L’obligation de trier ses déchets biodégradables va entraîner un changement bénéfique de nos habitudes quotidiennes. Car plutôt que de faire détruire ces restes de notre alimentation et les déchets issus du jardinage par des pratiques assez polluantes, toutes ces matières vont être compostées pour un retour à la terre, améliorant le sol et nourrissant les plantes. Avoir son propre bac à compost est une bonne solution, et il peut très bien être fabriqué. Le compost est l'ingrédient secret de la plupart des jardins les plus productifs. Avec l'aide des vers de terre et de microorganismes, vous pouvez transformer des feuilles, des déchets de cuisine, des petites branches ainsi que d’autres déchets végétaux en un riche compost.

Principes de conception et choix des matériaux
Les communes sont dans l’obligation de fournir à leurs habitants des composteurs répartis sur l’ensemble du territoire. Mais selon l'emplacement de ces composteurs, et selon les besoins, il est bien souvent plus pratique de disposer d’un composteur personnel. De nombreux bricoleurs, amateurs ou pas, auront envie de fabriquer eux-mêmes leur bac à compost.
Sélection du bois et durabilité
Pour fabriquer un composteur de jardin, vous choisirez un bois résistant à l’humidité. Les essences recommandées sont le cèdre de l’Est, le mélèze ou le bois torréfié. Le cèdre de l’Ouest est également très intéressant pour sa grande disponibilité, bien qu'il soit plus dispendieux. L’épinette et le pin constituent des options acceptables. Économique et écologique, tout bois de récupération comme les palettes de bois est envisageable.
Attention : à éviter absolument, le bois traité chimiquement. Si vous utilisez des palettes, privilégiez les palettes EUR ou EPAL, traitées thermiquement contre les insectes, et fuyez celles marquées « MB » (bromure de méthyle), un produit très toxique interdit en Europe depuis plusieurs années. Pour la charpente, utilisez des pièces de bois de 5 x 5 cm (2 x 2 po) et des vis à cèdre ou à plate-forme.
Dimensions et structure
Les côtés et la hauteur pourront mesurer au minimum 60 cm (2 pi) et au maximum 1 m (3 pi). Calculez bien le volume nécessaire pour le recyclage des déchets du foyer, de nombreux calculateurs peuvent être trouvés sur internet. Visez un volume de 1 m³ (1 m x 1 m x 1 m), le standard idéal pour une famille. Les parois latérales de la boîte devraient être constituées de planches placées horizontalement et espacées de 1 cm (1/2 po) pour garantir une aération indispensable.
TUTO - Montage d'un composteur en bois
Méthodes de construction : du modèle simple aux silos multiples
Le composteur en bois à lames de terrasse
Voici un modèle à couvercle et à trappe réalisé avec des lames de terrasse en pin et des tasseaux en bois brut. Assemblez les lames en les fixant sur les tasseaux pour former 2 des 4 parois du bac. Il est possible de laisser un espace entre les lattes, mais il y a un fort risque que le mélange s’assèche très vite en été, donc ne dépassez pas 1 cm entre chaque latte. Pour le panneau situé à l’avant, équipé d’une trappe qui se relève, fixez deux lames ensemble sans intervalle en bas, puis installez-les avec des charnières pour permettre la récupération du compost mûr. Le couvercle, quant à lui, doit être assemblé sans espaces pour protéger le mélange de la pluie excessive.
La version économique en palettes de chantier
Récupérer des palettes de chantier abandonnées est une solution très utile. Pour ce modèle, il vous faut 7 palettes de chantier, une paire de gants, du fil de fer solide, 4 pieux taillés en pointe et une scie à main. Dans un coin à l’ombre, posez 3 palettes debout bout à bout, et 4 palettes perpendiculairement pour les cloisons internes. Liez solidement les palettes entre elles avec du fil de fer serré. Enfoncez un piquet à chaque extrémité des palettes pour stabiliser l’ensemble. Les puristes solidifieront les palettes du fond par l’arrière en vissant des tasseaux sur toute la longueur.
Le système à plusieurs silos
Si vous avez beaucoup de déchets, il peut être pratique d’avoir un composteur à plusieurs silos. Au fur et à mesure que les déchets se décomposent, vous les faites passer d’un compartiment au suivant. Ce transfert permet d’aérer le tout et chaque silo contient des déchets qui sont à peu près au même stade de décomposition. Dans ce cas, pas besoin de trappe, mais la façade de chaque compartiment doit être démontable pour faciliter l’accès.

Installation et optimisation du site
Avant de construire, prévoyez avec précision l’emplacement. Il est préférable de le placer à l’ombre ou à mi-ombre sur une surface plane, directement en contact avec le sol du jardin pour assurer le passage des micro-organismes et des vers de terre. Si vous souhaitez que le bac reste discret, cachez-le derrière des arbustes, une haie ou la tonnelle du jardin.
Gestion de l'humidité et protection
La présence d’un couvercle est fortement recommandée pour contrôler le taux d’humidité et protéger le mélange des intempéries. Pour un taux d’humidité optimal, couvrez votre bac à compost, par exemple avec une natte en bambou ou en roseau. Vous le protégerez ainsi efficacement du dessèchement et de l’exposition directe au soleil. Le compost doit avoir la texture d’une éponge essorée, jamais détrempé ni totalement sec.
Entretien et aération
Pour que les organismes décomposeurs puissent bien faire leur travail, l’air est indispensable. Remuer régulièrement le mélange permet de l’aérer. Prenez une fourche et brassez le tas environ une fois par mois pour tout décompacter, ce qui oxygène les micro-organismes au travail. Toute matière organique végétale est, a priori, compostable. Alternez les couches de matériaux riches en carbone (paille, bois haché, feuilles mortes, cartons bruts) et ceux riches en azote (gazon, déchets de cuisine) pour assurer une bonne décomposition.
Alternatives pour espaces restreints : Bokashi et Lombricomposteur
Si vous habitez dans un appartement sans espace de pleine terre, il est aussi possible de transformer vos déchets organiques grâce à d’autres méthodes.
Le composteur Bokashi
Le bokashi repose sur la fermentation à l’aide de microorganismes actifs. L’avantage est que l’on peut y mettre tous les déchets organiques, y compris la viande et le poisson. Pour le fabriquer, il vous faut deux seaux identiques de 10 à 16 litres avec un couvercle hermétique et un robinet. Percez des trous dans le fond du seau supérieur pour laisser s’écouler le jus de fermentation dans le seau inférieur équipé du robinet.
Le lombricomposteur
La fabrication d’un lombricomposteur est proche de celle du bokashi. Munissez-vous de 3 seaux empilables. Le premier, à la base, récolte le liquide. Le deuxième, percé de trous de 2 mm, laisse passer le liquide mais retient les vers. Le troisième, percé de trous de 8 mm, permet aux vers de circuler entre les niveaux. Ce système permet d'obtenir un terreau fertile et un « thé de vers » riche en nutriments, idéal pour vos plantes d'intérieur.

La fabrication de votre propre solution de compostage est un geste simple, durable et gratifiant. En plus de réaliser des économies substantielles par rapport aux modèles du commerce, vous valorisez efficacement vos déchets ménagers tout en créant une ressource précieuse pour votre jardin ou vos plantes.