L'entretien des espaces verts génère régulièrement des questions sur la gestion des résidus ligneux, particulièrement en ce qui concerne les épines de conifères, les retailles de cèdre et les pommes de pin. Est-ce qu’on vous a déjà dit qu’il ne fallait pas mettre du cèdre dans le compost? Cette interrogation, fréquente chez les jardiniers, mérite une analyse approfondie pour distinguer les faits scientifiques des idées reçues.
La problématique du cèdre et des substances allélopathiques
Le cèdre est un bois apprécié pour sa durabilité et sa résistance aux insectes et à la pourriture. Ces caractéristiques, bien que bénéfiques pour les constructions et les meubles, rendent les retailles de cèdre problématiques pour le compostage. Le cèdre contient de l’huile essentielle ainsi que des composés chimiques, tels que l’hinokitol, qui agissent comme des agents antifongiques (anti-champignons) et insecticides (anti-insectes).
Il existe plusieurs points de vigilance concernant son introduction dans un bac de compostage :
- Toxicité pour la micro-faune : Les huiles et les composés chimiques présents dans le cèdre peuvent être toxiques pour les micro-organismes bénéfiques du compost. Ces micro-organismes, tels que les bactéries et les champignons, sont essentiels pour décomposer les matières organiques en compost utilisable.
- Déséquilibre carbone-azote : Un compost équilibré nécessite un bon rapport entre les matériaux riches en carbone (matières brunes) et ceux riches en azote (matières vertes). Les retailles de cèdre, en tant que matière brune, contiennent beaucoup de carbone mais peu d’azote.
- Acidification du milieu : Le cèdre peut rendre le compost plus acide, ce qui peut nuire à la croissance de certaines plantes. Autrement dit : un compost composé de cèdre vert rendrait le sol trop acide pour de nombreuses espèces de plantes. La plupart des plantes préfèrent un sol légèrement acide à neutre, et un compost trop acide peut inhiber leur développement. De plus, un compost acide peut encore une fois perturber l’activité des micro-organismes bénéfiques, ralentissant ainsi le processus de décomposition.

Valorisation responsable des retailles de cèdre
Chez Arbressence, nous recyclons les retailles de cèdre en extrayant l’huile essentielle de cèdre par un processus de distillation. Ainsi, à la fin du processus, nous retrouvons l’huile essentielle de cèdre, l’hydrolat de cèdre (l’eau issue de la distillation) ainsi que le paillis résiduel valorisable. Ce paillis est en fait le reste des retailles desquelles on a retiré les substances, alors ce résidu peut être utilisé comme remblai écologique ou comme amendement de sol.
Prendre le temps de planifier une collecte chez nous, vous posez le bon geste pour vous assurer que vos retailles soient envoyées au meilleur endroit! C’est comme aller porter vos Serpuarien électroniques dans un point de dépôt, ou encore aller déposer vos vieux contenants de peinture à l’écocentre : en posant ces gestes, vous vous débarrassez de façon responsable de ces items. La prochaine fois que vous taillerez votre haie de cèdres, pensez à nous et planifiez une collecte en ligne en remplissant le formulaire disponible sur notre site web, ou encore par téléphone. C’est un sous-produit de l’industrie du bois : un matériel qui, autrement, aurait été brûlé ou jeté aux rebuts, mais qui s’est maintenant trouvé une deuxième vie. Donc, utiliser du paillis de cèdre, c’est un plus pour l’environnement.
Déconstruire les mythes sur le paillis coloré et l'inflammabilité
Malgré sa popularité continue, plusieurs rumeurs circulent sur Internet qui donnent une réputation sinistre aux paillis de cèdre. D’après cette croyance, le paillis de cèdre coloré (paillis rouges, bruns, noirs, etc.) serait toxique aux végétaux. Certains prétendent même que la teinture utilisée pour colorer le paillis est à base de goudron! En fait, la teinture utilisée est d’origine végétale et nullement toxique pour les plantes. D’ailleurs, les particules de paillis exposées au soleil perdent leur coloration après environ un an sous l’influence des rayons ultra-violets, prenant la teinte grise du vieux bois. Si jamais cette teinture vous fait encore peur, sachez que vous trouverez facilement du paillis de cèdre naturel, donc non teint.
