Depuis la pandémie, les espaces extérieurs ont changé de statut, se transformant en de véritables prolongements des pièces de vie. Jardins, balcons et terrasses sont désormais considérés comme des extensions de leur logement par 84% des Français, selon une étude BigMat/OpinionWay. Cette transformation profonde a conduit 74% des Français à prévoir des travaux d’aménagement de jardin ou de rénovation extérieure. Ce besoin de nature, devenu essentiel à leur bien-être, se traduit par des investissements concrets et des comportements d'achat redéfinis, avec de fortes disparités régionales.
La révolution des espaces extérieurs : Un besoin accru de nature et de bien-être
L'impact transformateur de la pandémie sur le rapport aux espaces verts
La crise sanitaire a transformé fondamentalement le rapport des Français à leur habitat extérieur. En effet, 74% des Français déclarent que la pandémie leur a fait redécouvrir l’importance d’un extérieur, selon l’étude BigMat/OpinionWay. L’aménagement du jardin et les travaux paysagers s’imposent désormais comme une nécessité vitale, puisque 87% jugent leur espace extérieur essentiel à leur bien-être. Ce sentiment est partagé sur l'ensemble du territoire, avec 82% en Île-de-France et 89% en région affirmant cette importance.
Ce changement va bien au-delà du simple confort. Pendant les confinements, balcons, terrasses et jardins sont devenus de véritables refuges. Ce besoin de lien avec la nature a laissé une empreinte durable dans les modes de vie, notamment urbains. La végétalisation n’est plus un luxe, mais une aspiration forte. Elle s’impose comme un nouvel impératif dans l’aménagement immobilier. Aujourd’hui, 83% des Français disposent d’un espace extérieur. Cette proportion se décline selon le type d’habitat : le jardin privatif est majoritaire en maison individuelle, le balcon ou la terrasse sont plus courants en habitat collectif, et l'accès partagé à un espace vert est en progression dans les résidences récentes. Cette quête de nature influence désormais les choix immobiliers, aussi bien à l’achat qu’à la location. Elle redéfinit les priorités dans la conception des logements et dans les attentes des futurs occupants.

Les espaces extérieurs comme privilège et marqueur social
Depuis la crise sanitaire, l’aménagement du jardin ne se résume plus à une simple touche esthétique. Aujourd’hui, 85% des Français considèrent qu’avoir un extérieur constitue un privilège. Pourtant, 79% estiment qu’il devrait être accessible à tous, où qu’ils habitent. Ce contraste met en lumière une tension sociale de plus en plus visible. Autrement dit, le jardin devient un nouveau marqueur social, au même titre que le nombre de pièces ou la localisation du logement. Un Français sur deux a déjà renoncé à un bien immobilier faute d’espace vert privatif, ce qui souligne cette importance. Le manque d'extérieur est perçu comme un véritable frein au confort de vie par 85% des sondés. L’écart géographique est notable, avec 86% en région contre 79% en Île-de-France, preuve que l’attachement à la nature s’ancre durablement dans les usages résidentiels. Cette tendance s'inscrit dans une dynamique plus large : 76% des foyers français possèdent un extérieur (61% ont un jardin et 50% une terrasse) et ils sont de plus en plus nombreux.
L'aménagement paysager, un levier décisif de valorisation immobilière
Dès lors, l’aménagement du jardin et plus largement des espaces extérieurs ne relèvent plus du détail. Ils deviennent des atouts décisifs pour le choix d’un logement et dans sa valorisation sur le marché. Terrasses, balcons ou petits jardins sont désormais perçus comme des critères essentiels, voire différenciants. Une chose est sûre : la quête de nature privative s’impose comme une tendance durable de l’immobilier résidentiel français. Le constat est clair : un palier a été franchi en 2021, installant les univers Bricolage / Jardinage au cœur des pratiques post-Confinement.
Investissements et budgets des ménages dans le jardinage et l'aménagement
Budgets d'entretien paysager : des disparités régionales et statutaires
Selon l’étude BigMat/OpinionWay, les Français consacrent en moyenne 540 € par an à l’entretien de leur jardin. Mais derrière cette moyenne se cachent des écarts significatifs, étroitement liés au statut d’occupation du logement. En effet, les propriétaires dépensent en moyenne 570 €, contre 428 € pour les locataires. Autrement dit, plus on est attaché à son logement, plus on investit dans son aménagement extérieur. Ce différentiel souligne à quel point l’espace vert privatif est perçu comme un prolongement du chez-soi, surtout lorsqu’on en est propriétaire. Près de 40% des Français limitent leurs dépenses à moins de 200€ annuels pour l'entretien.
