Préparer son sol avant de le travailler est une étape cruciale pour tout jardinier ou agriculteur. Et parmi les questions qui reviennent le plus souvent, celle du désherbage avant le passage du motoculteur ou de la motobineuse est primordiale. Faut-il vraiment s'armer de sa binette et de son courage avant de sortir cette machine puissante ? Dans cet article, nous allons explorer en profondeur cette question essentielle en examinant les avantages et les inconvénients du désherbage préalable, les situations où il est indispensable, et celles où il peut être évité.
Comprendre la nature du sol et les besoins de culture
Avant toute intervention mécanique, il est essentiel de définir le support sur lequel vous travaillez. La première question à se poser est : terre lourde ou terre légère ? Que veux-tu y semer ? Il faut être très attentif à certains critères la première année parce que tu risques de baisser les bras en cas d'échec. Il faut mettre toutes les chances de ton côté.
Par exemple, si vous commencez votre premier potager sur un ancien pré, la préparation sera radicalement différente d'un sol déjà cultivé. Dans une terre argileuse, qui a tendance à s'accrocher facilement autour des cailloux, le travail peut être pénible. Le croc est très bien, mais vous risquez de le trouver fatigant et de vous en dégoûter. Dans l'idéal, une séance de motobineuse est la bienvenue pour briser les mottes.

Le désherbage : une étape préalable nécessaire ?
Lorsque vous passez le motoculteur sur un terrain non désherbé, les herbes hautes, les racines et les débris végétaux peuvent s'enrouler autour des fraises ou des lames de la machine. En désherbant préalablement, vous éliminez ces obstacles, permettant au motoculteur de travailler de manière fluide et continue. Un terrain désherbé offre une surface plus uniforme, ce qui facilite le passage du motoculteur.
Néanmoins, le désherbage manuel, bien qu'efficace, peut s'avérer extrêmement chronophage et physiquement exigeant, surtout sur de grandes surfaces. De plus, le désherbage nécessite une planification minutieuse. Il est essentiel de choisir le bon moment, lorsque le sol est légèrement humide, pour faciliter l'extraction des racines. Sur un terrain en friche envahi par une végétation dense et haute, le désherbage manuel peut être une tâche herculéenne.
Une alternative consiste à utiliser une bâche noire avant de retourner la terre. Cette technique permet d'étouffer les herbes et de remonter les vers de terre en surface, préparant ainsi le terrain pour un passage ultérieur de la motobineuse.
Choix de l'équipement : Motobineuse ou motoculteur
Il est important de noter que si ces appareils ont la même finalité, à savoir éviter de bêcher la terre à la main, ils ne sont pas tout à fait similaires. Choisissez la motobineuse qui convient le mieux à votre terrain et à vos objectifs.
- La motobineuse : Soit thermique soit électrique, elle est idéale pour les petits travaux de type potager domestique et parterres.
- Le motoculteur : Il est idéal pour labourer des sols de grandes superficies. Son action permet d’effectuer des travaux d’entretien et de désherbage. Il dispose d’un gabarit assez imposant et possède une puissance élevée.
Si vous n'avez pas la possibilité d'utiliser un motoculteur ou une motobineuse, vous pouvez à défaut vous servir d'une bêche. Pensez alors à utiliser la force de vos jambes et non de votre dos. Enfoncez bien l'outil dans le sol tout en restant droit. Si le sol est trop épais ou dense, n'insistez pas plus en ce qui concerne la profondeur. Vous pouvez alors opter pour une bêche à fourche afin de retourner la terre. Un bêchage mal pratiqué est susceptible de vous abîmer le dos.
La motobineuse électrique : désherbage
Les règles d'or pour un travail efficace
Pour retourner la terre sans se blesser ni se fatiguer, l’usage d’un motoculteur ou d’une motobineuse est préconisé. Retourner la terre est indispensable pour que les plantes puissent se développer facilement. Toutefois, l’utilisation de ces appareils demande de prendre des précautions au préalable.
