannées.
Pour le maïs destiné à l'ensilage, l'objectif est de récolter lorsque la plante entière atteint une teneur en matière sèche (MS) comprise entre 32 % et 35 %. À ce stade, le maïs offre le meilleur compromis entre rendement, valeur nutritive et aptitude à la conservation. En cas de récolte trop tardive (MS > 35 %) : les tiges et les feuilles deviennent plus fibreuses. Cela rend le tassage au silo plus difficile et augmente le risque de fermentations indésirables. Pour observer les grains, environ trois semaines après la floraison femelle (apparition des soies), il est nécessaire d'examiner les grains situés au milieu de l'épi. Effectuer un suivi thermique après la floraison permet d'accumuler les degrés-jours (base 6-30 °C) pour estimer la progression vers la maturité. La longueur de la coupe (environ 10 à 20 mm selon la MS) permettra un bon tassement au silo tout en assurant une ration propice à la rumination. Les particules grossières (> 20 mm) doivent être évitées, car elles compliquent le tassage et entraînent des refus à l’auge. Le processus de stockage repose sur un tassage efficace et une bonne herméticité du silo. En revanche, un fourrage plus sec (35 % MS ou plus) contient davantage d’air (jusqu’à 4 litres par kg de MS), ce qui ralentit la fermentation et augmente les risques de moisissures et d’échauffement, notamment au front d’attaque.
Grâce à son excellent rendement en biomasse et son fort pouvoir méthanogène, le maïs peut aussi être destiné à la méthanisation pour la production de biogaz, en tant que CIVE (culture intermédiaire à vocation énergétique). Les récoltes doivent avoir lieu lorsque la plante entière atteint 30 à 35 % de matière sèche. Le choix de la variété de maïs sera déterminant pour optimiser la production de biogaz. Ce sera notamment le cas pour les semis tardifs ou dérobés, réalisés après des céréales ou des cultures industrielles. Il faut alors choisir des variétés ultra-précoces (indice inférieur à 200) capables d’atteindre la maturité avec seulement 1 200 à 1 300 degrés-jours (base 6°C).
Enfin, le maïs doux exige une toute autre organisation de production. Celui-ci est récolté à un stade immature, lorsque les grains sont tendres et juteux. Les grains doivent être bien développés mais toujours tendres, brillants et non ridés, avec une humidité d’environ 70 %. La fraîcheur du produit est essentielle. Le cycle de production est conçu pour échelonner les récoltes de mi-juillet à mi-octobre et garantir un approvisionnement continu des usines.

L'Optimisation Continue des Pratiques Culturales
S’il existe un itinéraire technique cultural global en maïs, il faut veiller à l’adapter aux réalités de chaque exploitation (conditions climatiques, équipements…). Il est donc nécessaire d’analyser ce qui fonctionne en cours de campagne, afin d’identifier les points d’amélioration pour optimiser les résultats. Pour maximiser les rendements, l’agronomie offre une multitude de leviers, allant de la préparation des sols à la coupe. Il ne s’agit pas seulement de produire davantage, mais aussi d’optimiser chaque étape pour des rendements durables, rentables et respectueux des ressources. Il est fort à parier que la majeure partie des recommandations techniques et agronomiques est déjà appliquée sur les exploitations, et que les pratiques sont affinées d’année en année. C’est le rôle des OAD (Outils d'Aide à la Décision), qui vont collecter un maximum de données partout où cela est possible, aux stades macro et micro, et retranscrire ces données sous une forme assimilable pour la prise de décision. Toutes les informations collectées et traitées sont aussi très utiles pour la traçabilité et l’édition de documents réglementaires (aides PAC, etc.). L’optimisation d’un itinéraire technique ne s’arrête jamais. Chaque campagne est une opportunité pour affiner les pratiques, en se basant sur l’observation, l’expérimentation et l’analyse de données. Les données présentées dans cette étude sont issues des enquêtes « pratiques culturales en grandes cultures », réalisées par le service de la statistique et de la prospective (SSP) du Ministère en charge de l’Agriculture. Ces enquêtes permettent de connaître de façon détaillée les itinéraires techniques appliqués dans les régions françaises pour les principales cultures. La liste des cultures enquêtées s’est étoffée avec le temps. Pour la campagne 2020-2021, ont été enquêtés dans la région Pays de la Loire : des céréales à paille (blés tendre et dur, orges, triticale, avoines), des oléagineux (colza, tournesol, lin), des protéagineux (pois et féverole), le maïs (grain et fourrage) et diverses autres cultures (sorgho, mélanges céréales/protéagineux). Parce que peu présentes au sein d’un territoire, certaines cultures n’ont parfois été enquêtées que dans un nombre restreint de régions et de départements. Les informations « pratiques culturales » recueillies dans la région pour la campagne 2020-2021 sont issues de 1 932 parcelles (dont 233 de maïs grain). Les règles de diffusion retenues n’autorisent pas à proposer des valeurs issues de moins de 30 parcelles.