L’Île-de-France se distingue avec un budget exceptionnel de 739€ par an, soit 200€ de plus que la moyenne nationale. Cette différence d’investissement ne doit rien au hasard. Elle s’explique d’abord par des revenus généralement plus élevés chez les propriétaires, qui leur permettent de confier l’entretien à un jardinier ou à des prestataires spécialisés. À cela s’ajoutent des coûts de services plus élevés en milieu urbain, ainsi qu’une pression foncière accrue. Dans les zones denses, chaque mètre carré extérieur prend de la valeur - et mérite donc d’être soigneusement aménagé. D'autres régions affichent également des budgets notables, comme la Bourgogne-Franche-Comté, l’Auvergne-Rhône-Alpes et la Normandie qui se placent dans le top 3 du budget annuel moyen par foyer acheteur de végétaux avec respectivement 124€, 123€ et 122€ dépensés en arbres, plants, plantes ou fleurs en 2019, selon l'enquête Kantar pour VALHOR et FranceAgriMer. La Normandie, avec 394€, contraste fortement avec l'Île-de-France pour l'entretien des espaces extérieurs.

Les projets d'aménagement : priorités environnementales et fonctionnelles
Parallèlement à l'entretien, 74% des Français prévoient des travaux de rénovation extérieure avec un budget moyen de 2 120€. Les priorités d’aménagement révèlent des préoccupations environnementales et fonctionnelles convergentes : 53% souhaitent réduire leur consommation d’eau, 43% moderniser leurs espaces, et 41% créer un coin détente. L’amélioration de l’isolation thermique (38%) et l’optimisation du rangement (38%) complètent le top 5 des projets d’aménagement jardin prioritaires.
Ces chiffres témoignent d’une maturité croissante dans la manière dont les Français abordent leur habitat extérieur. Désormais, ils recherchent un équilibre entre esthétique, durabilité et usage au quotidien. Cet engouement pour l’aménagement du jardin ne se limite pas à l’Hexagone : il s’inscrit dans une tendance européenne plus large. Depuis 2020, la restriction d’accès aux espaces verts publics a renforcé l’attrait pour les espaces extérieurs privés, perçus comme des refuges personnels et de véritables extensions de l’espace de vie.
Le coût comme frein principal aux ambitions d'aménagement
Le coût constitue le frein majeur pour 68% des Français, davantage en région (70%) qu’en Île-de-France (64%). Un paradoxe révélateur des différences de pouvoir d’achat et de priorités d’investissement. Néanmoins, la répartition des budgets révèle des ambitions importantes : 36% des Français prévoient un budget entre 1 000 et 4 999€, et 11% dépassent les 5 000€ pour leurs projets d'aménagement. Ces investissements témoignent de la valeur accordée à l’aménagement du jardin dans le budget familial.
L’analyse régionale dévoile des écarts saisissants dans les budgets de projets. Les Bretons se démarquent nettement avec un budget moyen de 2 852 €. Ils devancent les Franciliens (2 558 €), portés par un marché immobilier très tendu, où chaque mètre carré valorisé fait la différence. À l’inverse, dans les Hauts-de-France, les projets sont plus modestes, avec un budget moyen de 1 717 €. En Bretagne (17%) et en Nouvelle-Aquitaine (14%), les projets à plus de 5 000 € sont nettement plus fréquents. Ce phénomène s’explique par la pression foncière croissante dans ces régions, qui pousse les ménages à optimiser leur extérieur comme un véritable levier de valorisation immobilière. Comme l’analyse Fabio Rinaldi, Président du directoire BigMat France : “L’espace extérieur s’est imposé comme un pilier essentiel du bien-vivre des Français. Ce n’est plus un simple agrément, mais un lieu de ressourcement, d’ancrage et de projection personnelle.”
