Face aux défis environnementaux actuels, le compostage émerge comme une solution incontournable pour réduire nos déchets et valoriser nos ressources. Encore aujourd’hui, lorsque l’on pense compostage à domicile, on imagine une habitation en milieu rural avec un jardin. Mais composter ses déchets est aussi possible en milieu urbain, même avec un espace restreint comme un balcon ou un simple rebord de fenêtre. Ce guide vous propose une démarche simplifiée pas à pas pour réussir votre compost sur votre balcon ou en appartement.

Le compostage en milieu urbain : Pourquoi et comment ?
Depuis plusieurs années, le souci de mieux consommer et de mieux s’alimenter s’accompagne d’un besoin de recycler nos déchets du quotidien, en particulier nos biodéchets avec le compost. Aujourd’hui encore, 30% du volume de notre poubelle est composé de déchets compostables, composés à 80% d’eau ! C’est environ 40 kg d’épluchures et de déchets organiques qui finissent à la poubelle par an et par habitant. Le compostage est un processus naturel de dégradation des matières organiques en un produit stable et riche : le compost. On retrouve ce processus partout dans la nature et au fond du jardin. Quand on dispose d’une maison, c’est une pratique assez simple et courante. Mais quand on habite en appartement, la question se pose : comment faire si on a juste un intérieur ou un balcon ? Bonne nouvelle : jardiner en ville et composter, c’est possible !
La loi sur le compostage en France du 1er janvier 2024 soutient ces efforts, incitant à la mise en place de dispositifs de collecte sélective des déchets organiques dans chaque domicile. En optant pour un composteur de balcon ou d’appartement de petite taille, vous pouvez sur très peu de place réduire votre empreinte écologique, tout en valorisant une partie de vos déchets de cuisine qui iront directement nourrir les légumes du potager et vous donneront de quoi faire à nouveau une cuisine fraîche du balcon !
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Les différentes méthodes de compostage adaptées aux balcons et appartements
Pour composter en appartement ou sur un balcon, plusieurs méthodes sont envisageables, chacune avec ses spécificités.
Le compostage en bac classique
Le compostage en bac est une méthode qui implique l'utilisation d'un récipient délimité (en bois, en plastique ou en métal) pour décomposer les déchets organiques. Généralement connus sous forme de gros bac en bois ou simple tas de matières organiques, la plupart des composteurs ne sont pas adaptés aux petits espaces comme les balcons et les terrasses. Cependant, il existe des modèles de composteurs miniatures beaucoup plus adaptés. Sous forme de petit bac, ces modèles sont parfaitement utilisables dans un appartement sans extérieur. Ils sont parfois équipés d’un sac de compostage, mais cela n’est pas systématique.
Vous pouvez opter pour un modèle classique en bois, ou pour un modèle plus original et moderne (en inox ou plastique). Les composteurs de balcons en plastique ont un prix attractif mais sont peu esthétiques et surtout de mauvaise qualité : le soleil chauffe les parois et les rend sensibles aux variations de température fatales pour les vers, si vous choisissez cette option. Si vous ne disposez pas de balcon ou de terrasse dans votre appartement, nous vous conseillons d’opter pour des modèles de composteurs miniatures beaucoup plus adaptés.
Vous pouvez tout à fait composer votre dispositif de compost vous-même. Pour ce faire, il vous suffit de récupérer un bac, un pot de fleurs, ou un autre contenant, d’y ajouter un sac de compostage, et de mettre un peu de terre et de matière sèche (branchages, papier journal) au fond du sac. Une poubelle en métal ou en plastique usagée peut également facilement se transformer en un composteur DIY.
Le lombricompostage : l'allié des petits espaces
Le lombricompostage est une méthode spécifique qui implique l'utilisation de vers de compost, généralement des vers rouges (Eisenia fetida ou Eisenia andrei). Ces petits organismes travaillent en tandem avec les bactéries pour décomposer les déchets organiques de manière efficace. Le lombricomposteur est la solution idéale pour les personnes qui ne disposent pas d'un jardin. Il trouve facilement sa place sur un balcon ou dans une cave. Ce composteur d’appartement se différencie des composteurs d’extérieur, dans la mesure où il fonctionne grâce à l’action de vers à compost.
