Parmi toutes les plantes cultivées au potager, il en est certaines plus exigeantes que d’autres. Les haricots sont de ceux-là. Exigeants d’un point de vue des températures, ces légumes-graines redoutent tout autant les températures basses, ainsi que les changements inopinés de températures, ou encore les chaleurs caniculaires. Cette seule sensibilité suffit à expliquer nombre de problèmes et de maladies qui les affectent et pour lesquelles on se sent parfois bien démunis. C’est dans le but de vous apporter des éléments de connaissances que cet article recense un large panel de maladies parmi les plus fréquentes sur les cultures de haricots verts.

Les virus : une menace sournoise pour le feuillage
Comme bon nombre de plantes potagères, les haricots verts peuvent se trouver affectés par divers virus. Le plus courant est sans nul doute celui de la mosaïque du haricot. Ce virus se manifeste lorsque des taches significatives décolorées deviennent visibles sur les feuilles. Les feuilles touchées peuvent occasionnellement se déformer et finissent par brunir et se nécroser. La plante infectée faiblit et meurt à petits feux.
La mosaïque jaune est une autre forme du virus, quoique moins répandue que la précédente, qui touche également les feuilles qui commencent par jaunir, avant de sécher, alors que dans le même temps les gousses se déforment. La mosaïque est une maladie transmise par les pucerons. Les symptômes ? Des feuilles jaunissantes en forme de mosaïques. Malheureusement il n’existe pas de traitement. Comme pour les autres maladies, il va falloir arracher les parties contaminées pour ne pas qu’elles s’étendent à des plants sains.
Les infections fongiques : champignons et nécroses
Les champignons sont des pathogènes courants. L’anthracnose est probablement la maladie cryptogamique des haricots verts la plus fréquente. Elle est favorisée par un temps humide associé à des températures douces, mêmes chaudes (plus de 20°C). Des taches circulaires ou allongées, déprimées, brunes bordées de noir, envahissent les feuilles, tiges et graines des haricots. Un mucus rougeâtre peut également être observé. Sur les gousses on peut trouver des taches noires couvertes de pustules rose clair. Sur la face intérieure des feuilles et sur les tiges, des taches nécrotiques allongées.
Le botrytis, quant à lui, est un champignon qui se forme au début des premières chaleurs estivales lors de temps chauds et humides. Il prend la forme de taches grises puis brunes sur les feuilles et les tiges. Touchées, les plants meurent rapidement. Une seule solution : le purin d’ortie ! En prévention, vous pouvez aussi mettre de la bouillie bordelaise.
Par ailleurs, comme son nom ne l’indique pas, la rouille est un champignon qui a pour conséquence de ternir le feuillage des haricots, donnant des taches couleur rouille. Enfin, l’humidité et le temps chaud ne font pas bon ménage pour vos jeunes plants qui peuvent être touchés par ce qu’on appelle la graisse des haricots. Pour éviter que cette nécrose se poursuive, optez pour une pulvérisation de décoction à base de prêle ou d’ail ou de la bouillie bordelaise.
Cours de phytopathologie - Partie 1 - Dr FANOU André
Les agressions bactériennes
Ce sont surtout différentes espèces de bactéries du genre Pseudomonas qui s’attaquent aux haricots verts. Les symptômes sont à rechercher du côté des parties aériennes, le même scénario se répétant inexorablement. Les bactéries trouvent dans les blessures des feuilles des portes d’entrée pour contaminer la plante. D’abord apparaît une tache prenant une forme allongée, s’entourant d’une auréole plus claire. Les gousses peuvent également être touchées, auquel cas elles présentent des taches vertes, chancreuses et d’aspect gélatineux. En cas de forte infection, détruisez sans hésiter l’ensemble des plants. Ne conservez pas les graines de plantes touchées.
Problèmes physiologiques et culturels
Il s’agit ici davantage d’un problème de culture que d’une maladie. Les gousses récoltées sont parfois vides ou alors les grains qu’elles renferment sont très petits. Comment l’expliquer ? Les haricots verts sont exigeants d’un point de vue des températures. Mais ils le sont tout autant quant aux besoins en eau. Ils apprécient les sols frais et les arrosages réguliers, sans excès, tout le long de leur culture. Les besoins sont encore plus élevés au moment de la floraison qui précède la formation des gousses. C’est en raison d’un sol trop sec ou sous l’effet de vents chauds desséchants que les gousses résultent partiellement vides.