L'autoconsommation et le potager : entre plaisir et source d'économies
Le rôle croissant du potager dans l'alimentation des ménages
L'autoconsommation, définie comme la consommation de biens ou de services par celui qui les produit, représente une dimension significative du budget des ménages, particulièrement en ce qui concerne l'alimentation. En 2017, les produits autoconsommés, qu'il s'agisse de fruits, de légumes, d'œufs, de lait ou de produits laitiers, de miel, de confitures, voire de viande et de poisson issus de la propre production ou de celle d’un autre ménage, représentaient 4% du budget alimentaire des ménages. Ce chiffre inclut les boissons alcoolisées et non alcoolisées autoconsommées. L'importance de cette pratique est palpable : en moyenne, les ménages ayant un jardin avec un potager ou un verger autoconsomment 20% de plus que les autres : 61% contre 20% de l’ensemble des ménages. Les fruits autoconsommés représentaient 14 % du budget en fruits pour ces ménages.
Qui jardine et pour quelles motivations ?
En France, 34 % des ménages ont un jardin d'agrément et 19 % ont un jardin avec un potager ou un verger, selon l'étude Insee de 2021. Les retraités et les couples sans enfant sont particulièrement enclins à dépenser pour le jardinage, d'après l’enquête Budget de famille 2011 de l'Insee. De plus, les ménages avec enfants, les retraités et les familles monoparentales autoconsomment plus que les autres. Les couples avec enfants autoconsomment plus que les autres ménages, avec 42 % déclarant cette pratique, contre 26 % pour les ménages de 60 ans ou plus. Paradoxalement, seuls 4 % des ménages de moins de 30 ans disposent d’un jardin avec un potager ou un verger.
Avantages et inconvénients du potager en BACS DE CULTURE【La formation Potager Coach - chapitre 07】
La motivation derrière la culture d'un potager est multiple. D’après une enquête réalisée durant l’hiver 2024-2025 auprès de 600 jardiniers amateurs de l’agglomération de Caen, la majorité d’entre eux déclaraient cultiver leur potager avant tout par plaisir et pour manger plus sainement (plus de 50 %). Ces résultats confortent une enquête SEMAE - Kantar de 2021, où la recherche d’économies n’était pas considérée comme objectif premier des jardiniers, bien que 66% y pensent tout de même. Le chercheur souligne que, « À la question de savoir si leur potager pouvait constituer une ressource pour faire face à une situation économiquement difficile - comme l’inflation, ou une perte de revenu - une majorité des répondants ont déclaré que cela n’aiderait pas réellement, un tiers que cela aiderait de façon limitée, et moins de 15 % que leur potager constituerait une ressource importante ». Il est à noter que 50,5 % des jardiniers enquêtés étaient retraités, et que les jardins mesuraient de 10 à 40 m² pour plus de la moitié.
L'économie réelle réalisée par l'autoconsommation
D’après l'étude Insee de 2021, l’économie réalisée par l’ensemble de l’autoconsommation s’élevait à 110 euros sur un budget mensuel de 570 euros, soit un cinquième, principalement en légumes et fruits, mais aussi en œufs, produits laitiers, miel, confitures ou viandes. Les ménages avec un jardin potager ou un verger ont en effet déclaré plus souvent avoir autoconsommé des fruits et légumes au cours de la semaine précédant l'enquête. L'autoconsommation est plus fréquente en milieu rural, avec 42 % des ménages dans les communes hors unité urbaine ayant un jardin avec potager ou verger, contre 19 % dans les grandes unités urbaines. Plus le nombre de membres du ménage diminue, moins ils ont un jardin et moins ils autoconsomment. La période de juillet et août est également celle de la récolte de nombreux fruits et légumes, avec 27 % de l’ensemble des ménages déclarant une autoconsommation en fruits et légumes pendant cette période en 2017.
Le marché du jardinage professionnel : services, coûts et avantages fiscaux
Une popularité grandissante des services d'entretien de jardin
Le recours aux services de jardinage connaît une popularité sans précédent. Cette tendance s’explique par plusieurs facteurs : le vieillissement de la population, le manque de temps des actifs, et la complexification des techniques d’entretien des jardins modernes. Les propriétaires recherchent désormais des prestations de qualité tout en maîtrisant leur budget. En 2021, 12,8% des foyers possédant un extérieur ont fait appel à un intervenant extérieur, et parmi ceux-ci, 80% habitaient en maison. Le nombre moyen de prestataires par foyer est de 1,2.