Les lombricomposteurs ont une capacité de recyclage plus importante à volume équivalent que les composteurs classiques. En effet, les vers de compost peuvent digérer leur propre poids par jour ! Pour traiter 250 g de déchets par jour, il faut donc 250 g de vers minimum. Les plus répandus sont les vers rouges du fumier Eisenia fœtida, même si d’autres espèces sont également appropriées. Dans tous les cas, ne mélangez pas plusieurs espèces de vers, car cela perturbe le processus. N’utilisez pas non plus les lombrics du jardin, inadaptés au lombricompostage.
Au bout de 4 mois, vous obtiendrez un compost mûr, reconnaissable à sa structure grumeleuse et sa bonne odeur de terre. Le procédé génère aussi du lombrithé (un « jus » récupérable dans le bac du bas) et utilisable comme liquide d’arrosage fertilisant, après dilution au 1/10ᵉ. Versez un peu de ce jus dans l’eau d’arrosage de vos plantes d’intérieur et dans vos jardinières.
Le Bokashi : la fermentation japonaise
Le Bokashi est une nouvelle pratique de compost venue du Japon, fonctionnant avec un petit contenant type bac en plastique dans lequel on dépose ses épluchures ainsi qu’un activateur de compost à base de micro-organismes. Ce dispositif de compostage d'origine japonaise exploite des micro-organismes pour décomposer les déchets organiques. En pratique, il suffit de placer les déchets dans le seau, de les saupoudrer avec un activateur de décomposition à base de son de riz fermenté, puis de refermer hermétiquement.
Le Bokashi permet de valoriser vos déchets alimentaires en appartement sans vers de terre. C'est une méthode de compostage en deux étapes : chez vous, enfermez les déchets organiques dans un bac hermétique. Ils vont être « pré-compostés », c’est-à-dire transformés en une matière fermentée acide. Ensuite, apportez régulièrement cette matière dans un espace autorisé près de chez vous (par exemple, un composteur collectif ou directement dans un jardin). Le compostage classique ne permet pas d’y intégrer des os, des restes de viandes, et d’autres variétés de déchets. C’est là qu’intervient le Bokashi, offrant une solution pour une plus grande diversité de déchets.
Fabriquer son propre composteur : l'option DIY
Fabriquer un composteur soi-même est une démarche économique et écologique, qui s'inscrit dans la tendance de l'upcycling. La fabrication d'un composteur n'est pas compliquée, à condition de savoir bricoler un minimum.
Composteur d’extérieur simple (pour balcon ou rebord de fenêtre)
Si vous habitez en appartement avec un petit extérieur ou au moins un rebord de fenêtre, ou dans une maison avec un extérieur mais sans jardin, vous pouvez fabriquer un composteur d’extérieur simple.Il vous faut :
- Un pot de fleurs avec le fond troué en plastique ou en terre cuite
- Deux soucoupes : une grande et une petite
- De la terre
La fabrication :
- Posez la plus petite soucoupe au sol.
- Posez le pot de fleur sur la soucoupe.
- Mettez de la terre dans le pot de fleur.
- Mettez la grande soucoupe sur le pot de fleur comme couvercle.
Comment ça marche ? Quand vous avez des déchets organiques, vous pouvez directement les mettre dans le pot. Avec le temps, il y aura décomposition. C’est le composteur que beaucoup utilisent au quotidien, sur le rebord de la fenêtre de leur cuisine par exemple.
Lombricomposteur d’intérieur fait maison
Pour un composteur d’intérieur, le lombricompostage est la technique la plus adaptée. La technique du lombricompostage n’est pas très différente de la technique du composteur d’extérieur. La seule différence est que vous introduisez des vers rouges (Eisenia andrei) que vous trouvez facilement dans les magasins dédiés à la pêche. Ces gentilles petites bêtes sont très prolifiques et vont se charger d’accélérer la décomposition de vos déchets par rapport à du compostage classique.
Pour fabriquer un composteur d’intérieur ou lombricomposteur, ce n’est pas très sorcier. Afin qu’il soit efficace, votre installation devra empêcher les vers de se sauver, éviter leur noyade dans la partie récupération du thé de compostage (l’engrais liquide généré par la décomposition des déchets), sans oublier de se prémunir contre les remontées d’odeurs.
Pour faire simple et pour une première tentative, optez pour la technique des bacs en plastique.Il vous faut :
- 2 à 3 bacs empilables (mais pas encastrables) en plastique alimentaire, opaques et étanches.
- Un couvercle.
