Le Bonsaï est une chose qui fascine tout le monde, ce qui a engendré plusieurs plaisanteries et autres canulars sur Internet. Le chaton Bonsaï (gardé pendant plusieurs années dans un petit pot en verre) est sans doute le plus connu de cette catégorie. S’agit-il d’un Bonsaï de cannabis ou d’un truquage opéré par le magicien qu’est Photoshop ? Regardez bien la photo ci-dessus, elle a été longuement discutée sur le Reddit Bonsaï et, comme l’a avancé Sofasoft, elle est truquée. La photo est artificiellement plate, toutes les fleurs ont la même taille et manquent totalement de profondeur. Les ombres ne suivent aucune logique, et toutes les branches ne sont pas visibles. La photo ci-dessous figure également parmi celles sur lesquelles nous sommes tombés à plusieurs reprises. Elle a l’air assez réaliste, et nous n’avons pas décelé de trace qui indiquerait le passage du magicien Photoshop. À mon avis, elle est authentique.

L'art du Bonsaï est une discipline fascinante, à laquelle le cannabis, par sa vigueur végétative et sa structure ramifiée, se prête parfaitement. Cette technique nous permettra de conserver des plantes mères de nos génétiques de cannabis préférées, dans un espace aussi réduit que possible. Le Bonsaï est un art d'origine japonaise qui demande beaucoup de patience et de précision, pour maintenir avec soin une plante de petite taille. Sans prétendre vous apprendre à réaliser ces sculptures végétales fascinantes, nous nous inspirerons de cette technique ancestrale qui s'avère très pratique pour la culture en intérieur, où l'espace est souvent limité : le bonsaï de cannabis sera alors une excellente alternative pour conserver des plantes mères dans un modeste placard.
Pourquoi et comment confectionner un bonsaï cannabique ?
Les cultivateurs de plantes issues de semences régulières de marijuana le savent bien : lorsque l'on a la chance de rencontrer un phénotype remarquable au fil des sélections, il devient impensable de ne pas le conserver sous forme de plante mère, pour en cultiver des boutures à loisir par la suite. Ces plantes mères, si elles bénéficient de conditions idéales, pourront alors rapidement envahir la chambre de culture : pour cette raison, afin de préserver des génétiques de cannabis sans qu'elles ne deviennent encombrantes, le cultivateur aura généralement recours aux bonsaïs.
Le premier facteur important est le volume du pot, puisque la masse racinaire déterminera ensuite la taille de la plante : des pots de 0.5 à 3 litres sont les plus employés, présentant un bon compromis entre l'autonomie des plantes et la limitation du volume de racines. Comme les plantes passeront un long moment dans ce substrat, il sera indispensable d'utiliser un mélange de terre de qualité, vivant (BactoHemp, Trichodermas, enzymes…) pour prévenir d'éventuelles maladies ou asphyxies racinaires.
Ensuite, la source lumineuse est à tenir en compte : trop puissante (400 w et plus), elle stimulerait démesurément les plantes qui deviendraient inutilement imposantes, mais trop faible (ampoules domestiques, etc.) les plantes s'allongeraient à la recherche de la lumière. Des ampoules basse consommation de 125 à 200w, des turbo néons ou une MH de 250 watts représenteront un éclairage adapté à l'entretien de plantes mères Bonsaïs, desquelles nous n'aurons pas besoin de plus d'une dizaine de boutures par mois.
Formation d'un bonsaï pas à pas
Tout part d'un clone de cannabis, sélectionné aussi soigneusement que possible : il serait dommage de faire un bonsaï d'une plante sans potentiel. Les plantes issues de graines ont tendance à s'étirer davantage que les boutures, qui sont plus ramifiées, et faciliteront ainsi le travail de miniaturisation des plantes. Une fois la qualité de cette génétique reconnue, on installera la bouture dans un pot à semis, en attendant qu'elle produise assez de tige pour y prélever le premier clone.
Les prélèvements devront se faire sous un nœud, en s'assurant d'en laisser au moins un sous le point de coupe, idéalement davantage, pour s'assurer que les ramifications continueront à se former. Cette taille permet de limiter la hauteur de la plante, en dédoublant les branches, ce qui aura pour conséquence de répartir et canaliser l'énergie et commencera à ralentir la croissance verticale des plantes.

On suivra ce principe pour faire épaissir nos buissons cannabiques, en recourant si besoin à une technique très courante dans le monde de l'horticulture : le palissage. À l'aide de ficelles, il s'agira de plier les branches vers le bas, pour qu'elles se développent sur le plan horizontal plutôt que vertical. Cette méthode nous permettra de modeler la structure des plantes, pour occuper au mieux la surface du pot en limitant la hauteur.