Faire appel à un professionnel présente de nombreux avantages. Un jardinier qualifié dispose des compétences techniques, du matériel adapté et des connaissances botaniques nécessaires pour entretenir efficacement votre espace vert. De plus, cette solution vous fait gagner un temps précieux tout en garantissant un résultat esthétique et durable. Les entreprises du jardin ou paysagistes conservent leur place historique de premier prestataire (47%) pour entretenir les espaces extérieurs ; 1 foyer sur 2 les sollicite. Ils sont suivis de loin par les personnes non rémunérées (familles, échanges entre particuliers) (15%), rémunérées en CESU (13%) et les entreprises de services à la personne spécialisées dans le jardin ou non qui gagnent en importance (24%).
Prestations éligibles et non éligibles au crédit d’impôt
En 2026, certaines prestations de jardinage ouvrent droit à des réductions fiscales. Il est essentiel de les connaître pour optimiser votre budget. Les services éligibles aux avantages fiscaux incluent la tonte de pelouse (entretien régulier des surfaces engazonnées), le débroussaillage (élimination des végétaux indésirables), le désherbage manuel (retrait des adventices sans produits chimiques), la taille de haies et arbustes (maintien de la forme et contrôle de la croissance), l'entretien des massifs (soins aux plantes ornementales), le ramassage des feuilles (nettoyage saisonnier), et l'arrosage des plantations (maintien de l’hydratation des végétaux). La TVA applicable à ces services d'entretien courant est de 10%. Le nettoyage de terrasses est également éligible au crédit d'impôt.
À l’inverse, certaines interventions plus conséquentes ne permettent pas de bénéficier d’allègements fiscaux, avec une TVA de 20%. Il s'agit des aménagements paysagers (création de nouveaux espaces), du terrassement (modification du relief du terrain), de l'élagage (interventions sur arbres de différentes tailles), de l'installation d’arrosage automatique (équipements permanents), de la conception de jardin (services de design paysager), et de la construction de terrasses ou murets (éléments structurels). Les jardiniers professionnels proposent également des prestations annexes très utiles, telles que le nettoyage de terrasses, l'entretien des abords de piscine, le ramassage et l'évacuation des déchets verts, le traitement préventif contre les parasites, et les petites réparations du mobilier de jardin.
Comprendre la grille tarifaire et les frais annexes
Les prix pratiqués par les professionnels varient selon plusieurs facteurs. En 2026, l'estimation des tarifs moyens constatés est la suivante : un tarif horaire jardinier entre 30€ et 45€, un tarif horaire paysagiste entre 45€ et 70€, un forfait tonte (200m²) entre 40€ et 60€, une taille de haie (au mètre linéaire) entre 8€ et 15€, un désherbage (au m²) entre 3€ et 7€, et un contrat annuel d’entretien pour un jardin moyen entre 1200€ et 2500€.
Plusieurs éléments peuvent faire varier significativement le coût des prestations : la région (les tarifs sont plus élevés en zones urbaines et dans certaines régions touristiques), la saison (la haute saison printemps-été connaît souvent des tarifs majorés), la complexité du terrain (pentes, obstacles, accès difficile augmentent les prix), le statut du prestataire (auto-entrepreneur, entreprise, association), la fréquence d’intervention (des remises sont souvent accordées pour des contrats réguliers), et les frais de déplacement (variables selon la distance à parcourir). Au-delà du tarif de base, d’autres dépenses peuvent s’ajouter, comme l'évacuation des déchets verts (entre 30€ et 80€ par voyage selon le volume), les fournitures et produits (paillage, terreau, engrais, traitements), et les frais administratifs liés à la gestion des contrats et facturations.

Optimiser son budget grâce au crédit d'impôt et autres aides financières
Le dispositif fiscal a évolué en 2026, avec des modifications importantes à connaître concernant le fonctionnement du crédit d’impôt jardinage. Le taux du crédit d’impôt est de 50% des dépenses engagées pour les services à la personne, dont le jardinage, avec un plafond annuel de 5 000€ de dépenses par foyer fiscal (soit 2 500€ de crédit maximum). Les conditions d’éligibilité exigent que les prestations soient réalisées à votre domicile principal par un organisme agréé. Une avancée majeure est l'avance immédiate du crédit d’impôt, généralisée en 2026. Ce système permet de ne payer que 50% du montant de la prestation, l’État versant directement l’autre moitié au prestataire, à condition que le prestataire soit inscrit au dispositif via l’Urssaf. Plus besoin d’attendre le remboursement l’année suivante.