- Une perceuse avec des forets de 1 mm et de 6-8 mm.
- Optionnel : Un robinet avec un joint d’étanchéité (prévoir un embout spécial pour votre perceuse et du joint de calfeutrage).
La fabrication :
- Posez un parpaing au sol (sert à surélever le composteur).
- Posez un premier bac sur le parpaing.
- Optionnel : Percez un des côtés du bac puis insérez le robinet avec le joint d’étanchéité. Faites en sorte que cette installation soit bien étanche !
- Prenez un deuxième bac et percez le fond du bac de trous de 6 ou 8 mm répartis régulièrement tous les 2 cm. Vous pouvez reproduire la même opération pour une caisse supplémentaire si vous avez beaucoup de déchets à composter.
- Dans le deuxième bac, mettez une feuille de carton dans le fond du bac.
- Fabriquez une litière avec soit de la fibre de coco, soit du carton en petits morceaux (rouleaux de papier toilette, boîte d’œufs, carton de déménagement…), soit du papier en lambeaux mais pas du papier glacé, soit des filtres à café usagés ou des sachets de thé, soit le substrat d’un autre lombricomposteur. Vous pouvez aussi mélanger plusieurs éléments (la fibre de coco et le carton se marient bien).
- Installez la litière sur la feuille de carton, dans le deuxième bac. Elle doit avoir 3 à 5 cm d’épaisseur. Déposez des vers par-dessus, puis recouvrez d’encore un peu de litière et ajoutez une petite pelletée de terre. Pour finir, recouvrez le tout d’un tissu (un morceau de vieux t-shirt fera l’affaire).
- Posez le (ou les) bac sur le premier bac.
- Prenez le couvercle et percez le de petits trous de 1 mm de diamètre sur toute la surface.
- Posez le couvercle sur le bac.
Comment ça marche ?Le bac du bas va servir à récolter l’engrais liquide noir et très tachant que l’on appelle le thé de compostage (d’où l’intérêt de poser un robinet sur ce bac, mais il faut veiller à ce qu’il soit vraiment bien étanche). Le parpaing va vous faciliter la vie lorsque vous allez récupérer l’engrais liquide. Le premier bac à compost au-dessus, c’est celui qui va recevoir les vers et les premiers déchets. Le t-shirt sert de tapis d’humidification. Sachez qu’un lombricomposteur fait maison a tendance à sécher davantage qu’un dispositif du commerce car il est moins étanche. Si vous avez prévu un bac supplémentaire, il servira pour y mettre vos autres déchets. Le couvercle sert quant à lui à éviter les mauvaises odeurs, à oxygéner le compost et éviter que les vers se fassent la malle !
Attendez une semaine avant de mettre vos déchets avec les vers. Allez-y par petites quantités au départ et mettez des petits morceaux d’épluchures. Une fois que cette première fournée est bien attaquée, vous pourrez en ajouter encore. Si des moisissures blanches apparaissent au début, c’est normal. Si votre bac est bien fermé, logiquement il n’y aura pas de mauvaises odeurs. Quand les vers se seront multipliés, ils seront plus efficaces, vous pourrez alors jeter davantage de déchets dans votre composteur. Quand le deuxième bac est plein, posez le troisième bac au-dessus avec quelques déchets dedans.
L'emplacement idéal de votre composteur de balcon
Le choix de l'emplacement de votre composteur est crucial pour son bon fonctionnement, surtout en appartement. Il doit répondre au mieux à ces critères si vous voulez qu’il soit efficace :
Accessibilité facilitée
Trouvez un emplacement proche de votre cuisine pour faciliter les allers-retours. Si c’est trop loin, il est probable que vous n’irez jamais y déposer vos déchets. Simplifiez-vous le travail ! Fabriquer un composteur mais ne pas l’utiliser, c’est dommage, non ?
Zone ombragée et aérée
Pour assurer un compostage efficace dans votre bac, veuillez choisir un endroit frais, bien aéré, et mi-ombragé (sans exposition directe au soleil mais avec un peu de lumière). C’est pourquoi, on va souvent privilégier les balcons et terrasses qui disposent d’une partie ombragée, ainsi que les rebords de fenêtre pour placer son bac à compost. Pour fabriquer un composteur, vous devez éviter le plein soleil. Le processus de dégradation a besoin de chaleur mais un soleil direct aura l’effet totalement inverse en asséchant le compost. Le travail de décomposition s’arrêtera tout simplement, ce qui n’est pas bon. Les micro-organismes, les insectes et les vers qui participent à ce processus ne supportent pas la lumière directe du soleil. Ils adorent plutôt l’obscurité. Dans le cas du lombricomposteur, les vers ne doivent pas être soumis à une température de plus de 25°C. L’emplacement doit leur permettre de rester à l’ombre pour ne pas avoir d’écart de température.

