Guide complet sur la fertilisation organique : Optimiser la nutrition des sols pour une culture durable

Nourrir le sol pour nourrir la plante constitue un des principes clés de l’agriculture biologique grâce l’introduction de légumineuses et engrais verts dans la rotation et par l’épandage d’effluents d’élevage ou de matières organiques de préférence compostés. Plus riches en matière organique, les sols agricoles des parcelles cultivées en agriculture biologique accueillent davantage d’animaux, parfois microscopiques. Le rapport de L’ITAB relatif aux bénéfices de l’agriculture biologique souligne que la plupart des articles issus de la littérature internationale concluent à des teneurs en matières organiques élevées dans les sols conduits en agriculture biologique.

Le même rapport indique que la vie du sol est également plus importante notamment grâce à la non utilisation de pesticides chimiques de synthèse. Ainsi, l’activité biologique du sol est plus développée. Les organismes vivants du sol - comme les vers de terre, les champignons, les insectes de surface - sont plus nombreux, diversifiés, avec une activité biologique plus intense.

Schéma illustrant le réseau trophique du sol et l'importance de la matière organique

Les bénéfices environnementaux de la fertilisation organique

La richesse en matière organique améliore les caractéristiques physiques des sols : stabilité structurale accrue, meilleure porosité, capacités de rétention en eau plus élevées. La non utilisation de pesticides chimiques de synthèse préserve la flore et la faune aquatiques, le milieu écologique des eaux des rivières, donc la qualité des eaux. L’introduction de culture de légumineuses dans les rotations de cultures et l’apport de matières organique aident à réguler la fertilité des sols et limitent le passage de l’azote dans l’eau sous forme de nitrates.

La fertilisation des sols en agriculture biologique est effectuée grâce aux engrais organiques. L’azote d’origine organique se lie aux argiles du sol et ainsi il est libéré de façon progressive sous forme de nitrates solubles : les risques de lessivage sont donc réduits. La pratique des cultures d’engrais verts, la forte présence de prairies réduit également le risque de lessivage des nitrates. Ainsi, selon le rapport de l’ITAB sur les aménités de l’agriculture biologique, plusieurs études concordent sur un moindre lessivage des nitrates en AB. Alors que ce même rapport conclut également au fait « qu’une réduction à la source des pollutions agricoles est bien moins onéreuse qu’un traitement des eaux avant distribution », la présence de parcelles en agriculture biologique dans les zones de captage d’eau constitue donc l’un des leviers les plus efficaces pour reconquérir et préserver la qualité de l’eau.

Agriculture biologique et lutte contre le réchauffement climatique

La production alimentaire est responsable de 57% des émissions de gaz à effet de serre de notre assiette, selon une note du Commissariat général au développement durable. L’agriculture biologique, de par ses pratiques culturales, permet de contribuer à la lutte contre le réchauffement climatique d’une part en limitant les rejets polluants et d’autre part en stockant davantage de CO2 dans le sol.

Les émissions de gaz à effet de serre sont limitées grâce à :

  • La non-utilisation d’engrais azotés chimiques de synthèse. L’emploi d’engrais organique permet de ne pas contribuer à l’émission de CO2 nécessaire pour la fabrication industrielle d’engrais chimiques de synthèse.
  • La culture de plantes légumineuses permet la fixation biologique de l’azote dans le sol et réduit donc les émissions de protoxyde d’azote (NO2). Ces cultures contribuent non seulement à limiter les émissions de gaz à effet de serre mais servent aussi à améliorer la fertilité du sol.

La séquestration du carbone est favorisée grâce à des rotations de cultures longues et limitant le nombre de labours, l’élevage en plein air sur des prairies permanentes qui fixent le carbone dans le sol et compensent les émissions de méthane des animaux, ainsi que la protection des structures écologiques telles que les haies, les arbres et le maintien de bandes enherbées.

Dynamisme économique et qualité des produits

En 2017, on estime que les métiers de l’agriculture biologique comptent près de 134 500 emplois directs, soit 16 500 de plus qu’en 2016. Ce sont 49 200 emplois directs qui ont été créés depuis 2012, avec une croissance annuelle moyenne de +9,5 % depuis 5 ans. Alors que l’emploi agricole diminue à un rythme de -1,1 % en moyenne annuelle entre 2010 et 2015, l’emploi dans la production agricole biologique a progressé de 10 669 emplois en temps plein entre 2017 et 2016, soit +13,7 % : une performance. Ces créations d’emplois contribuent au dynamisme des territoires français. Outre les bénéfices pour l’environnement et le bien-être animal, les filières biologiques apportent une valeur ajoutée importante à la vie économique et sociale locale.

