Le jardinage est une discipline où certains gestes, bien qu’ils puissent paraître anodins, sont pourtant essentiels au bon développement des végétaux. Parmi ces gestes techniques, le tuteurage occupe une place prépondérante. Que ce soit pour soutenir une récolte abondante de tomates ou pour garantir l’enracinement sain d’un jeune arbre fruitier, la maîtrise des structures de support est un atout majeur pour tout jardinier.

Pourquoi le tuteurage est-il crucial ?
La première réponse qui vient à l’esprit est probablement « pour qu’il pousse droit ». Ce n’est pas faux, néanmoins, il ne s’agit pas de la seule raison, et ce n’est d’ailleurs pas la plus importante. Lorsqu’un arbre est nouvellement planté, il est soumis aux aléas de la météo, et notamment au vent. Ce dernier, en faisant imprimer un rythme de balancier à l’arbre, empêche celui-ci de s’enraciner correctement. Sur les terrains battus par les vents, les sols meubles, fraîchement remaniés ou en pente, tuteurer un arbre permet aussi d’éviter qu’il ne se couche ou ne se déracine partiellement.
Enfin, la dernière raison de tuteurer un arbre est de venir en soutien au greffage. En revanche, les petits arbres n’ont pas besoin d’un tuteurage systématique. Dans un jardin bien abrité, un jeune arbre de faible hauteur, bien planté dans un sol structuré, peut parfois se passer de tuteur. Un des risques du tuteurage est d’abîmer les racines lors de l’installation du support. C’est pourquoi, il est recommandé de tuteurer un arbre au moment de sa plantation.
Le choix des matériaux et la durabilité
Les tuteurs font partie des indispensables du jardinage. Ils servent à soutenir arbres, fleurs et légumes, à supporter leur poids, assurer leur résistance et améliorer leur croissance. Que vous les choisissiez en bois, en métal ou en plastique, les tuteurs doivent être solides et résistants. Préférez des matières imputrescibles qui survivront aux agressions extérieures.
Pour les tuteurs simples, les tiges de bambou sont particulièrement conseillées grâce à leur imputrescibilité. En magasin, les tuteurs en bois de pin sylvestre traité autoclave sont les moins chers mais mieux vaut opter pour ceux en châtaignier ou acacia, imputrescibles, qui dureront plus longtemps. Le bois de noisetier est également une excellente option naturelle.
Techniques de tuteurage pour les arbres fruitiers
Le choix de la technique dépend de l’âge, de la taille de l’arbre, du diamètre de son tronc et des contraintes environnementales.
- Tuteurage simple (monopode) : Suffisant pour un jeune arbre de moins de 3-4 mètres, avec un tronc de moins de 10 cm de diamètre.
- Tuteurage double (bipode) : Deux tuteurs placés de part et d’autre de l’arbre, soutenus par des planchettes horizontales.
- Tuteurage tripode ou quadripode : Trois ou quatre tuteurs disposés en triangle ou en carré autour de l’arbre, avec des planchettes pour renforcer la stabilité.
- Haubanage : Utilisé pour les grands arbres isolés ou exposés aux intempéries.
Tuteurer un arbre en pente peut être un défi. Dans ce cas, il suffit d’installer le tuteur selon un angle de 45 degrés ; le sens d’inclinaison devant suivre le vent dominant. Ce système est aussi utile dans les sols très compacts ou pierreux, où il est difficile d’enfoncer un piquet bien vertical.
1 Comment bien attacher un arbre fruitier haute tige à son tuteur!
L'art du palissage : pour une production optimisée
Le palissage est une technique agricole qui consiste à conduire une plante sur une structure en y attachant ses tiges et ses branches à l’aide de liens, dans le but d’en améliorer la qualité et le rendement. Le système de tuteurage du verger palissé constitue un investissement qu’il ne faut en aucun cas négliger. C’est le squelette qui soutient le poids de la récolte, année après année.
La base du palissage s’effectue en tendant des fils sur des piquets. Pour ce faire, on utilise des fils porteurs, des fils releveurs et des fils d’amarres. Les amarres sont adaptées en fonction du type de sol, elles s’ancrent dans le sol pour tenir les charges de l’installation. Divers autres accessoires sont couramment utilisés comme des tendeurs, des rehausses, des agrafes ou des écarteurs.
Pour cultiver des fruitiers en contre-espalier ou en palmette, il faut créer intégralement la structure qui supportera les lattes, le treillage et les arbres. Le palissage doit donc impérativement être solide, durable et doit donc être pensé pour qu’elle dure toute la vie de l’arbre, soit au moins 50 ans.
Entretenir et fixer : les bonnes pratiques
Lors de l’installation, évitez d’enfoncer le tuteur dans la motte ou les racines de l’arbre. Concernant les liens, plutôt que du fil de fer ou du plastique, utilisez un brin végétal pour lier l’arbre à son support. De l’osier, c’est le plus évident, mais aussi des pousses de cornouiller, de la ronce (débarrassée de ses épines !), de la clématite, du chèvrefeuille, ou de la viorne.
Inutile d’apprendre un nœud compliqué. Faites un huit en passant le brin entre l’arbre et son support, puis un deuxième. Enfin, arrêtez la ligature en repassant l’extrémité dans la boucle. Les ceintures de tuteurage ont l’avantage de répondre à ces deux conditions. En bonus, lorsqu’elles sont bien installées en « 8 », elles permettent également d’empêcher les frottements du tronc sur le tuteur. Une autre solution consiste à positionner un tampon entre le tronc et le tuteur.

Le tuteurage spécifique des tomates
La tomate (Lycopersicum esculentum) figure parmi les fruits et légumes les plus consommés par les Français. Bien-sûr, il n’y a pas obligation de mettre des tuteurs aux tomates, mais si vous voulez récolter des fruits, vous y avez vraiment intérêt, car la tige du pied de tomate n'est pas suffisamment solide pour porter toutes les branches pleines de fruits.
- Le tuteur simple : Sans doute le dispositif de support le plus usité, il n’est rien d’autre qu’un piquet en bois ou en métal sur lequel seront fixés les pieds de tomates au fur et à mesure de leur croissance.
- Le tuteur en spirale : Généralement en acier galvanisé, il est préféré pour sa grande facilité de mise en place et son côté esthétique. Il dispense le jardinier de fixer le pied de tomate au support puisqu'il s'y enroule quasiment tout seul.
- Le système de suspension : Pour que la ficelle puisse servir de tuteur, elle doit être solidement arrimée en hauteur à un support. Ce système convient pour des tomates plantées en rangs bien droits : au-dessus de chaque rang est "suspendue" une barre ou un tube en fer.
Conseils pour une gestion durable au potager
En fin de saison, au moment de l'arrachage des pieds de tomate, choisir des liens en raphia pour fixer les pieds permet de les passer directement dans le compost. Le tuteur reste en place 1 à 2 ans maximum pour un arbre, le temps que celui-ci s’enracine correctement. Un tuteur conservé trop longtemps peut blesser l’écorce, endommager les racines ou bloquer la circulation de la sève si les liens deviennent trop serrés.
N’oubliez jamais de vérifier régulièrement la stabilité du tuteur et l’état des attaches. Ajustez le serrage des liens pour éviter qu’ils ne compriment le tronc au fil de sa croissance. Si vous fabriquez vos propres structures, n'hésitez pas à impliquer les enfants : vous pouvez planter un bouchon de liège décoré à l’une des extrémités, ou établir un code couleur pour vous repérer au potager. Ces petites attentions rendent le jardinage plus ludique tout en assurant une efficacité optimale à vos installations.