D’autres dispositifs peuvent alléger la facture de jardinage. L'Allocation Personnalisée d’Autonomie (APA) est destinée aux personnes âgées dépendantes. La TVA est réduite à 10% sur les travaux d’entretien courant si le prestataire est agréé SAP (Services à la Personne). Le CESU préfinancé est un titre de paiement parfois offert par les employeurs ou comités d’entreprise. Enfin, les caisses de retraite peuvent offrir des aides pour les seniors sous conditions. Pour maximiser les économies, il est impératif de demander systématiquement une facture détaillant les prestations éligibles, vérifier l’agrément services à la personne du prestataire, conserver tous les justificatifs pendant 3 ans, et séparer clairement les prestations éligibles et non éligibles sur les factures.
Le CESU (Chèque Emploi Service Universel) est un dispositif simplifié pour rémunérer des services à domicile. Le CESU déclaratif sert à déclarer un jardinier que vous employez directement sur le site cesu.urssaf.fr. Il ouvre droit au crédit d’impôt de 50 %. Il peut être utilisé avec l’option CESU +, qui automatise le paiement et les démarches administratives et permet de bénéficier de l’avance immédiate du crédit d’impôt. Le CESU préfinancé, souvent fourni par un employeur, une caisse de retraite ou une collectivité, est un moyen de paiement d’une valeur prédéfinie qui peut couvrir une partie de la facture, sans supprimer l’avantage fiscal. Dans les deux cas, le jardinier doit être agréé « services à la personne ».
Comment bien choisir son prestataire et éviter les pièges
En 2026, plusieurs canaux permettent de trouver un professionnel fiable : plateformes spécialisées, annuaires professionnels locaux, recommandations par le bouche-à-oreille, réseaux d’entreprises agréées, et coopératives de services. Pour faire le bon choix, il est essentiel d'évaluer les qualifications et certifications (diplômes en horticulture, paysagisme), l'expérience dans le type de jardin, les assurances professionnelles (responsabilité civile, garantie décennale si nécessaire), les pratiques écologiques, les avis clients, et la proximité géographique pour limiter les frais de déplacement.
Quelques précautions administratives s’imposent pour la formalisation de la relation contractuelle : demander plusieurs devis comparatifs (minimum 3), exiger un devis détaillé précisant chaque prestation, vérifier la présence du numéro d’agrément services à la personne, préciser les modalités de paiement et conditions d’annulation, et conserver tous les documents en cas de contrôle fiscal.
Pour déterminer précisément le coût réel de l'entretien de jardin, il faut additionner toutes les dépenses éligibles au crédit d’impôt, soustraire 50% de ce montant (ou utiliser l’avance immédiate), ajouter les prestations non éligibles, et intégrer les frais annexes (déplacement, fournitures).Par exemple, pour un petit jardin urbain (200m²), avec une tonte mensuelle (avril-octobre), une taille de haie (2 fois/an) et un désherbage (3 fois/an), le total brut annuel pourrait être de 830€, soit un coût net de 415€ après crédit d’impôt. Pour un jardin moyen (800m²) avec un forfait entretien mensuel et l'évacuation des déchets verts, un total brut annuel de 2 000€ correspondrait à un coût net de 1 000€ après crédit d’impôt. Pour un grand jardin (1 500m² et plus) avec un contrat annuel d’entretien et de l'élagage (non éligible), un total brut annuel de 4 200€ donnerait un coût net de 2 400€ (1 800€ + 600€).
Il faut rester vigilant face à des pièges qui peuvent alourdir la facture : la confusion entre prestations éligibles et non éligibles, un dépassement du plafond annuel du crédit d’impôt, des frais kilométriques excessifs, une surfacturation des fournitures et consommables, ou l'absence d’agrément services à la personne du prestataire. Confondre taille et élagage est une erreur fréquente : la taille de haies et d’arbustes est éligible, alors que l’élagage d’arbres est généralement exclu du dispositif. Faire intervenir un prestataire non déclaré ou mélanger des prestations sans distinction claire sur la facture sont d'autres erreurs à éviter. Enfin, il ne faut pas oublier que certaines aides diminuent la base du crédit d’impôt, comme les montants financés par l’APA ou un CESU préfinancé.