L’agriculture biologique constitue en France l’un des signes officiels d’identification de la qualité et de l’origine. Contrôlé par des organismes certificateurs indépendants, ce mode de production permet d’obtenir des produits aux qualités sanitaires et nutritionnelles avérées. Dès 2003, l’AFSSA avait conclu à une concentration en certains nutriments plus élevée dans les produits bio.

Nutrition chez les végétaux

Comprendre le cycle des engrais : Quand et comment intervenir ?

Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi il était nécessaire d’utiliser des engrais ? Eh bien, celui-ci nourrit vos plantes et les aide donc dans leur croissance. L’engrais permet de doper la croissance des plantes. Cependant, celles-ci ont besoin de repos de temps en temps. Alors, comment savoir quel moment est le plus judicieux pour apporter de l’engrais ? Le moment idéal pour mettre de l’engrais dépend du type de plante et de l’engrais utilisé.

Engrais de fond ou coup de fouet ?

Il existe différents types d’engrais mais quelles sont les réelles différences entre ces derniers ? L’engrais « coup de fouet » a une action rapide sur les plantes. Au contraire, de l’engrais de fond permet une action allongée sur une centaine de jours. Notez qu’il est important de toujours respecter les doses recommandées et principalement pour les engrais chimiques et organiques. Un trop plein peut s’avérer néfaste pour vos plantes, en brûlant notamment les racines.

Le calendrier de fertilisation

Au printemps : Il est possible d’apporter deux types d’engrais. En début de saison, il est recommandé d’utiliser un engrais à action lente. Celui-ci a la faculté d’améliorer le sol en fournissant aux racines un apport en nutriments pour le développement de la plante. Idéalement, celui-ci est à apporter 2 semaines avant les premiers semis et plantations. Il libère progressivement ses nutriments sur une période prolongée, allant de plusieurs semaines à plusieurs mois. Contrairement aux engrais à action rapide, qui sont immédiatement assimilables par les plantes, les engrais à action lente nourrissent progressivement la plante, évitant ainsi le risque de lessivage et de brûlure des racines.

En été : La lumière et le soleil agissent comme engrais naturel pour vos plantes. Vous pouvez tout de même dynamiser de manière ponctuelle leur développement en utilisant de l’engrais « coup de fouet ». La fin de l’été approche et l’automne commence à se mettre en place… C’est le moment d’apporter un engrais à action longue durée afin de préparer la terre avant les semis d’automne.

En automne : La terre commence à rentrer en repos, c’est le moment d’amender votre sol afin que les nutriments pénètrent en profondeur dans les sols durant l’hiver. Nettoyez et retournez votre terre pour que celle-ci profite convenablement de son apport d’engrais.

En hiver : Il n’est pas indispensable de mettre de l’engrais. Laissez votre sol au repos afin qu’il se régénère et répétez l’expérience seulement au retour des beaux jours.

Réglementations et conformité en agriculture biologique

L’article 3 du règlement (CE) n° 889/2008 précise les modalités de gestion et fertilisation des sols. Lorsque les mesures prévues à l’article 12, paragraphe 1, points a), b) et c) du règlement (CE) n° 834/2007 ne permettent pas de couvrir les besoins nutritionnels des végétaux, seuls les engrais et amendements du sol énumérés à l’annexe 1 du présent règlement peuvent être utilisés dans la production biologique, et uniquement suivant les besoins.

La quantité totale d'effluents d'élevage utilisée sur l'exploitation ne peut dépasser 170 kg d'azote par an/hectare de surface agricole utilisée. Cette limite s'applique uniquement à l'utilisation de fumier, de fumier séché et de fiente de volaille déshydratée, de compost d'excréments d'animaux solides, y compris de fiente de volaille, de fumier composté et d'excréments d'animaux liquides.

Infographie expliquant les limites d'apport azoté en agriculture biologique

La question de l'élevage industriel

Les fumiers ou excréments d'animaux liquides ne peuvent pas être utilisés en agriculture biologique s'ils proviennent d'un élevage "industriel". Sont exclus à partir du 1er janvier 2021 d’une utilisation sur des terres biologiques les effluents d’élevages en système caillebotis ou grilles intégral et dépassant les seuils définis en annexe I de la directive n°2011/92/UE, ainsi que ceux d’élevages en cages dépassant les mêmes seuils.