On combinant ces deux techniques, nous pourrons alors former plusieurs branches principales, puis les tailler pour favoriser de nombreux départs de branches secondaires. Lorsque la masse végétale devient trop épaisse, les moisissures et insectes seront plus enclins à s'inviter sur vos bonsaïs, et plus difficiles à repérer. Aussi, on pourra retirer quelques feuilles et pousses au cœur du buisson, pour favoriser la pénétration lumineuse, et éviter une éventuelle humidité stagnante en excès.
Root Trimming : entretien du système racinaire
Arrive maintenant l'heure d'entretenir le sol. Avec le temps, les racines ont complètement colonisé les parois du pot, et risquent à présent le chignonage, soit l'étouffement des racines, qui pourrait être fatal aux plantes mères. Aussi, l'autonomie en eau et en nutriments des plantes est réduite lorsque les racines occupent une proportion si importante du substrat : il sera préférable de transplanter les bonsaïs vers un substrat frais.
Pour maintenir la forme compacte des plantes, on préférera conserver un pot de même volume. Pour ce faire, la technique du Root Trimming s'impose : il s'agira de découper proprement les bords de la motte pour retirer une tranche de racines de quelques centimètres d'épaisseur. De cette façon, les racines disposeront à nouveau de substrat frais, tout en continuant à limiter le volume de la masse racinaire.
Il est préférable de réaliser cette taille d'entretien des racines quelques jours après avoir prélevé des boutures, pour que les masses racinaires et végétales soient équilibrées : en divisant le système racinaire par deux, la plante rencontrerait facilement des difficultés pour s'alimenter si l'on ne réduit pas également le volume de la partie aérienne.

Une bonne alternative consistera à transplanter les bonsaïs de cannabis dans des pots intelligents : le tissu-géotextile utilisé pour leur confection assure une grande aération, qui se traduira par une taille naturelle des racines lorsqu'elles arriveront en contact avec l'air. De cette façon, on évitera le chignonage des racines, les plantes pourront donc passer plus de temps entre deux coupes de racines ou Root Trimming.
Conseils pour la conservation des bonsaïs de cannabis
Un bonsaï pourra être conservé plusieurs années sans problèmes, à condition toutefois de respecter certaines règles qui assureront santé et longévité à nos arbres de cannabis miniatures. En premier lieu, le système racinaire étant la matrice de nos plantes, en plus des recommandations à propos de la vie dans le sol, nous vous recommandons un arrosage soigné, pour favoriser l'épanouissement des racines et écarter d'éventuelles maladies (en cas d'eau d'arrosage trop froide ou de substrat détrempé par exemple).
Ensuite, bien que certains cultivateurs pratiquent avec succès un cycle lumineux 6/6/6/6h qui permet d'éviter les 12 heures d'obscurité ininterrompue synonyme de floraison, tout en limitant l'apport en lumière pour une croissance ralentie, il faudra rester vigilant et proscrire tout cycle lumineux chaotique. Le cultivateur satisfait de son travail pourra être tenté de placer le bonsaï dans une pièce à vivre, où les cycles et spectres lumineux pourront varier, et finir par stresser les plantes. Ceci pourra s'exprimer par quelques pistils, voir la formation de feuilles monopales ou autres anomalies. Pour cette raison il sera préférable de conserver les plantes mères dans un placard de culture aux conditions idéales et une photopériode stable d'au moins 18h de lumière par jour, pour ne pas voir les génétiques dégénérer avec le temps.

Une des choses les plus importantes qu'un cultivateur doit apprendre est d'observer de près et régulièrement. Pour savoir quand elles vont bien et n'ont besoin de rien, jusqu'aux premiers signes de carences. Elles auront besoin d'une taille des racines une fois ou deux par an. Cela dépend de l'intensité de la fertilisation et de la qualité de l'eau. Malgré ce qu'on dit parfois, il est quasiment impossible de nettoyer les racines des dépôts de sel. Une sur-fertilisation temporaire, oui, mais une cristallisation continuelle des sels et des dépôts de carbone, non !
Paramètres spécifiques pour la transplantation réussie
Choisir le moment approprié pour effectuer la transplantation est essentiel. Il est préférable de l’effectuer au printemps lorsque la plante entre dans sa phase de croissance active. Cela facilite l’adaptation de la plante à son nouveau substrat et à son nouveau pot. Un bon substrat doit être léger, bien aéré et avoir un excellent drainage. Les mélanges contenant de la perlite, de la vermiculite et de la terre pour bonsaïs sont idéaux. Le nouveau pot doit être légèrement plus grand que le précédent, afin de permettre la croissance des racines sans laisser trop d’espace vide.