Le temps et la gestion administrative représentent un cinquième coût. Il faut intégrer le temps nécessaire pour identifier et contacter plusieurs prestataires, comparer les offres, négocier les tarifs, suivre la réalisation des travaux, et gérer les paiements et justificatifs pour les aides fiscales. Heureusement, en 2026, de nombreux outils numériques simplifient cette gestion, tels que les portails en ligne pour la déclaration des prestations et demande d’avance immédiate, les applications mobiles pour le suivi des interventions, les factures électroniques compatibles avec les services fiscaux, et les services d’aide à domicile intégrés.
Tendances du marché du bricolage et jardinage : innovations et comportement d'achat
Une dynamique de croissance post-confinement
L'année 2021 a confirmé le goût des Français pour les travaux de jardin et d’amélioration du domicile. Les ventes de produits de Bricolage et Jardinage audités par GfK ont progressé au global de 5,9% par rapport à 2020, après une année 2020 déjà en hausse. La pratique s’ancre dans le quotidien et les projets de rénovation / aménagement d’intérieur devraient continuer à alimenter la dynamique du marché. Les experts GfK constatent qu’« un palier a été franchi en 2021, installant les univers Bricolage / Jardinage au cœur des pratiques post-Confinement. 59% des Français ont pratiqué le bricolage en 2021 et 65% le jardinage », explique Hélène Breteau, GfK Consumer Intelligence Lead.
Le marché du Jardin a établi son chiffre d’affaires à 3,2 Mds€ en 2021, soit une hausse de +25% par rapport à 2019. L'année 2021 est marquée par une bonne progression du marché des végétaux d'extérieur, porté par les plantes d'ornement, alors que les potagères restent stables. Malgré la persistance de la crise sanitaire, la part de foyers acheteurs de végétaux reste stable (75%). Les achats ont augmenté de 5% en volumes et de 15% en valeurs par rapport à 2020, et si la quantité moyenne (31,9 végétaux) revient au niveau de 2019, les sommes dépensées, elles, ont fortement augmenté (130 € contre 112,8 € en 2020).
L'évolution des préférences : jardin facile et produits naturels
« Nous avons assisté à une année Jardin incroyable, installant un nouveau référentiel de marché », souligne Agathe Gros, consultante Senior GfK Market Intelligence DIY. En 2020, le contexte d’astreinte au domicile a conduit les consommateurs à s’aménager un petit bout d’extérieur, côté balcon comme pleine terre. Ainsi, semences, produits pour jardin (PPJ), arrosage et outils à main de jardin ont affiché de très forte croissance. Côté Jardin motorisé, le marché a généré 1,4 Mds € en hausse de +31% sur 2 ans. Les tondeuses dominent toujours le mix produits, affichant plus de 780 Mios€ et +38%.
« Depuis quelques années, nous assistons à une tendance forte du Jardin facile, le consommateur cherchant à faire moins d’entretien (vidange, changement de pièces type bougies, filtres…) et à disposer d’équipement sans fil, plus léger », commente Agathe Gros. Cela s’illustre côté outils sur batterie, dont les ventes dépassent 25% du marché en 2021, mais aussi côté tondeuses. Autre tendance inscrite dans la durée : les consommateurs achètent de plus en plus bio et naturels en PPJ et Alimentation animale, et ces produits tirent le marché.

Les circuits de distribution et l'essor du e-commerce
Avec 2,2 lieux d'achats fréquentés en moyenne par foyers, la grande distribution reste le premier lieu d'achats pour les végétaux, suivie par les fleuristes et les jardineries. Le budget moyen augmente dans tous les lieux d'achats (+15% en jardinerie, +12% en grande distribution, +8% chez le fleuriste et le producteur) en raison de la hausse générale du prix moyen payé pour un végétal. En ce qui concerne les achats de végétaux (ornement et potager), l’Île-de-France représente la région la plus importante en poids de foyers acheteurs et en sommes dépensées. Cependant, elle ne figure qu’en 8ème place en termes de budget moyen par foyer acheteur et en dernière place au niveau des quantités annuelles achetées. C’est dans les régions Centre-Val-de-Loire et Grand Est que la proportion de foyers acheteurs de végétaux pour le potager est la plus forte avec respectivement 44% et 40%.
Côté Jardin comme Bricolage, les données GfK Market Intelligence révèlent la prédominance en chiffre d'affaires des circuits spécialisés. Le e-commerce s’installe dans les pratiques : les revenus issus des ventes Bricolage / Jardinage sur Internet ont doublé en 5 ans mais restent minoritaires, générant moins de 10% du chiffre d'affaires du secteur.