Le processus de compostage

Le processus de compostage est une transformation contrôlée en tas, qui consiste en une décomposition aérobie de matières organiques d’origine végétale et/ou animale. L’opération de compostage vise à améliorer le taux d’humus. Elle est caractérisée à la fois par une élévation de température, une réduction de volume, une modification de la composition chimique et biochimique, et un assainissement au niveau des pathogènes, des graines d’adventices et de certains résidus. Ni le dépôt de fumier stocké par simple bennage, ni le compostage dit de surface ne peuvent être assimilés à un compostage.

Solutions fertilisantes : Analyse des produits du marché

Il existe des solutions prêtes à l'emploi, comme l'engrais NPK bio de Pro Bio Terre, un fertilisant bio polyvalent pour jardin et potager. Sa formule brevetée favorise les racines pour des plants, d’où l’absorption accrue des nutriments, une meilleure stabilité, une amélioration de la structure du sol, et une croissance globale améliorée. Ce fertilisant naturel est fabriqué à partir de coques de cacao, de potasse et de sulfate. En plantation ou en entretien, épandre l’engrais bio complet Pro Bio Terre 100% naturel au sol avec un dosage de 30 à 60 grammes par mètre carré. Un arrosage généreux permettra à cet amendement de libérer son pouvoir fertilisant sur une durée de 6 mois.

Une autre option est le "Tonnerre d'Engrais", un engrais naturel constitué à 100% de crottin de cheval, sans produits chimiques ni additifs, actif pendant environ 6 mois. C’est à chaque arrosage que les nutriments se diffusent. Il n’y a aucun risque de surdosage même au contact des racines. Il est extrêmement économique, il s’utilise par petites poignées à mettre au pied des plantes 2 fois par an. Pour le potager, 1 fois pour la saison seulement.

Engrais naturels spécifiques et astuces de jardinier

  • Cendres : C’est sa concentration en potassium plus qu’en azote qui en fait un engrais. La potasse est fort utile pour les légumes racines, les choux, les pommes de terre, l’ail, les oignons. Elle permet un bon grossissement des légumes.
  • Urine : Sa teneur en azote est remarquable. Avec un seul litre, on se retrouve avec 6 grammes d’azote disponible. Les quantités conseillées sont d’un litre à la plantation, dilué dans un arrosoir avec 9 litres d’eau.
  • Sang séché : C’est une bombe d’azote ! Avec 14g d’azote pour 100g de sang desséché. C’est une ressource qui peut paraître un peu repoussante, mais c’est cela aussi le potager, que de savoir valoriser des matières organiques qui, rappelons-le, ont pour caractéristiques de venir du vivant animal ou végétal.
  • Corne broyée : Il faut un travail préalable de l’activité biologique du sol pour que l’azote se rende disponible. On parle de 2 à 6 mois pour cet engrais alors que l’azote contenu dans le sang desséché sera lui disponible en quelques semaines.
  • Tourteau de ricin : Cet engrais naturel solide permet comme les autres d’apporter une fertilisation sans à-coups sur plusieurs mois. Particularité de cet apport, il a tendance à éloigner plusieurs ravageurs comme les mulots, les vers blancs, les taupins, les taupes. Attention : le tourteau de ricin est dangereux pour les animaux de compagnie et toxique pour les humains.

Tableau comparatif des durées d'action des différents engrais organiques

Optimisation finale pour les pelouses et cultures exigeantes

Pour les pelouses, il existe des engrais organiques granulaires à double effet (libération rapide et lente) grâce aux acides aminés et aux peptides. Il contient des mycorhizes pour favoriser la croissance et le développement des racines. En plus de l’azote et du phosphore, il contient du potassium, pour améliorer la résistance à la sécheresse et au gel. Les nutriments contenus dans l’engrais pour pelouse sont continuellement transformés par les micro-organismes en une forme qui peut être assimilée par les plantes, de sorte qu’elles contiennent des nutriments de manière naturelle et à long terme. Efficacité à court terme (perceptible après 3-5 jours) et son effet dure de 2 mois (climat chaud) à 6 mois (climat plus froid).

En conclusion, la gestion de la fertilité en agriculture biologique repose sur une compréhension fine des interactions entre le sol, la vie microbienne et les apports organiques. Que ce soit par l'usage de produits spécialisés ou par le recyclage de ressources locales, l'équilibre entre une libération rapide pour le démarrage des cultures et une libération lente pour la pérennité du sol reste la pierre angulaire de toute stratégie de fertilisation réussie.

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