Réglages et technique de passage
Tout d'abord, effectuez le réglage en hauteur du guidon : machine à l'horizontale, vos deux bras doivent être légèrement fléchis. En appuyant, vous favorisez un travail en profondeur. En limitant l'appui sur le guidon, vous favorisez un travail superficiel donc plus rapide.
Deux passages sont conseillés :
- Un premier superficiel, pour effectuer un pré-mélange des amendements ou engrais.
- Un second pour enfouir les apports et mauvaises herbes en profondeur.
Dans les légères ou fortes pentes, privilégiez une petite vitesse. Le passage de votre motoculteur doit globalement se faire sans appui forcé. Si vous souhaitez utiliser une charrue avec votre motoculteur, vous devez veiller à ce que celle-ci forme un angle droit avec le niveau du sol. Elle doit également être bien équilibrée avec l'engin. Vous devez ensuite vérifier que le soc de la charrue pénètre à environ 30 cm de la terre pour un maximum d'efficacité.
Conditions météorologiques et humidité du sol
Il est difficile de répondre à la question du moment idéal de manière stricte car il n’existe tout simplement pas de moment idéal. Il faut juste que le sol ne soit ni trop sec ni trop mouillé. Évitez de passer le motoculteur lorsque le sol est trop chargé en eau ; la terre est alors tassée et cela crée une semelle de labour qui nuit au bon développement des racines. Un motoculteur qui est disposé sur un sol à moitié humide lui offrira la possibilité de se décompacter correctement pendant l'hiver.

Sécurité et réglementation
Pour utiliser un motoculteur en pleine sécurité, il est indispensable de se protéger. N'hésitez pas à vous procurer les équipements suivants : gants anti-vibrations, bottes de sécurité, casque antibruit et bouchons d'oreilles. Si possible, choisissez des gants anti-vibrations, votre confort sera grandement amélioré lors de la manipulation des fraises et des outils de coupe.
Avant de commencer à utiliser votre motoculteur, vous devez vous assurer des niveaux d'huile si le moteur est de type thermique, du câble si le motoculteur est électrique ainsi que des pneus, du filtre à air et du réservoir d'essence. Laissez tourner au préalable le moteur pendant quelques minutes avant de commencer à vous servir du motoculteur.
Enfin, vous avez l'obligation de vous soumettre à la réglementation en vigueur concernant les nuisances sonores. Le bruit est limité à 96 dB pour les motoculteurs. Des plages horaires ont été décrétées :
- Jours ouvrables : 8 h 30 à 12 h et de 14 h 30 à 19 h 30.
- Samedi : 9 h à 12 h et de 14 h 30 à 19 h 30.
- Dimanche : 10 h à 12 h.
Soyez vigilant car certaines communes proscrivent l'utilisation de ces appareils. Si vous résidez dans une zone protégée, les règles peuvent être différentes.
Retour d'expérience sur la mise en culture
Il est intéressant de noter le témoignage d'un jardinier ayant transformé un ancien pré : "Un ami est venu avec son tracteur et un décompacteur fin octobre. Il a fallu qu'il passe une bonne dizaine de fois pour que les dents du décompacteur (40cm) veuillent bien entrer dans la terre. J'ai passé un gros coup de motobineuse début mars. Le travail a duré 2 bonnes heures pour 60m², avec de nombreuses passes, mais efficace ! Je me suis retrouvé avec une terre très meuble sur une trentaine de cm."
Le résultat fut au-delà des espérances : "Les plants de courgettes sont monstrueux, je n'avais jamais obtenu de tels résultats dans mes précédents potagers. Tout cela sans le moindre engrais ou pesticides. Les plants de tomates sont superbes, les haricots également." Ce récit démontre qu'avec une préparation mécanique rigoureuse et adaptée au type de sol, il est tout à fait possible d'obtenir d'excellentes récoltes, même sur des terrains jamais travaillés auparavant, à condition de faire preuve de persévérance et d'attention.