Pour les composteurs d’extérieur, vous pouvez le plaquer à un mur mais dans ce cas pour seulement une de ses faces. Il est déconseillé de choisir un angle ou un espace fermé. Il faut absolument que votre composteur soit aéré mais sans être complètement en plein vent tout le temps.
Stabilité et protection
Il est important que l’emplacement soit plat. Fabriquer un composteur sur une surface plane donne une plus grande stabilité à votre installation et évitera que le composteur se renverse. Personne ne souhaite avoir son compost en cours de décomposition éparpillé et avoir à le ramasser.
Si votre composteur est d’extérieur, la zone doit être protégée du vent et des fortes pluies. Votre compost doit être aéré mais pas trop non plus (au revoir le vent et la tempête) et doit être humide mais sans être noyé non plus. L’avantage d’un compost d’intérieur, c’est que vous n’avez pas ces problématiques là !
Proximité d'un point d'eau
Pour réussir votre compost, il faut surveiller l’humidité. Ni trop, ni pas assez, c’est un des points essentiels. La proximité d’un point d’eau va donc vous faciliter la tâche pour arroser plus facilement votre compost lorsqu’il en a besoin.
Que mettre et ne pas mettre dans son composteur de balcon ?
Pour garantir la qualité de votre compost, veillez à ce que ce dernier soit équilibré en termes de matières humides et de matières sèches. C’est l’engrais le plus équilibré : plus vous compostez d’éléments différents plus votre compost sera complet. La diversité des déchets utilisés fait du compost le meilleur engrais organique.

Les matières compostables
Pour un compost 100% naturel, utilisez les déchets verts de la maison (fruits et légumes) et du jardin. Utilisez des matériaux variés et broyés (les micro-organismes seront plus efficaces si les déchets sont en petits morceaux) en mélange équitable secs (bois, rameaux, feuilles mortes) et humides (encore verts). Pour chaque poignée d’épluchure, apportez le même volume en matière sèche (papier, carton, paille, feuille morte) également coupée en morceaux. Cela permet de réguler le taux d’humidité bien souvent à l’origine des mauvaises odeurs.
Au jardin (si applicable) :
- Feuilles mortes broyées
- Tonte d'herbe fraîche
- Herbes séchées
- Fleurs fanées, même celles du fleuriste
- Plantes d'appartement
- Bois de taille broyé, sciures et copeaux
- Aiguilles de conifères
- Mauvaises herbes non grainées, dont les orties entières avant floraison
À la maison :
- Déchets et épluchures de légumes et de fruits (ayez la main lourde avec les autres légumes et fruits).
- Peaux d'agrumes broyées (en petite quantité pour le compost classique, ou conservez-les pour réaliser un produit ménager fait-maison senteur agrumes. Si vous avez un lombricomposteur oubliez ail, oignon et échalote, les vers n’aiment pas).
- Restes de repas (sans viande, ni graisse).
- Feuilles de thé et sachets de thé.
- Marc de café avec le filtre.
- Croûtes de fromage, couenne de jambon.
- Coquilles d’œufs, de noix, de moules broyées.
- Pomme de terre flétrie broyées.
- Graisses, huiles de cuisine (en petite quantité).
- Papier essuie-tout (mouillé).
- Papier, journaux, cartons (en morceaux). Sans oublier l’apport en matière carbone pour rééquilibrer le tout grâce au papier (essuie-tout), rouleaux de papier toilette voire au sac en papier de votre magasin bio préféré.
- Tissus naturels tels le coton et le lin (broyés).
Les matières à ne pas mettre au compost
Il est tout aussi important de savoir ce que vous ne pouvez PAS y mettre.
Au jardin (si applicable) :
- Terre, sable et cendre de charbon.
- Gros bois, bois traité, bois exotique.
- Plantes malades (rosiers et arbres fruitiers).
- Tailles de thuyas et autres conifères.
- Cendres de bois.
- Toutes plantes grainées.