Insectes ravageurs : de la feuille à la graine
Les insectes les plus redoutables sont les pucerons noirs de la fève (Aphis fabae), qui touchent à peu près toutes les légumineuses potagères et pas seulement les haricots verts. Ces petits pucerons de couleur grise ou noire sont réunis en colonies sur les jeunes pousses. Le résultat est sans appel : la végétation est affaiblie, la croissance réduite, sans compter que ces minuscules pucerons sont de possibles vecteurs de maladies aux conséquences plus graves. Il faut donc les éliminer sans tarder.
Les bruches sont un autre ennemi redoutable. Les adultes perforent les gousses et pondent leurs œufs à l’intérieur. Les larves, de minuscules vers blancs, se développent bien à l’abri et se nourrissent des graines. Logiquement, ce sont davantage les haricots à écosser, de conservation, qui sont les plus touchés. La noctuelle du haricot est une chenille d’un papillon de nuit s’attaquant le plus souvent à la tomate. Pour lutter contre la noctuelle des haricots, il est important de retourner régulièrement la terre l’hiver afin de les faire sortir du sol et les exposer au froid.
Enfin, les limaces sont gourmandes des pousses tendres des haricots verts tout juste sortis de terre. Plants tout juste levés étêtés, jeunes feuilles grignotées, présentant des trous… les limaces, loches et autres escargots raffolent des parties aériennes des haricots : feuilles, tiges et gousses. Pour lutter, évitez de laisser traîner des abris potentiels à proximité des cultures.
Stratégies de prévention et bonnes pratiques
Prévenir vaut guérir ! Les virus, tout comme les bactéries ou encore les champignons, se répandent de plantes en plantes essentiellement par plusieurs biais, parfois d’ailleurs d’une année sur l’autre si les cultures restent en place. Des graines ou des résidus de plantes contaminées, des outils, des insectes, ou même le sol en lui-même sont de possibles vecteurs.
Prévenir les maladies des haricots verts, c’est donc :
- Semer des variétés résistantes aux maladies (dont la mosaïque) ou certifiées exemptes de virus.
- Désinfecter régulièrement les outils de jardinage utilisés dans une solution d’eau de javel diluée à 10%.
- Nettoyer les parcelles avec soin à la fin des cultures pour ne laisser aucun déchet au sol. Incinérez les parties malades, ne les jetez pas au compost !
- Éliminer sans tarder les plantes qui présentent les premiers symptômes viraux ou bactériens.
- Lutter sans tarder contre les pucerons, possibles vecteurs eux-aussi de maladies.
- Pulvériser en prévention une décoction de prêle pour renforcer la vigueur et stimuler les défenses naturelles des haricots verts.
- Jouez à fond la carte de la rotation des cultures. Il est salutaire d’attendre 4 ans avant de cultiver de nouveau des haricots verts sur une parcelle qui en a déjà accueilli.
Afin de limiter l’apparition de cette pourriture sur les haricots, il est recommandé d’éviter les plantations trop serrées et les rotations trop fréquentes, notamment en salades et légumineuses. Pour limiter l’apparition de la maladie, il est conseillé d’éviter de trop marcher au milieu des plantes lors des temps pluvieux pour éviter de les éclabousser. Sélectionner des variétés saines et résistantes à la maladie est également important. Les haricots coco subissent les mêmes maladies que les autres haricots : dégâts des limaces, anthracnose et mosaïque.

Concernant la lutte contre les insectes comme les bruches, l'autre solution est d’entreposer les graines, après récolte, dans un local sec mais frais, quitte même à passer les graines bien sèches au congélateur l’espace de 4 à 5 jours pour être certain de tuer toutes les larves résiduelles. Certains jardiniers astucieux enferment quant à eux une gousse d’ail entière avec les graines dans un bocal hermétique. Pour les limaces, disposez des pièges ou des répulsifs : le cordon de cendres tout autour des haricots est très efficace pour dissuader les limaces de pénétrer dans l’espace protégé, mais cette efficacité devient nulle à la moindre pluie. Les pièges à bière sont également redoutables. Coiffez-les d’un pot en terre cuite retourné pour éviter que la pluie n’oblige à renouveler trop souvent la bière et passez chaque jour les vider des victimes noyées. Par temps sec, de préférence tôt le matin ou en soirée et en cas de fortes attaques de pucerons seulement, préparez un insecticide naturel à base d’huile blanche : 20 ml d’huile de Colza, quelques gouttes de savon noir en guise d’émulsifiant pour un litre d’eau. Secouez et pulvérisez sur et sous les feuilles pour engluer et étouffer toutes ces petites bêtes ! Attention, cet insecticide maison n’est pas sans conséquences sur les autres petites bêtes ! Assurez-vous de ne causer de ravages que parmi les pucerons ! Évitez notamment de vous en prendre aux vénérables coccinelles venues prêter main forte au jardinier !
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