Les rosiers grimpants ouvrent la voie au romantisme dans le jardin et permettent aussi de dissimuler des murs disgracieux. Remontant ou non-remontant, votre rosier grimpant affiche une belle vigueur. Chaque année, il vous offre une floraison exceptionnelle par sa couleur et son parfum. Pour autant, si votre rosier a plus de 3 ans, la taille va devenir nécessaire pour la croissance de ses longues tiges, sa bonne santé, sa floribondité et sa longévité. Tailler un rosier grimpant ne consiste pas à le raccourcir au hasard, mais à guider sa forme, stimuler sa floraison et éviter qu’il ne s’épuise dans un enchevêtrement de tiges.

Faut-il tailler les rosiers grimpants ?
Même s’il existe quelques exceptions, la plupart des rosiers grimpants profiteront d’une taille régulière. Tout d'abord, la taille favorise la floraison. En outre, elle a également un impact important sur la mise en forme et l’esthétique. Une taille ciblée permet de contrôler le développement du rosier grimpant et de le guider dans la direction souhaitée. Enfin, la taille permet de supprimer les tiges malades, âgées ou mortes, de stimuler ainsi la santé de la plante et de minimiser les risques de maladies cryptogamiques.
Il est néanmoins important de souligner que tous les rosiers grimpants ne demandent pas la même taille. Sur quelques-uns, seule une taille minime est requise tandis que d’autres demandent une taille plus sévère. Un rosier grimpant laissé libre dans son développement n'a pas besoin d'une taille systématique. Il suffit d'éliminer les branches gênantes et les tiges en surnombre en hiver. La longueur coupée importe peu alors.
Influence de la floribondité et de l’âge
Les rosiers grimpants sont polyvalents et il est donc conseillé de tenir compte d’approches différentes pour les tailler. On distingue habituellement ici les rosiers grimpants remontants et non remontants.
Rosiers grimpants non remontants et remontants
Les rosiers grimpants non remontants dévoilent toute la splendeur de leur floraison une seule fois par an, et ceci en fin de printemps. Le reste de l’année, ils ne fleurissent plus. En règle générale, ils ne seront taillés qu’une seule fois par an. Les rosiers lianes appartiennent par exemple à ce groupe. Il s’agit d’hybrides de rosiers sauvages. Leurs tiges sont longues, fines, fortement sarmenteuses aux nombreuses petites fleurs et s’enroulent par exemple autour des arbres ou des supports de croissance.
Les rosiers grimpants remontants fleurissent plusieurs fois, au moins deux fois par an. De ce fait, ils sont fréquemment appelés rosiers à floraison continue. Ils seront taillés deux fois par an. Les rosiers dits « Climber » font partie des rosiers grimpants remontants. Les Climbers sont des rosiers grimpants qui, comparativement aux rosiers lianes, ont des tiges épineuses, un peu plus courtes et plutôt inertes. Ils se prêtent ainsi merveilleusement aux arches de rosiers et aux treillis.
Jeunes et vieilles plantes
Pour simplifier, vous pouvez retenir la règle de base suivante : plus un rosier grimpant est âgé, plus il peut être taillé sévèrement. En revanche, il faut laisser suffisamment de temps aux jeunes rosiers pour fortifier leurs racines. L’absence de taille est même totale au cours des premières années. Après la plantation, les rosiers grimpants doivent tout d’abord développer de vigoureuses racines pour bien résister à la taille. Une première taille aura lieu généralement après environ trois ans, voire après six ans pour les rosiers lianes.
Quand tailler les rosiers grimpants ?
Ainsi que décrit précédemment, la fréquence et le moment de la taille du rosier divergent selon le groupe de rosiers grimpants et l’âge de la plante. Il faut qu’il n’y ait plus de gelées sévères en vue avant de tailler les rosiers grimpants, ce qui selon l’expérience se produit au moment de la floraison des forsythias. Toutefois, il ne faut pas non plus tailler les rosiers trop tardivement, car ils auront vraisemblablement déjà redémarré, ce qui gaspillerait une énergie précieuse. Selon les conditions météorologiques, une taille de printemps peut aussi avoir lieu en mars ou avril voire fin février si l’hiver est très doux.
Une taille d’automne ou d’hiver d’un rosier grimpant n’est recommandée que s’il s’est transformé en broussaille extrêmement luxuriante et dense et se trouve à un emplacement abrité. Une taille d’automne ou d’hiver implique impérativement une protection hivernale suffisante, par exemple avec des rameaux de sapin ou du non-tissé.
Guide technique : comment procéder
1. Outillage
Pour une coupe nette de votre rosier grimpant, il est nécessaire d’utiliser un outil de coupe adéquat : utilisez de préférence un sécateur pour rosier de haute qualité ou de bonnes cisailles de jardinage. Testez la bonne prise en main des cisailles. Pour les jeunes tiges, vous pouvez utiliser un sécateur à lames croisées qui écrase moins les tiges du rosier que les sécateurs à enclume. Pour le vieux bois lignifié, les deux modèles ne vous seront néanmoins pas d’une grande aide. Équipez-vous de gants rosier, spécialement étudiés pour manipuler les épineux.

2. Les bases de la taille
Réalisez toujours vos coupes en biseau de façon opposée au dernier bourgeon avec un bon outil tranchant. La taille doit se faire par temps sec pour favoriser la cicatrisation. Il pleut ? Reportez ! Pensez à tailler avec la lame côté plante, pour favoriser une cicatrisation rapide et nette.