- Litières non biodégradables.
- Les fumiers doivent être utilisés bien décomposés, car frais, ils sont riches en éléments solubles trop concentrés pour la croissance des plantes.
À la maison :
- Viandes, poissons, et toutes les protéines animales (lait, restes de repas). Le compostage classique ne permet pas d’y intégrer des os, des restes de viandes, et d’autres variétés de déchets.
- Produits laitiers.
- Plastiques, métaux, verres (utilisez vos poubelles de tri).
- Papier glacé, imprimé ou coloré. Le papier, le carton, les essuie-tout, les mouchoirs, le tissu en fibre naturelle… peuvent aller au compost, mais seulement s’ils ne sont pas traités (transformation sans produits chimiques, sans encres, sans blanchiment…). Le problème, c’est que savoir à 100% si ces éléments ont été traités ou pas est très difficile.
- Langes jetables.
- Poussières de sac d'aspirateur et balayures.
- Tissus synthétiques tel le nylon et le lycra.
- Tous les produits chimiques.
- Huile de vidange.
- Huiles et graisses alimentaires (en grande quantité).
- Cendre de charbon de bois (après un barbecue).
- Tout élément ayant subi un traitement (peinture, impressions à l’encre chimique, blanchiment…).
- Mégots de cigarettes.
- Coquilles de fruits de mer.
- Litières de chats en argile.
- Sable et cailloux.
- Litières d’animaux domestiques.
Entretenir son composteur de balcon pour un compost réussi
Pour que le processus de compostage se déroule au mieux, un entretien régulier est nécessaire.
L'aération : un facteur essentiel
L’aération est un facteur essentiel puisque le compostage est un processus aérobie. Les bactéries responsables de la dégradation du compost doivent être dans des conditions aérobies, c'est-à-dire en présence d’oxygène pour pouvoir respirer. En dégradant, elles produisent de la chaleur. Il est important de bien aérer le tas de compost pour apporter l’oxygène aux bactéries et pour maintenir une température autour de 70°C. La mauvaise aération du tas de compost est la principale raison d’un compostage lent, partiel, hétérogène ou mal odorant. On estime que l'air devrait occuper au moins 50% du volume du tas.
Mélangez le tas le plus souvent possible (toutes les 4 à 6 semaines) pour bien aérer le tout. L'apport d’oxygène est important dans le processus de décomposition. À chaque apport de déchets, il est nécessaire de mélanger les 5 premiers centimètres de déchets présents au-dessus du composteur. Le premier mélange ne doit être réalisé que 2 à 4 semaines après la mise en tas des déchets. Avec un outil adapté comme l'aérocompost, formez des puits d'air dans le compost.
L'humidité : ni trop, ni trop peu
Il est important que vous contrôliez l’humidité de votre compost. Pour vérifier qu’il est satisfaisant, comprimez une poignée de compost dans votre main. Un compost trop sec ralentit le processus de transformation. Si le compost est trop sec et que l'apport de déchets humides n'est pas suffisant, les bactéries meurent et seuls les champignons continuent à travailler. Vous verrez alors apparaître des filaments mycéliens blancs. Dans ce cas, arrosez votre compost. Vérifiez également que l’aération n’est pas trop importante (espace entre les planches,…), que l’emplacement n’est pas trop venteux. Vous pouvez couvrir votre tas de compost avec une bâche après l’avoir arrosé, elle gardera l’humidité.

Attention à l’inverse de ne pas trop humidifier votre compost. Un environnement trop humide risque de générer des mauvaises odeurs dans votre compost. Un excès d'eau diminue la quantité d'air disponible dans le volume de compost. Les bactéries aérobies (qui ont besoin d’oxygène) sont remplacées par des bactéries anaérobies (qui n’ont pas besoin d’oxygène) qui dégagent des gaz et engendrent des odeurs désagréables. Dans ce cas, pensez à bien le mélanger pour éviter que certaines zones à l’intérieur ne soient trop humides. Pensez également à découvrir votre tas par temps sec pour augmenter l’aération. Si le taux d’humidité est vraiment trop important, étalez (par temps sec) sur le sol une partie du compost durant quelques heures afin de l'aérer, puis remettez-le dans le bac à compost. Pour favoriser le processus de dégradation des matières, notamment pendant les périodes sèches, pensez à humidifier votre composteur ! Celui-ci ne doit pas être noyé non plus, attention.