Après la transplantation, il est essentiel de fournir une période de récupération adéquate. Arrosage modéré : évitez l’excès d’arrosage les premiers jours, afin de prévenir le stress des racines. Éclairage doux : gardez la plante à l’abri de lumière ou de l’ensoleillement direct pendant quelques jours pour l’aider à assimiler le choc de la transplantation. Nutrition légère : attendez au moins deux semaines avant de reprendre votre routine d’arrosage. Offrir à votre plante ce laps de temps de récupération permettra à votre bonsaï de cannabis de continuer à pousser vigoureusement.
Sélection génétique et pérennité
Parce que la génétique de chaque variété est différente, certains cultivars seront mieux adaptés au développement de canna-bonsaïs. La Critical Kush est un hybride à dominance indica qui pousse court et touffu grâce à son rapport indica:sativa 80:20. La White Widow est un classique néerlandais qui est devenu l’une des variétés les plus légendaires de la planète. Cet hybride bien équilibré offre un mélange puissant d’effets sativa et indica, avec des taux de THC à plus de 20 %.
Les bonsaïs cannabis sont récemment devenus assez populaires, surtout chez ceux souhaitant avoir des pieds mères discrets et de haute qualité. Il existe de très bonnes raisons pour lesquelles vous souhaiteriez cultiver un plant mère. En prenant des clones à partir d’une mère de haute qualité, vous économisez de l’argent sur l’achat de graines et vous gagnez beaucoup de temps en esquivant la phase de plantules. Encore une fois, économiser de l’argent est rarement la raison principale pour laquelle les cultivateurs prennent des clones en premier lieu. En fait, c’est souvent pour préserver d’excellentes génétiques de cannabis. Si vous avez un plant préféré, vous pouvez le cloner et le transformer en un plant mère respectable. Vous pouvez prendre des boutures pour cultiver des clones, et chaque plant possédera les mêmes formidables caractéristiques.

Si vous cultivez en intérieur, il est probable que vous n’ayez pas énormément d’espace de culture à disposition pour conserver un certain nombre de plants mères. Étant donné que les bonsaïs sont très petits, vous pouvez conserver une bonne sélection de bonnes génétiques, et ce même dans un espace restreint. Vous pouvez facilement stocker une dizaine de petits plants mères dans des containers de seulement 5-10 cm. Chacun de vos petits bonsaïs mères pourra être tailladé pour obtenir de nombreuses boutures, et vous pouvez, techniquement, les conserver durant plusieurs années. Néanmoins, pour des résultats optimaux, il est préférable de remplacer les mères avec des clones d’elles-mêmes chaque année afin d’améliorer leur état de santé.
Optimisation de la production de boutures
Fatigués des énormes pieds-mères qui prennent trop de place ? Un bonsaï bien fait ne prend que 20*20cm. Une mère bonsaï, si elle est bien nourrie, produit 10 à 30 boutures tous les 14 jours sous une lampe à décharge (HPS ou MH) ou tous les 20 jours sous néons. Cela signifie que dans un espace de 1m20 sur 60cm avec 18 mères sous néons, on peut obtenir plus de 9500 boutures par an. Nous ne sommes pas ici en train de parler de production intensive mais cela montre à quel point ce système peut être flexible et efficace.
Commençons par faire une mère d'une bouture, et cela est simple. Vous vous apercevez souvent que dans chaque tournée de boutures, certaines tiennent mieux debout, sont plus solides et généralement sont plus jolies que les autres. Prenez une ou deux de ces boutures, et surtout pas parmi les rebuts. Gardez à l'esprit que cette mère vous fournira en boutures 4 à 6 fois par an pendant 5 à 15 ans, donc la meilleure s'impose. Mettez la bouture dans un pot carré de 6 cm de côté. Laissez-là en croissance pendant quelques jours pour qu'elle commence à faire des racines puis taillez-la pour obtenir 3 ou 4 pousses latérales. Ces petites branches formeront le squelette principal de votre mère. Dans l'idéal elles doivent pousser en donnant au plant la forme d'une tasse.
Les deux du sommet pousseront plus vite et quand elle feront environ 12 cm pincez ou coupez leurs extrémités juste au-dessus d'un nœud. Vous devriez avoir maintenant 6 à 8 branches principales. Quand elles mesureront 10 à 15 cm elles pourront être prélevées comme première tournée de boutures. Vous devez les coupez juste au-dessus du premier nœud de la pousse. Le temps est maintenant venu de changer de pot et de passer à la taille au-dessus, un pot de 8 cm de côté est idéal.