Soyons logiques, si le paillis de cèdre prenait feu spontanément, il y aurait une foule d’incendies tous les ans, car ce produit est utilisé dans un vaste nombre de jardins. Par contre, il est vrai que le paillis de cèdre, comme tous les paillis, est un produit dérivé de végétaux et donc inflammable. Ainsi, lancer un mégot de cigarette sur du paillis, surtout s’il est très sec (c’est rarement le cas avec du paillis en contact avec le sol) est une très mauvaise idée. Mais alors, on peut dire la même chose de nos plantes de jardin, des gazons, des forêts, des poubelles, des autos aux fenêtres laissées ouvertes et même des maisons elles-mêmes. Il faudrait plutôt insister auprès des fumeurs pour qu’ils ne lancent pas leurs mégots n’importe où. D’abord, jamais par terre (des centaines d’incendies d’herbe et de forêt sont allumées annuellement par des mégots lancés d’une auto en mouvement!) et… quelle idée de penser qu’une belle jardinière ou une boîte à fleurs décorée d’un joli paillis de cèdre puissent ressembler le moindrement à un endroit où il serait acceptable d’écraser une cigarette!
Par mesure de sécurité, voici le principe appliqué en Californie où, à cause du climat très aride, le risque de feux de paillis est énormément plus grand qu’au Québec. On demande tout simplement aux citoyens de laisser une bande de 45 cm libre de paillis autour des édifices.
L'allélopathie et les effets réels sur le sol
Cela paraît logique, car les cèdres (différents conifères à écorce rougeâtre) ne poussent-ils pas souvent dans les sols acides? Oui, mais… ce n’est pas le cèdre qui rend le sol acide, mais la roche-mère et les conditions environnementales locales. On invoque alors l’allélopathie du cèdre, c’est-à-dire quand le cèdre inhiberait la croissance d’autres organismes en sécrétant des substances chimiques nocives ou toxiques. Et il est vrai que le paillis de cèdre dégage une odeur que nous jugeons agréable, mais qui repousse certains insectes (certaines fourmis, notamment), du moins pendant la première année de son utilisation, après quoi l’huile qu’il dégage s’évapore et n’offre plus cet effet.
Si l’on efface les mythes qui l’entourent, on découvre que le paillis de cèdre n’est pas seulement ornemental, mais en fait bénéfique à nos plantations. Le paillis de cèdre n’est pas le meilleur paillis pour le potager et la plate-bande d’annuelles, où l’on fait beaucoup de semis et de repiquages, car il se décompose très lentement et pose alors des problèmes aux jeunes plants si jamais ses grosses particules se mélangent à la terre, ce qui est inévitable si on la retourne fréquemment.
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Gestion des aiguilles de pin et autres conifères
Sous cet arbre se trouve un tas de ses épines d'environ 1m3. Je pense nettoyer le dessous et enlever cela, peut-il y avoir une utilisation (paillage, compostage…) ou alors ne pas utiliser et mettre en déchetterie ? Les aiguilles de conifères sont réputées avoir une action d'acidification du sol. Les tanins qui s'en libèrent par dégradation ont aussi un rôle dans le blocage du développement des herbacées. Utiliser ces épines directement en paillage peut entraîner des difficultés de croissance et de développement des plantes qui seraient installées. Par contre pour obtenir un sol net, sans rien, cela peut être réalisé. Ces aiguilles peuvent aussi être compostées mais en mélange avec d'autres résidus végétaux tels que tonte de pelouse, déchets de plantes maraichères, broyage de taille riche en feuilles dans un rapport largement inférieur à 50%. S'il y a le moindre doute, l'option de les mettre en déchetterie dans les bacs pour végétaux est à envisager, elles seront ensuite compostées en mélange.