Prévenir les nuisibles et les mauvaises odeurs
Même en appartement, un compost bien entretenu ne dégage normalement pas de mauvaises odeurs. Si c’est le cas, c’est peut-être que votre composteur contient trop d’humidité ou qu’il y a un déséquilibre entre déchets humides et secs. Un compost de bonne qualité est un compost qui ne sent pas mauvais. Sinon, c’est qu’il y a un mauvais équilibre, trop d’humidité, que vos aliments pourrissent. D’où l’intérêt de rajouter du papier et du carton coupé en petits morceaux pour faciliter leur dégradation.
Pour éviter ou atténuer les mauvaises odeurs, vous pouvez adopter ces gestes simples : surveillez l’humidité en pressant une poignée de compost : si beaucoup d’eau coule, votre compost est trop humide. Si votre composteur attire des nuisibles comme des mouches ou des moucherons, c'est peut-être que vous ne le couvrez pas correctement ou que vous y mettez des déchets interdits comme la viande ou les produits laitiers. C’est normal, ils proviennent peut-être d’un fruit ou ce sont tout simplement des larves de mouches prêtes à se transformer. S’il y a de la vie, c’est que tout va bien ! Informez-vous sur les insectes du compost et apprenez à les reconnaître. Le compost vit, pas de panique donc si vous avez quelques moucherons, il suffira d’ajouter un peu de matière sèche et d’éviter les fruits pendant quelques jours. C’est pourquoi en été, il est conseillé de ne pas laisser le couvercle du composteur ouvert, car cela les attire ! Placez un morceau de carton humide au-dessus du tas de compost avant de le fermer, ce qui diminuera l’invasion.
Quand le compost est-il prêt et comment l'utiliser ?
Le processus de dégradation est une dégradation aérobie intense : il s'agit essentiellement de la décomposition de la matière organique fraîche à haute température (50 à 70 °C) sous l'action de bactéries et en présence d’oxygène. Le processus de maturation est caractérisé par une dégradation moins soutenue.
Reconnaître un compost mûr
Le compost est mûr au bout de 6 mois, voire 9 mois, voire 3 à 6 mois au printemps/été ou 6 à 9 mois en automne/hiver s’il est bien isolé et retourné régulièrement. Certains composteurs permettent même la réalisation d’un compost de qualité en 4 à 6 semaines seulement ! Pour un compost bien décomposé, pensez à alterner entre deux couches avec un activateur à compost. Il est mûr lorsqu’il est noir ou marron très foncé et que la totalité des déchets est dégradée. Le compost est prêt lorsqu’il sent la terre forestière, l’humus et s’effrite facilement. Dans un lombricomposteur, les vers régulent leur population en fonction de l’environnement, plus il y a de déchets plus ils doivent être nombreux et se reproduisent.
Composter c'est facile ! Mais Comment BIEN Choisir son Composteur ? Les Règles d'or ! TOP 3 Meilleur
Utilisation du compost
Le terreau est un mélange de matières organiques fibreuses, de matières minérales, et d’amendements organiques dont le compost. Le compost entre dans la composition de la plupart des terreaux et sert à le nourrir dans le temps. Lorsque votre compost est mûr, nourrissez vos plantes en le déposant à la surface de la terre de vos pots. Dans le temps, il formera un excellent engrais. Cet équivalent de l’humus est un engrais organique qui va constituer un terreau fertile, produit très nutritif pour les plantes.
Le compost produit par votre composteur de balcon peut être utilisé comme engrais naturel pour vos plantes sur votre balcon ou dans votre intérieur. Retirez-le par la base et incorporez-le au pied des plantes ou dans les trous de plantation. Attention à ne pas l’enterrer mais à l’incorporer de façon superficielle. Épandre 30 à 70 kg de compost pour une surface de 100 m², trois fois par an. À la fin du compostage, le tas aura perdu 2/3 de son volume initial, mais il sera concentré en éléments nutritifs. Si vous n’avez pas obtenu suffisamment de compost pour l’ensemble de votre jardin, n’hésitez pas à le compléter par du terreau commercial prêt à l’emploi.
Vous pouvez aussi utiliser le liquide qui s’écoule de votre composteur : le thé de compost. Diluez-le à raison d’un litre de liquide pour cinq litres d’eau. Puis arrosez vos bacs potager, pot de fleur, plante d’intérieur avec !