Entre deux prélèvements elles se rempliront mais si vous les taillez de nouveau avec cette forme, faites encore mieux et vous aurez encore plus de bonnes boutures à chaque fois. Il leur faut suffisamment d'engrais pour rester en bonne santé, à savoir une solution dosée à moitié de ce qui est indiqué deux fois par mois. Cela leur donne une bonne santé générale mais sans risque de sur-fertilisation. Si vous désirez une production plus importante, changez les doses d'engrais. Toutes les deux à quatre semaines une nouvelles fournée de boutures est prélevée même si vous n'en avez pas besoin. Considérez que vous "tondez le gazon", pour garder la mère à la même taille pendant des années. Comme on prélève autant, elle peut manquer de macro-nutriments, c'est pourquoi il est conseillé de lui donner un engrais foliaire une fois par mois.
Considérations sur le stress et l'hermaphrodisme
On parle beaucoup de la photopériode qui se dérègle et de fuites lumineuses la nuit dans l'espace de floraison, on parle beaucoup de stress relié à la lumière. Mais il y a aussi : des changements de ph, des amplitudes / différence de température trop importante, entre le jour et la nuit, entre le début d'un passage en flo et la fin de la flo. Stress d'excès d'engrais. Même avec des graines régulières, j'ai déjà eu en toute fin de flo, quelques graines (2 / 3 seeds sur 100gr).
Avec les engrais, d'après certains cultivateurs oui, et c'est ce que j'ai lu avec des excès de Green Sensas qui peuvent (selon les variétés, ça doit jouer +/-) causer de l'herma. Cela demanderait de stresser différentes variétés, avec différentes combinaisons de stress etc., pour valider ou invalider les causes & origines de l'hermaphrodisme = mécanisme qui assure la reproduction et la survie des gènes de la plante qui en subit les conséquences.
Pour ce qui est de la taille, avec des variétés de cannabis très feuillues, couper, voire arracher avec le bout des ongles (ou avec une pince à ongle), le bout des feuilles / couper 1 partie de la longueur des pâles des feuilles lancéolées, peut lors de la floraison stimuler la production de la plante qui se défend d'une agression physique / animale. Cela jusqu'à la mi-floraison. Avec des plantes qui poussent en colonne, avec peu de feuilles c'est à éviter. Mais avec des variétés bien fournies, cela stimulerait la plante, qui va favoriser les têtes (chose dont elle se destine depuis le début, procréer, se disséminer & reprendre l'éternel cycle) et stimuler ses défenses en créant davantage de toxine (sa résine), de même avec des plantes que l'on peut sortir dehors.
Enfin, je ferais l'expérience en intérieur avec des boutures, moins encombrants à manipuler & surtout génétique identique pour les tester = avec & sans seconde taille. J'ai vu aussi sur YouTube, un Américain dans une grande salle de culture indoor, qui taillait & arrachait une bonne partie de masse végétale. Il a beaucoup parlé de la stimulation florale engendrée par cette taille à 5 semaines de floraison, mais je ne sais pas si il a précisé pour le THC et autres cannabinoles. Enfin, moi je pars de l'hypothèse que la production de résine est l'un des mécanismes de défense du cannabis, de part sa nature elle permet de lutter contre des conditions climatiques défavorables, et permet de lutter contre les insectes herbivores, et aussi je pense que sa toxicité = THC permet de se défendre contre la consommation par des herbivores beaucoup plus massif (animaux), d'où l'hypothèse qu'en arrachant des feuilles au bons moments, cela devrait stimuler les mécanismes de défenses et devrait stimuler la production de fleurs et de résine.
Si une taille est à pratiquer, on ne touche jamais aux multiples sommets (Apex & canopée), après les 2 premières semaines de stretch, à moins de vouloir freiner la nervosité de pousse d'une furieuse Sativa. Vous n'avez pas assez insisté sur le fait que juste après le prélèvement des boutures & la taille en biseau effectuée & à pratiquer juste au niveau d'un nœud végétal, ces boutures doivent être plongées dans un verre d'eau le plus vite possible.
Les bonsaïs ne sont ni un mythe, ni une légende. Ce sont des moyens très concrets et amusants de cultiver une variété de cannabis en pot avec une belle apparence. Après tout, bonsaï signifie simplement « planté dans un récipient » en japonais, et fait référence à tout ce qui peut ressembler à un arbre planté dans un petit pot. Le bonsaï tire ses origines de la Chine ancienne et a été amené au Japon, où il s'est développé comme une forme d'art et un passe-temps réservé à l'élite. Vous pouvez même trouver aujourd'hui des bonsaïs vivants qui datent du 17e siècle. Tout comme les anciens bonsaïs japonais, le cannabis peut aussi être cultivé en miniature pour devenir un arbuste esthétiquement plaisant grâce à la taille et à l'élagage.