À l’automne, les arbres perdent peu à peu leur feuillage et les pins n’échappent pas à la règle. Si vous en avez dans votre jardin, vous allez bientôt retrouver un manteau d’épines au sol. Au lieu de les jeter, vous pourrez les valoriser. Vous pouvez tout d’abord les recycler dans votre compost. Attention, il est recommandé de les broyer avant de les déposer dans votre bac pour faciliter leur décomposition. Vous pouvez ensuite ajouter des déchets de légumes, riches en azote, et un peu de fumier. Après quelques mois, ce compost sera un allié précieux pour fertiliser votre sol.
Le paillage : une solution durable
Les aiguilles de pins peuvent aussi servir de paillage au jardin ou dans un potager. Ce procédé est essentiel car il permet de conserver la chaleur en hiver ou la fraîcheur en été. Le paillage est également une arme redoutable contre la prolifération des mauvaises herbes. Les épines ont un avantage de taille dans ce domaine : elles ne craignent pas la pluie et peuvent donc protéger le sol longtemps. Vous devez juste penser à assurer une bonne aération pour éviter les moisissures. Enfin, pour une touche décorative et pratique, vous pouvez utiliser ces aiguilles de pin afin d’aménager une allée dans votre jardin.
Habitante du littoral breton, j'ai essayé plusieurs techniques pour limiter les mauvaises herbes sur mes parterres : le BRF qui s'envolait avec les vents d'ouest fréquents, le sable (ramassage illégal, je sais, mais il s'agissait de recycler celui du bac à sable de mon fils) il en aurait fallu des tonnes et je ne suis pas sûre que tout mes végétaux auraient apprécié… Et le goémon : excellent fertilisant mais qui se rétracte sous le soleil et laisse finalement pousser les adventices. Clairement, les épines de pin maritime sont ce que j'ai trouvé de mieux ! J'en ai mis aux pieds des framboisiers, myrtilliers, fraisiers et kiwis, mais aussi autour des rosiers, cannes des anges et azalées. Non seulement le vent ne s'y prend pas, il passe au travers, c'est d'un très bel effet esthétique et c'est durable, et les molécules de terpène qu'elles contiennent limitent efficacement la germination des indésirables; enfin, tout ce qui est en place s'en porte mieux !
Pommes de pin et cycle naturel des conifères
Les pommes de pin peuvent être utilisées comme paillis pour lutter contre l'évaporation ou pour empêcher les animaux de gratter vos plates-bandes. Lentes à se décomposer elles n'auront pas d'impact sur la nature du sol. C'est principalement durant l'été que les conifères à épines renouvellent leurs aiguilles trop vieilles. Il existe plusieurs méthodes pour valoriser cette ressource précieuse mais volumineuse. Ce n'est pas parce que les conifères à aiguilles, tels que les pins, cèdres, épicéas et autres sapins ont un feuillage persistant, qu'ils ne le renouvellent pas régulièrement. La durée de vie de ces aiguillons varie de trois à dix ans selon les espèces. C'est le plus souvent pendant l'été que les chutes d'aiguilles sont les plus importantes, les arbres s'en débarrassant afin de limiter l'évaporation de l'eau.

Puisqu'il n'est pas facile de gérer et de manipuler ces déchets verts volumineux et piquants, mieux vaut chercher à les recycler directement dans le jardin plutôt que de s'évertuer à les évacuer vers la déchetterie par remorque ou sacs-poubelle entiers. Il existe plusieurs manières de valoriser cette ressource qui s'avère posséder des qualités très intéressantes à exploiter au jardin. Vous obtiendrez un paillis relativement durable, dont les vertus anti-germinatives dureront quelques semaines. Pour les utilisateurs d'abeilles, ces aiguilles peuvent même servir dans l'enfumoir, démontrant une utilité insoupçonnée au-delà du jardinage classique. L'important reste la gestion du volume et l'équilibre des apports pour maintenir un écosystème sain.