Chez les rosiers grimpants, on distingue 3 types de branches :
- Les rameaux principaux (les plus gros) : On les laisse pousser jusqu'à ce qu'ils atteignent la hauteur désirée.
- Les rameaux secondaires (partant des principaux) : Eux-aussi, on les laissera pousser jusqu'à la longueur désirée. Ces rameaux sont appelés branches charpentières, au total on en garde 5 que l'on renouvellera régulièrement. Les rameaux principaux croissent à la verticale alors que les secondaires devront être palissés à l'horizontale pour une floraison plus abondante.
- Les tiges à fleurs (qui portent les fleurs) : Régulièrement, et ce jusqu'à la fin de l'été, supprimez les fleurs fanées.
3. Taille de printemps (Remontants)
Les rosiers grimpants remontants sont parmi les premiers rosiers à tailler, ce sont les plus précoces à entrer en végétation. En mars, taillez les tiges à fleurs à 3 yeux, soit à 8-10 cm. Concernant les branches charpentières - les plus anciennes, celles sur lesquelles se forment les rameaux secondaires -, sélectionnez les plus vigoureuses, les plus hautes, pas plus de 3 à 5 par pied ; là encore, coupez au ras. Raccourcissez ces dernières d’environ ¼ de leur longueur. Concernant les branches secondaires, latérales et plus récentes, raccourcissez en fonction de leur vigueur.
4. Taille d’été (Non remontants)
Les rosiers grimpants non remontants ne se taillent qu’en été, après leur floraison. Les fleurs des rosiers non remontants éclosent sur des branches d’une année ou plus. Vous prendrez donc garde de ne pas tailler les rameaux de l’année en cours et ceux de l’année précédente afin de préserver la floraison future. Il s’agit de rajeunir votre arbuste un peu tous les ans. Pour ce faire, coupez le vieux bois (les plus anciennes branches charpentières), au ras de la souche, pour favoriser la survenue de nouvelles pousses, beaucoup plus florifères à terme. Supprimez également tout le bois mort. Raccourcissez légèrement les ramifications.
5. Taille de nettoyage et entretien
Supprimez le bois mort, les branches chétives ou malades. Ne gardez que les plus robustes. Bien sûr, on ne taillera pas les rosiers grimpants dont on veut garder les fruits décoratifs. Pour rajeunir le rosier grimpant, on peut rabattre une des branches charpentières anciennes (on les repère par leur couleur marron). Une charpentière est une grande et grosse branche principale d’où se développe les branches à fleurs. En réduisant une ancienne branche, on favorise le démarrage d’une nouvelle branche bien verte. On renouvelle ainsi ses branches charpentières par roulement tous les ans.
ROSIER GRIMPANT COMMENT BIEN LE TAILLER ET LE PALISSER
L'importance du palissage
Un rosier grimpant a besoin d’être palissé, attaché à un support pour s’épanouir correctement. Que ce soit sur un treillis fixé à un mur, sur une pergola ou une clôture, les charpentières et les branches latérales seront maintenues grâce à des liens solides mais souples, et de préférence gainés pour ne pas blesser le végétal.
Pour que votre rosier grimpant fleurisse généreusement, il est primordial de ralentir la sève. Au moment de palisser vous pourrez donc enrouler les tiges à fleurs autour des supports ou arquer ces branches latérales pour les palisser à l’horizontale. Après avoir repéré les jeunes charpentières, il est important de réaliser leur palissage le plus à l’horizontal possible. En arquant ainsi les branches charpentières de votre rosier grimpant, vous favorisez le développement des pousses secondaires et donc des fleurs.
Le cas particulier des rosiers lianes
Souvent inclus dans la famille des rosiers grimpants, les lianes sont en réalité des rosiers plus volumineux, à la floraison plus petite mais plus abondante et qui pourront atteindre jusqu’à 10 m de haut. Généralement non remontant, un rosier liane demande moins d’entretien qu’un grimpant, peut être livré à lui-même, sans taille. Il colonisera alors avec bonheur un bâti inesthétique, grimpera avec malice le long d’un arbre, s’étalera au sol jusqu’à couvrir totalement un talus difficile d’accès, une pente impraticable.
Si vous souhaitez l’apprivoiser le long d’un support plus classique et le laisser s’enrouler autour de celui-ci, il devra être solide, résistant, car un rosier liane à maturité peut être particulièrement lourd. Si vous souhaitez tout de même le tailler, attendez la fin de la floraison. Coupez à la base les branches qui s’entrecroisent. Raccourcissez les branches secondaires, celles qui retombent et peuvent s’avérer gênantes ; coupez le plus près possible des charpentières, les branches principales.
Bien soigner les rosiers grimpants
Pour assurer une bonne croissance de votre rosier grimpant et la formation d’une multitude de fleurs, la fertilisation est une mesure d’entretien importante, en plus de la bonne taille. Fertilisez une première fois au début de la phase de croissance au printemps. Utilisez par exemple fin mai ou début avril pour la première fertilisation un engrais à action longue durée qui fournira au rosier pendant plusieurs mois les nutriments nécessaires. Sur les rosiers remontants, procédez à une deuxième fertilisation en fin d’été. Par la suite, en revanche, il faut stopper les fertilisations. Ces dernières présentent d’ailleurs l’avantage de fortifier vos rosiers et donc de mieux résister aux maladies cryptogamiques. Cependant, l’oïdium peut se propager volontiers aux rosiers, surtout par temps sec et ensoleillé.